Victoire pour le loup : le droit rappelle enfin que sa vie compte

Victoire pour le loup : le droit rappelle enfin que sa vie compte

Animal Cross se réjouit d’une décision historique du Conseil d’État en faveur de la protection du loup en France. Cette victoire juridique majeure, remportée par les associations FERUS et l’ASPAS, et à la genèse de laquelle notre association avec notre expert loup a activement participé, marque un tournant décisif : l’État est désormais clairement tenu de respecter le droit européen en matière de conservation du loup au niveau local, et pas uniquement à l’échelle nationale.

C’est une avancée essentielle pour une espèce encore trop souvent considérée comme sacrifiable.

Le contexte du combat juridique

Animal Cross, aux côtés de trois autres associations, a engagé un recours au fond contre cet arrêté de tirs de défense simple (TDS) en juin 2025.

Parallèlement, le 1er juillet 2025, le Tribunal administratif de Pau avait rejeté le référé suspension initié par FERUS et l’ASPAS. Face à cette décision, ces dernières ont constitué un pourvoi sommaire devant le Conseil d’État, stratégie qui vient de porter ses fruits.

Le conseil d'État tranche : on ne peut pas éliminer le loup localement

Dans sa décision rendue le 12 décembre 2025, le Conseil d’État a annulé un arrêté préfectoral autorisant des tirs de défense dans les Hautes-Pyrénées. En cause : la présence d’un seul loup identifié dans le département, dans une zone où la population lupine est extrêmement fragile.

La plus haute juridiction administrative française rappelle un principe fondamental, issu du droit européen et confirmé par la Cour de Justice de l’Union européenne :
► avant d’autoriser la destruction d’un loup, l’État doit démontrer que la conservation de l’espèce est assurée localement.

Autrement dit, il n’est plus juridiquement acceptable de justifier des tirs létaux au motif que la population de loups se porte « bien » au niveau national, lorsque, sur un territoire donné, l’espèce est au bord de la disparition.

Une jurisprudence qui change la donne

Le Conseil d’État a reconnu que la destruction de l’unique loup présent dans les Hautes-Pyrénées aurait pu entraîner des conséquences graves et irréversibles pour la conservation de l’espèce dans cette zone. En ignorant cette réalité locale, le tribunal administratif de Pau avait commis une erreur de droit.

Cette décision, appelée à faire jurisprudence, ouvre la voie à une remise en cause profonde des politiques de tirs systématiques, en particulier dans les zones de recolonisation où le loup est encore extrêmement vulnérable.

C’est une reconnaissance claire : le loup n’est pas un problème à éliminer, mais une espèce protégée, dont la présence doit être rendue possible sur l’ensemble du territoire.

Une victoire collective pour le vivant

Animal Cross tient à saluer ce combat mené par FERUS et l’ASPAS, ainsi que la mobilisation de notre expert loup, qui ont pris le risque de persévérer pour ce recours, et ont su faire valoir le droit, la science et la cohérence écologique face à des décisions politiques souvent dictées par la pression et l’idéologie.

Cette victoire démontre que la coexistence est une obligation légale et morale. Elle rappelle aussi que la protection du vivant peut passer par des recours juridiques.

⚠️ Il s’agit d’une victoire offrant quelques semaines de répit à notre malheureux loup sur Saint-Pé-de-Bigorre seulement, puisque la notion même d’arrêté de TDS est en train de disparaître. Le combat juridique et politique pour la protection du loup reste donc essentiel.

Et maintenant ?

Cette décision ne doit pas rester symbolique. Elle doit être appliquée sur le terrain, par les préfets et par l’État, dans toutes les décisions futures concernant le loup.
Animal Cross restera pleinement mobilisée aux côtés des associations de protection de la faune sauvage pour défendre :
• le respect strict du droit européen,
• la fin des destructions injustifiées,
• et une véritable politique de coexistence, fondée sur la prévention, l’accompagnement et le respect du vivant.

2025 : une année décisive au service du vivant

2025 : une année décisive au service du vivant

En 2025, Animal Cross a renforcé son engagement pour la protection du vivant à travers des actions juridiques, des campagnes de sensibilisation, des mobilisations citoyennes et des sauvetages.

