Loup en danger : Animal Cross et ses partenaires saisissent la justice européenne

Loup en danger : Animal Cross et ses partenaires saisissent la justice européenne

Des associations de défense des animaux et de l’environnement, dont Animal Cross, publient une lettre ouverte à la suite de la décision de l’Union Européenne de déclasser le loup, c’est-à-dire de réduire son niveau de protection de « strictement protégé » à « protégé ».

Une décision officielle depuis le 24 juin 2025

Depuis cette date, la décision est officiellement actée. Les 27 États membres de l’Union européenne disposent désormais d’un délai de 18 mois pour transposer ce changement dans leur législation nationale.

Certains pays européens maintiennent une protection stricte

Le Portugal, la République tchèque, la Belgique et la Pologne ont déjà annoncé qu’ils ne modifieraient pas le statut du loup sur leur territoire.

À titre de comparaison : la Pologne et la République tchèque totalisent environ 3000 loups, soit trois fois plus que la France.

Une position ambiguë de la France

La France a très vite et très clairement dit « non au loup », en votant pour son déclassement dans :

  • la Convention de Berne

  • la Directive « Habitats »

En revanche, elle peine désormais à définir une nouvelle politique de gestion du loup, comme le montre l’absence de ligne claire au sein du Groupe National Loup, alors même que le gouvernement prévoit de clore le dossier au 1er janvier 2026.

Animal Cross saisit la justice européenne

Face à cette menace pour le loup gris, Animal Cross s’est portée partie civile auprès du Tribunal de l’Union européenne, aux côtés de l’association italienne GreenImpact et de plusieurs ONG européennes.

Objectif : s’opposer à l’affaiblissement du statut de protection du loup gris en Europe.

Un recours à respecter avant toute réforme française

Animal Cross demande que la France s’abstienne de toute réforme tant que :

  • le recours devant le Tribunal de l’UE est en cours ;

  • d’autres affaires juridiques en cours devant la Cour européenne n’ont pas été tranchées.

Il serait prématuré de vouloir redéfinir des règles françaises de régulation du loup alors que la légalité même de cette décision européenne est contestée.

Victoire pour le loup : Animal Cross fait annuler un point clé de l’instruction ministérielle !

Victoire pour le loup : Animal Cross fait annuler un point clé de l’instruction ministérielle !

Le 18 avril 2025, le Conseil d’État a donné raison à Animal Cross et à ses partenaires dans leur recours contre l’instruction du 23 février 2024 relative à la gestion du loup.
C’est une grande victoire pour la protection du loup en France ! 🐺

Animal Cross, aux côtés d’autres associations de protection de la nature, avait dénoncé une disposition injuste qui permettait de considérer certains troupeaux de bovins comme « non protégeables » sans aucune analyse précise, ouvrant ainsi la voie à des tirs de loups sans contrôle rigoureux.
Le Conseil d’État a annulé ce point 8 de l’instruction, estimant qu’il violait les règles environnementales : chaque situation devra désormais faire l’objet d’une analyse technico-économique individuelle avant d’autoriser un tir sur un loup.

Pourquoi est-ce important ?
Parce que cette décision rappelle que la destruction d’une espèce protégée comme le loup ne peut être justifiée qu’en dernier recours, après avoir vérifié qu’aucune autre solution n’est possible. Elle impose plus de rigueur et protège davantage ces animaux emblématiques de notre biodiversité.

Animal Cross continuera à se battre pour que la cohabitation entre éleveurs et grands prédateurs soit encadrée avec éthique, respect du vivant et véritable recherche de solutions alternatives.

Recours en justice concernant la protection du loup gris en Europe

Recours en justice concernant la protection du loup gris en Europe

Animal Cross a décidé de se joindre au recours juridique initié par plusieurs organisations de protection de l’environnement, dont Green Impact ETS, Earth ODV, Nagy Tavak és Vizes Élőhelyek Szövetsége, LNDC Animal Protection APS et One Voice. Ce recours, déposé auprès du Tribunal de l’Union européenne le 6 décembre 2024, vise à annuler la décision (UE) 2024/2669 du Conseil de l’Union européenne, datée du 26 septembre 2024. Cette décision prévoit que l’Union européenne propose de modifier les annexes II et III de la Convention de Berne, ce qui pourrait entraîner un affaiblissement du statut de protection du loup gris en Europe.

