Protection des troupeaux et conditionnalité des indemnisations : l’arlésienne des estives

Protection des troupeaux et conditionnalité des indemnisations : l’arlésienne des estives

Communiqué  de CAP – Ours, Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours

En France, seuls les dégâts causés par les grands prédateurs sauvages protégés (ours, loups et lynx) sont systématiquement indemnisés par l’Etat.

Depuis 2019, la Commission Européenne impose aux états de l’UE une contrepartie minimale pour pouvoir indemniser ce type de dégâts : des protections doivent être mises en place préalablement.

Un certain nombre d’estives pyrénéennes (majoritairement en Ariège) étant à la traîne pour la mise en place a minima des moyens de protection, elles ont bénéficié d’un report de 2 ans lors de la publication du décret ministériel de juillet 2019.

Ce délai dérogatoire n’ayant visiblement pas été mis à profit, l’Etat vient de publier, le 19 mars dernier, une nouvelle version du décret, s’apparentant à une fuite en avant : jusque fin 2022, les éleveurs pyrénéens sans moyens de protection installés pourront être indemnisés…s’ils promettent d’étudier des moyens de protection (sic !).

Ce deuxième report de fait, devant la mauvaise volonté de certains groupements pastoraux, suscite quelques évidentes questions :

– Quelle sera la réaction de la Commission Européenne devant cette nouvelle reculade qui reporte aux calendes grecques la mise en place effective de moyens de protection ?

– Est-ce vraiment la bonne méthode pour inciter à la mise en place concrète de moyens de protection sur les estives pyrénéennes ?

Cas d’école, l’estive ariégeoise cumulant le plus grand nombre de pertes depuis de nombreuses années n’utilisait toujours ni chien de protection ni parc de regroupement nocturne en 2020 …

Aucune assurance privée n’indemniserait un assuré qui ne met pas en place un minimum de protections contre un risque connu et prévisible.

Cette gestion qui ne participe ni à améliorer la cohabitation ni à restaurer cette espèce menacée est-elle vraiment la meilleure manière d’utiliser des fonds publics ?

Les associations membres de CAP – Ours :

Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

 

64 ours, 16 oursons en 2020 dans les Pyrénées

64 ours, 16 oursons en 2020 dans les Pyrénées

Le rapport annuel du réseau Ours brun (ROB) vient de sortir. Sur l’ensemble des Pyrénées françaises, toutes méthodes de suivi confondues, 1977 indices ont été collectés et vérifiés.

Si la proportion des indices collectés est relativement similaire à 2019 et 2018, on constate toutefois une baisse importante des pistes/empreintes, très probablement liée au confinement de ce printemps. En effet, la majorité des empreintes sont généralement trouvées, dans la neige, à la sortie de l’hiver.

Typologie des indices de présence d’ours « confirmés » en 2020.

Typologie des indices de présence d’ours « confirmés » en 2020.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré tout, quelques pistes ont pu par exemple être observées à la longue vue depuis le balcon d’une maison.

Piste d’ours, caractéristique dans la neige, menant à l’observation directe de l’ours mâle adulte Goiat. Photo extraite d’une vidéo réalisée par un membre du ROB depuis son balcon à Loudenvielle (65), à près de 6 kilomètres de distance, le 04 avril 2020 pendant le confinement.

Piste d’ours, caractéristique dans la neige, menant à l’observation directe de l’ours mâle adulte Goiat. Photo extraite d’une vidéo réalisée par un membre du ROB depuis son balcon à Loudenvielle (65), à près de 6 kilomètres de distance, le 04 avril 2020 pendant le confinement.

Une continuité de population d’ours de 272 km, depuis la Navarre  jusqu’au Pyrénées orientales.

L’aire de répartition des ours dans les Pyrénées est d’environ 8200 km2, avec une diminution de 2200 km2 vs 2019, due au moindre déplacement de Goiat.
La connexion est particulièrement active en 2020 entre les Pyrénées occidentales et centrales, liée au mouvement de 3 mâles (Néré, Cannellito et Rodri). Il y a maintenant une continuité de population de 272 km, depuis la Navarre  jusqu’au Pyrénées orientales.

64 ours, 16 oursons présents en 2020 dans les Pyrénées

En 2020, le typage génétique a permis de distinguer 45 ours par les analyses françaises et 27 par les analyses espagnoles. Après consolidation des données,  l’EMD (effectif minimum détecté) 2020 est estimé à 64 ours. 12 individus ont été détectés exclusivement en Espagne.
On comptait en 2019 58 ours (effectif corrigé a posteriori suite à la découverte de nouveaux indices en 2020).

