La Constitution, enfin au service de la faune sauvage ?

La Constitution, enfin au service de la faune sauvage ?

Une victoire pour les animaux sauvages : le Conseil d’Etat et le Conseil Constitutionnel utilisent, le même jour, la Charte de l’environnement pour protéger la faune sauvage !

Par une décision du 18 octobre 2024, le Conseil constitutionnel a jugé conformes à la Constitution les dispositions législatives encadrant l’implantation des clôtures dans les espaces naturels pour permettre la circulation de la faune sauvage, autrement appelées « loi sur l’engrillagement » (Décision n°2024-1109 QPC) :

« Il ressort des travaux préparatoires que, en adoptant les dispositions contestées, le législateur a entendu permettre la libre circulation des animaux sauvages dans les milieux naturels afin de prévenir les risques sanitaires liés au cloisonnement des populations animales, de remédier à la fragmentation de leurs habitats et de préserver la biodiversité. Ce faisant, il a poursuivi l’objectif de valeur constitutionnelle de protection de l’environnement ».

Par une décision rendue le même jour, le juge du référé-liberté du Conseil d’Etat s’est lui aussi fondé sur le droit à un environnement sain et équilibré, prévu par l’article 1er de la Charte de l’environnement, pour défendre un oiseau en voie de disparition : le Lagopède alpin (Conseil d’Etat, juge des réf, 18 oct 2024, n°498433). Il a ainsi rejeté la requête par laquelle le ministère de la Transition Ecologique, soutenue par deux fédérations de chasseurs, contestait l’ordonnance du tribunal administratif de Toulouse qui avait suspendu la chasse de cette espèce dont le risque de disparition est élevé dans les Pyrénées françaises :

« L’arrêté litigieux étant de nature à compromettre, pour une espèce particulièrement fragile, les efforts de conservation de cette espèce dans son aire de distribution, dans les conditions qui viennent d’être énoncées, il porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, au regard des intérêts que l’association Comité Ariège écologie justifie défendre »

Pour la première fois, le juge de la constitutionalité des lois et le juge de la constitutionnalité des actes administratifs se fondent sur un texte constitutionnel pour privilégier la protection des animaux sauvages face à des intérêts anthropiques. Il s’agit là de décisions historiques qui, une fois de plus, témoignent d’une prise de conscience croissante de la justice pour la faune sauvage, si belle et fragile, régulièrement menacée par des politiques publiques qui persistent à faire la part belle aux chasseurs, malgré l’effondrement inquiétant de la biodiversité.

Un premier bilan Ours prometteur pour 2024

Un premier bilan Ours prometteur pour 2024

Animal Cross se réjouit de la présence croissante de l'ours dans les Pyrénées, comme le révèle le rapport de juillet-août 2024 du réseau Ours brun. D’après l’analyse des derniers indices de présence, 15 oursons ont été détectés cette année, répartis sur 10 portées, ce qui laisse présager une augmentation de la population d'ours brun dans nos montagnes.

Bien que l’analyse complète des constats de dégâts ne soit pas encore finalisée, il apparaît que le nombre d’animaux prédatés, pour lesquels l’ours pourrait être responsable (sans que cela soit systématique), est en baisse*. Si cette tendance se confirme d’ici la fin de l’année 2024, cela démontrerait que le nombre de prédations n’est pas proportionnel à celui des ours, mais plutôt lié aux efforts humains et matériels déployés pour la protection des troupeaux dans les montagnes pyrénéennes.

(*) https://www.ladepeche.fr/2024/09/25/ours-dans-les-pyrenees-les-chiffres-montrent-une-baisse-des-
attaques-12220155.php

Quelques vidéos d’ours des Pyrénées en avril et aout 2024 :

 

Les observations dans le détail réalisées en juillet-aout

- Entre juillet et août 2024, 520 indices de présence d'ours ont été collectés dans les Pyrénées françaises, de la commune de Lées-Athas (64) à l'ouest jusqu'aà Siguer (09) à l'est.
- Des caméras automatiques ont capturé des images d'un ours non identifié à Luchon (31), territoire fréquenté par les mâles Cannellito et Néré.
- Des ours subadultes continuent de coloniser l'est des Pyrénées, confirmant l'expansion de l'espèce.
- La présence de jeunes ours est confirmée dans les massifs de Gar-Cagire et Paloumère (Haute-Garonne).
- Au moins 10 portées d'oursons, totalisant 15 individus, ont été identifiées en 2024 sur le versant français des Pyrénées.