Comme les autres organisations requérantes, Animal Cross estime que le Conseil de l’Union européenne n’a pas suffisamment tenu compte des preuves scientifiques disponibles lorsqu’il a pris sa décision. Des rapports scientifiques indiquent que la population de loups en Europe demeure vulnérable et nécessite une protection rigoureuse. Le recours dénonce également une possible violation des traités européens, des principes de proportionnalité et de précaution, ainsi qu’un défaut d’instruction basé sur les meilleures données scientifiques disponibles. Les organisations requérantes insistent sur la nécessité de maintenir un « état de conservation favorable » pour l’espèce et d’appliquer une approche préventive à sa protection.

En s’associant à ce recours, Animal Cross réaffirme son engagement pour la protection du loup.

Pour plus d’informations sur ce recours, vous pouvez consulter le site de Green Impact : https://www.greenimpact.it/science-policy-and-laws-to-prevent-the-killing-of-wolves-in-europe/.

 

Animal Cross appelle à la mobilisation contre le déclassement du loup gris

Animal Cross appelle à la mobilisation contre le déclassement du loup gris

Depuis quelques semaines, Animal Cross construit, en concertation avec une centaine d’autres ONG à travers l’Europe, une vaste coalition (European Alliance for Wolf Conservation / Alliance européenne pour la conservation du loup) pour empêcher le déclassement du loup gris, dont l’entrée en vigueur est prévue le 6 mars 2025.

Un précédent inquiétant…

En effet, le 3 décembre 2024, 38 membres du Comité permanent de la Convention de Berne ont voté le déclassement du loup gris, qui passe ainsi de la catégorie « strictement protégée » à la catégorie « protégée ». C’est la première fois qu’une espèce est déclassée depuis la signature de la Convention de Berne en 1979 ! Seuls cinq pays – le Royaume-Uni, Monaco, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine et l’Albanie – ont eu le courage de s’y opposer.

Cette décision a été prise à l’encontre de l’avis de la communauté scientifique et des ONG de protection de la nature, en totale méconnaissance du rôle écologique de l’espèce… Car le loup gris est plus qu’un symbole : il joue un rôle crucial dans la régulation et la dispersion des populations d’ongulés sauvages. Il contribue à la régénération des prairies et des forêts d’Europe, aux côtés de l’ours et du lynx, deux espèces dont la protection est également menacée.

… qui fragilise une espèce déjà vulnérable

La dégradation du statut du loup ouvre la voie à des pratiques d’abattage et de gestion néfastes pour une espèce déjà vulnérable. Et pour cause, ce déclassement pourrait aboutir à des mesures de chasse simplifiées, mais aussi à un manque de suivi des impacts de telles actions, ou encore, au transport des carcasses par les chasseurs (rendant le contrôle réglementaire plus opaque) [https://www.animal-cross.org/non-a-ce-projet-darrete-qui-conduit-a-lexecution-facilitee-de-toujours-plus-de-loups/].

Appel à la mobilisation

D’ici le 6 mars 2025, il sera trop tard : à cette date, la décision du Comité de la Convention de Berne prendra effet et le loup gris sera officiellement rétrogradé… à moins qu’un tiers des membres du Comité (17) ne s’y opposent.
C’est notre chance de réécrire l’histoire.

Pour relever ce défi, une campagne internationale de grande envergure prévoit de mobiliser des personnalités publiques, des scientifiques, des militants et des ONG.

Appel à la mobilisation : Inondons les boîtes mail et les messages privés avant le 6 mars !

Il n’est pas trop tard pour agir ! Si un tiers des membres du Comité (17 pays) s’opposent à cette décision, nous pouvons encore l’empêcher d’entrer en vigueur.

L’objectif est de faire entendre nos voix en inondant les mails des délégués de la Convention de Berne et des ministres de l’Agriculture et de l’Environnement.

 

Exemple de Mail :

 

Objet : Opposition au déclassement du loup et appel à une conservation fondée sur la science

Chers parlementaires, membres de la Convention de Berne et ministres de l’Agriculture et de l’Environnement,

Je vous écris pour vous demander de vous opposer fermement à la récente décision de rétrograder le loup gris (Canis lupus) dans la Convention de Berne. Il est crucial que vous défendiez des politiques de conservation basées sur la science et non sur des considérations politiques.

Le 3 décembre 2024, le Comité permanent de la Convention de Berne a voté en faveur du déclassement du loup, le faisant passer de « strictement protégé » à « protégé », sur proposition de l’Union européenne.

