Victoire pour les bouquetins du Bargy : l’abattage indiscriminé suspendu par le Tribunal Administratif de Grenoble

Victoire pour les bouquetins du Bargy : l’abattage indiscriminé suspendu par le Tribunal Administratif de Grenoble

La victoire, enfin ! La suspension provisoire de l'abattage indiscriminé des bouquetins du Bargy (sur l'ensemble du massif du Bargy et dans le massif de Sous Dine et des Aravis) est cette fois valable jusqu'en 2030.

Le 16 Novembre 2023, le Tribunal administratif de Grenoble a statué au fond sur l'arrêté du 17 mars 2022 qui autorisait des abattages de bouquetins sans test sanitaire préalable pour la période 2022-2030. Il annule l'ensemble des dispositions de l'arrêté autorisant des abattages "indiscriminés" prévus aux articles 1er, 2 et 4 de l'arrêté*. Le jugement au fond confirme que les tirs massifs autorisés en 2022 étaient illégaux et que le préfet ne pourra pas se fonder sur cet arrêté pour pratiquer 20 tirs chaque année jusqu'en 2030.

Pour prononcer cette annulation, le tribunal a retenu que l'ANSES avait identifié dans ses différents avis des solutions plus pertinentes que les abattages autorisés et que les mesures de biosécurité demeuraient insuffisantes.
 
160 bouquetins sont ainsi sauvés ! Animal Cross a participé au recours conjoint avec les associations FNE AuRA, FNE Haute-Savoie, AVES, ASPAS, LPO et One Voice.  Animal Cross rappelle que  l'association est également opposée à toute euthanasie car la maladie va vers une extinction naturelle avec seulement 4% de prévalence, comme indiqué par le nombre d’individus séropositifs identifié sur les campagnes de capture ou de prélèvement en 2022. 
 

L'arrêté menaçait 50 % des bouquetins du Bargy

Petit rappel historique :
 
  • Mars 2022 : Un arrêté préfectoral autorise l'abattage de bouquetins sans test sanitaire préalable pour la période 2022-2030.
  • Mai 2022 : Grâce au recours des associations de protection de la nature, dont Animal Cross, deux mois après l'arrêté préfectoral autorisant l'abattage des bouquetins dans le massif du Bargy, une ordonnance du Tribunal Administratif de Grenoble suspend le premier article de l’arrêté préfectoral, qui prévoyait l’abattage indistinct de 170 bouquetins, sans test sanitaire préalable, soit plus de 50 % des bouquetins du Bargy menacés de disparition.

  • Octobre 2022 : Malgré cette décision de justice, la Préfecture de la Haute-Savoie prend un nouvel arrêté qui conduit à l’abattage de 61 bouquetins « à vue », dans le massif du Bargy. Après analyse post-mortem, seuls trois de ces animaux étaient positifs à la brucellose bovine, soit seulement 5 % des bouquetins tués.

 
 *Pour rappel, nous avions obtenu la suspension de l'article 1er de l'arrêté par ordonnance du 17 mai 2022 et de l'article 4 par ordonnance du 15 juin 2023.
2023 : Il se confirme que les ours causent de moins en moins de dégâts en Ariège

2023 : Il se confirme que les ours causent de moins en moins de dégâts en Ariège

Les chiffres du nombre de bêtes expertisées en Ariège au 20 octobre montrent une baisse de 22 % en 2023, par rapport à 2022. Il s’agit aussi du deuxième chiffre le plus bas depuis 2019 (1171 en 2019, 768 en 2020, 623 en 2021, 882 en 2022, 682 en 2023).

Généralement, environ les deux tiers des bêtes expertisées sont officiellement imputées à l’ours (« responsabilité ours non écartée ») : on peut donc s’attendre à une baisse sensible des dégâts d’ours en 2023.

Ces résultats encourageants sont à rapprocher de la croissance continue de la population d’ours, environ 10% chaque année. Le nombre de bêtes annuellement tuées par ours (nombre de bêtes divisé par nombre d'ours) dans les Pyrénées est donc en baisse constante : -60% depuis 2019.