La répartition male/femelle est équilibrée, avec 29 mâles et 29 femelles (rapport calculé sur 58 individus de sexe connu) 23 femelles et 12 mâles sont actuellement en âge de se reproduire.
En 2020, 9 portées et 16 oursons ont été détectés.
Le taux d’accroissement moyen annuel de la population pyrénéenne, entre 2006 et 2019, est estimé à 10,96%.

Malgré l’évolution positive, ces 64 ours ne constituent toujours pas une population viable. Pour atteindre ce statut, qui est à la fois l’objectif des associations de protection de l’ours et l’obligation de l’État, il est nécessaire d’atteindre un effectif de 50 ours participant à la reproduction, et avec une bonne diversité génétique, comme annoncé dans le Plan Ours 2018-2028.

Nous réitérons la demande à l’état de remplacer les 3 ours tués en 2020.

A savoir

7 des 64 ours détectés en 2020 sont considérés comme morts :
4 oursons de l’année ont disparu dans l’été
3 ours adultes ont été retrouvés morts de cause humaine (un ours mort par balles en Ariège) ;

636 victimes sur le cheptel domestique en 2020

En France en 2020, le nombre d’attaques d’ours sur le cheptel domestique a continué d’augmenter mais beaucoup moins fortement qu’entre 2017 et 2018 (absence de dérochement massif).

Bilan 2020, dans les Pyrénées françaises, des attaques et des dégâts d’ours sur cheptel domestique (animaux morts et blessés) et sur ruches pour lesquels la responsabilité de l’ours est non écartée. Aucune attaque sur cheptel domestique ou sur rucher n’a été détectée dans les départements 11, 64 et 66 en 2020. Source : DREAL/DDT(M)

En Espagne en 2020, 48 attaques ont été recensées, essentiellement avant la transhumance. Une différence qui s’explique simplement par la différence de protection des troupeaux. En Espagne, tous les troupeaux sont protégés avec berger, regroupement nocturne en parc et chiens de protection pendant l’été.

Les effarouchements des ours, expérimentés cette année, ne sont donc pas la solution. Au contraire, la protection des troupeaux, demandée par les associations depuis de nombreuses années a prouvé son efficacité.

Source : Rapport annuel du réseau ours brun 

Lettre ouverte de CAP Ours au Président de la République

Lettre ouverte de CAP Ours au Président de la République

CAP – Ours Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours
Pyrénées, Pays des Hommes, Pays des Ours

Lettre ouverte de CAP Ours au Président de la République, mardi 16 février 2021

Monsieur le Président,

Fi aux menaces, oui aux ours
La semaine dernière, les locaux de responsables associatifs militant pour l’ours ont été tagués d’un « Mort aux ours »
et ont subi une tentative de destruction par incendie.
Nous, les représentants des associations de CAP Ours, ne céderons pas aux intimidations ni aux menaces. Nous vous
réitérons Monsieur le Président nos demandes :
– Un discours clair et ferme confirmant l’engagement de la France en faveur de la restauration de la population
d’ours dans les Pyrénées.
– Le remplacement rapide des trois ours tués par l’homme en 2020, conformément à l’engagement pris sous
votre présidence dans le « plan ours ».
– La fin de l’impunité pour les opposants violents.

Dernière provocation en date chez Animal Cross

A plusieurs reprises en effet ces dernières années et notamment depuis le début de votre présidence, la « chasse à
l’ours » a été déclarée ouverte, comme dans cette vidéo rendue publique en septembre 2017 où un commando
cagoulé et armé n’hésite pas à menacer les ours comme les agents de l’État. Le mois précédent, des agents de
l’ONCFS (devenu OFB) avaient déjà été menacés, y compris avec armes ; l’été 2019, un de leurs véhicules était
incendié …
D’autres faits :
• Mai 2018 : une manifestation d’opposants en réaction à une animation pacifique organisée dans une salle municipale
par les associations environnementales dégénère ; seule l’intervention des gendarmes mobiles permet d’éviter le pire.
Des menaces, des violences, des dégradations sont pourtant constatées, des plaintes déposées … et rien.
• Août 2019 : une affiche trouvée sur un sentier menace les randonneurs et les touristes de balles perdues lors de
chasse à l’ours. Une enquête est ouverte … et rien.
• Janvier 2020 : un pot de miel apparemment empoisonné est découvert en montagne. L’OFB ouvre une enquête … et
rien.
• Juin 2020 : un ours est trouvé mort, tué par balles. Une enquête est ouverte, l’État comme de nombreuses
associations déposent plainte … et rien encore à ce jour.
• Février 2021, les locaux de l’association Animal Cross sont victimes d’une tentative de destruction par incendie et
tagués d’un « Mort aux ours ».
Nous avons bien noté quelques auditions, perquisitions, et gardes à vue, mais aucune mise en examen et encore moins
de comparution et donc de jugement.
En parallèle, nous constatons le non remplacement des ours tués par l’homme en 2020. A ce jour, nous pouvons
considérer qu’en France, l’opposition extrême à l’ours a commencé à détruire en 2020 la population d’ours des
Pyrénées en toute impunité.
Monsieur le Président, la conservation de l’ours brun étant une obligation légale en regard de la directive européenne
92/43 dite « Habitats », la seule issue pour stopper la violence envers les personnes militantes en faveur du respect
de cette obligation mais aussi pour lutter contre l’abattage des ours, c’est de ne laisser aucun doute sur le fait
qu’on sauvera l’ours et qu’on l’installera dans la durée.

