Dites non à la capture et l’euthanasie des bouquetins du Bargy

Dites non à la capture et l’euthanasie des bouquetins du Bargy

Le Préfet de Haute-Savoie s'apprête à déposer plusieurs arrêtés autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy la capture et l’euthanasie de bouquetins.

Une consultation publique est ouverte jusqu’au 25 avril inclus. Animal Cross vous invite à vous opposer à ces projets d'arrêtés.

Déposez une contribution sur la boite mail de la DDT à l’adresse suivante : dd*************************@***************uv.fr 

Proposition d'argumentaire (attention, pas de copier/coller) :
 
Je m'oppose fermement aux 3 arrêtés autorisant sur l'ensemble du massif du Bargy la capture et l'euthanasie de bouquetins séropositifs en vue du contrôle de la brucellose au sein de cette population pour viser l'extinction de l'enzootie de brucellose au sein de la population de bouquetins.
 
La maladie est en voie d’extinction naturelle, avec moins de 4% de prévalence, comme indiqué par le nombre d’individus séropositifs identifiés et éliminés lors des campagnes de capture ou de prélèvement en 2023. Il serait donc possible, en appliquant quelques mesures de biosécurité préconisées par l’ANSES, d’éviter ces 100 nouvelles captures/recaptures et euthanasies sur possiblement 58 d'entre-eux dans le Bargy, et 62 dans les Aravis.

Les solutions visant à minimiser encore les voies de contamination des bovins, existent :
  • Séparation réelle des lieux de pâturage entre animaux domestiques et sauvages,
  • Contrôle de la divagation de chiens (par panneaux et mesures dissuasives), car ils constituent le vecteur probable de la maladie,
  • Suppression des pierres à sel,
  • Relocalisation des pâturages.

De plus, s’il se révèle impossible de capturer jusqu'à la fin 2024 (avec répétition en 2025) la totalité des 58 bouquetins non marqués autorisés dans le premier projet d'arrêté, en visant de plus essentiellement des femelles,  le second arrêté mentionne que des tirs indiscriminés (dits "sélectifs") seront pratiqués. Et il en est de même à concurrence de 62 individus dans les Aravis, et dans ces mêmes conditions. Ainsi, de par la faible prévalence de la maladie, de nombreux individus sains seront à nouveau abattus ce qui est intolérable. 

D'autres arguments s'ajoutent pour s'opposer à cet arrêté : 
Tout d'abord, les campagnes de capture peuvent engendrer le dérangement d'autres espèces sensibles, telles que le gypaète barbu, qui nichent dans le massif. D'ailleurs, l'arrêté indique que des mesures sont prises pour "limiter" les perturbations de cette espèce indiquant bien que ces perturbations ne peuvent être évitées.
 
Le coût associé à ces campagnes de terrain et le risque pour les agents déployés sur un terrain difficile d'accès sont aussi des éléments à prendre en compte. Ces mesures sanitaires excessives sont dictées par le syndicat interprofessionnel du reblochon qui réclame depuis des années l'éradication des bouquetins du Bargy, et désormais des Aravis, afin de ne rien changer à ses pratiques pastorales.
Chien en laisse en forêt : pourquoi et quelles exceptions ?

Chien en laisse en forêt : pourquoi et quelles exceptions ?

Depuis le 15 avril et jusqu'au 30 juin, un arrêté ministériel du 16 mars 1955 impose aux propriétaires de chiens de les tenir en laisse en forêt, en dehors des allées forestières. Cette mesure, souvent méconnue, vise à protéger la faune. Une amende de 750 euros peut être imposée en cas de non-respect de cette interdiction.

Pourquoi cette obligation ?

La période du 15 avril au 30 juin correspond à la saison de reproduction et de nidification pour de nombreuses espèces animales. Passereaux, rapaces et pics s'affairent à couver leurs œufs, une tâche cruciale pour la survie de leur espèce qui dure une vingtaine de jours. À l'éclosion, une nouvelle étape débute : le nourrissage. Cette période d'intense activité est essentielle pour la survie des jeunes, qui apprendront à voler et à se nourrir par eux-mêmes avant de prendre leur envol vers l'indépendance.