On peut en conclure logiquement que :

  • D’une part, les prédations ne sont pas proportionnelles au nombre d’ours.
  • D’autre part, elles dépendent fortement des protections mises en place (berger, chiens, et parcs électrifiés) dont le nombre augmente en Ariège comme dans les Pyrénées.

Toutefois, les prédations annuelles par ours restent encore à un niveau très largement supérieur à celles de nos voisins européens (environ 10 fois plus) : les marges de progression sont donc importantes. La mise en place et en conditions opérationnelles des moyens de protection reste un objectif à poursuivre et à compléter pour remédier à cette situation.

CAP – Ours Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours
Pyrénées, Pays des Hommes, Pays des Ours

Contact presse :

Les associations membres de CAP – Ours :

Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours - Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

Les ONGs quittent le Groupe National Loup

Les ONGs quittent le Groupe National Loup

COMMUNIQUE DE PRESSE
MARDI 19 SEPTEMBRE 2023

Ce 18 septembre, les 6 organisations de protection de la nature (WWF, LPO, FNE, Ferus, ASPAS, Humanité & Biodiversité) représentées au Groupe National Loup ont annoncé leur retrait de cette instance consultative, indignées par le contenu déséquilibré du nouveau Plan National d’Action (PNA) «Loup et activités d’élevage » présenté par le gouvernement pour la période 2024-2029.

Nos associations regrettent l’absence totale d’évaluation du PNA précédent (2018-2023) et d’analyse de l’évolution de la situation en termes de dommages, de développement de la population de loups, de valorisation des expériences de terrain favorisant la coexistence, ou de baisse du nombre d’animaux d’élevage tués par rapport au nombre de loups présents. Le gouvernement fait ainsi le choix délibéré d’utiliser les dérogations juridiquement prévues dans le statut de protection pour organiser sans l’assumer une régulation cynégétique du loup en simplifiant les procédures d’abattage, empêchant le rétablissement d’une population viable de l’espèce sur son aire naturelle de répartition.

Dans ce nouveau Plan, les points d’engagement de l’État concernent la modification du statut du loup et son déclassement d’espèce strictement protégée, la facilitation des autorisations et modalités de tirs, aboutissant à une augmentation des destructions de loups à proximité d’élevages subissant très peu d’attaques. Alors que ce PNA devrait garantir la bonne conservation de l’espèce en France tout en assurant le soutien et l’accompagnement du pastoralisme, il n’est fait mention que des impacts négatifs de la présence du loup et pas des bénéfices qu’elle apporte, notamment pour la régulation des populations de grands ongulés nécessaire au bon fonctionnement des écosystèmes forestiers. En outre, ce plan contient de nombreuses inexactitudes et des affirmations mensongères, en particulier sur l’état de conservation de l’espèce en France et sur le bilan des dommages.

Nos organisations regrettent que le Groupe National Loup, instance de dialogue importante pour la gestion de ce dossier, soit vidé de son sens parce que l’État a choisi de répondre de façon privilégiée aux demandes d’une partie des structures professionnelles de l’élevage, au détriment des propositions que nous avons présentées de longue date.

NOS EXPERTS

 

CONTACT PRESSE

Collisions routières avec la faune sauvage : à qui la faute ?

Collisions routières avec la faune sauvage : à qui la faute ?

Nos routes sont de véritables cimetières pour les animaux. Sans doute plus d’un million d’animaux sont victimes chaque année du passage de nos véhicules. À l’heure où l’on cherche à diminuer l’impact humain sur l’environnement, ce sujet, pourtant très important, est passé sous silence.
Cette situation profite aux chasseurs qui apparaissent, pour une partie du grand public, comme le seul recours capable de diminuer les collisions avec la grande faune.

Comparaison du nombre d'accidents corporels de la route et du nombre d'accidents avec la (grande) faune sauvage entre 1997 et 2017 (source : Sécurité routière 2009 FGAO, 2017, estimation pour la faune sauvage).