Monsieur le Président, remplacez les ours tués et mettez fin à l’impunité de l’opposition violente. Seule cette
fermeté permettra de développer les mesures en faveur d’une cohabitation apaisée entre les activités humaines et
les ours.

Les associations membres de CAP – Ours :
Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil
International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds
d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature
Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées),
Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société
d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64),
Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères
(SFEPM), Sours, WWF France.

Lettre ouverte de CAP Ours au Président de la République

Tentative de destruction par incendie et tag anti-ours aux bureaux d’Animal Cross

Un immense « Mort aux ours » a été tagué cette nuit sur la façade des bureaux d’Animal Cross à Pau. Le paillasson devant la porte d’entrée a été retrouvé imbibé d’essence, faisant penser à une tentative de destruction par incendie. La clôture a été endommagée, le(s) malfaiteur(s) étant entré(s) par effraction à l’intérieur du jardin.
Il s’agit sans doute d’une réaction au communiqué de presse publié le 5 février, dans lequel Animal Cross et les associations de défense de l’ours se félicitaient de la décision du Conseil d’Etat interdisant l’effarouchement des ours, toujours considérés dans un état de conservation « défavorable » au sens de la directive Habitat et en danger critique d’extinction.
Animal Cross porte plainte.
Ce genre d’intimidation ne fera en rien changer les positions d’Animal Cross et nous réaffirmons ce jour avec vigueur que les ours ont leur place dans les Pyrénées et qu’une cohabitation est possible.
Nous invitons les responsables politiques locaux à se mobiliser bien plus nettement pour sa défense.
Le Conseil d’Etat annule les autorisations d’effaroucher les ours dans les Pyrénées

Le Conseil d’Etat annule les autorisations d’effaroucher les ours dans les Pyrénées

Par décision du 4 Février 2021, le Conseil d’Etat annule la possibilité d’autoriser l’effarouchement des ours à l’aide de tirs non-létaux (dit « effarouchement renforcé”) prévu dans l’arrêté ministériel du 27 juin 2019.

Comme les associations l’affirment depuis le début, ce texte ne respectait pas le cadre légal dans lequel il serait possible de déroger à l’interdiction de perturbation intentionnelle de l’espèce protégée et prioritaire qu’est l’ours brun, même à titre expérimental comme avait tenté de le justifier l’Etat. En clair, effaroucher les ours “à l’aide de tirs non-létaux” est illégal, en plus d’être inefficace.

Toutes les autorisations accordées par les Préfets des départements pyrénéens sur la base de ce texte sont donc annulées. Il est regrettable que l’Etat se soit embarqué dans cette aventure sans vérifier la conformité au droit des mesures prévues. Non seulement l’Etat a autorisé et mené des actions illégales, potentiellement dangereuses, mais cela a encore retardé le développement des mesures de protection légales et efficaces : gardiennage et rassemblement nocturne des troupeaux, utilisation de chiens de protection. Il va maintenant falloir reprendre ce travail avec l’ensemble des acteurs concernés sur de meilleures bases. Nous n’imaginons pas en effet que l’Etat ignore ce jugement du Conseil d’Etat et continue d’effaroucher les ours en 2021.

 

Les associations ayant porté le recours devant le Conseil d’Etat :
FERUS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), Pays de l’Ours – Adet, Comité Ecologique Ariégeois, Nature Comminges, Nature en Occitanie, FIEP Groupe Ours Pyrénées, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées, Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), Animal Cross, avec le soutien de la Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM)

 

Relation entre protection des troupeaux et attaques du loup en Haute-Savoie

Relation entre protection des troupeaux et attaques du loup en Haute-Savoie

Table des matières

  1. Introduction.
    1.1 L’élevage ovin en Haute-Savoie.
    1.2 Les dommages aux troupeaux progressent
  1. Matériel et méthode.
    2.1 Présentation du périmètre d’étude.
    2.2 Méthodologie.
  1. Résultats.
  2. Analyse.
  3. Conclusion.
  4. Bibliographie.