Côté mammifères, ce sont les cervidés et les sangliers, les renards, les blaireaux, les fouines, les martres et les loutres qui mettent bas au printemps. Sans oublier les écureuils, lapins, lièvres, campagnols, mulots et musaraignes…

Les chiens en liberté peuvent perturber les habitats, effrayer les animaux sauvages qui peuvent abandonner leurs petits, et même causer des dommages aux nids ou aux petits animaux.

Les chasseurs dispensés 

Certaines personnes sont pourtant dispensées de l'obligation de tenir leur chien en laisse en forêt :

  • Les chasseurs pendant les parties de chasse et les entraînements.
  • Les bergers pour la conduite et la garde de leurs troupeaux.

Au printemps, dans certains départements autorisant la prolongation de la chasse aux sangliers par battue, ainsi que lors de battues administratives exceptionnelles, les activités cynégétiques avec des chiens se multiplient.

A partir du 15 mai, c’est aussi le moment choisi par certains chasseurs pour déterrer des blaireaux avec leurs chiens ! Car oui, d’un côté on nous demande de ne pas promener nos chiens sans laisse, et de l’autre, certaines préfectures prennent encore la décision d’autoriser des périodes complémentaires de la vénerie sous terre sous la pression des chasseurs !

Ours des Pyrénées : la diversité génétique, un enjeu vital

Ours des Pyrénées : la diversité génétique, un enjeu vital

Le nouveau rapport annuel du Réseau Ours Brun met en évidence une nouvelle augmentation de la population en 2023 mais il occulte ce qui devient la question essentielle pour l'avenir de l'ours dans les Pyrénées : la consanguinité croissante.

Tous les oursons nés en 2023 sont concernés, comme la quasi-totalité des ours présents. Certains sont les produits de parents et de grands parents déjà eux-mêmes consanguins.

La diversité génétique se dégrade et les espoirs d'amélioration sans intervention disparaissent progressivement.

Toutes les études l'affirment, mais l'Etat refuse d'agir. Pour preuve, ces extraits du mémoire de Carla Bassi, dont une synthèse est en annexe du rapport ROB 2021 : " On observe donc globalement une perte de diversité génétique dans la population ursine pyrénéenne depuis 2006." "Le coefficient moyen de consanguinité de la population d’ours brun des Pyrénées a plus que doublé entre 2006 et 2020." "la population d’ours brun des Pyrénées, en dépit de son essor démographique depuis 1996, présente des risques génétiques substantiels qui pourraient menacer la viabilité de la population à plus ou moins long terme." Et de conclure en soulignant "l’importance d’adopter des mesures de conservation visant à favoriser une augmentation de la diversité génétique et de la taille efficace de la population d’ours brun des Pyrénées si on veut assurer la viabilité de la population même à court terme."

Or, la situation s'est encore dégradée depuis et ne fait que s'empirer.

Les espoirs incarnés par des individus potentiellement améliorateurs étaient déjà rares, ils disparaissent les uns après les autres : Certains ne se sont jamais reproduits (Palouma, Franska, Sarousse, Cannellito, Claverina), d'autres sont disparus avec leur rare descendance (Balou, Goiat), d'autres encore laissent une maigre lignée (Néré).

Bilan ? Comme le montre de manière évidente cette nouvelle mise en forme de l'arbre généalogique des ours, la population actuelle repose très largement sur 2 femelles : Mellba (en vert) et Hvala (en rose). Et du côté des mâles, c'est pire : plus de 85% des individus nés depuis 1996 sont les descendants d'un mâle : Pyros.

Le lâcher de deux femelles en 2018 n'a hélas pas changé la donne : une seule a eu des oursons encore vivants, avec un mâle lui-même descendant du mâle ultradominant Pyros ...

Qui peut sérieusement prétendre reconstituer une population viable avec 2-3 femelles et 1 mâle ?

