Elevage en cage : action en justice contre la Commission européenne, qui n’a pas respecté son engagement

Elevage en cage : action en justice contre la Commission européenne, qui n’a pas respecté son engagement

 

Le comité des citoyens de l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE) "Pour une nouvelle ère sans cage" engage une action en justice contre la Commission européenne, qui n'a pas respecté son engagement d'interdire l'élevage en cage.

Une plainte a été déposée auprès de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), par laquelle le comité des citoyens de l’ICE démontre que la Commission n'a pas tenu sa promesse d'introduire une législation visant à interdire les cages. Pour le comité, revenir sur sa promesse historique d'interdire les cages va à l'encontre de l'objectif même de ce nouvel outil "démocratique".

En 2021, suite au succès de cette ICE signée par 1,4 million de personnes, soutenue par une coalition de 170 ONG dont Animal Cross, la Commission s'est clairement engagée à présenter des propositions législatives visant à interdire l'élevage en cage dans l'UE avant la fin de l'année 2023.

Cette action en justice "End the Cage Age"est la première à demander à la Commission de rendre compte de son incapacité à donner suite à une ICE. Si elle obtient gain de cause, la Commission sera contrainte par la Cour de publier ses propositions dans un délai clair et raisonnable et d'autoriser l'accès à son dossier concernant l'ICE "Pour une nouvelle ère sans cage".

 

Plus de 300 millions d'animaux encore en cage

A travers l’UE, plus de 300 millions de truies, de poules, de veaux, de lapins, de canards, de cailles et d'oies souffrent dans des cages. Les truies sont forcées d'allaiter leurs porcelets dans des cases si petites qu'elles ne peuvent même pas se retourner, les lapins et les cailles passent toute leur vie dans des cages nues, et les canards et les oies sont mis en cage pour être gavés afin de produire du foie gras.

En octobre de l'année dernière, l'enquête Eurobaromètre de la Commission a révélé qu'une écrasante majorité de citoyens européens (89 %, soit environ 400 millions de personnes*) estime que les animaux ne devraient pas être élevés dans des cages individuelles. Les conseillers scientifiques de la Commission, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ont également soutenu l'élimination progressive des cages.

A l'automne de l'année dernière, la Commission était sur le point de publier ses propositions législatives concernant l'interdiction de l’élevage en cage quand la présidente Ursula von der Leyen a, semble-t-il, cédé à la pression du lobby agricole pour mettre en suspens cette interdiction. Son discours sur l'état de l'Union européenne a même repris les termes d'une lettre qui lui avait été adressée à l'époque par la fédération agricole Copa Cogeca.

Cette décision a été prise en dépit des préparatifs, des évaluations et des consultations déjà effectués par les fonctionnaires de la Commission et des propositions prévoyant un soutien financier important pour aider les éleveurs dans cette phase de transition hors-cage. Des subventions publiques doivent être réorientées pour accompagner les éleveurs qui adoptent des systèmes d’élevage durables.

Animal cross appelle ses sympathisants à interpeller la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (@vonderleyen) en soutien de cette action en justice.

Lancement de la campagne ‘Engagement Animaux 2024’

Lancement de la campagne ‘Engagement Animaux 2024’

Animal Cross est membre d'Engagement Animaux 2024

27 organisations de protection animale exhortent les candidats aux élections européennes à s’engager en faveur de la condition animale et à soutenir des solutions fortes pour l’élevage de demain

Alors que le Salon de l’Agriculture bat son plein, 27 ONG de protection animale proposent de mettre le bien-être animal au cœur des solutions pour l’élevage de demain. Ce 29 février, elles lancent leur campagne pour engager les candidats aux prochaines élections européennes sur une série de mesures pour améliorer la condition animale au niveau européen et pour informer les électeurs français sur leur positionnement sur ces sujets.