L'association s'est également affirmée comme un acteur de référence sur des sujets clés, tels que les Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens et la libre évolution.

Protéger les animaux domestiques : une mobilisation de chaque instant

► Sauvetages : une année intense avec 139 animaux secourus dont 78 ont été adoptés. Cela fait presque 3 animaux sauvés par semaine. Aujourd'hui nous prenons toujours soin de 82 chats, 23 chiens, 7 chevaux, 7 chèvres et 2 moutons. Certains ne sont pas adoptables et resteront avec nous, d'autres sont en soin, d'autres, encore, sont à l'adoption.

► Actions en justice : procès, dépôts de plaintes et suivi rigoureux de toutes les affaires de maltraitance.

► Maladies raciales d’origine génétique chez les chiens : publication d’un dossier de référence dénonçant les sélections génétiques délétères pour la santé animale, interview de notre président, Benoît Thomé, dans Le Monde, et mobilisation auprès de vétérinaires et de la Société Centrale Canine.

► Lancement du projet "Compagnon de vie, même dans l'épreuve" : Garde solidaire temporaire, pour les animaux des personnes isolées et précaires pour que votre animal reste dans votre vie quoiqu’il arrive (départ à l'hôpital, en maison de retraite, accident de la vie...) Animal Cross a été lauréat de l'appel à projet d'Almo Nature et termine en seconde position.

► Campagnes de sensibilisation : foie gras, maltraitance et formation du personnel de Domofrance, entreprise sociale pour l'habitat, à la maltraitance animale.

Soulager la nature : nos avancées pour la libre évolution

Dans son ouvrage « Article 0 », véritable plaidoyer pour le respect de la vie sauvage, Animal Cross a dévoilé tout l’intérêt de la libre évolution pour la nature.

Pour contribuer au développement d'espaces de nature en libre évolution :

► Nous sensibilisons et éduquons le public et les décideurs publics à travers des conférences et des rencontres. Par exemple en intervenant à l'UNESCO aux Journées de la Libre évolution, en animant une table ronde sur les droits de la nature à Pau en février ou en organisant, avec les associations de la Coordination Libre Evolution, une série de conférences le 17 octobre à l'Académie du Climat à Paris.

► Nous animons un collectif rassemblant 19 acteurs et associations autour de la libre évolution : la “Coordination Libre Evolution” (CLE).

► Nous nous efforçons à inciter les propriétaires fonciers, publics ou privés, à créer des zones de libre évolution sur leurs terrains. Nous avons signé en 2025 notre première Obligation Réelle Environnementale de libre évolution avec la mairie d’un village des Pyrénées-Atlantiques afin de protéger 1,5 ha de bois en libre évolution pendant 99 ans.

indemnisation dégâts gibier

Faune sauvage : des combats essentiels pour préserver la biodiversité

► Consultations publiques et mobilisation citoyenne : Animal Cross a encouragé la participation du public aux consultations sur la gestion cynégétique pour faire entendre la voix de la faune sauvage, notamment avec la consultation sur les prélèvements du petit gibier pour la saison 2025-2026.

► Actions contre des arrêtés menaçant la faune :nous avons dénoncé des projets d’arrêtés préfectoraux et réglementations qui risquaient de fragiliser les espèces sauvages, comme le nouvel arrêté susceptible de signer le déclin du loup et le projet de décret assouplissant les règles de protection des espèces.

► Dénonciation des impacts de la chasse sur la faune :nos prises de position ont abordé les effets néfastes de la chasse, comme dans les articles Ouverture de la chasse : chevreuils en crise, sangliers en excès ou Chamois et Isards : quand la chasse met en danger la montagne. Nous sommes également intervenus lors de la conférence de l’Université de Brest à Quimper «La chasse en France, un déni démocratique ».

► Propositions concrètes pour la cohabitation homme-faune :à travers des articles comme Stop aux collisions routières avec la faune sauvage et Combien d'animaux sont tués sur les routes paru sur RFI, Animal Cross a proposé des mesures concrètes (bases de données nationales, dispositifs de protection, zones sans chasse…) pour réduire les victimes de la circulation et améliorer la coexistence avec l'homme.