Nous ne pouvons plus nous contenter de la courbe d'évolution de la population avec laquelle on cherche à nous rassurer. La population d'ours est en mauvais état de conservation, et les perspectives se dégradent.

Pourtant la solution est connue, et elle est simple : il faut d'urgence apporter du sang neuf, car plus on laissera se dégrader la situation, plus il sera difficile de la corriger.

Nos associations demandent :

  • le remplacement immédiat des ours morts de cause humaine, conformément à l'engagement pris par l'Etat ;
  • l'actualisation de l'étude sur la viabilité de la population d'ours des Pyrénées ;
  • la création d'un Comité Scientifique Ours indépendant
  • l'élaboration d'un vrai Plan pluriannuel d'action pour la restauration de la population d'ours dans les Pyrénées en remplacement de l'actuel Plan Ours qui est inopérant et mal mis en oeuvre.
  • Associations signataires :

Pays de l’Ours - Adet, Ferus, France Nature Environnement - Hautes-Pyrénées, FIEP - Groupe Ours Pyrénées, Comité Ecologique Ariégeois, Nature-Comminges, France Nature Environnement - Occitanie-Pyrénées, Animal Cross, Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN).

Un plan national d’actions loup décevant

Un plan national d’actions loup décevant

Le gouvernement a récemment dévoilé son nouveau Plan National d’Actions 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage (PNA), accompagné de deux arrêtés : l’un fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus), et l’autre relatif à l'indemnisation des dommages causés aux troupeaux domestiques par le loup, l'ours et le lynx.

 

Des protocoles de tirs simplifiés facilitant encore plus l’abattage des loups 

Le premier arrêté mentionné plus haut, qui fixe les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées, est en lien avec tout un volet du PNA réservé aux prélèvements du loup, où de nombreux assouplissements sont prévus.

Il est de plus en plus évident que les conditions préalables aux tirs sont considérablement réduites. Autrefois, ces tirs étaient soumis à des conditions de prédation qui, de nos jours, ont pratiquement disparu. Il fut un temps où la phase d'effarouchement était un prérequis indispensable, pourtant, elle a totalement cessé.

Dans l’article 6. III de l’arrêté, il est question de “mise en œuvre” des mesures de protection qui implique l'installation effective et proportionnée de moyens de prévention de la prédation par le loup, sous supervision des autorités compétentes. Néanmoins, l'expérience acquise au cours des 14 dernières années avec le programme d’Animal Cross met en lumière le non-respect fréquent des conditions de protection stipulées dans les arrêtés de tir. De plus, il est à noter que la Direction Départementale des Territoires (DDT), pour éviter tout conflit avec les éleveurs, néglige systématiquement de signaler les failles dans ces mesures de protection, autorisant ainsi les tirs. Quelle que soit la réalité de ces mesures.

Un lieutenant de louveterie en train d'appâter un loup 

L’article 11, paragraphe III mentionne que, sous réserve de l'approbation de l'OFB, tous les moyens pour améliorer la défense contre les loups peuvent être utilisés, mais ils ne doivent pas provoquer intentionnellement des réactions chez les loups pour les rendre détectables ou les attirer vers les tireurs. Or, nous avons constaté que l’appâtage pour attirer les loups afin de les tirer existe, bien que cela semble être marginal.

L'article 15 révèle une dérive inquiétante dans l'application du tir de défense simple. Le nombre de tireurs autorisés par lot est excessif, pouvant aller jusqu'à 2 à 3 tireurs ; ce qui signifie qu'un nombre considérable de tireurs peuvent être mobilisés dans un même territoire pour éliminer un loup, même avec une seule autorisation de tir de défense simple.

Quant à l'article 16, il met en lumière les failles du recours au tir de défense renforcée. Ce dispositif est trop simplement et rapidement décrété, sans qu’il n’ait de contrôle adéquat des conditions de protection. Aucune chance n’est laissée au loup.

Le chapitre III concerne les tirs de prélèvement qui peuvent être autorisés dans certains territoires où, entre autres, le préfet coordonnateur du plan sur le loup émet un avis sur ces autorisations en se basant sur le suivi de la prédation et d'autres facteurs. C’est une véritable chasse au loup qui peut être ouverte alors que le recours aux tirs de prélèvement était assez rare ces dernières années. Le préfet a donc l’entière liberté de déclencher cette chasse.