La coalition d’ONG propose aux candidats français aux élections européennes de s’engager, dans le cadre d’un manifeste porté dans toute l’Union européenne, via la campagne “Vote for Animals”, sur une série de mesures pour améliorer les conditions de vie des animaux en Europe. Ce manifeste inclut 33 mesures, divisées en 10 thématiques principales, et aborde les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux de rente, la politique alimentaire et agricole, les importations de produits d'origine animale, l’expérimentation animale à des fins scientifiques, la protection des animaux de compagnie, l’interdiction des fermes à fourrure ou encore la préservation des animaux sauvages.

Dans un contexte de crise agricole, les ONG d’Engagement Animaux 2024 proposent des mesures visant à sortir progressivement de l’élevage intensif, comme le souhaitent 84% des Français¹. En effet, la colère et les revendications des agriculteurs sont la preuve que notre système  alimentaire et agricole actuel est à bout de souffle : non content de malmener les animaux, il fait également souffrir les êtres humains, qu’ils soient producteurs ou consommateurs. Le statu-quo ne peut pas durer, et les candidats aux élections européennes doivent s’engager pour rendre notre système agricole plus durable, sur des mesures concrètes, demandées de toute urgence par les agriculteurs eux-mêmes : réforme de la Politique Agricole Commune, normes plus strictes pour les produits d’origine animale importés, harmonisation des règles pour éviter la concurrence intra-européenne, etc…

Dans un récent sondage IFOP, une bonne moitié des Français (52%) affirment que les prises de positions ou mesures en faveur de la cause animale pourraient les inciter à voter pour telle liste plutôt qu'une autre. En signant le manifeste, les candidats aux élections européennes s'engageront donc à porter les revendications des citoyens français au Parlement européen. C’est d’autant plus crucial que la Commission européenne s’est engagée à renforcer la législation sur le transport d’animaux et à interdire l’élevage en cage, ainsi qu’à mieux encadrer l’élevage et le commerce des chiens et des chats. Dans le cadre de la Stratégie Farm to Fork, la révision des normes minimales de protection des animaux en élevage et en abattoir est également attendue.

Les ONG d’Engagement Animaux 2024 proposent également des mesures pour mieux protéger les animaux de laboratoire, alors que la Commission européenne révise actuellement la législation en la matière. Dans le contexte actuel d’effondrement de la biodiversité, il est par ailleurs urgent de mieux protéger les animaux sauvages, en luttant plus efficacement contre les trafics et en limitant la détention de certaines espèces, et notamment de sauvegarder le statut de protection du loup, aujourd’hui menacé au niveau européen.

Le bien-être animal doit demeurer une priorité pour l'Union européenne. Les ONG invitent tous les candidats à signer le manifeste.

Contact presse

Jessie DUTIN-FERNANDES, Conseillère politique et coordinatrice

j.*********@*****************ls.org

+33 6 64 64 60 14  

Melvin JOSSE, Directeur de Convergence Animaux Politique

co*****@***************************ue.fr

06 71 10 68 47

À propos d’Engagement Animaux 2024 :

Engagement Animaux 2024 rassemble 27 ONG de protection animale. Dans le cadre de la campagne électorale des européennes de juin 2024, nous demandons à l’ensemble des candidats au Parlement européen de s’engager sur 33 mesures concrètes et prioritaires pour améliorer la condition animale lors de la prochaine mandature du Parlement européen.

Retrouvez nos propositions et les engagements des candidats sur www.engagement-animaux.fr

¹ Sondage IFOP pour la fondation 30 millions d’amis, “Les Français et le bien-être des animaux”,  janvier 2024

Le gavage est cruel. Stoppons la production de foie gras !

Le gavage est cruel. Stoppons la production de foie gras !

Le foie gras est considéré comme un mets raffiné et gourmand que l’on consomme à l’occasion d’événements festifs. Pourtant, la réalité de sa production est bien loin de cette belle image.

Seuls les canards mâles sont gavés, l’utilisation des femelles est interdite. Leur foie est trop nervé. Les oiseaux sont triés par sexe dès l’éclosion. Jugées inutiles, les femelles sont le plus souvent éliminées dès leur naissance, par broyage ou gazage.