Cette décision est extrêmement préoccupante, car elle :

  1. N’a aucune base scientifique solide, comme l’ont confirmé de nombreux experts et la Large Carnivore Initiative for Europe (LCIE).
  2. S’appuie sur un rapport non évalué par des pairs, commandé par la Commission européenne, au lieu de s’appuyer sur des recherches indépendantes et rigoureuses.
  3. Menace l’ensemble des efforts de conservation menés depuis des décennies, et pourrait créer un précédent pour le déclassement d’autres espèces à l’avenir.
  4. Contrevient aux principes démocratiques, l’UE ayant accéléré le processus de décision, limitant les objections et empêchant certains États membres d’exprimer leur opposition.

Il n’est pas trop tard pour empêcher cette régression. Si au moins 17 pays contractants s’y opposent avant le 2 mars 2025, cette décision ne prendra pas effet.

Je vous demande donc de :

  1. Soumettre officiellement une objection au Secrétariat de la Convention de Berne avant le 2 mars 2025.
  2. Soutenir une réforme du processus décisionnel afin que toute proposition soit examinée par des experts scientifiques indépendants avant d’être soumise au vote.
  3. Garantir la transparence et la gouvernance démocratique en empêchant qu’une entité politique, y compris l’UE, ne puisse imposer ses décisions au détriment des objections des autres membres.

La Convention de Berne a été fondée sur des principes de responsabilité environnementale partagée et de protection des espèces sur la base de la science. En affaiblissant la protection du loup, elle trahit ses propres engagements et ouvre la porte à des dérives dangereuses.

Les loups jouent un rôle clé dans nos écosystèmes : ils régulent naturellement les populations d’herbivores, permettant ainsi la régénération des forêts et prairies. Leur rétablissement reste fragile et dépend d’une protection stricte.

Permettre un déclassement dicté par des considérations politiques, contre l’avis des scientifiques, met en péril non seulement le loup, mais aussi l’intégrité des engagements environnementaux internationaux.

Je vous demande donc d’agir dès maintenant pour garantir que la science, et non la politique, guide les décisions en matière de conservation de la faune sauvage en Europe.

Dans l’attente de votre engagement,

Sincèrement,
[Votre Nom]

A envoyer à :

charles-henri.de-barsac@developpement-durable.gouv.fr

philippe.gustin@agriculture.gouv.fr

vincent.goetz@agriculture.gouv.fr

gaetan.santos@agriculture.gouv.fr

anne.girel-zajdenweber@agriculture.gouv.fr

gregoire.halliez@agriculture.gouv.fr

aurelie.vieillefosse@ecologie.gouv.fr

 

 

 

Tirs de loups : Animal Cross interpelle le Préfet de Haute-Savoie !

Tirs de loups : Animal Cross interpelle le Préfet de Haute-Savoie !

Animal Cross a adressé à la Préfecture de Haute-Savoie un courrier pour alerter sur le défaut d’effectivité des mesures mises en place pour la protection des troupeaux contre la prédation du loup. Preuves à l’appui : des images tournées par des randonneurs lors de leurs constats sur le terrain.

Les troupeaux objets de la surveillance appartiennent à des éleveurs qui font régulièrement abattre des loups « en situation d’attaque ». Or, sans surprise, les mesures de protection n’existent que sur le papier ! Malheureusement, l’Etat n’en contrôle pas l’effectivité sur le terrain. Et les vérifications réalisées lors des tirs dérogatoires, quant à elles, sont principalement basées sur les déclarations… des éleveurs !

Une situation absurde et pourtant loin d’être isolée !

Les informations collectées sur le terrain ne font que témoigner d’une situation plus globale qui concerne tous les départements où les troupeaux et les loups coexistent. Comme le rappelle Animal Cross dans sa lettre, « la majorité des attaques se produisent sur des troupeaux qui sont censés, sur le papier, être protégés, mais qui en réalité, sur le terrain, appliquent les mesures de manière tout à fait incorrecte, voire ne les appliquent pas du tout ».

Autoriser des tirs de loups alors que les troupeaux ne sont que trop peu voire pas protégés est non seulement illicite, mais en plus, cela expose les cheptels, plus vulnérables, à de nouvelles attaques…

Raisons pour lesquelles Animal Cross et France Nature Environnement demandent la mise en place de contrôles réels sur le terrain, mais aussi, l’établissement, par les services de l’Etat, d’un historique des attaques ayant entraîné l’abattage d’un ou plusieurs loups, ainsi que la réalisation obligatoire d’un diagnostic de vulnérabilité pour les élevages sur lesquels les attaques se multiplient.