Dans le chapitre IV, le préfet coordonnateur du plan sur le loup délimite des zones où les troupeaux rencontrent des difficultés importantes face à la prédation des loups, en tenant compte de divers facteurs comme les caractéristiques du milieu, les pratiques d'élevage et les attaques passées. Dans ces zones, les tirs de défense et de prélèvement peuvent être autorisés sous certaines conditions, notamment lorsque les troupeaux subissent des attaques répétées malgré les mesures de protection mises en place. Malgré la nécessité d’avoir un processus de préparation qui devrait prendre de 2 à 3 ans, il est observé que l'élimination des loups gêneurs est souvent privilégiée sans que ce travail préparatoire ne soit effectué. Le flou entourant ce texte réglementaire permet des interprétations laxistes, ouvrant ainsi la porte à des pratiques discutables.

Des indemnisations dans le but de calmer les éleveurs

Le second arrêté publié fixe les montants d'indemnisation pour les pertes causées par les attaques de loups, d'ours et de lynx sur les troupeaux domestiques. Il détaille également les conditions d'indemnisation des animaux tués ou disparus, ainsi que des frais vétérinaires. Ces indemnisations ont été améliorées, bien entendu, afin d’éviter la violence des syndicats d’élevage. 

La comparaison des niveaux d'indemnisation entre la France et d'autres pays, notamment l'Allemagne et la Castille-et-León, montre une disparité significative, comme l'indique le rapport du IGEDD (CGDD) intitulé « Parangonnage sur la politique publique du loup » :

  • écart des dommages : le rapport met en évidence que la France enregistre trois fois plus de dommages causés par les loups que l'Allemagne, malgré une population lupine inférieure. Cette différence soulève des interrogations sur la gestion des troupeaux et la protection des élevages.
  • dépenses d'indemnisation : les dépenses d'indemnisation par loup en France sont considérablement plus élevées que dans d'autres pays. En effet, avec 38 800 euros rapportés au nombre de loups, la France dépense quatre fois plus qu'en Allemagne et huit fois plus qu'en Castille-et-León. Cette différence souligne une possible propension à la fraude ou à une grande tolérance dans la gestion des indemnisations.

Ces constats soulèvent des questions importantes quant à l'efficacité et à l'équité du système d'indemnisation en France, ainsi que sur la nécessité d'une réforme pour garantir une meilleure gestion des dommages causés par la prédation des loups.

Selon Marc Fesneau, « ce PNA est donc celui d’un rééquilibrage pour concilier conservation de l’espèce et sauvegarde des activités d’élevage. »¹. Alors que la réalité est tout autre : ce prétendu « rééquilibrage » ne garantit en rien la protection adéquate du loup, bien au contraire. La décision de considérer le loup comme une espèce ayant atteint un seuil de « viabilité » sous-estime largement les défis persistants auxquels le loup est confronté. De plus, l'éventualité d'un déclassement du loup, passant d’espèce « strictement protégée » à « protégée » par l'Union Européenne ouvrirait tout simplement la voie à une gestion cynégétique plus permissive. Pour Animal Cross, ce PNA favorise les intérêts des lobbys agricoles au détriment de la conservation du loup.

 

¹ : https://agriculture.gouv.fr/plan-loup-un-nouveau-cadre-national-dactions-pour-renforcer-la-coexistence-du-loup-et-des-activites

CAP Loup écrit au ministre de l’agriculture

CAP Loup écrit au ministre de l’agriculture

        Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt M. Stéphane Le Foll Hôtel de Villeroy 78, Rue de Varenne 75007 PARIS Le 28 avril 2014 Objet : Plan Loup et congrès de la Fédération nationale ovine Monsieur le...