Rappel (si nécessaire)

Protéger l'ours, c'est protéger la biodiversité.

Nos actions:

  • Sensibilisation du grand public à l'importance de la protection de l'ours et de son habitat.
  • Collaboration avec les acteurs locaux (agriculteurs, éleveurs, élus) pour prévenir les conflits et trouver des solutions.
  • Soutien aux programmes de recherche sur l'ours et son comportement.

Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à protéger l'ours des Pyrénées. Ensemble, agissons pour que nos montagnes restent un refuge pour cet animal emblématique.

Lâchers de gibier : 20 millions d’animaux d’élevage sacrifiés pour la chasse !

Lâchers de gibier : 20 millions d’animaux d’élevage sacrifiés pour la chasse !

Depuis les années 1970, pour compenser la baisse des populations de gibier due à la destruction des habitats, les chasseurs ont mis en place des élevages d'animaux destinés à la chasse. Environ 20 millions d’animaux sont ainsi lâchés chaque année en France, un chiffre alarmant quand on sait que 64 % des Français souhaitent l’interdiction de ces pratiques (sondage IFOP 2017).

La France, leader européen de la cynégéculture

La cynégéculture, filière d’élevage de gibier, place la France en tête en Europe avec environ 350 à 400 élevages en 2023. 

Plus de 20 millions d'animaux sont élevés pour la chasse en France, dont 14 millions de faisans et 5 millions de perdrix. 

Il existe deux types de gibier d’élevage : celui destiné à la chasse et celui réservé à la boucherie. Cependant, la quasi-totalité des animaux élevés en France est destinée à être lâchée pour la chasse.

Des conditions de vie déplorables

Les conditions d’élevage sont effroyables : les animaux, notamment les oiseaux, sont élevés en captivité dans des cages et souvent mutilés pour éviter qu’ils ne s'entretuent. Une fois relâchés, ils sont confrontés à des niveaux de stress très élevés, et leur taux de survie est extrêmement faible : entre 45 et 80 % meurent peu après leur lâcher. Ces animaux, élevés en captivité, n'ont souvent plus d'instincts sauvages, les rendant particulièrement vulnérables face aux prédateurs naturels.

Des impacts graves sur la faune sauvage

Les lâchers massifs d’animaux d’élevage posent de sérieux problèmes écologiques. Ils provoquent une pollution génétique qui menace les populations sauvages et favorisent la propagation de maladies. Ces animaux, élevés dans des conditions artificielles, perturbent la dynamique des populations locales et les écosystèmes.

Une filière soutenue par l’État

Malgré ces constats alarmants, la filière cynégétique bénéficie de soutiens financiers publics, comme en 2020 où 9 millions d’euros ont été alloués pour compenser les pertes dues à la crise du Covid. L'État a même prolongé la période de chasse pour permettre aux chasseurs de "déstocker" les volières.

Notre demande

Animal Cross demande la suppression immédiate des lâchers d’animaux élevés pour la chasse, une pratique qui sacrifie inutilement des millions de vies animales et perturbe gravement les écosystèmes naturels.

Urgent : soutenez les perdrix grises de montagne des Pyrénées-Atlantiques

Urgent : soutenez les perdrix grises de montagne des Pyrénées-Atlantiques

Les perdrix grises de montagne des Pyrénées-Atlantiques ont besoin de votre soutien ! La fédération de chasse du 64 a obtenu un projet d'arrêté préfectoral qui prévoit qu'il en soit tiré 3 par chasseur, alors que cet oiseau est dans un état de conservation défavorable (quasi-menacé selon l'UICN), et n'existe plus que dans les Pyrénées.

Répondre AVANT LE 20 SEPTEMBRE ici: ddtm-environnement@pyrenees-atlantiques.gouv.fr 

Titre: avis défavorable sur le projet  l’AP fixant le prélèvement maximal autorisé (PMA) et le plafond départemental de prélèvement pour la perdrix grise de montagne dans le massif montagnard des Pyrénées-Atlantiques pour la campagne 2024-2025

Contenu (à modifier par reformulation ou sélection d'arguments):

Au niveau européen, la perdrix grise pyrénéenne (P. perdix hispaniensis) est inscrite à l’annexe I de la Directive 79/409/CEE (directive oiseaux) concernant la conservation des oiseaux sauvages. A ce titre, les Etats membres doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver, maintenir ou rétablir les habitats favorables à l’espèce.

