Animal Cross et d’autres associations publient une tribune dans Le Monde : « Une transition vers l’élevage sans cage doit être une priorité pour la France ! »

Animal Cross et d’autres associations publient une tribune dans Le Monde : « Une transition vers l’élevage sans cage doit être une priorité pour la France ! »

Alors que vient de s’ouvrir le Salon de l’agriculture, onze ONG de protection animale interpellent dans une tribune au « Monde » le ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, afin qu’il apporte son soutien à l’élimination progressive d’une des pires pratiques d’élevage.

Nos organisations de protection des animaux sont très préoccupées par l’état actuel de l’élevage des animaux dans notre pays. En France, d’après les chiffres compilés par l’ONG Compassion in World Farming (CIWF) sur la base des données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 80 % des animaux d’élevage sont issus de systèmes intensifs – sans accès extérieur, pour partie en cage, soumis à des densités extrêmes, une génétique tournée vers la productivité et des mutilations systématiques pour adapter les animaux à un environnement appauvri.

La révision en cours de la législation européenne sur le bien-être des animaux offre une occasion unique de relever sensiblement le niveau de protection des animaux destinés à l’alimentation, conformément aux attentes des citoyens, et d’atteindre les objectifs fixés par la Commission européenne en faveur d’un système alimentaire durable et résilient.

L’une des pires pratiques d’élevage qui doivent être abordées dans ce processus est l’élevage en cage, qui confine des centaines de millions d’animaux à travers l’Union européenne (UE) dans des environnements avec peu ou pas d’espace pour se déplacer.

Poules, truies, lapins, veaux, canards, oies et cailles sont maintenus en cage dans toute l’UE, une partie voire la totalité de leur vie. Cela les empêche d’adopter des comportements qui leur sont naturels et compromet gravement leur santé et leur bien-être. Il s’agit d’une façon dépassée et cruelle de garder des êtres sensibles et une transition vers l’élevage sans cage doit être une priorité pour la France !

Contraire aux dernières avancées scientifiques

Nos organisations interpellent le ministre de l’agriculture Marc Fesneau et lui demandent instamment d’apporter son soutien total à l’élimination progressive de cette pratique horrible qu’est l’élevage en cage. La Commission européenne envisageant actuellement la faisabilité de l’entrée en vigueur de cette mesure pour 2027, nous encourageons le ministre de l’agriculture à demander à son tour que l’interdiction des cages entre bien en vigueur en 2027. Si la France et l’Union européenne veulent revendiquer le titre de leader mondial en matière de bien-être animal, c’est une étape nécessaire que nous ne devons pas craindre de franchir.

Selon la Commission européenne, la législation sur le bien-être animal n’est plus adaptée

Les citoyens européens ont manifesté à plusieurs reprises leur préoccupation pour le bien-être des animaux et leurs attentes en matière de renforcement des règles de protection. Environ 1,4 million de citoyens européens ont signé l’initiative citoyenne européenne (ICE) « Une nouvelle ère sans cage », demandant l’interdiction des cages pour tous les animaux d’élevage.

En 2022, les demandes du public en faveur de normes élevées en matière de bien-être animal et d’une évolution vers une agriculture durable ont été recommandées lors de la conférence sur l’avenir de l’Europe, une plate-forme dirigée par des citoyens et destinée à partager des idées et à formuler des propositions à l’intention des principaux organes de l’UE.

L’élevage en cage ignore les besoins comportementaux et physiologiques cruciaux des animaux et il est contraire aux dernières avancées scientifiques. Ainsi, l’Autorité européenne de sécurité des aliments [en anglais European Food Safety Authority/EFSA] a publié le 21 février deux avis scientifiques qui condamnent clairement les cages : « Pour améliorer le bien-être des poules pondeuses et des poulets de chair dans les exploitations d’élevage, les scientifiques de l’EFSA recommandent d’éviter l’utilisation de cages. »

Des alternatives déjà en place

Nous demandons à M. Fesneau de soutenir une harmonisation européenne pour l’interdiction des cages à 2027. Des alternatives aux cages qui offrent plus d’espace aux animaux sont déjà en place en France et en Europe, et utilisées depuis des décennies. Cela prouve que les systèmes alternatifs aux cages non seulement garantissent de meilleurs niveaux de bien-être et de santé aux animaux, mais sont également viables pour les entreprises.