1. Introduction

Le loup est présent en Haute-Savoie depuis 2004 avec l’apparition d’une femelle dans le massif des Bornes. Puis en 2007 une meute s’est constituée, qui a connu une première reproduction en 2008 (Bulletin loup du réseau n°20). Après le tir de la femelle alpha en 2009, puis le braconnage d’un individu, la meute s’est disloquée et un membre de celle-ci a été victime d’une collision dans l’Ain en mai de la même année (Bulletin loup du réseau n°21). Il n’y a pas eu d’autre reproduction dans cette meute jusqu’en 2020.

En 2017, l’effectif en Haute-Savoie est estimé à deux individus (Bulletin loup du réseau n° 36 p. 26).

En 2018, outre les deux individus de la meute des Bornes, la présence ponctuelle d’un ou deux individus a été observée dans le Chablais, en secteur limite avec la Suisse (Flash info n°5 et 6 du bulletin d’information du réseau loup).

En 2019, on a pu constater une reproduction dans deux nouvelles meutes (Chablais et Aravis) ; celle des Bornes est toujours présente, mais n’a pas connu de reproduction, tandis que deux autres secteurs de présence ponctuelle apparaissent (les Voirons et les Bauges, à cheval avec la Savoie) (Flash info n°9 et 11 du bulletin d’information du réseau loup).

En 2020, l’effectif minimum retenu (EMR) est estimé à une quinzaine d’individus dans le département avec 3 ZPP (Zones de Présence Permanente) classées en meute :

  • le massif des Bornes-Glières
  • les Aravis
  • le Chablais

A cela s’ajoutent des zones de présence probable dans le haut de la vallée de l’Arve et dans le secteur de Bellevaux - Taninges, ainsi que celui des Bauges (site ha**********@**uv.fr au 15/09/2020 et Flash info n°12 et 13 du bulletin d’information du réseau loup).

Figure 1:Effectif des loups en Haute-Savoie (d’après Flash Infos- Bulletin d’information du réseau loup, site ha**********@**uv.fr et dossier presse de la préfecture du 3/09/2020)

1.1 L’élevage ovin en Haute-Savoie

Le cheptel ovin est en diminution en Haute-Savoie avec 21.937 têtes recensées en 2010, contre 26.786 têtes en 2000 (-18 %.). En revanche, il est en augmentation pour les caprins avec 8.616 têtes en 2010 contre 7.179 en 2000 (+20 %) (site DDT 74 - chiffres clés du recensement agricole de 2010).

La taille moyenne des troupeaux est faible, inférieure à 100 têtes, et souvent encore inférieure dans les zones concernées par les attaques de loup. Mais on recense également des troupeaux plus importants qui viennent de l’extérieur du département en période d’alpage.

1.2 Les dommages aux troupeaux progressent

On est passé de 122 victimes indemnisées au titre du loup en 2017 (typées loup et loup non exclu) pour 43 attaques, à 278 victimes indemnisées pour 79 attaques en 2019, puis à 220 victimes (site Maploup) pour 122 attaques (déclarations des éleveurs auprès de la DDT 74, toutes attaques confondues) en 2020 (au 13/11).

Figure 2 : Evolution des dommages et des TDS en Haute-Savoie (données Maploup sauf nb attaques 2020 : déclarations auprès de la DDT 74 et TDS / Comité départemental loup 74)

Ce sont pourtant 141 contrats de protection qui ont été signés par la DDT 74 avec des propriétaires de troupeaux en Haute-Savoie, à fin 2020 (selon la présentation DDT au Comité Départemental Loup du 30/11/2020).

En regardant d’un peu plus près les troupeaux attaqués, on s’aperçoit que ce sont souvent les mêmes qui subissent des attaques.

Le but de cette étude était de comprendre pourquoi certains troupeaux étaient régulièrement attaqués alors que d’autres, parfois géographiquement assez proches, ne l’étaient pas ou très rarement, et s’il y avait un lien entre ces attaques et le niveau de protection des troupeaux concernés.

2. Matériel et méthode

2.1 Présentation du périmètre d’étude

Le périmètre d’étude est situé dans le département de la Haute-Savoie (74), et plus particulièrement dans sa partie Est. Celle-ci est la plus montagneuse, et c’est là que se concentre la majorité des troupeaux (alpages) et par conséquent les attaques de loup. Tous les troupeaux visités étaient situés sur des alpages (par opposition aux lieux proches des bergeries en tout début de saison)

Figure 3 : Carte de localisation des troupeaux visités (cercles orange)

2.2 Méthodologie

La méthode a consisté à visiter les troupeaux et à vérifier leur niveau de protection face aux attaques de loup.