Lors de la période de gavage, les canards sont gavés 2 fois par jour, et les oies souvent 3 fois. Le gavage consiste à nourrir de force, à l’aide d’un tuyau enfoncé jusqu’au jabot de l’animal, un pâté constitué principalement de farine de maïs.

Cette opération prend 2 à 3 secondes avec la méthode industrielle de gavage, largement prédominante.

La quantité est énorme et le maïs est un aliment très énergétique. Un canard ingère environ 10 kg de maïs en 12 jours, soit 6 fois la ration normale, et la taille de son foie est multipliée par 10.

Le gavage cause diarrhées et halètements. Les oiseaux développent une maladie du foie appelée stéatose hépatique. Le rapport de 1998 du Comité Scientifique vétérinaire mandaté par la commission européenne mentionne des taux de mortalité de 10 à 20 fois plus élevés en gavage qu’en élevage.

A la souffrance animale s'ajoutent les risques pour la santé humaine. Selon l'’ANSES (L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’Institut Pasteur, on ne peut pas exclure que l’amplification exponentielle de la grippe aviaire dans les élevages intensifs entraine une contamination chez l'homme. La grippe aviaire pourrait muter en un sous-type transmissible à l’homme et surtout entre hommes.

Cette souffrance est inacceptable.

La directive européenne de 1998 concernant la protection des animaux dans les élevages stipule dans son article 14 qu’« aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles ». Le gavage est donc illégal. Il est d'ailleurs interdit dans la majorité des pays de l’Union Européenne

Interdisons à notre tour la production de foie gras en France.

Poules en cages : lors de l’audience devant le Conseil d’État, la rapporteure publique donne raison aux ONG

Poules en cages : lors de l’audience devant le Conseil d’État, la rapporteure publique donne raison aux ONG

Paris, 10 novembre 2023 –  Neuf organisations de protection animale demandaient au Conseil d’Etat l’annulation partielle du décret du 15 décembre 2021 portant sur le réaménagement de bâtiments d’élevage de poules pondeuses en cages. Ce vendredi après-midi, lors de la séance publique, la rapporteure a appelé la juridiction administrative suprême à suivre la requête des ONG en annulant ce décret qui “revient à pérenniser l’élevage en cage”. Elle a ajouté que “retenir une interprétation restrictive du réaménagement ne rendrait pas nécessairement service aux intérêts économiques de la filière” alors que  “la suppression des cages paraît inéluctable.”. 

Un engagement gênant pour le gouvernement...  

 En 2017, durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron prend « l‘engagement d‘interdire d‘ici 2022 de vendre des œufs pondus par des poules élevées en batterie ». À Rungis, à l’occasion de son discours en tant que Président, il réitère son engagement et promet que « les œufs vendus aux consommateurs ne seraient issus que d’élevages en plein air d’ici 2022 ».

 En 2018, la loi Egalim voit quasiment tous les amendements visant à interdire ce système d’élevage balayés. Seule reste l’interdiction des bâtiments nouveaux ou réaménagés de poules en cages. Cette maigre avancée reste de surcroît en suspens puisque le ministère de l’Agriculture, qui a d’abord tardé à prendre un décret d’application et ne s'est exécuté qu'après y avoir été contraint par le Conseil d'Etat, a publié en décembre 2021 un texte qui diminue la portée de l'interdiction et que les ONG ont donc décidé d’attaquer.

 Et pour cause : nous avons découvert que le gouvernement s’était engagé auprès de la filière à limiter la notion de réaménagement aux seuls bâtiments réaménagés qui augmenteraient leur capacité de production, méprisant et déformant de façon scandaleuse les termes de la loi. Le Ministre de l’Agriculture de l’époque, Stéphane Travert, avait en effet fait cette promesse aux lobbys de l’industrie, dans un courrier que CIWF a réussi à obtenir devant le tribunal administratif … après deux ans de procédure ! 