 

Or le présent arrêté ne prévoit aucune mesure de préservation de l’espèce. Au contraire, il est proposé de maintenir des quotas de prélèvement, alors même que :

  • Cette sous-espèce des Pyrénées est classée « NT - quasi-menacé » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et l’UICN ne connaît pas son évolution démographique.
  • Elle fait déjà l’objet de nombreuses causes de mortalité naturelle, en particulier au niveau de ses couvées, et de dérangement lors du « comptage « effectué par le monde cynégétique à l’aide de chiens (cf. le SDGC des Pyrénées Atlantiques) ainsi que par les usagers de la montagne,
  • La non-réalisation des quotas les années précédentes laisse penser que la densité de ces perdrix est plus faible que ce qui ressort des échantillonnages de printemps et d’août 2024
  • Concernant les tendances de population, l’observatoire des galliformes de montagne concède dans son rapport de septembre 2024 que les sites de référence ne permettent pas de dégager un indicateur de tendance

 Pour toutes ces raisons, et parce que l’on ne peut mettre en péril une sous-espèce à des fins de loisir, inspirons-nous de l’Espagne qui l’a strictement protégée sur quasiment tout le territoire, et ramenons les PMA et quotas à zéro en attendant que la perdrix grise soit dans un meilleur état de conservation.

35 associations demandent le retrait de l’article 13 de la Loi d’orientation agricole, une régression environnementale de 35 ans

35 associations demandent le retrait de l’article 13 de la Loi d’orientation agricole, une régression environnementale de 35 ans

Communiqué de presse, 6 juin 2024

Lors du débat sur la loi d’orientation agricole (LOA) à l’Assemblée nationale, le gouvernement vient de porter une atteinte immense à la protection des êtres vivants appartenant à des espèces protégées, faune et flore. L’article 13 est un séisme juridique.

A l’article 13 de la LOA, amendement 4452 2e rectificatif, il est décidé que désormais seules les atteintes “intentionnelles” seront passibles de poursuites pénales pour destruction d’espèces protégées. Pour être constitutionnel, le gouvernement n’a pas pu limiter son amendement aux seules activités agricoles. Il est valable pour toute activité humaine. De plus, le fait d’exécuter une obligation légale ou réglementaire, ou encore de se conformer à une prescription administrative, comme un plan de gestion forestier par exemple, n’est pas considéré comme une atteinte intentionnelle.

L’intentionnalité est quasi-impossible à démontrer et ce sont bien les négligences, imprudences, manquements à une obligation de prudence qui entraînent aujourd’hui les poursuites et les condamnations concernant les espèces protégées. Qui plus est, le critère de l’intentionnalité conditionnera l’engagement de poursuites. Un procureur ne va pas poursuivre s’il sait que la condamnation a peu de chances d’aboutir.

Les agriculteurs ne subiront pas de sanction pénale s’ils détruisent des espèces protégées en cas de taille de haie, d’utilisation de pesticides, d’épandage de lisier, de débordement d’une cuve de méthanisation, d’écobuage, etc.

Un forestier pourra détruire des arbres, comme des arbres à cavité, contenant de précieuses espèces protégées, s’il le fait selon le plan de gestion forestier.

Mieux encore, un chasseur qui détruit une espèce protégée sans le faire volontairement, un promoteur immobilier qui rase un terrain comportant des espèces protégées, par négligence, une commune qui entretient des routes et coupe des arbres où nichent des espèces protégées, ou dont la station d’épuration fuit par accident et pollue un cours d’eau, un particulier qui épand un produit phytosanitaire dangereux sans faire attention, détruisant par là même toute la petite faune autour de chez lui… dans tous ces cas, la “bonne foi” sera avancée et il faudra au contraire prouver la volonté de détruire les espèces protégées. Cette destruction se produit généralement par imprudence ou négligence. Elle est la conséquence ou l’effet induit d’une activité.

Cet article remet en cause en cause un texte vieux de 35 ans (Code rural art 215-1, version du 4/11/1989) qui consacre la première condamnation pour destruction d’espèces protégées.

Nos associations ont lancé une pétition dénonçant l’impunité future qui sera accordée en cas de destruction des êtres vivants appartenant à des espèces protégées qui compte déjà 27 000 signatures.