Le choix des troupeaux

Les troupeaux visités étaient tous situés en cercle 1 (communes où la prédation est avérée), la Haute-Savoie n’ayant pas de communes en cercle 0 (foyers de prédation).

Les visites se sont concentrées sur le cheptel ovin et caprin, les bovins ayant été déclarés improtégeables par les autorités.

Le choix des troupeaux à visiter s’est porté en premier lieu sur ceux ayant obtenu une autorisation de tir de défense simple (TDS) ou renforcée (TDR) (en 2020, il y a eu 70 TDS et 2 TDR), ensuite en fonction de la proximité des troupeaux par rapport aux lieux de résidence des observateurs.

Puis, une prospection systématique des troupeaux a eu lieu, massif par massif et commune par commune sur ces secteurs visités.

La principale difficulté a consisté à identifier les propriétaires des troupeaux rencontrés. Si, dans certains cas, ceux-ci étaient connus des observateurs, dans d’autres cas ils ont été identifiés sur place lors de la visite. Mais dans la plupart des cas, ce sont les informations publiques qui ont permis d’identifier l’éleveur (sites internet, compte Facebook, etc…). Cette identification était nécessaire pour pouvoir la corréler avec les attaques déclarées.

Pour plusieurs troupeaux visités, le propriétaire n’a pu être identifié, ceux-ci n’apparaissent donc pas dans les tableaux.

Cinq des six secteurs où le loup est présent ont été visités, seul le massif des Bauges ne l’a pas été.

La vérification des mesures de protection

Pour chaque troupeau, la vérification portait sur les clôtures, les chiens de protection et la présence d’un berger.

Concernant les clôtures, leur hauteur, la fermeture effective du parc et l’intensité du courant à différents endroits ont été contrôlées.

En ce qui concerne les chiens de protection, leur nombre et leur réactivité (détection, aboiement, approche, etc…) ont été notés, sans interagir avec eux autrement qu’en leur parlant calmement lorsqu’ils s’approchaient. Nous avons veillé à ce que nos observations n’induisent aucun dérangement des animaux.

La présence ou non d’un berger à proximité du troupeau a également été relevée.

La visite s’effectuait d’abord à distance à l’aide de jumelles ou d’une longue-vue. Puis en approchant de la clôture pour vérifier l’intensité du courant en la touchant. Si un chemin de randonnée traversait le parc, la clôture était franchie en le suivant, comme le ferait n’importe quel promeneur. Des photos ont été prises lors de ces visites et des vidéos ont été réalisées, parfois avec une caméra thermique, pour les cas les plus flagrants.

Sur certains sites, la visite a eu lieu en fin d’après-midi et a duré jusqu’à la tombée de la nuit, de façon à vérifier que tous les moutons étaient effectivement parqués de nuit.

Les critères de bonne protection

Pour juger de l’état de protection, nous avons fait l’exercice de nous mettre à la place du loup, en nous posant cette question : « est-ce que ce troupeau est attaquable sans trop de risque ? ».

C’est-à-dire avec la présence d’une clôture présentant des points faibles (pas entièrement fermée, avec un filet rabattu à certains endroits ou laissant au moins un passage), non électrifiée partout ou avec une intensité du courant insuffisante. Des chiens de protection sont-ils présents et en nombre suffisant par rapport à la taille du troupeau et la surface du pâturage ? Y a-t-il un berger à proximité ?

Chronologie de l’inventaire

Les visites se sont échelonnées du 20 juin 2020 au 18 septembre 2020, le plus souvent avec un seul observateur et quelquefois avec deux.

3. Résultats

Au total ce sont 79 troupeaux qui ont été visités, dont 45 comptant des bovins, et un seul comportant des équins. Sur les 33 troupeaux ovins et caprins visités, seuls 17 troupeaux dont le propriétaire a pu être identifié ont été retenus.

Parmi ces 17 troupeaux, 5 ont été jugés comme correctement protégés et 12 sans protection ou avec une protection insuffisante.

Tableau des troupeaux visités et de leur niveau de protection (en vert bonne protection, en rouge protection insuffisante)

Les troupeaux bien protégés

Sur les troupeaux bien protégés, quatre sont des troupeaux laitiers de petite taille, soit entre 100 à 200 bêtes (Sallanches, Les Contamines-Montjoie, Saint-Gervais et Le Reposoir). Tous les troupeaux laitiers visités étaient bien protégés sauf celui de Bernex.

Le cinquième, situé à Cordon, compte entre 500 et 800 bêtes, élevées pour la viande. Ce troupeau est protégé par un immense parc de jour électrifié qui entoure toute la montagne de Croisse Baulet. Il y a deux bergers, un chalet principal et une cabane de berger sur l’autre versant ainsi que quatre chiens de protection (chien de montagne des Pyrénées).

