Réduire les accidents de la route avec la faune sauvage : apportons enfin de vraies solutions !

Réduire les accidents de la route avec la faune sauvage : apportons enfin de vraies solutions !

Les accidents de la route depuis 1972 sont en constante diminution suite à une prise de conscience de la gravité de la situation et d’une batterie de mesures efficaces, quoiqu’impopulaires.
A l’inverse, les collisions entre véhicules et faune sauvage (les grands ongulés : sangliers, cervidés, cerfs) n’ont pas cessé d’augmenter, même si on est frappé de constater qu’aucun chiffre n’existe depuis 2009. On compte 65000 collisions en 2009 et depuis il faut faire des hypothèses (1).
La faute à qui et à quoi ? Essentiellement à une non protection des usagers de la route.

Graphe : comparaison du nombre d’accidents corporels de la route et du nombre d’accidents avec la faune sauvage entre 1997 et 2017 (source : Sécurité routière 2009 FGAO, 2017 estimation pour la faune sauvage)

Augmentation du nombre d’animaux et hausse du traffic routier

La population de grands animaux augmente de manière notable depuis trente ans, en grande partie  à cause d’une stratégie/attitude irresponsable des chasseurs qui ont introduit une nouvelle espèce de sangliers plus prolifiques (les « cochongliers »), nourris abondamment pendant toute l’année (agrainage).

Dans le même temps, le territoire des animaux diminue et le trafic routier s’intensifie. Les automobilistes se considèrent comme victimes alors qu’ils sont les responsables de l’accident.

Pas de partage de l’espace avec les animaux

Alors qu’en agglomération, les automobilistes partagent l’espace (quelquefois avec difficulté !) avec les autres usagers de la route, hors des villes ils n’ont pas pris conscience du fait qu’ils sont sur le territoire des animaux et qu’ils doivent donc en tenir compte. C’est eux qui sont sur le territoire des animaux et non le contraire. Les collisions avec les sangliers en centre-ville sont rares…

copyright OFC Pictures

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En cas d’accident avec un animal, pas de constat

Il faut dire que la Sécurité routière ignore superbement ce type d’accidents.

D’un côté, en cas d’accidents corporels (sur un être humain), un constat de police est systématiquement établi. Les circonstances de l’événement et les responsabilités sont précisées, ce qui ensuite permet de mener des actions correctives et de bénéficier d’une compréhension globale des problèmes.

De l’autre, en cas de collision avec un animal, aucun constat obligatoire n’est prévu, aucune statistique officielle n’existe [2], les lieux de collision ne sont pas répertoriés. Les causes n’étant pas établies, on se prive de tout moyen de résoudre le problème.

Le gestionnaire du domaine routier a plus cherché à dégager sa responsabilité en mettant des panneaux de signalisation en bord des routes qu’à traiter le problème.

Une situation qui profite aux chasseurs

La situation profite aux chasseurs, qui dans ce silence, apparaissent comme les seuls sauveurs capables d’apporter une solution simple à une hantise légitime ressentie par  de très nombreux conducteurs, en particulier dans les territoires où la faune est plus abondante. Ils deviennent ainsi investis d’une mission d’intérêt général  qui justifie leur droit de tuer.

Curieuse pirouette puisque dans le même temps, ils ont contribué à décupler les espèces  et que l’activité de la chasse elle-même désorganise la faune sauvage, crée la panique et la précipite hors de son milieu naturel, et notamment sur les routes.

Hypocrites et schizophrènes autorités administratives qui dénoncent la prolifération des grands animaux, ordonnent les battues administratives  et agréent dans le même temps les élevages de sangliers [3].

Repenser la protection des usagers de la route sans tuer les animaux

Les méthodes utilisées jusqu’à présent ont été un échec cuisant. Il faut repenser la protection des usagers de la route autrement qu’en tuant les animaux qui pourraient être impliqués dans une collision.

Il existe d’ores et déjà des méthodes qui ont fait la preuve de leur efficacité mais elles n’ont jamais été utilisées à grande échelle :

  • Sur des zones très accidentogènes, la mise en place de détecteurs d’animaux (infrarouges, etc…) permet de réduire considérablement les accidents. En Isère le nombre d’accidents est passé de 70 à 3 sur une seule année, à un coût de 40 k€ .
  • Les barrières olfactives rappellent pour les animaux la présence des grands prédateurs, augmentent leur vigilance et les font éviter les zones à découvert.
  • Les barrières électriques, les clôtures empêchent les franchissements des voies à des endroits déterminés.
  • L’équipement de capteurs sur les véhicules prévient le conducteur du danger possible, et même déclenche un freinage immédiat. Volvo a validé un système de freinage automatique ultra rapide abaissant le temps de réaction d’une seconde à 5 centièmes de secondes.
  • Des passages sur et sous les routes permettent de faciliter les déplacements de la faune.

Ces essais restent des initiatives louables mais isolées (ex : département de l’Isère), souvent pilotées conjointement avec des chasseurs en quête d’une impossible virginité.

