Des cadavres éparpillés dans la montagne, des moutons qui peinent à marcher et des animaux laissés dans une situation préoccupante. Le 20 septembre, près du col du Soulor, Animal Cross a découvert une scène difficilement supportable sur une estive des Pyrénées. Notre association dénonce les conditions de surveillance de ce troupeau et a porté plainte pour délaissement (article 521-1 du code pénal).
Enquête Animal Cross : découverte de moutons morts et en souffrance sur une estive des Pyrénées.
Voir la vidéo sur YouTube
Une découverte dramatique à près de 2 000 mètres d’altitude
Il faut environ 2 h de marche et 700 mètres de dénivelé positif depuis le cirque du Litor pour rejoindre la cabane de Larue, située à 1 968 mètres d’altitude.
C’est sur cette estive difficile d’accès qu’Animal Cross a découvert une vingtaine de moutons morts récemment, ainsi qu’environ 90 animaux encore vivants. Parmi eux, une douzaine présentaient d’importantes difficultés à marcher.
Selon plusieurs témoignages recueillis par notre association, le bilan réel pourrait être bien plus lourd, environ une cinquantaine de moutons morts. Des sources concordantes rapportent également que les visites du berger ou de l’éleveur auraient été très espacées, laissant les animaux sans la surveillance et les soins réguliers dont ils avaient besoin.
La difficulté d’accès à une estive ne peut justifier de laisser des animaux souffrir sans soins adaptés.
Fièvre catarrhale : le risque sanitaire ne s’arrête pas en altitude
Plusieurs causes de mortalité sont envisagées, notamment la fièvre catarrhale ovine (FCO) et le parasitisme.
Selon une source d’Animal Cross, les moutons n’auraient pas été vaccinés contre la FCO, au motif que l’altitude limiterait la présence des insectes vecteurs. Pourtant, avec les canicules et le réchauffement climatique, des insectes piqueurs seraient présents à près de 2 000 mètres d’altitude.
Le pastoralisme ne doit pas faire oublier la souffrance animale
Derrière l’image idyllique des troupeaux en liberté dans les paysages pyrénéens, la réalité peut être bien différente.
Les animaux envoyés en estive restent dépendants des humains pour leur surveillance, leur protection et leurs soins. Les laisser pâturer en montagne ne dispense pas de veiller à leur état de santé.
Animal Cross dénonce cette situation et a porté plainte pour délaissement. Les animaux d’élevage ont droit à des soins et à une protection effective, y compris en altitude.
Ici, pastoralisme ne rime pas avec romantisme.