Les accidents de la route depuis 1972 sont en constante diminution à la suite d’une prise de conscience de la gravité de la situation et d’une batterie de mesures efficaces, quoiqu’impopulaires.
À l’inverse, les collisions entre véhicules et faune sauvage (essentiellement les ongulés sauvages : Sangliers, Chevreuils, Cerfs) n’ont pas cessé d’augmenter, avec 65 000 collisions avec la grande faune en 2009, même si on est frappé de constater qu’aucun chiffre n’existe depuis 2009¹. Le nombre d’animaux tués sur les routes de France n’est pas connu. Sans doute plus d’un million d’animaux sont victimes chaque année du passage de nos véhicules.

Un coût sans doute supérieur à 200 millions d’euros

La population de grands animaux augmente de manière notable en France depuis trente ans, en grande partie du fait d’une attitude irresponsable des chasseurs qui ont introduit une nouvelle espèce de Sangliers plus prolifiques (les « cochongliers »), produis d’une hybridation SanglierXcochon domestique et nourris abondamment pendant toute l’année (agrainage).
Dans le même temps, le territoire des animaux diminue et le trafic routier s’intensifie. Les automobilistes se considèrent comme victimes alors qu’ils sont co-responsables des accidents.
Les sangliers provoquent l'essentiel des 30 000 collisions automobiles avec un animal sauvage enregistrées chaque année en France. Un vrai problème pour le Fonds de garantie automobile, qui évalue ces "chocs" à 20 millions d'indemnisations annuelles. 

Les chasseurs, solution ou cause du problème ?

Dans cette inaction globale, les chasseurs apparaissent comme les seuls sauveurs capables d’apporter une solution simple à une crainte légitime ressentie par de très nombreux conducteurs, en particulier dans les territoires où la faune est la plus abondante. Ils deviennent ainsi investis d’une mission d’intérêt général qui justifie leur droit de tuer. Et comme aujourd'hui le nombre de sangliers est devenu très important, les voilà qui se plaignent et menacent de ne plus réguler !

La chasse, première cause de collisions avec les Sangliers

Collisions avec les Sangliers sur les routes nationales de l'Ouest de la France mois par mois (source : L. Billon)

Les analyses sur les collisions avec les Sangliers sur les routes nationales de l’Ouest de la France montrent une très forte augmentation lors de la période de chasse, de septembre à février³. Les animaux, dérangés, fuient par tous les moyens. Les collisions avec les Chevreuils ont lieu de mars à juin, lors de la dispersion des jeunes.

Et si nous proposions plutôt d’interdire la chasse, qui augmente le nombre de collisions avec les Sangliers, à l’approche de tous les lieux accidentogènes ?

 

Sources

(1) Le changement de mode de prise en charge des sinistres en 2007 explique la différence entre 1997 et 2009. Depuis 2009, le mode d’indemnisation des victimes ayant changé, il n’existe pas de statistiques.
(2) Vignon V., Barbarreau H., 2008, Office de génie écologique/ ONCFS. Collisions entre véhicules et ongulés sauvages : quel coût économique ? Une tentative d’évaluation
(3) L. Billon L., 2018 — Analyse spatiale de la répartition des collisions faune/véhicule relevées de 2014 à 2016 sur le réseau routier de la DIR Ouest, p18

 

 

Non à la destruction du loup !

Non à la destruction du loup !

Dans un communiqué en date du 4 septembre 2023, Madame Ursula von der Leyen, présidente de la commission européenne, annonce un projet de révision du statut européen de protection du loup, qui fera suite à l’analyse des données (sur le loup) que les particuliers, les "communautés locales" et les scientifiques sont invités à adresser à EC*********************@*******pa.eu . Ce communiqué fait écho, pour la France, à plusieurs initiatives analogues de députés et sénateurs, tels celles du sénateur C. Pellevat et du député P. Morel-À-L'Huissier, qui réclament la réduction du statut de protection du loup en France.