 

Animal Cross demande la création d’un département pilote pour diminuer les accidents avec la faune sauvage

Nous proposons de mettre en place un département pilote qui, pour la première fois en France, prendrait en charge sérieusement le problème avec les caractéristiques suivantes :

  • Supprimer immédiatement l’agrainage, l’affouragement et la réintroduction de grands ongulés d’élevage dans la faune sauvage, seule manière de diminuer la population de grands animaux
  • Identifier les zones accidentogènes sur tout le réseau routier du département
  • Equiper toutes les zones à risque de système de protection adaptée (voir ci-dessus)
  • Pour une durée de 4 ans

Ce test serait piloté par des agents la direction départementale de l’Equipement, en lien avec l’Agence française de biodiversité (qui, selon nous, doit remplacer l’ONCFS pour la protection de la faune sauvage).

 

Le coût d’un tel équipement semble réaliste eu égard aux bénéfices attendus. Un budget de 2 millions d’euros, outre un investissement profitable à l’investissement et l’emploi, permettrait d’équiper (alternativement):

  • 50 tronçons d’un kilomètre avec des détecteurs d’animaux infra-rouges, ou
  • 3000 km avec une clôture à sangliers, 2000 km [4] avec une clôture à cerfs

Ce coût reste faible en comparaison du coût de l’entretien des routes, par exemple de 100 k€ à 1 million € pour un giratoire.

Le financement sera assuré aussi bien par le gestionnaire du parc routier que par les assureurs.. Les deux ont un intérêt bien compris à améliorer le système. Il serait intégré dans le plan en cours de rénovation du réseau routier.

 

Animal Cross fera des propositions concrètes ces prochaines semaines. A suivre…

 

[1] Le changement de mode de prise en charge des sinistres en 2007 explique la différence entre 1997 et 2009. Depuis 2009 de nouveau le mode d’indemnisation des victimes ayant changé, il n’existe pas de statistiques.

[2] Un protocole a été développé pour les agents  des services des routes mais n’est pas appliqué globalement. Voir Service du patrimoine naturel Protocole de recensement des collisions faune/véhicule – MNHN-SPN, 2015

[3] Rien qu’en Dordogne 30 élevages agréés

[4] Sur la base de 360 €/ha pour les sangliers, 400€/ha pour les cerfs, étude réalisée par la région belge de Wallonie www. http://environnement.wallonie.be

Chasse, battue aux loups, élevage : les Parcs Nationaux protègent-ils encore la faune sauvage ?

Chasse, battue aux loups, élevage : les Parcs Nationaux protègent-ils encore la faune sauvage ?

Des pylônes de remontées mécaniques, des moutons agglutinés en mal de plaine, des brebis malades en devenir de carcasse, les gaz nauséabonds de gros 4×4, des hordes de randonneurs bruyants avec leur marmaille gloutonne, leur cortège de déchets, des vestiges de routes goudronnées, au loin des fantassins chasseurs au tir hasardeux et des champs de maïs empoisonné, … mais où suis-je donc ?

Mais bien-sûr : dans un Parc National !!

Pauvres parcs, qu’ils soient nationaux, naturels, régionaux, qui ont été originellement créés afin d’être des havres de paix pour la faune et la flore. Où est passé l’esprit de leurs concepteurs, qui bien avant la vague écologique pressentaient la nécessité de soustraire la biche, la marmotte et le faon à la main cupide et dévastatrice de l’homme ?

Qui aurait cru que la maladie dérogatoire française (1), alliée à la recherche du profit et au fatal plaisir de tuer, aurait conduit en 40 ans à cent fois plus de moutons dans certains parcs (2), à la multiplication des battues, et à la traque du prédateur salvateur ? Souvenons-nous pour ne citer qu’eux, de la battue aux loups organisée dans le Parc national des Ecrins en 2014, et de l’autorisation de la chasse en zone cœur du Parc National des Cévennes depuis 2006.
La richesse florale saura-t-elle se remettre du surpiétinement ovin ? Le chevreuil pourra-il enfin ignorer la fureur du chien et la barbarie du maître ? Est-ce la chèvre qui décidera de la disparition de telle ou telle plante fragile ?

Non !

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La nuisance absolue de l’homme doit se voir endiguée dans certains espaces. La faune sauvage doit se voir protégée des maladies transmises par l’homme et par ses animaux. Commençons pour cela par rendre à la Nature ses biens en faisant de nos Parcs Nationaux de véritables sanctuaires de vie animale et végétale, dont seraient bannis l’homme et ses activités mortifères. Protégeons ces lieux et leurs habitants par une réglementation, une signalisation et des contrôles salutaires.

La Nature se meurt : stoppons ensemble son agonie.

(1) Les centaines de dérogations annuelles à la protection d’espèces protégées, entraînées par des projets divers, sont devenues la règle. Elles invoquent et dévoient parfois « l’intérêt public majeur”; elles sont heureusement parfois cassées en justice. De plus, au sein même des parcs, des derogations à leurs règlements autorisent des manifestations sportives, des travaux, la traversée d’animaux domestiques, etc …

(2) Stephan Carbonnaux, « Rapport historique et prospectif sur la protection de l’ours dans les Pyrénées », 2008

 

 

 

 

 

Sanctionnons les chasseurs avec un permis de chasser à points

Sanctionnons les chasseurs avec un permis de chasser à points

Comment se fait-il que l’exercice de la chasse s’affranchisse des exigences les plus élémentaires en termes de sécurité ?