► Mobilisation juridique et médiatique :en 2025, Animal Cross s’est également impliquée avec ses partenaires pour faire condamner des abattages injustifiés d’animaux sauvages avec par exemple la victoire judiciaire pour les bouquetins du Bargy, obtenue en octobre 2025 après de nombreux recours et celle sur les ESOD qui a sauvé la vie à plus de 100 000 animaux !

Vous avez été à nos côtés toute cette année et nous voulions vous dire MERCI, car si nous avons pu accomplir autant, c'est d'abord grâce à vous.

Merci : votre engagement est notre force

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Le projet d’arrêté préfectoral soumis pour l’année 2026 pour le département 65 a pour objectif de « fixer le cadre de l’organisation des mesures administratives au sanglier » : c’est-à-dire d’autoriser, sous certaines conditions, des interventions, notamment par tir, pour réguler les populations de sangliers.

L’argument avancé pour justifier cet arrêté repose sur des critères comme l’ampleur des dégâts que les sangliers pourraient causer (sur les cultures, les biens, les biens des particuliers), ou les risques potentiels à la sécurité des personnes et des biens, y compris la sécurité routière.

Mais, en l’état, l’arrêté proposé contient des dispositions, explicites ou implicites, qui méritent d’être questionnées. 

 

indemnisation dégâts gibier
indemnisation dégâts gibier
indemnisation dégâts gibier

Animal Cross se positionne comme étant défavorable au projet d’arrêté préfectoral visant à encadrer les « mesures administratives » sur le sanglier en 2026. Plusieurs points du texte nous semblent problématiques et contraires à une gestion responsable de la faune sauvage.

❌ Risque d’encouragement au braconnage

L’arrêté ne précise pas si les monoculaires à vision thermique peuvent être fixés sur les armes. Si tel est le cas, cela ouvre la voie à des usages illégaux en dehors du cadre prévu. Les AP concernant le loup, par exemple, encadrent clairement l’usage de ces dispositifs : ce projet ne le fait pas.

❌ Atteinte au droit de propriété

Le texte autorise des battues sur des terrains dont les propriétaires ont pourtant déclaré leur opposition à la chasse. Une contradiction avec le principe même du respect du droit de propriété, souvent invoqué par les chasseurs.

❌ Un vocabulaire partial et scientifiquement infondé

Le terme « malfaisant », utilisé pour qualifier le sanglier, est non seulement inapproprié mais occulte ses rôles écologiques essentiels :
– dispersion des graines,
– aération et fertilisation des sols,
– limitation de certaines espèces ravageuses.

❌ Absence de prise en compte des risques sanitaires

La maladie d’Aujeszky, très présente dans les populations de sangliers du département, est mortelle pour les chiens. Le projet d’arrêté ne prévoit aucune mesure claire pour prévenir la contamination lors des battues ou tirs administratifs.

Ce projet d’arrêté manque de clarté, fragilise la protection de la faune, néglige les enjeux sanitaires et porte atteinte à des principes fondamentaux. Nous appelons à une gestion plus rigoureuse, respectueuse des propriétaires et fondée sur des données écologiques plutôt que sur des considérations idéologiques.

 

Pour en savoir plus sur la consultation 👇​

Pour participer

Envoyez un email à la DDT des Hautes-Pyrénées : ddt-chasse-faunesauvage@hautes-pyrenees.gouv.fr

Voici une une proposition de texte :

Objet : Défavorable au projet d’arrêté préfectoral « FIXANT LE CADRE DE L’ORGANISATION DES MESURES ADMINISTRATIVES AU SANGLIER POUR L’ANNÉE 2026 «

Je suis opposé à ce projet car :

· l'AP ne précise pas si les monoculaires à vision thermique sont adaptables sur la carabine, et si oui, alors il s'agit pour les chasseurs équipés d’une invitation au braconnage, car ils seront amenés à vouloir utiliser l’objet de leur investissement en dehors de cet acte-là ; dans les AP dérogatoires de tir de loup, on précise bien leur objet : « lunettes de tir à visée thermique « .

