Plus de 300 millions d’animaux d’élevage souffrent dans des cages à travers l’Europe.
Ensemble, nous pouvons mettre un terme à leur souffrance grâce à l’Initiative citoyenne européenne contre les cages.
Nous devons collecter 1 million de signatures vérifiées pour interpeller la Commission européenne et lui demander de mettre un terme à ce traitement inhumain des animaux de ferme.
Signez dès maintenant pour libérer les animaux et mettre un terme à l’élevage en cage !
ANIMAL CROSS a été auditionnée mercredi 6 février par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) concernant la pétition « nous voulons des caméras dans les abattoirs et des personnes indépendantes pour les visionner », dans le cadre d’une saisine sur les animaux d’élevage.
Puisque de nombreux syndicats de salariés étaient dans la salle, nous nous sommes présentés comme des « syndicalistes des animaux », défendant la loi de 1964 sur l’interdiction d’abattage sans étourdissement, comme eux défendent les acquis sociaux des salariés.
Pendant plus d’une heure, nous avons expliqué pourquoi il était impératif de mettre en place un système qui permette à des experts extérieurs, non membres des services vétérinaires, de voir en direct, sur place ou à distance, l’intérieur des abattoirs.
Nous avons souligné l’inefficacité des DDPP (Direction de la protection des populations) en matière de protection animale et proposé comme solution de rattacher les fonctionnaires des DDPP dédiés à la protection animale non plus au Ministère de l’agriculture, qui voit l’animal comme un objet de consommation, mais au Ministère de l’intérieur, plus neutre, préfigurant une police de l’élevage et des animaux.
Nous avons souligné l’inaction de la Justice concernant les animaux et demandé des statistiques très précises sur les affaires traitées et les infractions sanctionnées, mais aussi les affaires non poursuivies.
Les éleveurs présents ont plutôt abondé dans le sens de notre proposition, craignant toutefois que l’on fustige toute une profession plutôt que des cas isolés.
Les syndicats de salariés, au contraire, ont dénoncé le sujet de la pétition car ils craignent que l’utilisation des vidéos ne se retourne contre les employés des abattoirs.
Le CESE publiera un avis en novembre, après avoir écouté toutes les parties. Cet avis sera consultatif, comme tous les avis du CESE.
Notons que le fait que le sujet du bien-être des animaux d’élevage soit discuté au CESE est un signe encourageant. Le thème de la protection animale pénètre progressivement les institutions de la République …en attendant une vraie loi de protection animale !…
Le délibéré vient de tomber au tribunal correctionnel de Pau :
Egorger des animaux en pleine conscience, les assommer à coups de gourdin, donner des coups de pied, suspendre des agneaux encore vivants… est sanctionné de 20 à 40 euros par acte. Pour toutes les autres infractions présumées où il y avait un dysfonctionnement de l’abattoir, c’est la relaxe. A croire que les salariés étaient des automates et que leur responsabilité n’était pas en jeu…. Au total, les 4 salariés vus sur la videos écopent d’amendes de 20 à 40 euros par infraction en moyenne, avec un total de 80 à 870 euros.
Ces sanctions sont plus faibles qu’un excès de vitesse inférieur à 20 km/heure !
M. Clemente, le directeur de l’abattoir est condamné à 6 mois de prison avec sursis pour tromperie au consommateur parce qu’il n’a pas fait de différence de traitement entre les animaux Label Rouge et les autres, et 140 euros d’amende.
L’abattoir du pays de Soule, en tant que personne morale est condamné à 10 000 euros d’amende pour tromperie au consommateur.
C’est le message qui est envoyé aux français, pourtant profondément choqués lors du visionnage de la vidéo filmée à l’abattoir de Mauléon, dans un pays qui a pourtant inscrit dans son code civil que l’animal est un être sensible.
Animal Cross est atterré et réitère sa position :
oui, les salariés sont coupables, car ils ont commis ces gestes qui ont engendré une douleur inommable. Oui ils pouvaient dire stop. Un système n’existe que si des personnes sont là pour le faire exister. Oui, Messieurs, il vous fallait un peu de courage pour vous opposer. Mais qu’est-ce que ce courage au regard d’une telle souffrance animale ?
oui, le directeur est coupable.
oui, l’abattoir en tant que personne morale est coupable aussi.
Les sanctions des personnes inculpées sont plus que clémentes.
Chacun d’entre nous doit se poser la question de sa participation au système des abattoirs.
Nous espérons que la Justice française changera, pour reconnaitre que les animaux doivent être défendus eux aussi comme des êtres sensibles.
Réquisitions du procureur : pour l’ex directeur de l’abattoir parti à la retraite : 6 mois d’emprisonnement avec sursis et 4300 euros d’amende, pour l’abattoir (en tant que personne orale) 50 000 euros d’amende et pour chaque salarié quelques centaines d’euros…
Que peut-on en retenir ?