Comparons !
La sécurité au volant est une préoccupation générale. Depuis des années, l’introduction du permis à points a renforcé la sécurité routière en responsabilisant les conducteurs. Le permis à points aide à pérenniser dans le temps la vigilance des automobilistes. La formation des nouveaux conducteurs d’une voiture exige un minimum de 20 heures de conduite avec un formateur.
Le tir sportif (dans un stand de tir sécurisé), comme tout sport, exige chaque année une visite médicale pour le renouvellement de la licence.

Qu’en est-il de la chasse ?

  • Le temps de formation n’excède pas une journée dont une heure et demie pour la manipulation personnelle des armes (1).
  • Le permis de chasser est accordé à vie. Une visite médicale n’est pas demandée pour le renouvellement d’une validation.
  • La chasse sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants est autorisée.
  • Les nouveaux chasseurs ne savent pas viser. Aucune exigence sur la précision des tirs n’est demandée lors du permis.
  • L’état des armes n’est pas contrôlé alors que, par nature, une arme est dangereuse.
  • Le permis de chasser n’offre pas les garanties les plus élevées de non falsification, alors qu’il permet, dans un temps où le terrorisme est une menace permanente, de se procurer des armes.

Pour en finir avec le laxisme des politiques, alimenté par les lobbys de chasseurs ne servant que des intérêts particuliers, Animal Cross propose une réforme du permis de chasser qui permettra à cette tradition de se mettre en conformité avec les exigences modernes de sécurité, dans l’intérêt de tous.

La réforme du permis de chasser concerne l’obtention du permis de chasser, son renouvellement et la détention des armes.

Concernant l’obtention, nous souhaitons intégrer au permis de chasser les modifications suivantes :

  • Dans la partie administrative, pour qu’un titre de permis de chasser respecte des dernières normes de non falsification, il est délivré par l’Agence nationale des titres sécurisés (agence qui délivre aussi les pièces d’identité et le permis de conduire). Un fichier des détenteurs du permis de chasser est créé sous l’autorité du Ministère de l’Intérieur et de l’Environnement. L’ONCFS n’est plus habilité à délivrer les permis de chasser.
  • Dans la partie pratique, en plus de l’existant, une validation de la précision du tir est ajoutée, sur cible fixe et mobile. La précision du tir limitera la souffrance de l’animal chassé. Il faut aussi savoir que la portée d’une arme à canon rayé peut atteindre 5 km. A l’image de l’entraînement des forces de l’ordre et des militaires, la formation développe aussi le montage, démontage et l’entretien de l’arme. La durée de la formation totale est portée à 3 jours (contre 1 jour actuellement). Le permis n’est pas accessible aux mineurs (Possible dès 16 ans actuellement).
  • Une mention spécifique « permis de chasser avec animal » est prévue pour tout chasseur désireux de chasser avec son chien (ou d’autres animaux). Cette mention insiste sur le dressage du chien par son maître, sur le fait de « créancer » (2) le chien sur la chasse d’un seul type d’animal, ce qui permet de mieux cadrer le chien de chasse sur un objectif, et sur les conditions de vie de l’animal. Le chien de chasse doit cesser d’être un « esclave dressé ». En cas d’obtention de cet examen, le chien reçoit un numéro d’agrément valable pour son seul propriétaire.
  • L’examen du permis de chasser est organisé par l’Agence française de la Biodiversité (AFB) (3) qui en élabore aussi les contenus théoriques et pratiques, et non par l’ONCFS (truffée de chasseurs, l’ONCFS est juge et partie !).

Dans la partie théorique, certains thèmes sont renforcés :

  • la partie concernant la sécurité à la chasse avec un volet sur l’accidentologie,
  • le partage de l’espace avec les autres usagers et avec les animaux,
  • le risque de la chasse sous l’influence de l’alcool, de stupéfiants,  de certains médicaments ou en cas de maladies dégénératives,
  • la connaissance des espèces chassables, dont la meilleure reconnaissance de toutes les espèces en situation multiple.

De nouveaux thèmes sont introduits : la souffrance de l’animal concerné par la chasse, les atteintes à la biodiversité, l’utilisation d’un animal pour la chasse, le détail des infractions, des sanctions et les explications du permis de chasser à points.

Concernant le renouvellement du permis de chasser
, il est instauré des exigences à remplir en fonction des différentes durées :

  • Tous les ans, les chasseurs sont soumis à une visite médicale et un certificat d’aptitude au tir. Alors que « les personnes atteintes d’une affection médicale ou d’une infirmité, dont la liste est fixée par décret en Conseil d’Etat, rendant dangereuse la pratique de la chasse » ne devraient pas pouvoir faire valider leur permis de chasser (article L423-15) aucune visite médicale de renouvellement de permis n’est demandée aujourd’hui. Ces documents deviennent obligatoires pour demander la validation annuelle du permis de chasser (= cotisation de chasse donnant le droit de chasser).
  • Tous les cinq ans, un contrôle administratif vérifie : le contrôle technique de l’arme, l’absence d’inscription sur le casier judiciaire, la mise à jour du domicile du chasseur et de l’agrément du chien (ou d’un autre animal de chasse)
  • Tous les dix ans, un stage post permis permet d’actualiser les connaissances du chasseur et de vérifier ses compétences en termes de sécurité et de maniement de l’arme
  • Pour les Primata (premier permis), la totalité des points est obtenue au bout de 3 ans

Un permis à points est créé.