· les battues peuvent avoir lieu sur des terrains dont le propriétaire a déclaré une opposition à la chasse ; alors que les chasseurs invoquent souvent le caractère sacré du droit de propriété lorsqu’il s’agit d’y chasser.

· le qualificatif "malfaisant" ( Qui fait ou cherche à faire du mal, à nuire, https://www.cnrtl.fr/definition/malfaisant ) dans les considérants, est déplacé. Rappelons ses actions bénéfiques : dispersion des graines (zoochorie), retournement des horizons superficiels des sols (élimination d’espèces herbacées très recouvrantes et compétitives pour l’installation des jeunes semis d’arbres, aération du sol, minéralisation de la matière organique…), destruction d’animaux ravageurs, etc … .

· Risque de dissémination et de contamination des chiens par la maladie d’Aujeszky (elle leur est fatale), très présente dans les populations de sangliers des Hautes-Pyrénées.

 

 

Nous avons jusqu'au 22 décembre.

Merci pour votre participation.

 

Source photos : © Wikimedia Commons, chassepassion.net

Consultation publique : un nouvel arrêté qui pourrait signer le déclin du loup

Consultation publique : un nouvel arrêté qui pourrait signer le déclin du loup

Nous y sommes, après que la France ait souscrit successivement au déclassement du statut de protection du loup auprès de la convention de Berne puis de la directive européenne « Habitats » (lien), le ministère dit de l’Ecologie a transposé cette régression dans la loi française par le biais d’un arrêté ministériel soumis à consultation publique.

Au vu des conséquences néfastes de cet arrêté pour l’avenir du loup en France, le Conseil National de Protection de la Nature s’est positionné à l’unanimité de ses 21 membres scientifiques, contre cette nouvelle atteinte au grand prédateur (Ici). Il souligne dans ses conclusions sa grande inquiétude quant à la « politique nationale envers cette espèce », ainsi que la volonté de l’Etat de réduire la population de loups sur le territoire français. Et ajoute qu’ainsi notre pays nie les bénéfices écologiques associés à sa présence, ainsi que les vertus des mesures de protection dont l’efficacité est attestée par la stabilisation des attaques sur troupeaux domestiques.

Avec ces nouvelles dispositions, les tirs de loup s’intensifient, et l’Etat risque d’en perdre le contrôle, mettant ainsi en danger l’espèce dans notre pays, puisqu’actuellement sa population est sur un fil instable, et risque de chuter au-delà d’un certain nombre de tirs, légaux et illégaux.

L’arrêté prévoit un système purement déclaratif, sans autorisation préalable par la préfecture, et sans contrôle par l’OFB (Office Français de la biodiversité), même si l’article 3 prévoit encore un quota de loups à exécuter, indexé sur l’estimation de population réalisée par l’OFB. Le CNPN regrette au passage qu’aucun répit ne soit laissé aux loups pendant l’année, pas même en période de reproduction.

Alors que sous le régime actuel, nous constatons sur le terrain que les conditions de protection prévues par les arrêtés dérogatoires sont bien souvent non respectées, nous pouvons craindre le pire si les éleveurs tireurs ne sont soumis à aucune contrainte. Les tirs seront autorisés sans condition préalable de protection des troupeaux (parc électrifié, berger, chiens de protection), ce qui annihile trente ans d’efforts, à la fois des représentants de l’Etat (DDT, OFB, DREAL) mais aussi des éleveurs dont une partie grandissante a finalement accepté la cohabitation avec le loup, et adopté les bonnes pratiques de protection et de conduite.

Comme si cela ne suffisait pas, il n’est plus nécessaire de justifier de l’existence d’attaques sur son troupeau pour mettre en œuvre un tir de loup ; au vu du niveau de fébrilité de nombre d’éleveurs en « zone à loups «, on peut craindre la multiplication des foyers de tir, et une perte totale de contrôle de la situation.

Un certain nombre de nouveautés est parfaitement incompréhensible, comme l’intervention d’agents de l’OFB et de lieutenants de louveterie aux abords de troupeaux protégés, alors que le régime déclaratif et l’absence d’obligation de protéger vont exclure ces cas.