Autorisation impulsive de tir de loup dans l’Aude

Autorisation impulsive de tir de loup dans l’Aude

Le préfet de l'Aude a autorisé le 1er avril, par l'arrêté , des tirs de défense sur les communes d’Hounoux et Fenouillet-du-Razès, alors même que l'Aude n'est explorée que par un loup, et que les éleveurs n'ont pas été préparés à son retour. Est-ce le passage de...

Le Préfet de Haute-Savoie a autorisé le tir de prélèvement d’un loup

Le Préfet de Haute-Savoie a autorisé le tir de prélèvement d’un loup

Communiqué de presse A peine nommé en Haute-Savoie, le Préfet Georges-François Leclerc a décidé l’abattage d’un loup, cédant en cela aux demandes pressantes des organisations syndicales agricoles et de la Fédération des Chasseurs de Haute-Savoie.   L’opération se...

Autorisations de tirs : l’Etat persiste contre la conservation du loup

Autorisations de tirs : l’Etat persiste contre la conservation du loup

Communiqué de presse   Un arrêté du 16 mars 2012 assouplit encore les conditions de mise en oeuvre des « tirs de défense » (destinés à tuer un loup). Cet arrêté autorise la réalisation de tirs pour des troupeaux situés « à proximité d’un troupeau ayant subi une...

Loup : Philippe Poutou et le NPA répondent à notre lettre ouverte

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Début mars, les associations FERUS, ASPAS et Animal Cross adressaient aux candidats à l’élection présidentielle une lettre ouverte « Le loup, bouc émissaire de la filière ovine : ça suffit ! ». Philippe Poutou et le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) sont les...

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Le cadavre d’un loup mâle a été retrouvé lundi matin 30/01/2012 au pied du Mont Ventoux, en forêt domaniale à Bédoin (84), criblé de deux balles. Ce cas s’ajoute à 3 braconnages avérés en 2011. On sait par ailleurs que la réalité du braconnage est bien supérieure,...

Consultation publique : dites non à la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau à compter du 15 juin 2024 en Saône-et-Loire

Consultation publique : dites non à la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau à compter du 15 juin 2024 en Saône-et-Loire

RÉPONDRE AVANT LE 27 FÉVRIER 2024 INCLUS

La direction départementale des territoires de Saône-et-Loire (DDT) met à la consultation du publique sur son site internet un projet d’arrêté préfectoral autorisant l’exercice de la vénerie sous terre du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 juin 2024 et jusqu’au 14 septembre 2024.

La préfecture a publié une note de présentation n’apportant aucun élément pour justifier cette période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau.

Animal Cross vous invite donc à vous opposer à ce projet d’arrêté jusqu’au 24 février 2024 inclus. Pour participer, cliquez ici.

Proposition d’argumentaire (attention vous ne pouvez pas copier-coller) :

Je m’oppose à cette ouverture complémentaire en pleine période de reproduction (le sevrage a lieu entre juin et août) :

  • La France fait partie des derniers pays européens à persécuter cette espèce, et elle est surtout la seule à autoriser leur déterrage en pleine période d’élevage des jeunes, à travers des arrêtés accordés pour des périodes complémentaires par les préfets des départements.
  • Pendant cette période, les jeunes blaireaux de l’année ne sont pas complètement sevrés et restent dépendants des adultes au-delà du 15 mai. Il est donc interdit de les détruire.  
  • La chasse des blaireaux est entre autres menée pour prévenir la tuberculose bovine. Or, dans un avis d’août 2019 de l’ANSES affirme que la vénerie sous terre n’a aucun effet préventif sur la zoonose. La situation en Grande-Bretagne le confirme et ce pays va cesser l’abattage massif des blaireaux au profit de la prophylaxie et du développement de la vaccination des bovins.
  • Le blaireau n’est pas considéré comme une espèce nuisible. Cette espèce s’autorégule et la pratique de la vénerie sous terre et notamment la période complémentaire associée n’a pas lieu d’être. En effet, le département du Bas- Rhin, qui a interdit la chasse du blaireau depuis 15 ans déjà, n’a à ce jour constaté aucune surpopulation de l’espèce ni aucun dégât majeur sur les parcelles agricoles. Les constats sont les mêmes en Belgique, en Espagne et en Italie.
  • L’arrêté indique que “la vénerie sous terre permet d’assurer une régulation de l’espèce en vue de limiter les dommages qu’elle peut causer (cultures agricoles, infrastructures ferroviaires et routières), sans compromettre sa pérennité” : où se trouve les preuves chiffrées des dégâts engendrés dans le département et l’absence d’impact des prélèvements sur l’espèce ?
  • Menés avec une grande violence, le déterrage et l’abattage des blaireaux, notamment pendant la période d’élevage des jeunes, choquent bon nombre de citoyens, qui se rendent compte aujourd’hui que notre écosystème est en équilibre fragile.
Les sénateurs veulent en finir avec le loup !