Il est crédité de 12 points. La perte est d’un point pour une contravention de première classe, et peut atteindre jusqu’à 6 points pour les contraventions de 5ème classe ou les délits, sur le modèle du permis voiture. Un permis perdu ne peut pas être récupéré.

Le contrôle des armes est renforcé. Un contrôle technique est obligatoire tous les 5 ans à l’occasion du contrôle administratif ou du stage post permis. Il vérifie l’état de fonctionnement de l’arme. A l’issue du contrôle, une vignette est apposée sur l’arme. Un numéro de contrôle de l’arme est enregistré dans un fichier central.
Les cartouches sont consignées de manière à récupérer les cartouches vides, trop souvent abandonnées dans la nature.

3 fichiers centralisés gérés par l’Etat sont créés :

  • un fichier des chasseurs avec permis de chasser et validation annuelle,
  • un fichier des armes à feu et de leur entretien,
  • un fichier des animaux agréés pour la chasse.

Ces fichiers permettent à la collectivité (et non aux Fédérations de chasse) de mieux connaître les chasseurs.

 

Comparaison du permis de chasser et du permis de conduire

CLASSE DE LA CONTRAVENTIONTYPE SANCTIONEQUIVALENCE PERMIS DE CONDUIRE
1 ère classeNon présentation du permis de chasse et de l’assurance lors d’un contrôle-1ptChevauchement ligne continue
2 ème classePassage sur un terrain préparé ou ensemencé-2pts
3 ème classeTransport illicite de gibier vivant-3ptsStationnement dangereux, circulation sur la bande d’arrêt d’urgence, Pas de ceinture de séurité
4 ème classeDivagation des chiens-4ptsBrûler un feu rouge
Non respect des modes et moyens de chasse (Transport arme de chasse, utilisation d’un appeau vivant,…)-4ptsCirculation en sens interdit
Contrôle technique non valide de l’arme *-4ptsAbsence de contrôle technique de la voiture
Alcoolémie (0,25 mg/L < x < 0,40 mg/L)*-6ptsIdem
Non respect des règles de sécurité (arme chargée tenue en bandoulière, arme pointée vers autrui,…)-4ptsExcès de vitesse
Maltraitance d’un animal domestique*-4ptsNon respect de la priorité
5 ème classeChasse sur terrain d’autrui -6 pts
Chasse en temps prohibés ou sur terrain d’autrui-6 pts
Chasse sans permis Interdiction à vieConduite avec suspension de permis
Non respect des modes et moyens de chasse (tir depuis un véhicule,…)-6 ptsTransport, détention, usage d'appareil destiné à déceler ou perturber les contrôles de vitesse (détecteurs de radars)
DélitsChasse d’une espèce non autorisée #-6 ptsExcès de vitesse supérieur à 50 km/h
Actes de cruauté sur animal (domestique ou sauvage) *-6 ptsAccident mortel
Mise en danger d’autrui -6pts Dépassement de plus de 50% d’une vitesse limitée
Conduite après usage de stupéfiants *-6 ptsIdem
Alcoolémie (0> 0,40 mg/L)*-6ptsIdem

* nouvelle infraction, # infraction dont la peine est renforcée
[1] La formation dure une journée ou une demi-journée selon les départements. Mais le temps où l’apprenti chasseur est en action avec son arme n’excède pas une heure et demie, le reste du temps étant consacré à la démonstration par les formateurs , la manipulation par les autres candidats, les temps de pause
[2] Un chien créancé sur un seul type d’animal n’est dressé qu’à la recherche et la poursuite de ce type d’animal
[3] L’ONCFS se voit retirer toutes ses prérogatives d’organisation du permis de chasser.

 

 

Remettons la chasse à la place qui lui revient dans une société moderne !

Remettons la chasse à la place qui lui revient dans une société moderne !

On accuse les protecteurs des animaux d’être des anti chasse. Alors Animal Cross prend un autre pari. Modernisons la chasse. Mettons-la à la place qui lui revient dans une société moderne. Repensons l’organisation autrement. Chiche ?
Animal Cross lance une grande réflexion et publiera ces prochains mois, régulièrement, des propositions pour que la nature et la faune sauvage retrouvent la place qui leur est due. Grandes orientations.

 

Renforcer la sécurité des chasseurs et des non chasseurs

La chasse est ressentie par un grand nombre de français comme une activité dangereuse, qui menace la vie des chasseurs certes, mais aussi des simples promeneurs et autres usagers de la nature.
Tandis que la conduite d’une voiture nécessite l’obtention d’un permis à points avec des sanctions très lourdes en cas d’infractions, en particulier lorsque le chauffeur est sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, l’exercice de la chasse s’affranchit des exigences les plus élémentaires en termes de sécurité.