 Les 9 ONG qui ne se laissaient pas faire

 Le décret litigieux indique que « constitue un réaménagement de bâtiment : 

1° Les travaux ou aménagements d'un bâtiment existant pour le destiner à l'élevage de poules pondeuses en cage ; 

2° Les travaux ou aménagements d'un bâtiment existant conduisant à augmenter le nombre de poules pondeuses pouvant y être élevées en cage. »

 Le 10 février 2022, 9 ONG françaises, issues de la coalition qui a mené au succès historique de l’initiative citoyenne européenne « Pour une ère sans cage », déposent une requête commune devant le Conseil d’État et demandent l’annulation de ces alinéas. 

 Pour les ONG requérantes, il s’agit d’une restriction illégale de la notion de réaménagement, puisqu’un exploitant d’un bâtiment déjà utilisé pour l’élevage de poules pondeuses en cage peut y entreprendre tous travaux et aménagements, aussi conséquents soient-ils, et échapper à l’interdiction de réaménagement de l’article L. 214-11 du code rural et de la pêche maritime, à la simple condition de continuer à détenir le même effectif de poules pondeuses.

Elles estiment que le texte de la loi Egalim est très clair : un réaménagement n’est pas un agrandissement. Sinon, un bâtiment d’élevage en cages existant pourrait être entièrement rénové à l’identique et les cages repartir en production pour une durée de 20 ans !

Espoir dans l’arrêt à venir du Conseil d’État 

Aujourd’hui, le 10 novembre 2023, lors de l’audience, la rapporteure publique a défendu devant le Conseil d’État l’annulation partielle du décret, comme demandé par les ONG.  Elle a estimé que ”le décret méconnaît l’objectif poursuivi par la loi”. En citant les débats parlementaires et les positions exprimées par le Ministre et le Président de la République, elle a considéré que “la loi visait à mettre fin à l’élevage en cage pour répondre à l’attente sociétale tout en laissant le temps aux éleveurs de s’adapter à ces changements”. Pour la rapporteure publique, “le cap était clairement fixé par la loi, et le décret y contrevient en permettant les réinvestissements” alors que “l’article L214-11 vise précisément à aménager une transition progressive afin d’éviter de plein fouet une mesure brutale d’interdiction.Elle conclut à l’annulation du décret qui “revient à pérenniser l’élevage en cage”. Au surplus, elle a indiqué que “retenir une interprétation restrictive du réaménagement ne rendrait pas nécessairement service aux intérêts économiques de la filière” alors que  “la suppression des cages paraît inéluctable.”.

Le Conseil d’État doit trancher. Il rendra son arrêt d’ici quelques semaines. 

Agathe Gignoux, responsable des affaires juridiques de CIWF France a déclaré : « Les ONG fondent leurs espoirs sur l’arrêt qui sera rendu par le Conseil d’État après l’audience de ce jour, afin que soient sanctionnées les manœuvres par lesquelles le Gouvernement a tenté de faire obstruction à une avancée attendue par les citoyens et obtenue au Parlement. On attendrait du Gouvernement qu’il accompagne les transitions plutôt que de pérenniser des systèmes qui mènent l’élevage français dans l’impasse».

Pour Frédéric Freund, directeur de l'OABA : "l'avis de la rapporteure publique est un cinglant revers pour le ministère de l'Agriculture qui s'obstine, depuis plusieurs années, à ignorer les remarques constructives des ONG de protection animale lorsque des textes réglementaires leur sont présentés pour avis, lors des réunions du CNOPSAV (Conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale)."