L’effarouchement, qui constituait voici 20 ans un préalable nécessaire, est relégué à l’état d’option possible, tout juste non interdite, tout comme dans l’arrêté ministériel de février 2024. Y consacrer trois articles dans le nouvel arrêté est une plaisanterie, au vu de la libéralisation totale et inconditionnelle des tirs létaux.

Bien entendu, le volet « indemnisation » des dommages demeure inchangé, ce qui signifie qu’il n’y a plus aucune contrainte ni contrepartie au fait de voir les dommages, réels ou pas, indemnisés. En trente ans, les syndicats d’élevage ont obtenu de l’Etat plus qu’ils ne pouvaient rêver à l’époque.

Animal Cross est fermement opposé à cet arrêté et à ces nouvelles dispositions irresponsables, et demande à ce que les citoyens, largement favorables au retour du loup, ainsi que les associations, soient réellement consultés pour donner une chance à une cohabitation du grand prédateur avec les activités humaines. L’association souhaite également que le bon état de conservation du loup, qui demeure sa dernière assurance-vie prévue par la directive européenne « Habitats « , soit garantie non seulement au niveau national, mais aussi local.

Pour participer à la consultation :

Cliquez sur (en bas de la page)

 

 

Nous avons jusqu'au 19 décembre.

Voici un exemple de réponse que vous pouvez utiliser :

« Avis défavorable »

· Je suis opposé à la politique du pays visant à restreindre les populations de loups au seul territoire alpin, comme le relève le CNPN.

· Je regrette que notre pays nie les bénéfices écologiques associés à la présence du loup, et n’ait qu’une gestion basée sur les tirs, dont l’efficacité n’a jamais été démontrée.

· Je considère que cet arrêté met en danger l’espèce dans notre pays, car les tirs de loup vont s’intensifier, et tout indique que l’Etat va en perdre le contrôle.

· Un système basé sur la déclaration des éleveurs, et sans contrainte de protection, est irresponsable.

· Trente ans d’efforts, à la fois des représentants de l’Etat (DDT, OFB, DREAL) mais aussi des éleveurs dont une partie grandissante a finalement accepté la cohabitation avec le loup (et adopté les bonnes pratiques de protection et de conduite), vont être perdus.

· Je suis opposé à l’indemnisation des dommages en l’absence de protection des troupeaux.

· L’annexe VI de la directive habitat faune flore interdit l’usage de "dispositifs de visée pour tir de nuit comprenant un amplificateur d'images ou un convertisseur d'images électroniques".

· Le loup doit au contraire être vu comme une chance pour l’équilibre faune-flore (cf. les sangliers, la régénération forestière, etc …), tout comme l’ensemble de la faune sauvage.

 

Merci pour votre participation.

Chamois et Isards : quand la chasse met en danger la montagne

Chamois et Isards : quand la chasse met en danger la montagne

La décision récente de la préfecture du Doubs d’autoriser, pour la saison 2025, l’abattage d’un maximum de 451 chamois1 illustre un problème national : en France, les chamois (Rupicapra rupicapra) et les isards (Rupicapra pyrenaica) sont encore largement considérés comme du gibier, alors même qu’ils subissent la pression du changement climatique, des épidémies et de la
fragmentation de leur habitat naturel.

Une souffrance animale largement documentée

La chasse provoque chez ces ongulés un stress physiologique élevé, attesté par des études sur le taux de cortisol (sanguin et pilaire) après tirs et durant la saison de chasse2.
Tous les tirs ne sont pas immédiatement mortels : des travaux sur la chasse à la carabine indiquent qu’environ 7 % des animaux touchés ne meurent pas sur le coup3.
Le constat est plus défavorable avec la chasse à l’arc, où les taux de blessés non retrouvés peuvent atteindre des niveaux très élevés selon les contextes (jusqu’à plusieurs dizaines de %)4.

Des populations déjà sous tension

D’après le rapport officiel de l’OFB, 12 701 chamois et 2 494 isards ont été prélevés en France lors de la saison 2023–20245.
Les chamois voient leurs effectifs chuter de 0,5 % à l’échelle nationale ; localement, la baisse est bien plus marquée,
jusqu’à −22 % dans le Doubs selon les données départementales et la presse locale6.