Pour en finir avec le laxisme des politiques alimenté par les lobbys de chasseurs, Animal Cross propose une réforme profonde du permis de chasser qui permettra à la tradition de se mettre en conformité avec les exigences actuelles de sécurité, dans l’intérêt de tous.

 

Remplacer les chasseurs par des experts de la biodiversité non chasseurs dans tous les processus de décision

Le poids des chasseurs dans les prises de décisions en France est démesuré par rapport au nombre de personnes qu’ils représentent. Comment s’en étonner ?

Les chasseurs interviennent au sein de la plupart des organismes clé. Tandis qu’ils représentent seulement 1.6 % de la population, 20% des parlementaires sont présents dans les groupes d’études chasse de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Les chasseurs sont représentés, souvent majoritaires, dans toutes les instances qui interviennent dans la nature : ONCFS, Agence française de la Biodiversité et la plupart des instances qui agissent sur la biodiversité, Parcs nationaux, Office National des Forêts, instances sanitaires, Conseil Economique, Social et Environnemental, Conseil National de la Transition Ecologique, instances agricoles, transports, etc., et ceci tant au niveau national qu’au niveau local.

Tous les documents définissant les quantités d’animaux à tuer (Schéma Départemental de Gestion Cynégétique) sont issus du monde de la chasse, avec une validation de façade par des organismes, préfets ou ministère de l’environnement complices.

Les protecteurs des animaux y sont quasiment absents. Et lorsqu’ils y figurent, leur présence est très discrète et tellement minoritaire que leur voix est écrasée.

Il est urgent de revoir tout le processus de prise de décision concernant la nature, l’environnement et la chasse en France. Les chasseurs ne doivent être plus que des exécutants. Animal Cross s’apprête à faire des propositions.

 

Rétablir l’équilibre de la faune sauvage

Alors que tous les indicateurs mondiaux montrent des disparitions régulières d’espèces sauvages, des espèces menacées continuent d’être chassées en France. Il est nécessaire de revoir la liste des espèces chassables et leurs quotas.

Quand les chasseurs prétendent protéger la nature et réguler la faune, ils introduisent dans la nature des millions d’animaux issus d’élevages dans le seul but de les tuer. Il est urgent de stopper toute réintroduction d’animaux pour la chasse.

On se plaint de la multiplication des sangliers et des chevreuils, et pourtant on leur distribue copieusement agrainage et affouragement pour le plaisir de les tuer. Cette pratique doit cesser immédiatement.

On détruit les animaux classés comme « pouvant occasionner des dégâts » (anciennement nommés « nuisibles ») en pleine inconscience, sans comprendre leur rôle dans la nature. Et l’on vient se plaindre du développement de maladies comme celle de Lyme, alors que les renards réduisent la présence des tiques en régulant la population de petits rongeurs par exemple. Il est urgent de se pencher sur l’utilité des animaux dans la nature afin de s’apercevoir que leur présence est salutaire.

Les animaux sauvages ne sont jamais tranquilles dans la nature : promeneurs, chasseurs, chiens, élevage. Faudra-t-il d’autres Tchernobyl pour avoir des zones où la faune vit en paix ? Il est vital de redonner un espace avec une présence humaine minimale dans les montagnes et au cœur des parcs nationaux.

 

Réguler la faune sans jamais tuer pour le loisir

Les chasseurs font passer leur activité de loisir pour une activité de régulation. L’équilibre agro-sylvo-cynégétique n’est autre que la recherche de sensations personnelles qui ne rejoignent en rien l’intérêt général. Tant qu’on n’aura pas vu une marmotte provoquer un accident et une grive musicienne (toutes deux chassables) causer des dégâts, on ne pourra pas nous faire croire que la chasse de ces espèces est motivée par des besoins de régulation !
Il est vital de séparer les tirs de régulation, pour répondre à la préoccupation d’un certain nombre de nos concitoyens victimes de dégâts, de la chasse-loisir totalement injustifiable.

Animal Cross propose de créer une brigade spécifique professionnelle neutre, à l’exemple de ce qui se pratique avec succès dans le canton de Genève depuis 1974. Elle sera chargée de la régulation et de la police de l’environnement.

 

Diminuer la souffrance animale

Les pratiques de chasse cruelles comme la vénerie sous terre, la chasse à courre, à la glue ou à la tendelle doivent disparaitre. Les chasseurs ne doivent plus non plus chasser avec un chien sans lui accorder le bien-être qu’il mérite. Trop de chiens de chasseurs ne sont que des esclaves dressés, libérés les seuls jours de chasse. Les sanctions pour infraction aux règles de chasse doivent être beaucoup plus sévères. Animal Cross propose de créer sans délai un délit d’acte de cruauté sur les animaux sauvages.

 

Chasse au sanglier : un rendez-vous chez l’ophtalmo ?

Chasse au sanglier : un rendez-vous chez l’ophtalmo ?

A partir du 15 août, la chasse au sanglier en battue, à l’affût ou à l’approche est autorisée dans les conditions fixées par l’arrêté du préfet.