Tir du loup : le préfet des Hautes-Pyrénées rappelé à l’ordre par la justice

Tir du loup : le préfet des Hautes-Pyrénées rappelé à l’ordre par la justice

Communiqué de presse d'Animal Cross, FNE Occitanie Pyrénées, FNE 65, Nature En Occitanie, FERUS, ASPAS 


Le tribunal administratif de Pau annule plusieurs arrêtés préfectoraux autorisant des tirs de défense simple et renforcé durant l'été 2022 contre le loup, dans le massif du Hautacam (65). Explications. 

Le Loup gris : une espèce dont les effectifs ne progressent plus

La dernière estimation du nombre de loups présents en France fait état d'une baisse de la population de 9 %, passant de 1096 loups estimés pour l'année 2022 à 1013 individus (pour 2023) à l'issue de l'hiver 2023-2024 (Communication OFB du 17 décembre 2024). Pourtant, le gouvernement a reconduit automatiquement le plafond annuel de loups dont la destruction est autorisée (192 individus) et plaide toujours pour un déclassement du statut de protection du loup au niveau européen (en cours).

Au plan local, aucune meute n'est présente de façon permanente dans le département des Hautes-Pyrénées, sa présence est un phénomène récent depuis 2018 en effectif très réduit, soit un spécimen dans les Pyrénées-Atlantiques (secteur de Soulor et vallée de l'Ouzom) et un depuis 2022 dans les Hautes-Pyrénées (secteur Hautacam), disparu depuis l'automne 2022.

Le massif du Hautacam s'illustrant par des troupeaux insuffisamment protégés

Plusieurs attaques pour lesquelles la responsabilité du loup n'a pas été écartée ont été recensées entre le 8 et le 30 mai 2022. Dans la précipitation et sous la pression des éleveurs, le préfet a délivré des autorisations de tirs simple, puis renforcé, aux gestionnaires des troupeaux concernés.

Dénonçant l'absence préalable de mise en place des mesures de protection de ces troupeaux avant d'autoriser des tirs, FNE Occitanie Pyrénées, FNE 65, Nature En Occitanie, FERUS, ASPAS et Animal Cross ont contesté ces arrêtés.

Le tribunal rappelle un cadre réglementaire encore trop souvent méconnu par les préfectures.

Dans deux jugements du 11 décembre 2024, la juridiction annule ces derniers en considérant :

"En se bornant à alléguer que le choix de la présence d'éleveurs gardiens a été préféré car il serait impossible de mettre en place efficacement la mobilisation de chiens de protection dans un temps court compte tenu des contraintes liées à l'introduction d'un chien et à la nécessité de la présence humaine, que le matériel pour ce dispositif fait défaut, et enfin, que la spécificité du massif ouvert du Hautacam ne permet pas la présence systématique de chiens de protection eu égard à la fréquentation touristique et à la présence de nombreux troupeaux différents, le préfet ne démontre pas que des mesures de protection effectives et proportionnées auraient été prises pour défendre les troupeaux contre la prédation par le loup préalablement à l'édiction de ces arrêtés, ce d'autant que le dispositif Opeder préconise spécifiquement, la présence de chiens de protection. Le préfet des Hautes-Pyrénées qui fait état, en outre, d'un « risque de dommage important des troupeaux présents sur l'estive (...) suite aux attaques répétées entre le 8 et le 30 mai 2022 » ne produit aucun élément sur ces attaques. A supposer que les pertes subies puissent être qualifiées de dommages importants au troupeau, aucun constat ne permet d'établir que les mesures de protection subventionnées avaient effectivement été mises en œuvre sur les sites concernés au moment où se sont déroulées les attaques du loup."
Tribunal administratif de PAU, 11 déc. 2024, n°2201372 et 2201373

Si des dérogations peuvent permettre des tirs gradués de cette espèce, c'est toujours sous réserve qu'il ait été au préalable recherché des solutions alternatives telles que la mise en place de chiens de protection. Or cela n'a jamais été le cas.

Pour Pascal Sourdin, référent loup de l'association Animal Cross :
"Que le tribunal administratif ait tenu compte de la réalité de non-protection des troupeaux du Hautacam, bien connue des randonneurs, est une bonne nouvelle, qui donne un nouvel éclairage sur les manifestations outrancières de nombre d'agriculteurs en 2022 à Lourdes."