Outre la pression cynégétique, la gale sarcoptique provoque encore des mortalités massives lors d’épidémies dans les populations de caprinés sauvages7.
Les effets du réchauffement climatique — perte de masse corporelle et perturbation de la reproduction — sont désormais documentés8, 9.

Une « régulation » sans fondement écologique

Contrairement au sanglier ou au cerf, il existe peu d’éléments probants indiquant des dégâts significatifs causés par les chamois et les isards à l’échelle nationale sur les ressources agricoles ou forestières ; les motivations de ces prélèvements relèvent principalement du loisir cynégétique10. Animal Cross dénonce également la pratique consistant à autoriser la chasse en temps de neige, alors que les animaux sont particulièrement vulnérables11.

Animal Cross demande…

  • Un moratoire immédiat sur les abattages massifs, notamment dans les secteurs où la population est en déclin.
  • Une interdiction de la chasse pendant les périodes de neige, de rut, de mise bas et de canicule estivale11.
  • La mise en place de zones de quiétude pérennes dans les massifs.
  • Un objectif « zéro blessé non retrouvé » avec moyens obligatoires (chiens de sang, formation, limitation stricte des distances de tir)4.
  • L’interdiction des munitions au plomb, dont l’impact sur la faune et les écosystèmes est solidement établi12.

Conclusion

Chamois et isards sont des emblèmes de nos montagnes et des équilibres écologiques qu’il nous faut préserver. Maintenir leur chasse dans ce contexte — sans justification scientifique solide — est incompatible avec l’objectif de protection de la biodiversité. Mettons fin à ces tirs de loisir et engageons, dès cette saison, des mesures concrètes de quiétude et un suivi indépendant.

Sources

  1. Préfecture du Doubs — Projet/arrêté plan de chasse chamois 2025–2026 (fourchettes par entité). Voir aussi la couverture locale.
  2. Dziki-Michalska K. et al. (2024) — Cortisol plasmatique chez les cervidés chassés à l’approche ; Tajchman K. et al. (2024) — Cortisol pilaire (mouflon, cerf, sanglier).
  3. Aebischer N.J. et al. (2014) — Précision des tirs et mortalité immédiate à la carabine (cerfs) ; ~7 % non mortels instantanément.
  4. Ditchkoff S.S. et al. (1998) — Taux de blessés non retrouvés en chasse à l’arc (revue d’études) ; voir aussi Pedersen et al. (2014) — comparatif lames fixes/mécaniques.
  5. OFB (2024) — Prélèvements ongulés sauvages — Saison 2023–2024.
  6. Macommune.info (2025) — « Jusqu’à 451 chamois à abattre dans le Doubs » ; voir aussi DDT Doubs (2023) tendances locales 2022–2023.
  7. Turchetto S. et al. (2020) — Gale sarcoptique chez les Caprinés sauvages (revue) ; Obber F. et al. (2022) — Description d’un foyer de gale chez le chamois (2006–2020).
  8. Masoero G. et al. (2024) — Températures de printemps et perte de masse des jeunes chamois (27 ans de données).
  9. Brambilla A. et al. (2024) — Changements de masse corporelle et conséquences démographiques chez un ongulé montagnard.
  10. EFESE / CGDD (2022) — Les ongulés sauvages de France métropolitaine (contexte, pressions et impacts).
  11. Hautes-Pyrénées — Ouvertures/fermetures : mention « chasse en temps de neige autorisée » ; voir aussi l’arrêté préfectoral 2025-2026.
  12. ECHA / Commission européenne — Interdiction du plomb en zones humides (UE, 2023) ; dossier ECHA « Lead in shot, bullets and fishing weights » ; revue scientifique Chiverton et al., 2022.
Participez aux consultations publiques : défendons les oiseaux menacés avant le 22 août

Participez aux consultations publiques : défendons les oiseaux menacés avant le 22 août

Deux consultations publiques sont actuellement ouvertes jusqu’au 22 août 2025. Elles concernent la tourterelle des bois et l’alouette des champs, deux espèces fragilisées que le gouvernement envisage pourtant de livrer de nouveau aux chasseurs. Animal Cross vous invite à vous mobiliser en déposant un avis défavorable.