Attention ! Les accidents ont déjà commencé !

En Gironde, les pompiers ont été appelés sur un terrain de chasse privé en lisière de forêt, à Blanquefort. Un homme âgé de 57 ans est mort alors qu’il participait à une partie de chasse aux sangliers. Il se serait fait tirer dessus par un collègue chasseur, depuis un mirador. Le tireur présumé, en état de choc, a été placé en garde à vue ce jeudi soir par les gendarmes. Il parle pour l’instant d’un acte involontaire et affirme qu’il aurait pris la victime pour du gibier, selon l’officier de communication des pompiers. Le tireur présumé devra aussi s’expliquer sur les munitions utilisées, des chevrotine, et non des balles, ce qui est interdit en Gironde.

En Savoie, un chasseur a été gravement blessé ce mercredi 15 août 2018 en milieu de matinée. L’homme âgé d’une cinquantaine d’années a été touché à la jambe sur la commune de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier. On ne sait pas encore qui a tiré….

La saison ne fait que commencer… et dire que les vacances ne sont pas encore terminées, que nous nous promenons avec nos enfants dans la campagne…

Avec ce type de chasseurs, nous risquons nos vies : Une visite médicale obligatoire chaque année peut-être ? Un test d’alcoolémie avant chaque sortie ? Un rendez-vous chez un ophtalmo ?

M. Macron, M. Hulot, les conducteurs de véhicules sont soumis à des contrôles de plus en plus sévères. Les chasseurs possèdent des armes et ne sont pourtant soumis à aucun contrôle une fois leur permis de chasser obtenu. Ne pensez-vous pas qu’il serait enfin temps d’agir pour la sécurité de vos concitoyens ?

 

L’imposture des cochongliers

L’imposture des cochongliers

article paru dans Le Courrier de la nature, n°267 de mars 2012. pp. 6-9
par Pierre Jouventin, longtemps Directeur de recherche CNRS en éthologie des animaux sauvages & Directeur du laboratoire CNRS d’écologie, membre du Conseil Scientifique de la Réserve Nationale de Camargue

Le ‘petit gibier’ se raréfie : les lapins sont décimés par le VHD (Viral Hemorragic Disease) et les migrateurs hivernent de plus en plus au nord de leur aire traditionnelle d’hivernage. Au contraire, le sanglier s’est si bien adapté qu’il a compris l’avantage d’habiter en ville. On le trouve aujourd’hui communément dans les zones urbaines. L’un est entré dans un supermarché à Toulouse, plusieurs en pleine ville de Montpellier ont défoncé ma clôture pour visiter mon jardin… Les grands prédateurs ne le régulent plus depuis longtemps et nos chasseurs, qui prétendaient les remplacer, se déclarent complètement débordés.

Or le sanglier est aussi le gibier favori des Nemrod (chasseurs, ndlr). Entre 1970 et 1990, ils ont lâché des dizaines de milliers d’animaux d’élevage. Ils les croisaient avec le porc, son descendant domestique dont le nombre de chromosomes est généralement différent (38 et non 36), le cerveau réduit de 40% et la prolificité proverbiale. L’aspect de ces ‘animaux dénaturés’ est trompeur, mais leur poids est fortement augmenté, leur taux de fécondité au moins doublé, leur taux de croissance triplé, leur maturité sexuelle avancée. Le taux d’accroissement des populations étant d’environ 100% dans la nature, nous sommes passés de 50.000 sangliers abattus en 1975 à environ 700.000 aujourd’hui…

Les chasseurs encouragent cette prolifération tout en se vantant d’être les régulateurs de l’espèce. Outre l’entretien de points d’eau et la construction de bauges, des plans de chasse sont mis en œuvre qui épargnent les femelles pour éviter de réduire la natalité, car les terrains de chasse sont loués d’autant plus cher que la densité de sangliers y est forte. Enfin et surtout, pour assurer des tableaux impressionnants, le futur gibier est nourri en période difficile et c’est ce qu’on appelle l’agrainage : les chasseurs ont toujours le droit de nourrir les sangliers en hiver, soi-disant pour les éloigner des cultures. Or la disette hivernale -devenue moins létale par suite du réchauffement climatique- régulait auparavant la taille des portées et leur nombre, une femelle bien nourrie mettant bas deux fois par an.
Il devient difficile de trouver dans la nature des sangliers qui ne soient pas mâtinés de cochon, d’où leur surnom de cochongliers : il y a eu ‘pollution génétique’ sans discussion possible. A l’entrée de la Réserve Nationale de Chasse de Chizé, se trouve le laboratoire CNRS d’écologie que j’ai dirigé pendant près de quinze ans. Une équipe de l’ONCFS y prélève les sangliers encore purs qui y sont restés enfermés à l’abri des croisements fortuits.
Ironie de la nature, par un effet de fondateurs, beaucoup sont albinos. Lors des captures, je lisais l’incrédulité sur le visage des traqueurs locaux quand les spécialistes leur expliquaient que les blancs étaient purs et que ‘les bêtes rousses’ de l’extérieur de la réserve étaient des
faux sangliers ! Comment les scientifiques peuvent-ils rester crédibles quand l’évidence est contraire ?