Voir la pétition : https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/destruction-especes-protegees-impunite-offerte-loi/230916

Associations signataires : Animal Cross, AJAS, Alsace nature, APRAD, ASPA Vosges , ASPAS, Association Stéphane Lamart, Aves, Bretagne vivante, C'est assez, Collectif animalier 06, Comité écoloqie ariégeois, Crow life, Education Ethique Animale, Etats sauvages, Ferus, FIEP, FNE65, FRANE, Groupe mammologique breton, Humanité et Biodiversité, Kermit, Libre forêt, Mille Traces, Noé, Oiseaux Nature , One voice, Pays de l'Ours-Adet , Perche nature, Pole grands prédateurs, Sea shepherd France, SFEPM, SNDA, Sur les traces du loup, Wild Bretagne

Contacts presse : 

Benoît Thomé, président d’Animal Cross, benoit@animal-cross.org - 06 81 37 96 19

Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, media@seashepherd.fr - 07 60 26 22 77

Sandrine Bélier, directrice d’Humanité et Biodiversité, sandrine.belier@humanite-biodiversite.fr - 07 80 90 67 87

Dites non à la capture et l’euthanasie des bouquetins du Bargy

Dites non à la capture et l’euthanasie des bouquetins du Bargy

Le Préfet de Haute-Savoie s'apprête à déposer plusieurs arrêtés autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy la capture et l’euthanasie de bouquetins.

Une consultation publique est ouverte jusqu’au 25 avril inclus. Animal Cross vous invite à vous opposer à ces projets d'arrêtés.

Déposez une contribution sur la boite mail de la DDT à l’adresse suivante : ddt-consultations-publiques@haute-savoie.gouv.fr 

Proposition d'argumentaire (attention, pas de copier/coller) :
 
Je m'oppose fermement aux 3 arrêtés autorisant sur l'ensemble du massif du Bargy la capture et l'euthanasie de bouquetins séropositifs en vue du contrôle de la brucellose au sein de cette population pour viser l'extinction de l'enzootie de brucellose au sein de la population de bouquetins.
 
La maladie est en voie d’extinction naturelle, avec moins de 4% de prévalence, comme indiqué par le nombre d’individus séropositifs identifiés et éliminés lors des campagnes de capture ou de prélèvement en 2023. Il serait donc possible, en appliquant quelques mesures de biosécurité préconisées par l’ANSES, d’éviter ces 100 nouvelles captures/recaptures et euthanasies sur possiblement 58 d'entre-eux dans le Bargy, et 62 dans les Aravis.

Les solutions visant à minimiser encore les voies de contamination des bovins, existent :
  • Séparation réelle des lieux de pâturage entre animaux domestiques et sauvages,
  • Contrôle de la divagation de chiens (par panneaux et mesures dissuasives), car ils constituent le vecteur probable de la maladie,
  • Suppression des pierres à sel,
  • Relocalisation des pâturages.

De plus, s’il se révèle impossible de capturer jusqu'à la fin 2024 (avec répétition en 2025) la totalité des 58 bouquetins non marqués autorisés dans le premier projet d'arrêté, en visant de plus essentiellement des femelles,  le second arrêté mentionne que des tirs indiscriminés (dits "sélectifs") seront pratiqués. Et il en est de même à concurrence de 62 individus dans les Aravis, et dans ces mêmes conditions. Ainsi, de par la faible prévalence de la maladie, de nombreux individus sains seront à nouveau abattus ce qui est intolérable. 

D'autres arguments s'ajoutent pour s'opposer à cet arrêté : 
Tout d'abord, les campagnes de capture peuvent engendrer le dérangement d'autres espèces sensibles, telles que le gypaète barbu, qui nichent dans le massif. D'ailleurs, l'arrêté indique que des mesures sont prises pour "limiter" les perturbations de cette espèce indiquant bien que ces perturbations ne peuvent être évitées.
 
Le coût associé à ces campagnes de terrain et le risque pour les agents déployés sur un terrain difficile d'accès sont aussi des éléments à prendre en compte. Ces mesures sanitaires excessives sont dictées par le syndicat interprofessionnel du reblochon qui réclame depuis des années l'éradication des bouquetins du Bargy, et désormais des Aravis, afin de ne rien changer à ses pratiques pastorales.