Trois éleveurs (Sallanches, Les Contamines-Montjoie et le Reposoir) avaient obtenu une autorisation de tir de défense simple (TDS) au moment de la visite alors que seul l’un d’entre eux (Sallanches) avait subi une attaque deux ans auparavant, en 2018.

Les troupeaux vulnérables

Sur les douze troupeaux non protégés ou insuffisamment protégés, quatre n’avaient aucun chien de protection (Petit-Bornand, Arâches-la-Frasse, Bernex et Saint Jean d’Aulps) et deux ne disposaient que d’un seul chien (Passy et Les Houches).

Cinq n’avaient pas de berger présent lors de la visite (Petit Bornand, Les Houches, Samoëns, Arâches-la-Frasse et Bernex) et seuls deux bergers étaient présents avec le troupeau (Passy et Saint-Jean d’Aulps), les autres étaient dans leur chalet d’alpage (Servoz, Le Reposoir, Mieussy, Bellevaux et Villards-sur-Thônes).

Concernant les clôtures, trois troupeaux n’en possédaient pas : Passy, Carlaveyron et Le Reposoir (ce dernier avait seulement 10 mètres de filet pour entraver un sentier de randonnée), l’un d’eux était protégé par un parc rectangulaire fermé sur seulement trois côtés (Le Petit Bornand), quatre d’entre eux avaient un parc qui présentait des lacunes (les moutons pouvaient en sortir), à Samoëns, Arâches-la-Frasse, Bellevaux et Bernex. Quatre étaient des parcs de nuit (Servoz, Bellevaux, Villards-sur-Thônes et Saint Jean d’Aulps) mais pour deux d’entre eux (Servoz et Saint Jean d’Aulps), nous avons pu constater que des moutons restaient la nuit en dehors du parc. Quant à l’électrification, soit il n’y en avait pas (Petit Bornand), soit elle était très faible (Bernex, Arâches-la-Frasse, Samoëns), soit encore inexistante du fait de la présence d’un passage aménagé pour les piétons (Mieussy).

Un seul troupeau (Samoëns) n’a subi aucune attaque malgré sa vulnérabilité.

Sept parmi ces douze éleveurs avaient demandé et obtenu une autorisation de tir (TDS ou TDR).

Figure 3 : Synthèse du nombre d'attaques par troupeau en fonction de leur niveau de protection

4. Analyse

Au moment de la visite, un seul des cinq troupeaux que nous considérons « bien protégés » avait subi une attaque depuis 2017. Deux autres ont subi une attaque en début d’automne 2020.

Sur la même commune (Le Reposoir), un élevage bien protégé n’a subi aucune attaque depuis 2017, alors qu’à quelques centaines de mètres, un troupeau mal protégé en a subi 17.

Même constat à Saint-Gervais où un troupeau bien protégé n’a subi aucune attaque en quatre ans, alors que dans le même temps, d’autres éleveurs de la commune ont connu 17 attaques.

Les douze troupeaux pas ou insuffisamment protégés ont subi 109 attaques de 2017 au 23 octobre 2020, sur un total de 335 attaques sur la même période dans tout le département, ce qui représente le tiers des attaques (32,5 %).

Pour la seule année 2020 (jusqu’au 23/10), ces 11 troupeaux (le 12e de Samoëns n’ayant pas subi d’attaque) ont subi 59 attaques sur 118 pour tout le département soit exactement 50 %. Deux d’entre eux (Passy et Les Houches) totalisent 28 attaques soit 24 % du nombre d’attaques du département. Cela est d’autant plus incompréhensible que ces deux troupeaux sont situés en Réserve Naturelle Nationale, dans lesquelles les protections (clôtures, chiens et salaire du berger) sont prises en charge à 100 % du barème, au lieu de seulement 80 % ailleurs. Il est possible que l’arrivée subite du loup dans ce secteur ait surpris les éleveurs. L’un d’entre eux nous a affirmé qu’il avait eu du mal à se procurer des chiens de protection en cours de saison et que certains d’entre eux se sont avérés inadaptés.

Il n’y a pas de corrélation entre le nombre d’attaques et la demande d’autorisation de tir de défense simple (TDS)

Par exemple, trois des troupeaux bien protégés ont obtenu une autorisation de TDS alors qu’un seul avait subi une attaque en quatre ans.

A l’inverse, parmi les troupeaux ayant subi le plus d’attaques, cinq n’ont pas demandé de TDS, dont les deux propriétaires les plus touchés.