Câlinés par ces apprentis-sorciers ou ces pompiers pyromanes, les cochongliers sont en pleine explosion démographique alors que les effectifs de chasseurs se réduisent d’année en année, leur moyenne d’âge étant passée de 45 ans en 1983 à près de 65 ans aujourd’hui.

Or, les fédérations de chasseurs, considérées par l’Etat comme responsables de ce gibier, doivent rembourser les dégâts aux agriculteurs (parfois aussi chasseurs !) en alimentant un fonds géré par l’ONCFS, organisme d’Etat de gestion de la faune lui-même dépendant des fédérations. Elles sont donc de moins en moins prêtes à payer et cherchent un bouc-émissaire à qui repasser ce mistigri qui plombe leurs ressources en baisse.

Les chasseurs, encore plus malins et adaptables que leur favori, ont retourné l’argumentation. Les réserves de chasse sont régulées par leurs soins, disent-ils, alors que les réserves naturelles, où les sangliers ont appris à se réfugier quand ils sont dérangés, sont abandonnées à leur triste sort et constituent des réservoirs d’animaux nuisibles. Les chasseurs sont donc des usagers de la nature responsables et les protecteurs de la nature des irresponsables qui créent des réserves sans aucun plan de gestion cynégétique1. Dans ces zones de non-droit, les animaux sauvages peuvent se mettre à l’abri quand la pression de chasse autour devient trop forte et les cochongliers délinquants vont s’y cacher pour se soustraire à la loi… Cette fonction de sanctuaire, c’est vrai, est en partie la raison d’être d’un espace protégé ! Quoi qu’il en soit, il serait, d’après les chasseurs, logique qu’étant responsables de cette prolifération d’animaux nuisibles, les protecteurs de la nature et en particulier les gestionnaires des réserves naturelles payent les dégâts aux cultures ! Il serait même légitime qu’ils remboursent les collisions de plus en plus fréquentes entre cochongliers et voitures puisqu’un fond financé par les assurés a dû être créé pour dédommager les automobilistes. Or, ce pic des collisions coïncide avec la saison de chasse, par suite des dérangements occasionnés…

Ce raisonnement digne d’Ubu et des sophistes grecs prêterait à sourire s’il ne s’inscrivait pas dans une stratégie de ‘communication’, c’est-à-dire de désinformation. Des pancartes sur les bords de routes rappellent que des fleurs ont été plantées par les sociétés de chasse locales puisque les chasseurs sont, comme chacun sait, les gestionnaires de la biodiversité et les défenseurs de la vie. Au lieu d’être critiqués, ils devraient être subventionnés en tant que jardiniers de la nature qui, sans eux, serait livrée à l’anarchie depuis que les grands prédateurs ont ‘disparu’. Ils les remplacent pour remplir leur fonction écologique, pour remettre bénévolement un peu d’ordre dans la faune française. Ces dernières mois, les représentants de ce lobby -porteurs de badges officiels leur permettant d’animer leur groupe de travail sur la chasse, triple en nombre des autres groupes parlementaires- ont obtenu du gouvernement une multiplication sans précédent des lois pro-chasse :

  • convention des fédérations de chasse avec l’Education Nationale pour ‘éduquer les jeunes au respect de la nature’,
  • défiscalisation des chasses commerciales, niches fiscales, dérogations à la législation européenne,
  • maintien de la chasse pendant les grands froids,
  • autorisations de chasse camouflées en prélèvements scientifiques sur le modèle des baleiniers japonais,
  • large distribution de permis préfectoraux d’abattage des loups alors qu’ils sont protégés par la loi,
  • suppression programmée du Conseil National de la Protection de la Nature, le seul rempart officiel où se trouvaient représentées les associations…

C’est dans ce cadre nouveau que les gestionnaires d’espèces naturels camarguais avaient été assignés en justice par la Fédération de Chasse des Bouches-du-Rhône (FDC13). La Réserve Nationale de Camargue (RNC) en est le principal acteur. Gérée depuis 1927 par la
Société Nationale de Protection de la Nature, elle couvre 13.000 ha. Or la Camargue constitue à la fois un laboratoire-pilote des relations homme/nature et chasseurs/protecteurs. Les différents sur l’usage de la nature peuvent y aboutir à l’incendie de bâtiments, des menaces de mort sur les chercheurs ou gestionnaires des réserves et même des coups de fusil… La pression cynégétique y est si forte que les scientifiques ont trouvé jusqu’à 100.000 plombs de chasse par ha (dans le premier cm de sédiments), à 500 m à l’intérieur de la réserve naturelle.