Au-delà de l’opportunité politique, à la veille des élections européennes, pour Mme von der Leyen et son parti le Parti Populaire Européen de séduire le monde agricole et le monde de la chasse, cet appel contient plusieurs contre-vérités, voir outrances.

Tout d’abord, les meutes de loups seraient devenues « un danger pour l’homme », alors que toutes les données sur les interactions homme/loup en Europe, montrent que le loup fuit l’homme, et qu’il n’a même jamais mordu en situation d’extrême surprise.

Ensuite le « danger pour le bétail » est réel, mais peut efficacement être réduit par l’ensemble des moyens de protection mis à disposition et subventionnés : chiens de protection, parcs électrifiés et aide-bergers. Tous ces moyens de protection sont actuellement sous-utilisés, et parfois détournés de leur vocation première.

De plus, le texte enfreint les « règles de la Commission pour une meilleure réglementation ». Toute décision visant à modifier le statut de conservation des loups doit être fondée sur des données scientifiques fiables (« données probantes »), et non sur les éléments incertains remontés lors d’une consultation non transparente et improvisée.

Les lignes directrices relatives à l'amélioration de la réglementation exigent que toutes les parties prenantes devraient disposer d'un délai raisonnable pour apporter des contributions éclairées, ce qui n’est pas le cas ici.

Sur la méthode, ajoutons que la nature des données attendues est tellement imprécise que l’on ne voit pas bien quelle exploitation sérieuse pourrait en être fait, à cette échelle.

C’est pourquoi nous vous invitons, en tant que « partie intéressée « (« all interested parties », pas seulement les parties prenantes), à manifester votre désapprobation en écrivant un email à : EC*********************@*******pa.eu

Dites non à la capture et l’euthanasie des bouquetins du Bargy !

Dites non à la capture et l’euthanasie des bouquetins du Bargy !

Le Préfet de Haute-Savoie a déposé un arrêté autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy la capture et l’euthanasie de bouquetins.

Une consultation publique est ouverte jusqu’au 25 août inclus. Animal Cross vous invite à vous opposer à cet arrêté.

Déposez une contribution sur la boite mail de la DDT à l'adresse suivante : dd*************************@***************uv.fr 

Proposition d’argumentaire (attention vous ne pouvez pas copier/coller, sinon votre commentaire ne sera pas pris en compte) :

Je m'oppose fermement à l'Arrêté autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy la capture et l’euthanasie de bouquetins séropositifs en vue du contrôle de la brucellose au sein de cette population pour viser l'extinction de l'enzootie de brucellose au sein de la population de bouquetins.

La maladie est en voie d’extinction naturelle, avec seulement 4% de prévalence, comme indiqué par le nombre d'individus séropositifs identifié sur les campagnes de capture ou de prélèvement en 2022. Il serait donc possible, en appliquant quelques mesures de biosécurité préconisées par l’ANSES, d’éviter ces nouvelles captures.
Les solutions visant à minimiser encore les voies de contamination des bovins, existent :
• Séparation réelle des lieux de pâturage entre animaux domestiques et sauvages,
• Contrôle de la divagation de chiens (par panneaux et mesures dissuasives), car ils constituent le vecteur probable de la maladie,
• Suppression des pierres à sel
• Relocalisation des pâturages

De plus, s’il se révèle impossible de capturer la totalité des 8 bouquetins non marqués autorisés à l’article 1, l'arrêté mentionne que des tirs indiscriminés seront pratiqués. Ainsi, de par la faible prévalence de la maladie, des individus sains seront à nouveau abattus ce qui est intolérable.

D'autres arguments s'ajoutent pour s'opposer à cet arrêté :

Tout d'abord, les campagnes de capture peuvent engendrer le dérangement d'autres espèces sensibles, telles que le gypaète barbu, qui nichent dans le massif.

Le coût associé à ces campagnes de terrain et le risque pour les agents déployés sur un terrain difficile d'accès sont aussi des éléments à prendre en compte.

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