Sur les cinq troupeaux bien protégés, quatre sont des troupeaux laitiers (Sallanches, Les Contamines-Montjoie, Saint-Gervais et le Reposoir). Pourquoi alors une protection optimale est-elle mise en œuvre dans ce type d’élevage et pas dans l’élevage pour la viande ? Voici quelques éléments d’explication :

  • Dans l’élevage laitier, le revenu est constitué non pas par la valeur de la brebis mais par le lait. Une brebis tuée, c’est une production et des revenus qui diminuent fortement. Il est impossible de remplacer une brebis lactante (et a fortiori plusieurs) en cours de saison.
  • Dans le cas d’un élevage pour la viande, l’animal est indemnisé à sa valeur marchande et il n’y a pas de perte de revenus directe (à condition bien sûr que tous les animaux disparus soient effectivement remboursés).
  • Les troupeaux laitiers sont souvent plus petits et donc plus faciles à protéger. Ils nécessitent la présence d’un berger chaque jour pour effectuer la traite, et le troupeau est rassemblé quotidiennement à cette fin.
  • Les troupeaux importants sont plus difficiles à protéger du fait de la surface parcourue, mais l’exemple de l’élevage de Cordon montre qu’il est possible de protéger efficacement un troupeau de 500 à 800 bêtes.

Il n’y a pas de corrélation entre le nombre de loups et le nombre d’attaques ou celui de victimes

S’il n’est pas facile de déterminer précisément le nombre de loups par département et pour chaque année, les données du Réseau Loup permettent d’en obtenir une fourchette vraisemblablement assez proche de la réalité. Le nombre de loups a ainsi été multiplié par 8 à 10 entre 2017 et 2020 (figure 1) alors que dans le même temps les attaques sur les troupeaux ont été multipliées par 3, et le nombre de victimes par 2 (figure 2). Même si les chiffres de 2020 ne sont pas définitifs (ils sont arrêtés au 13/11/2020 pour le nombre d’attaques et de victimes mais concernent toutes les attaques déclarées alors que pour les autres années il s’agit de celles ayant donné lieu à indemnisation), ils ne devraient pas changer cette tendance, le nombre de victimes pourrait même légèrement baisser par rapport à 2019. Cela pourrait s’expliquer par l’augmentation du nombre de protections des troupeaux mises en place.

Les attaques de chiens errants ont pratiquement disparu

En 1984, la DDA de Haute-Savoie, afin de savoir, avant sa réintroduction, s’il y avait suffisamment de nourriture disponible pour le Gypaète barbu, a réalisé une enquête sur la mortalité du cheptel domestique et sauvage dans le département. Elle a recensé 377 ovins et caprins tués par des chiens errants de mai 1983 à mai 1984.

En 1996, le syndicat ovin de Haute-Savoie a réalisé avec l’aide de l’assureur Groupama une campagne de sensibilisation sur les dommages dus aux chiens à l’aide de panneaux en plastique apposés sur les alpages.

Cette année-là, d’après ce syndicat, il y a eu 84 sinistres, avec 458 brebis tuées par des chiens en divagation et 1500 blessées.

A cette époque, le loup et le lynx n’étaient pas présents en Haute-Savoie.

D’après la présentation de la DDT au Comité départemental loup de Haute-Savoie du 9 décembre 2019, il y a eu, en 2019, « 114 signalements de dommages pour 317 victimes ». Parmi ceux-ci 82 constats seraient indemnisables au titre du loup pour un minimum de 270 victimes :

  • 57 constats seraient réellement typés « loup » : ils représenteraient 215 victimes.
  • 25 constats seraient moins typés : une indemnisation au bénéfice du doute est possible, ils représenteraient 55 victimes.
  • 3 constats sont réellement typés « lynx » représentant 6 victimes.
  • 5 constats de prédation plutôt typées « chien ».
  • 20 constats pour cause de mortalité indéterminée ou non liée à la prédation.

On constate, entre les années 1984-1996 et aujourd’hui, une très forte diminution des attaques attribuées aux chiens errants. Il y a sans doute une partie des constats non typés loup qui leur sont imputables, mais la diminution de ces attaques reste quand même importante. Plusieurs explications sont envisageables. Les loups pourraient être à l’origine de la réduction du nombre de chiens errants ; la protection des troupeaux par des parcs et la présence de chiens de protection (l’un et l’autre pratiquement inexistants avant la présence du loup) pourraient dissuader les chiens divagants.

5. Conclusion

Les mesures de protection des troupeaux en Haute-Savoie, lorsqu’elles sont correctement mises en œuvre et complètes (clôture, chiens et berger), sont efficaces. Si elles n’éliminent pas complètement le risque d’attaque, elles en réduisent fortement le nombre. Outre les attaques de loup, elles ont également considérablement réduit les attaques de chiens errants.