La FDC13 a donc mis en 2013 la RNC d’abattre ses sangliers ou de payer les dégâts qui leur sont attribués. Un arrêté du Préfet des Bouches du Rhône de juillet 2011 autorise en effet l’abattage des sangliers considérés comme animaux nuisibles, du moins ceux susceptibles de s’attaquer aux cultures, à l’homme ou de provoquer des collisions… Comme c’est impossible à savoir, cela ouvre la porte à des battues dans les zones supposées critiques comme les réserves naturelles. Or, d’une part, c’était complètement disproportionné : cinquante sangliers peuvent vivre dans la RNC quand la population camarguaise est évaluée à 2.000. D’autre part et surtout, la FDC13 a déposé plainte devant la justice tout en continuant de laisser agrainer ses sangliers à proximité et alors qu’ils sont capables de déplacements de plusieurs kilomètres dans la même nuit. Elle ne veille pas non plus à la mise en place et à l’entretien des mesures de protection des cultures, préalable dont elle a la charge avant le paiement des dédommagements. En Camargue dont on nous fait croire que c’est un espace de nature, les riziculteurs touchent les plus grosses indemnités de l’Etat. Ce sont pour la plupart les mêmes qui agrainent et organisent des battues sur leur terrain, source de revenus supplémentaires… Ce sont aussi les mêmes qui profitent de l’effet-réserve pour la chasse aux canards entrant et sortant, ce qui leur permet de louer cette ‘chasse à la passée’ plusieurs milliers d’euros/an en Camargue. Sans être nécessairement déclarés au fisc, ces revenus de chasse au canard s’ajoutent à ceux de la chasse au sanglier, aux indemnités pour dégâts aux cultures et aux revenus agricoles alors que les réserves naturelles nationales peinent pour boucler leur budget… En écologie politique, tout ne se termine pas mal : en 2014, la FDC13 a retiré sa plainte contre la RNC de Camargue, se rendant enfin compte du ridicule de sa revendication et de l’impossibilité d’aboutir.
Mais sur un plan national, faut-il admirer le génie politique des chasseurs qui, actifs et organisés, obtiennent tout ce qu’ils désirent en particulier en période électorale, leur candidat à la présidentielle s’étant retiré au bénéfice du candidat Sarkozy aux dernières présidentielles… mais qui entretiennent à tout hasard des amis dans l’autre camp ce qui leur a permis de retomber sur leurs pattes après l’élection de François Hollande ? Ou faut-il déplorer la faiblesse des protecteurs de la nature et de la cause animale qui, forts de plusieurs millions d’électeurs et de la sympathie de dizaines de millions de français, n’ont pas eu un seul candidat lors de la dernière élection présidentielle ? Ils ont dû s’incliner devant un million d’usagers de la nature qui la confisquent à leur bénéfice exclusif sous les gouvernements de droite comme de gauche. Ils continuent à empêcher les amoureux des bêtes de les observer de près, font risquer leur vie aux promeneurs du dimanche et placent notre pays en tête du palmarès européen des accidents de chasse. Bref, une infime minorité agissante soutenue par la grande majorité de nos élus -surtout au Sénat- nous contraint à subir le joug de sa conception de la nature, intolérante et rétrograde.
De l’avis général, notre pays vit une période de régression en ce qui concerne la protection des animaux alors que la crise écologique démontre chaque jour davantage que notre vision des rapports harmonieux entre l’homme et son milieu a pour elle la raison,
la morale et l’avenir. Théoriquement, tous les partis en conviennent, pratiquement ‘la maison continue à brûler’. On a créé à quelques dizaines de kilomètres de la RNC un minuscule Parc National des Calanques dont 40% de la surface est chassable et où les méthodes
‘traditionnelles’ comme la glu sont autorisées… On avait déjà les Cévennes, dont le label de Parc National n’a pas grand-chose à voir avec ses homonymes américains puisqu’on peut y habiter, couper du bois et chasser : à ce niveau d’hypocrisie et de Green washing, pourquoi ne
pas inclure la ville de Marseille dans le Parc National des Calanques ? Les amoureux de la nature et des animaux sont des gens pacifiques et honnêtes, mais il est difficile de ne pas être ‘indigné’ quand la gestion de la faune est assurée par les chasseurs sous le prête-nom de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qu’ils contrôlent. Juge et partie, ils ‘régulent’ les cochongliers qu’ils ont multipliés jouant du double statut de ‘gibier’ et de ‘nuisible’. L’ONCFS doit être libéré de leur tutelle et les expertises confiées à des techniciens et des scientifiques indépendants et compétents. Comment se fait-il, d’ailleurs, que l’agrainage soit encore autorisé alors qu’il est bien connu qu’il accroit les dégâts aux cultures en favorisant la prolifération des cochongliers ?
Pour terminer tout de même sur une note d’humour, vivement le retour du loup, dont le sanglier était la proie favorite, pour remettre de l’ordre dans la nature !

 

Bibliographie :
Athanaze Pierre,2011, Le livre noir de la chasse, Sang de la terre.
Bouldoire J-L, Vassant J.,1957, Le sanglier, Hatier.
Charollois Gérard, 2013, Pour en finir avec la chasse, IMHO.

 

1 En réalité, les plans de chasse ont montré leurs limites en matière de régulation des populations de sangliers.

 2 La Ministre de l’écologie a encouragé des battues au loup dans le cœur du Parc National des Ecrins et le Directeur du Parc National des Cévennes a demandé officiellement l’éradication des loups pour favoriser la biodiversité des moutons ! Plusieurs préfets ont vu leurs autorisations d’abattage des loups cassées par des associations qui ont introduit
des recours.