Les sénateurs veulent en finir avec le loup !

 A la demande du groupe « Les Républicains » a eu lieu le 16 janvier 2024 au Sénat un débat sur le thème : « Face à la prédation du loup, comment assurer l’avenir du pastoralisme ? » (1). Ou plutôt, une série de questions/réponses des sénateurs, au nombre de seize, à Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et connu pour être un ardent défenseur de la chasse, et cela en l’absence de tout contrepoids du ministère de l’Environnement.

UN DEBAT CONTRE LE LOUP

Ce débat s’inscrit dans le cadre d’une charge récurrente (2) contre le statut d’espèce strictement protégée du loup, orchestrée par des parlementaires (et des syndicats d’élevage), et qui existe depuis plusieurs années. Cette offensive a pris un coup d’accélérateur depuis que Mme Ursula von der Leyen, après la mort de son poney semble-t-il attribuée à un loup, a décidé en septembre 2023 de lancer une demande de changement de statut de protection auprès de la Commission Européenne. 

Les sénateurs présents ont déroulé les mêmes poncifs que la présidente de la Commission Européenne, à savoir que le loup est la cause des difficultés de l’élevage en France, que la pression de prédation est insupportable, tout comme la détresse des éleveurs, que l’on ne peut protéger les troupeaux d’ovins, bovins, équidés, etc …. etc … .

Nous avons souvent répondu dans ces colonnes à ces différents arguments, et rappellerons seulement qu’en dépit d’une population de loups qui a fait plus que doubler ces cinq dernières années, les dommages sont restés stables, ce qui montre que la politique de protection des troupeaux commence à montrer son efficacité.

UN SEUL BUT : EN FINIR AVEC LE LOUP

Mais le dernier Plan National d’Actions sur le loup et les activités d’élevage 2024-2029 (PNA) qui facilite encore l’accès aux tirs dérogatoires, et fait des tirs létaux l’unique réponse aux difficultés de cohabitation loup-élevage, ne suffit pas à nos parlementaires : ils veulent, sans l’exprimer ainsi bien entendu, en finir avec le loup. Seul le sénateur de l’Isère, totalement isolé, a tenté d’expliquer que les difficultés de la filière ovine avaient une autre origine, et ses arguments lui ont valu de se faire sévèrement tacler par le ministre de l’Agriculture.

Quelques extraits des interventions des Sénateurs lors du débat :

Le loup est déjà largement tiré en France (207 loups tués officiellement en 2023), sans compter le braconnage, sport national ; les quelques 2500 tirs dits de défense simultanés sur le territoire français ne suffisent pas, on s’achemine vers une exécution massive de loups, sans contrainte de protection des troupeaux, une chasse ouverte et permanente qui sera présentée comme conforme à la réglementation, et au statut visé d’ «  espèce protégée ». Un comble.

Prochaines étapes de l’initiative de déclassement : Conseil Environnement (formellement Conseil des ministres de l’Environnement de l’Union européenne) qui se tiendra fin janvier 2024 (scrutin : à la majorité simple), puis vote des états membres de la Convention de Berne (scrutin : à la majorité aux deux tiers).

(1) https://videos.senat.fr/video.4293847_65a679bf2fc18.seance-publique-du-16-janvier-2024-apres-midi?timecode=11461000

(2) https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-329QG.htm

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