Il faut d’abord comprendre que ce procès n’aurait pas eu lieu au tribunal correctionel si l’abattoir n’avait pas été inculpé pour tromperie parce que celui-ci ne traite pas différement les animaux labellisés (Label rouge entre autres) et les autres animaux malgré le cahier des charges. C’est le seul délit commis aux yeux de la justice. Et c’est essentiellement ce qui a valu à l’ex-directeur sa peine…Tout le reste, c’est-à-dire tout ce qui nous a tant bouleversé, a été traité comme des contraventions, parce qu’ainsi le veut la loi à ce jour… Alors tapper sur la tête d’un mouton avec un crochet, cela correspond à 20 euros d’amende par agneau, accrocher un agneau non étourdi pour le saigner, 30 euros par agneau, donner un coup de pied à un agneau ou le jeter contre le mur, 40 euros…
Dans les abattoirs, à l’abri des regards, avec l’assentiment de la direction, et sous le couvert de la DDPP qui ne dit mot et ne voit pas grand chose à redire d’ailleurs, tout est permis… et tout continuera de l’être puisque les députés ont voté qu’il n’y aurait pas de caméras obligatoires !
Dans quelques mois, la maltraitance dans les abattoirs sera enfin reconnue comme un délit. Mais qui va le voir ?
Et vous croyez que cela a changé à l’abattoir de Mauléon ? A la question posée au nouveau directeur : que pensez-vous de ce qui s’est passé au moment des vidéos à l’abattoir de Mauléon, celui-ci n’a pas souhaité répondre…. CQFD.
Lors du procès de l’abattoir de Mauléon, on va pleurer sur les effets sans s’émouvoir des causes. Derrière le cas particulier, très grave, de l’abattoir de Mauléon, regardons la situation générale. La lecture du dossier pénal (Animal Cross est partie civile) ne fait que confirmer ce que dénoncent les associations depuis longtemps : un système laxiste où règne l’impunité.
Les agents de la DDPP (services vétérinaires de l’Etat chargés du contrôle des abattoirs), à travers une technicienne et une vétérinaire étaient au courant d’une partie des faits, qui s’étaient déjà produits. Mais dans certains cas la hiérarchie de la DDPP a stoppé la procédure, dans d’autres la direction de l’abattoir n’a pas tenu compte des remarques. De toute évidence, la DDPP semble s’accommoder de cette situation. De plus, on découvre que le jeu de pouvoir n’est pas à l’avantage des agents de l’Etat, et que le directeur d’un abattoir, soutenu par le maire et le Président de la communauté de communes, propriétaire de l’abattoir, a plus de poids que les agents de l’Etat.
En outre, le responsable « qualité/bien-être animal » ne dispose d’aucun pouvoir non plus. Rappelons que les responsables politiques l’ont pourtant mis souvent en avant comme rempart avancé du bien-être animal dans les abattoirs. Les remarques qu’il peut faire ne sont suivies d’aucun effet, il n’est pas soutenu par le directeur.
Le refus des parlementaires d’installer des vidéos dans les abattoirs permet de maintenir le voile sur sur des pratiques inavouables.
Voici le détail :
Concernant l’usage de l’aiguillon (les animaux reçoivent des décharges électriques pour les forcer à avancer vers le poste d’abattage), la technicienne de la DDPP et le responsable qualité étaient au courant. Rappelons que l’utilisation disproportionnée de l’aiguillon électrique est une infraction.
Concernant la non-conformité des installations, un courrier de la DDPP après les vidéos en fait la liste. Difficile de penser que les agents de la DDPP qui sont là très fréquemment n’auraient pas été capables d’établir cette liste avant les faits incriminés. A ce sujet, fin 2015, le solde comptable de l’année 2015 et des exercices précédents était positif à +620 000 €, ce qui laissait à l’abattoir de quoi être aux normes.
Concernant la non immobilisation des bovins en vue de l’abattage (l’opérateur peut s’y reprendre à plusieurs fois pour étourdir des animaux non immobilisés), le responsable qualité déclare avoir déjà fait des remarques à l’opérateur sur ce sujet.
Concernant la non-conformité sur la saignée des bovins, la vétérinaire et la technicienne de la DDPP confirment qu’elles étaient anciennes et institutionnalisées. Visiblement le directeur de l’abattoir était hostile à une modification des pratiques.
Concernant la non-conformité des pinces pour étourdir les ovins (les moutons ne sont pas correctement étourdis, d’où l’usage de méthodes alternatives pour les étourdir comme les coups sur la tête) le responsable qualité était au courant mais n’avait pas pris de mesures correctrices. La vétérinaire avait signalé que des ovins étaient anesthésiés
sans contention et que la pince à anesthésier était mal appliquée.
Concernant le mauvais étourdissement des animaux, le responsable qualité comme la vétérinaire savait que certains animaux étaient mal étourdis lorsqu’ils étaient suspendus ou saignés. La vétérinaire indique l’avoir déjà dénoncé auprès du directeur qui a banalisé les faits.
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