 Contacts presse 

CIWF France : Laetitia DINAULT 

la**************@**wf.fr / 06 26 07 55 43

La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences : Nikita Bachelard

co***********@********************al.org / 01 47 07 98 99

 L214 : Barbara Boyer

pr****@**14.com / 06 50 35 57 48

OABA : Jimmy Gouedard
j.********@**ba.fr / 06 29 95 24 86

La filière foie gras doit assumer ses responsabilités dans la grippe aviaire

La filière foie gras doit assumer ses responsabilités dans la grippe aviaire

Ecrit par les associations
Animal Cross, CIWF, One Voice, Paris Animaux Zoopolis, Welfarm

Depuis plusieurs années, la grippe aviaire décime périodiquement les élevages de canards, poules et oies.
Le coût pour lutter contre la grippe aviaire a déjà atteint la somme astronomique de 1,5 milliard pour les 4 dernières années de crise, selon un rapport parlementaire et va largement dépasser ce montant avec l’année 2022-2023 (p 102).
Toutes les productions avicoles pourront toucher des aides publiques, y compris les plus controversées, telles que la filière foie gras dont les pertes économiques ont été estimées par la filière à 308 millions d’euros sur la seule année 2022. (ibid p102). Que ne ferait-on pour venir au secours de la filière de production du foie gras « durement touchée » par la grippe aviaire ? La générosité de l’Etat semble sans limite.
Dans un contexte où l’argent public est rare, on ne peut qu’être surpris des largesses de l’Etat pour financer le gavage des oies et canards, une pratique cruelle qui est pourtant interdite, rappelons-le, dans la majorité des pays de l’Union Européenne.

Car, si certains pensent que la grippe aviaire tombe du ciel sur les élevages, ils se trompent lourdement. Si les oiseaux sauvages, lors de leur migration, semblent généralement à l’origine des premières contaminations, le développement et la propagation du virus à des milliers d’élevages et des millions d’oiseaux sont, eux, liés au mode d’organisation de la filière foie gras, nous démontrent les rapports répétés de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) selon deux rapports, datés de 2017 et 2022. Et ce, en dépit des mesures dites de « biosécurité » pour empêcher la diffusion du virus.

Citons parmi les causes :

  •  la division des tâches entre les accouveurs, qui font naitre les poussins, les engraisseurs, qui les font croître et les gaveurs, qui « finissent le travail », engendrant une noria de transports
  • les allées et venues des éleveurs, travailleurs agricoles, équipes d’attrapage, d’équarrissage et sous-traitants entre tous les élevages
  • la concentration forte des élevages situés au même endroit, et en particulier sur les couloirs de migration des oiseaux sauvages (Vendée, Landes, Pyrénées-Atlantiques)
  • la concentration, dans le même élevage, d’animaux de même génome facilitant la propagation du virus.

Le vaccin, miracle payé par le contribuable

Pour continuer la production de foie gras, la parade a été annoncée. Un vaccin arrivé le 2 octobre même si la vaccination durera plusieurs mois. Une fois de plus, le contribuable devra mettre la main à la poche pour continuer à financer la cruauté animale, sous prétexte qu’il vaut mieux payer pour vacciner les oiseaux que de payer les conséquences de la diffusion du virus. 85% du coût de la campagne de vaccination sera pris en charge par l’Etat pour un coût au minimum 160 millions euros (90 millions pour la vaccination pour une seule année, selon la profession, plus le suivi (scénario 2 p 121) , à répéter sans doute les années suivantes. Le coût de la vaccination se situerait entre 2 € par canard pour les élevages industriels, les plus nombreux, et 7 € pour les petits élevages.

