Intégrée à la mobilisation européenne globale « It’s Time Campaign », cette initiative donne la parole aux producteurs avicoles pour démontrer qu’ils sont prêts à tourner définitivement la page de l’élevage en cage. Alors que la Commission européenne prépare ses propositions législatives pour réviser la réglementation sur le bien-être animal, cet appel vise à convaincre les ministres et parlementaires français et européens de fixer un cadre ferme, juste et protecteur.[1]
Vers une Europe sans cage : la filière avicole en 1ère ligne
La Commission européenne s’était engagée en 2021 à présenter des textes visant à interdire progressivement l’élevage en cage dans l’Union européenne. Les poules pondeuses doivent normalement constituer la toute première filière concernée par cette transition, avec une proposition de réglementation attendue d’ici la fin de l’année 2026, qui sera suivie par celle relative aux truies en 2027.[1][2]
Poules pondeuses dans un élevage en cages en France, 2018 – photo d’illustration. Photo : L214 /
Wikimedia Commons –
CC BY 3.0.
Ce que disent les éleveurs : un soutien massif et des exigences précises
Contrairement aux idées reçues, les éleveurs avicoles ne s’opposent pas à la transition hors cage. Selon un sondage réalisé par l’institut Savanta pour CIWF, 88 % des éleveurs français interrogés soutiennent l’interdiction de l’élevage en cage au niveau de l’Union européenne. Sur le terrain, leurs témoignages traduisent une volonté d’avancer, assortie de trois conditions majeures : un calendrier réglementaire strict, des financements adéquats et une protection commerciale.[1][2]
En France : une dynamique bien engagée mais freinée par l’incertitude
Premier producteur d’œufs en Europe, la France fait figure de pionnière dans la transition hors cage. Plus de la moitié des poules pondeuses hexagonales (51 %) bénéficient désormais d’un accès au plein air. Par ailleurs, l’interprofession avicole (CNPO) s’est fixé pour objectif de porter à 90 % la part des poules élevées hors cage d’ici 2030.[1][2]
Pourtant, environ 23 % des poules pondeuses françaises restent logées dans des cages aménagées. Ces œufs issus du « code 3 » sont principalement destinés aux industriels de l’agroalimentaire et à la restauration hors domicile sous forme d’ovoproduits, où le mode de production demeure peu visible pour le consommateur. Les producteurs engagés ou désireux de franchir le pas se heurtent aujourd’hui au flou réglementaire et à la crainte d’une concurrence déloyale.[1][2]
Un appel décisif adressé aux décideurs politiques
À travers la campagne « La voix des éleveurs compte », qu’Animal Cross soutient, CIWF et les professionnels du secteur lancent un message limpide aux pouvoirs publics. Les éleveurs ont réalisé d’importants investissements et sont prêts à achever la transition vers le 100 % hors cage. Il appartient désormais à l’Europe puis à la France d’inscrire cette interdiction dans la loi et de garantir des règles du jeu équitables pour protéger leur avenir économique.
Poules pondeuses biologiques avec accès à l’extérieur à Bailleul-Neuville, en Normandie – photo d’illustration. Photo : Tsaag Valren /
Wikimedia Commons –
CC BY-SA 4.0.
Sources et références
Consulter la source
Consulter la source
Photo 1 : L214, « Poules en cage », 2018 – Wikimedia Commons – licence CC BY 3.0.
Photo 2 : Tsaag Valren, « Poules en bio à Bailleul-Neuville 07 », Normandie, 2017 – Wikimedia Commons – licence CC BY-SA 4.0.