Depuis le 1er juillet 2026, les personnes qui acquièrent un chien dans le Land de Brême, en Allemagne, doivent démontrer qu’elles possèdent les connaissances nécessaires pour s’en occuper correctement. Ce « Hundeführerschein », souvent traduit par « permis pour chien », comprend un examen théorique avant l’acquisition et une épreuve pratique avec l’animal dans l’année qui suit. Une mesure intéressante pour prévenir les erreurs de détention, les abandons et certaines situations dangereuses. Mais contrairement à ce que l’on peut parfois lire, elle ne concerne pas toute l’Allemagne.
Chien tenu en laisse, illustration du permis de détention instauré à Brême en Allemagne
Chien tenu en laisse — photo d’illustration. Source : Wikimedia Commons — licence CC BY-SA 4.0.

À Brême, avoir un chien suppose désormais de prouver ses compétences

La nouvelle législation du Land de Brême change profondément la logique habituelle : il ne suffit plus de vouloir acquérir un chien pour être considéré comme suffisamment préparé à en prendre la responsabilité.

Depuis le 1er juillet 2026, les nouveaux détenteurs doivent obtenir un certificat de compétence, le Hundeführerschein.[1]

L’examen comporte deux étapes. La première est théorique et doit être réussie avant l’arrivée du chien. Elle porte notamment sur les besoins et le comportement du chien, les règles de protection animale et la capacité à anticiper des situations potentiellement dangereuses.

La seconde est pratique. Elle doit être passée dans l’année suivant l’acquisition, lorsque le chien a au moins douze mois. Le détenteur doit montrer qu’il sait comprendre son animal, le conduire correctement et prévenir les situations problématiques.[1][2]

Particularité importante : l’épreuve pratique doit être renouvelée avec chaque nouveau chien, car les autorités considèrent que chaque animal possède son propre comportement et ses propres besoins.

L’objectif : agir avant que les problèmes apparaissent

Le gouvernement de Brême explique cette réforme par un constat assez simple : aimer les chiens ne signifie pas nécessairement savoir répondre à leurs besoins.

Une mauvaise compréhension du comportement canin peut conduire à une éducation inadaptée, à des conditions de vie insuffisantes, à des conflits ou à des comportements devenus difficiles à gérer. Dans certains cas, le chien finit abandonné ou confié à un refuge.

La législation cherche donc à intervenir en amont, plutôt qu’une fois l’animal en difficulté.

Un chien n’est ni un objet que l’on apprend à utiliser après l’achat, ni un animal dont les besoins se résument à être nourri et promené. C’est un individu sensible, avec des besoins comportementaux, sociaux, physiques et médicaux qui devront être satisfaits pendant parfois quinze ans.

Non, toute l’Allemagne n’impose pas encore ce permis

L’Allemagne est un État fédéral et les règles concernant les chiens varient fortement selon les Länder. Il n’existe actuellement aucun Hundeführerschein obligatoire pour tous les propriétaires de chiens à l’échelle nationale.

En Basse-Saxe, les personnes qui acquièrent leur premier chien doivent déjà, depuis 2013, passer une épreuve théorique avant l’acquisition puis une épreuve pratique pendant la première année de détention.[4]

À Berlin, en revanche, le Hundeführerschein reste en principe facultatif pour les chiens ordinaires et permet notamment d’obtenir une dérogation à certaines obligations de tenue en laisse.[5]

Lors d’une audition publique du Bundestag en avril 2026, l’éducateur canin Martin Rütter a demandé qu’une preuve de compétence soit exigée avant toute détention d’un chien.[6] Il s’agit à ce stade d’une proposition et non d’une décision fédérale.

Et en France ?

Depuis octobre 2022, toute personne acquérant pour la première fois un chien doit signer en France un certificat d’engagement et de connaissance, remis au moins sept jours avant l’acquisition.[7]

C’est utile. Mais il existe une différence fondamentale avec Brême : le futur détenteur français n’a aucune connaissance à démontrer.

Il lit et signe un document. Il n’y a ni examen théorique, ni mise en situation pratique, ni vérification ultérieure de sa capacité à comprendre et conduire son chien.

Chien pendant une séance d’apprentissage avec un humain

En Allemagne, plusieurs Länder imposent déjà aux nouveaux détenteurs de chiens de démontrer leurs connaissances. Photo d’illustration.

Séance d’apprentissage entre un chien et un humain — photo d’illustration. Photo : Ellen Levy Finch / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0.

Notre demande : passer de l’information à une véritable compétence

Le certificat français constitue une première étape, mais son principe pourrait être renforcé.

Animal Cross propose d’étudier la mise en place, pour les nouveaux détenteurs de chiens, d’un véritable parcours de connaissance préalable : une formation accessible, suivie d’une validation des connaissances essentielles sur le comportement, la santé, les besoins physiologiques et la protection de l’animal.

Une partie pratique pourrait ensuite permettre de vérifier que la relation entre le chien et son détenteur s’établit dans de bonnes conditions.

Former les humains avant que les animaux n’en subissent les erreurs : voilà probablement la leçon la plus intéressante à retenir de l’expérience de Brême.

Sources et références

[1] Land de Brême — 2026. Hundeführerschein ab 1. Juli 2026.
[2] Land de Brême — 2025-2026. Bremisches Gesetz über das Halten von Hunden, § 3.
[4] Ministère de l’Agriculture de Basse-Saxe — 2026. Informationen zum Hundegesetz.
[5] Land de Berlin. FAQ Hundegesetz.
[6] Deutscher Bundestag — 13 avril 2026. Audition sur la réforme du droit de la protection animale.
[7] Ministère français de l’Agriculture. Certificat d’engagement et de connaissance.