Pas de remise en cause profonde du mode d’organisation des filières

L’Anses, comme le rapport parlementaire, invitent la filière à de profonds changements. L’Agence souligne, par exemple, qu’il « semble toujours nécessaire de réduire drastiquement les densités d’élevages et le nombre de canards par élevage en période à risque, ainsi que les mouvements d’animaux et les distances de transport » 1 ou encore explique qu’« a minima, [il est] nécessaire de séparer les activités entre zones réglementées (=à risque) et zones indemnes » (p. 18 du rapport de 2022). Elle recommande également de réduire les densités d’élevage et le nombre d’oiseaux dans certains élevages avicoles sur le territoire français. Cela étant particulièrement valable pour les
élevages de poulets de chair qui ne cessent de s’industrialiser, portés par l’absence de remise en cause de leur fonctionnement.
Or, les filières avicoles ne sont prêtes à concéder que des changements minimes. Les pouvoirs publics ont payé rubis sur ongle toutes les dépenses liées à la grippe aviaire en obtenant seulement de la filière foie gras quelques mesures de biosécurité supplémentaires. L’accord temporaire a occasionné l’arrêt de la production pendant un mois seulement et dans un nombre restreint d’élevages (y compris de volailles de chair). Ce faible effort n’a pas été consenti gratuitement par les filières : il a tout au contraire vu le jour à l’issue de négociations qui leur ont permis de bénéficier d’un nouveau dédommagement, entièrement pris en charge par le contribuable. Attendue comme une solution miracle par les filières avicoles, la vaccination leur permettrait de continuer à produire et de réaliser des bénéfices grâce à un système qui fait souffrir les animaux et menace par ailleurs la santé humaine.

Un prix à payer par les filières, pas par le contribuable

L’organisation de la filière foie gras étant à l’origine de l’ampleur de la grippe aviaire, nous demandons que le coût de la grippe aviaire, et en premier lieu la vaccination, soit entièrement pris en charge par celles-ci, étant donné qu’elle doit être tenue pour responsable des dérives de son propre mode de fonctionnement.
Que la cruauté animale soit payée et assurée par celles et ceux à qui elle profite, c’est bien le minimum … avant d’abroger cette pratique cruelle qu’est le gavage. Il est également de la responsabilité de l’Etat d’instaurer une véritable politique de désintensification des élevages de volailles en France.

 

Grippe aviaire : reprise de l’épidémie et multiplication des cas de franchissement de barrières inter-espèces

Grippe aviaire : reprise de l’épidémie et multiplication des cas de franchissement de barrières inter-espèces

https://www.animal-cross.org/grippe-aviaire-sante-humaine/


Dans le précédent article nous dénoncions le risque d'une nouvelle pandémie qui aurait pour origine la grippe aviaire
(1). En effet, "L’ANSES (L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’Institut Pasteur ont mis en évidence que la prochaine épidémie risquait de venir de l’amplification exponentielle de la grippe aviaire dans les élevages intensifs, grippe qui pourrait muter en un sous-type transmissible à l’homme et surtout entre hommes."

Alors que la grippe aviaire semblait avoir disparu des élevages français, à la grande satisfaction des autorités sanitaires, les nouvelles depuis début mai font état d’une résurgence encore localisée mais spectaculaire dans les Pyrénées atlantiques, le Gers, les Landes (5,6).

 

Hausse des processus de contamination, avec multiplication des cas de franchissement de barrières inter-espèces

Les récents évènements ne font que confirmer le risque que nous dénoncons en montrant le franchissement des premières étapes :

  • Pérou : depuis novembre 2022, 63 000 oiseaux marins ont été déclarés morts de la grippe aviaire au Pérou. Et les chercheurs pensent, sans l'avoir démontré pour l'instant, qu'il y a eu une contamination directe entre les oiseaux et les otaries, expliquant les 3500 otaries mortes retrouvées échouées sur la plage dans la réserve naturelle de Paracas, à quelque 270 km au sud de Lima. Ils redoutent aussi une extension de l’épidémie à des espèces menacées, comme le condor des Andes. (2)
  • Chili : février 2023, détection confirmée de la grippe aviaire sur le cadavre d'une otarie. (3)
  • Chili : mars 2023, confirmation d'un cas d'infection humaine par la grippe aviaire, un homme de 53 ans sans comorbidités ou antécédents. 
  • Sénégal : mars 2023, déclaration d'un foyer de grippe aviaire hautement pathogène A(H5N1) chez des oiseaux sauvages : 637 sternes royales, sternes caugek, sternes caspiennes, mouettes à tête grise et cormorans sont morts depuis le 8 mars au Parc national de la Langue de Barbarie à Saint-Louis.
  • Cette liste de contaminations inter-espèces n'est qu'un aperçu. Les H5N1 a fait bien d'autres victimes : furets morts en Belgique,
    chat domestique en France et US, chien au Canada, renards en France, Angleterre, Allemagne et Italie, loutres et phoques en Ecosse et Allemagne, dauphins et marsouin (Russie, Suède), chiens de brousse dans un zoo anglais, moufettes et chats sauvages aux US...(5)
  • France : mai 2023, redémarrage spectaculaire des contaminations avec des dizaines de foyers dans le Sud-Ouest, ayant entrainé l'abattage de milliers de canards. (6,7,8)
  • Au niveau mondial depuis 2003, 873 infections humaines par des virus A(H5N1), dont 458 mortelles (taux de létalité de 52 %), ont été notifiées à l’OMS.(4) 