Les troupeaux qui ne sont pas ou insuffisamment protégés concentrent la plupart des attaques et des dommages. Certains de ces troupeaux sont attaqués régulièrement. L’effet de surprise de l’installation de loups sur de nouveaux territoires a sans doute pris de court certains éleveurs. S’il est relativement facile de se procurer des clôtures électriques, il est plus difficile de trouver de bons chiens de protection et surtout un berger compétent et stable.

Peut-être faudrait-il analyser avec les éleveurs la vulnérabilité de leur troupeau, comme c’est prévu dans le « Plan National d’Actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage » et préconiser les solutions à mettre en œuvre pour renforcer cette protection.

6. Bibliographie

Boisseaux T., Stéfanini-Meyrignac O., Démolis C., Vallance M.. (2019) - Le loup et les activités d'élevage : comparaison européenne dans le cadre du plan national d’actions 2018/2023. Rapport du C.G.E.D.D. et C.G.A.A.E.R. : 84 pages.

De Beaufort F., 1987. Le loup en France : éléments d'écologie historique. Coll. Encyclopedie des

Carnivores de France. Ed. Museum national d'Histoire Naturelle, Paris : 32 p.

Bulletins loup du reseau. Reseau Loup-Lynx, Ed. ONCFS, dir. Etudes et Recherches du CNERA, Predateurs et Animaux depredateurs, Equipe Loup-Lynx. N°1 à 36.

Estève R. (1985). Recensement du cheptel domestique et sauvage trouvé mort dans le milieu naturel. Arve Léman Savoie Nature n° 44- Avril 1985- p. 25 à 28

Garde L., Bacha S., Bataille J-F., Gouty A-L., Silhol A. (2007). Les éleveurs résidents en zone à loups : Perceptions et stratégies In : L. Garde (coord.) Loup – Élevage : s’ouvrir à la complexité. Actes du séminaire des 15-16 juin 2006. Eds. CERPAM, Manosque : 180-190.

Garde L., Meuret M., 2017. Quand les loups franchissent la lisière : expériences d’éleveurs, chasseurs et autres résidents de Seyne-les-Alpes confrontés aux loups. Rapport d’enquete. CERPAM Manosque & INRA UMR Selmet Montpellier : 116 pages.

Landry J.-M. (2017) Le loup. Delachaux et Niestlé, Paris, 355 p. + Annexes.

Mathieu R. (2019) Le loup (Canis lupus) en Rhône-Alpes et ailleurs. FRAPNA Drôme nature environnement, document numérique, 34 p.

Meuret M. (2020).  Mieux protéger les élevages en ne considérant plus les loups comme de parfaits idiots – COADAPHT & INRAE, PASTUM, 113, pp. 26-28

Ministère de la transition écologique et solidaire et Ministère de l’agriculture et de l’alimentation (2018) Plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage, Paris, 97 p.

Réseau pastoral Auvergne Rhône-Alpes (2019) - Evolution de la prédation de 1998 à 2017 en Auvergne Rhône-Alpes- Rapport technique

Textes officiels et législatifs :
Arrêté du 9 juillet 2019 pris pour l’application du décret no 2019-722 du 9 juillet 2019 relatif à l’indemnisation des dommages causés aux troupeaux domestiques par le loup, l’ours et le lynx

Décret no 2019-722 du 9 juillet 2019 relatif à l’indemnisation des dommages causés aux troupeaux domestiques par le loup, l’ours et le lynx

Guide technique du 21 avril 2020 relatif à l’indemnisation des dommages causés par le loup, l’ours et le lynx aux troupeaux et animaux domestiques – Ministère de la transition écologique et solidaire.

Arrêté du 28 novembre 2019 relatif à l’opération de protection de l’environnement dans les espaces ruraux portant sur la protection des troupeaux contre la prédation

Instruction technique DGPE/SDPE/2019-853 20/12/2019 - Mesures de « protection des troupeaux contre la prédation » mises en œuvre dans le cadre du règlement (UE) n°1305/2013 du Parlement et du Conseil du 17 décembre 2013.

Sitographie :
http://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/donnees-sur-les-dommages-a3854.html

https://www.haute-savoie.gouv.fr/Politiques-publiques/Vos-animaux/Faune-sauvage/Loup

https://www.haute-savoie.gouv.fr/Politiques-publiques/La-Haute-Savoie/Agriculture/Atlas-cartographique

O.F.B. - Bulletins d’information du réseau loup https://www.loupfrance.fr/boite-a-outils-media/#bulletins

Réseau pastoral Auvergne-Rhône-Alpes - Dommages aux troupeaux https://maploup.fr/

Jean-Claude LOUIS et Pascal SOURDIN

Janvier 2021

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