Projet d’arrêté ré-ouvrant la chasse de la tourterelle des bois

👉 Participer à la consultation publique

Titre du commentaire : Défavorable au projet d’arrêté encadrant la chasse de la tourterelle des bois

Pourquoi s’y opposer ?

  • Depuis 2021, la chasse à la tourterelle des bois était suspendue chaque année par arrêté ministériel, suite à des décisions du Conseil d’État du 30 décembre 2021 qui ont annulé les arrêtés autorisant sa chasse, sous la menace d’une condamnation du pays par la Cour de Justice de l’Union Européenne. Cette suspension de quelques années a entraîné une amélioration de ses populations.
  • Le projet de réouverture de la chasse est prématuré car l’espèce est encore loin d’avoir retrouvé un état de conservation satisfaisant.
  • Un pays comme le Portugal a quant à lui jugé que c’était trop tôt. Mais pas la France qui se sert de l’avis du CEGA (Comité d’experts sur la gestion adaptative), qu’elle ignore pour les autres recommandations de moratoires et réductions de pressions sur une dizaine d’autres espèces. Il est bien trop tôt pour rouvrir la chasse de la tourterelle des bois. En France, on note une légère augmentation de l’indice annuel du STOC (protocole standard de suivi des populations) en 2024, mais la tendance demeure toujours négative. Dans les pays du nord-ouest de l’Europe (UK, BE, NL, DE), la tendance est stable avec des tailles de population qui demeurent très faibles.Pour ces raisons, je demande à ce que le moratoire sur la chasse de cette espèce en France soit reconduit.

Projet d’arrêté autorisant la chasse traditionnelle de l’alouette aux pantes

👉 Participer à la consultation publique

Titre du commentaire : Défavorable aux projets d’arrêtés relatifs à la capture et au
nombre maximum d’alouette des champs capturées au moyen de pantes

Alouette des champs

Nous vous avions informé en octobre 2024 (ICI) des autorisations expérimentales de capture d’alouettes dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques visant à montrer que les pantes et matoles sont des moyens sélectifs de chasser l’alouette, et ainsi contourner l’opposition de non-sélectivité de ces chasses traditionnelles.

C’est en s’appuyant sur les résultats de ces pseudo-études que le gouvernement a fait les projets d’arrêtés auxquels vous êtes invités à vous opposer.

Pourquoi s’y opposer ?

  • C’est parce qu’un certain nombre de jugements au fond n’ont pas été rendus, que le Ministère de la transition écologique (MTE) s’engouffre une nouvelle fois dans la possibilité d’autoriser les chasses aux pantes et matoles dans le Sud-Ouest alors que les autres chasses illégales (gluaux, tenderies) sont terminées.
  • Le Conseil d’État a pourtant annulé tous les arrêtés autorisant les chasses traditionnelles d’oiseaux sauvages (glu, tenderie, pantes, matoles), mais le Ministère de la transition Ecologique tente de contourner la non-sélectivité de ces modes de chasse en s’appuyant sur une pseudo-expérimentation conduite par les chasseurs depuis fin 2024, qui conclut sans contre-expertise scientifique que ces modes de piégeage respectent le caractère de sélectivité imposé par la directive européenne « Oiseaux »Je suis ainsi opposé à ces nouveaux projets :
  • le texte autorise la capture de près de 100 000 alouettes, un chiffre bien trop élevé en regard de l’état des populations
    les effectifs de l’alouette des champs ont connu, en France, une perte de 20 % en moins de quinze ans, faisant passer son statut en 2016 de « préoccupation mineure » à “quasi menacée»: cette espèce ne devrait plus être chassée et bénéficier du statut d’espèce protégée
  • En 2016, l’espèce est passée du statut de « préoccupation mineure » à quasi menacée. Elle ne devrait plus être chassée, mais protégée.

✍️ Comment agir ?

  1. Cliquez sur chacun des liens ci-dessus pour accéder aux consultations publiques.

  2. Copiez-collez nos argumentaires (ou rédigez vos propres mots).

  3. Publiez votre commentaire avant le 22 août 2025.

Chaque avis compte pour défendre la biodiversité et empêcher le retour de pratiques de chasse destructrices. Merci pour votre mobilisation !