Ces éléments tendent à montrer que le processus de contamination ne fait que s'amplifier à chaque migration, tout en multipliant les cas de franchissement de barrières inter-espèces.

 

La vaccination des palmipèdes, nouvel espoir pour maintenir un système aberrant

Mais pour maintenir le système aberrant des élevages intensifs, plutôt que de se remettre en cause la filière mise tout sur la technologie et la science, avec pour nouvel espoir la vaccination des oies et canards prévue pour l'automne 2023.

Mais quid des effets ? Sur le consommateur, sur la faune, sur les écosystèmes, … ? La vaccination va peut-être sauver les bénéfices financiers de la filière, mais est-ce que le mécanisme de mutation ne va pas continuer entre porteurs "sains" avant de recontaminer la faune, puis l'homme ?

Le virus H5N1 a un taux de létalité estimé autour des 50% parmi les oiseaux, ce qui est énorme. Qu'en sera-t-il s'il passait à l'homme, et entre les hommes ?

Quand nous reconnecterons-nous à la nature, dont nous faisons partie, pour en respecter le fonctionnement ? Faut-il une fois de plus que nous vivions le pire, comme avec le Covid, pour que nous comprenions qu'il faut changer de cap ?

Comme nous l'indiquions dans notre précédent article :

"L’épizootie aviaire est analysée surtout comme un problème pour la filière d’élevage et non comme une menace pour la santé humaine. Il serait temps d’entreprendre une réflexion globale dite One Health, c’est-à-dire tenant compte du lien entre santé humaine et santé animale en relation avec les écosystèmes.

La production de foie gras par le gavage des canards et des oies est déjà à l’origine d'inacceptables souffrances, ce qui est déjà une raison suffisante pour cesser sa consommation.

Et avec le risque lié à la grippe aviaire, il est plus que temps de réfléchir aux conséquences de nos actes.

Alors, arrêtons de manger du foie gras, source de souffrances cruelle infligées aux animaux, avant la prochaine pandémie."

 

 

Sources :

(1) : https://www.animal-cross.org/grippe-aviaire-sante-humaine/

(2) : Grippe aviaire : Des milliers d'otaries décimées au Pérou (20minutes.fr)

La grippe aviaire touche le Pérou et cause une hécatombe chez les otaries et les oiseaux (rfi.fr)

(3) : https://www.mesvaccins.net/web/news/20517-grippe-aviaire-hautement-pathogene-chez-une-otarie-au-chili

(4) : https://www.who.int/fr/emergencies/disease-outbreak-

 

(5) : https://www.animal-cross.org/wp-content/uploads/2023/05/2023-05-16-BHVSI-SA.pdfnews/item/2023-DON461 

(6) : https://www.larepubliquedespyrenees.fr/economie/agriculture/grippe-aviaire/grippe-aviaire-les-elevages-de-sauvagnon-et-maucor-ont-ete-abattus-15151336.php

Influenza aviaire : la situation en France | Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

(7) : https://www.ladepeche.fr/2023/05/18/grippe-aviaire-vers-une-situation-devenue-incontrolable-dans-le-departement-du-gers-11202770.php

 

(8) : https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/05/21/la-grippe-aviaire-flambe-a-nouveau-dans-le-sud-ouest_6174242_3234.html?random=24295070&random=1659708983

 

 

 

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