Sortir des cages, c’est préparer notre agriculture aux attentes des consommateurs du futur et donc garantir le futur de notre agriculture et celui de nos éleveurs. Retarder la fin des cages, c’est condamner les éleveurs français. Une harmonisation européenne à 2027 permet d’éviter les distorsions de concurrence au sein de l’UE et de rapidement protéger l’Europe des importations moins-disantes. Par conséquent, il n’y a aucune raison et aucune justification pour retarder inutilement l’inévitable – le changement doit se produire dès que possible, et la France doit y participer.

Alors que le ministre a parcouru les allées du Salon de l’agriculture, vitrine de l’élevage français qui se garde de mettre en avant la partie immergée de l’iceberg des 300 millions d’animaux élevés en cage en Europe, Marc Fesneau va-t-il annoncer un réel accompagnement de la transition de l’élevage et soutenir une harmonisation par le haut à l’échelle européenne ?

Listes des signataires : Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice ; Christine Grandjean, présidente de C’est Assez ! ; Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’amis ; Marie-Laure Laprade, présidente de l’association Education éthique animale (EEA) ; Christophe Marie, directeur adjoint de la Fondation Brigitte-Bardot ; Manuel Mersch, président de l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) ; Yvan Savy, directeur de Compassion In World Farming (CIWF) France ; Louis Schweitzer, président de La Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA) ; Claire Starozinski, présidente de l’Alliance anticorrida ; Benoît Thomé, président de l’association Animal Cross ; Ghislain Zuccolo, directeur général de Welfarm.

Et si la consommation de foie gras était à l’origine de la prochaine pandémie ?

Et si la consommation de foie gras était à l’origine de la prochaine pandémie ?

L’ANSES (L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’Institut Pasteur ont mis en évidence que la prochaine épidémie risquait de venir de l’amplification exponentielle de la grippe aviaire dans les élevages intensifs (1), grippe qui pourrait muter en un sous-type transmissible à l’homme et surtout entre hommes (2).

Ce risque est particulièrement prégnant puisqu’on observe que depuis l’apparition en 2006 des premiers cas, malgré les nombreuses mesures préventives et curatives, l’épizootie de grippe aviaire du premier semestre 2022 est la plus importante jamais enregistrée. Et ce à cause de la présence de fortes concentrations d’élevages sur le parcours des oiseaux migrateurs longeant la Manche et la côte atlantique qui, comme les élevages de visons avec le Covid, agissent comme d’énormes incubateurs permettant au virus de muter et de se propager.

Et l’élimination de millions de volailles n’y a rien fait puisque c’est l’activité humaine qui transporte la maladie d’un élevage à l’autre (soins vétérinaires, personnel d’élevage, transports entre couvoirs, élevage et gavage réalisés sur des sites différents) jusque dans les bâtiments dans lesquels les animaux n’ont pas accès à l’extérieur (3).

Et l’Institut Pasteur de confirmer que le risque de mutation existe vraiment : des cas ont déjà été observés de l’animal à l’homme et une combinaison entre ce virus aviaire et un virus grippal humain pourrait déjouer la vigilance de nos défenses immunitaires.

L’épizootie aviaire est analysée surtout comme un problème pour la filière d’élevage et non comme une menace pour la santé humaine. Il serait temps d’entreprendre une réflexion globale dite One Health, c’està-dire tenant compte du lien entre santé humaine et santé animale en relation avec les écosystèmes.

La production de foie gras par le gavage des canards et des oies est déjà à l’origine d’inacceptables souffrances, ce qui est déjà une raison suffisante pour cesser sa consommation.

Et avec le risque lié à la grippe aviaire, il est plus que temps de réfléchir aux conséquences de nos actes.

Alors, arrêtons de manger du foie gras, source de souffrances cruelle infligées aux animaux, avant la prochaine pandémie (4).

Pour en savoir plus sur la souffrance animale engendrée par le gavage : https://www.foiegras-france.fr

Sources :
(1) RAPPORT AST de l'Anses relatif à la synthèse des rapports Anses 2021-2022 concernant la crise
influenza aviaire hautement pathogène
(2) https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/grippe-aviaire
(3) https://www.anses.fr/fr/system/files/SABA2021SA0022.pdf
(4) https://www.animal-cross.org/grippe-aviaire-sante-humaine/

Urgence vétérinaire pour cette jument de 19 ans abandonnée, en grande souffrance.

Urgence vétérinaire pour cette jument de 19 ans abandonnée, en grande souffrance.

Une atroce souffrance, l'énucléation inévitable pour cette jument

Juno fait partie des juments sauvées par Animal Cross dans la vallée d'Ossau (64) cet automne.

Elle avait été abandonnée par son propriétaire, sans soin et sans nourriture et retrouvée dans un état pitoyable et très amaigrie.

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L'un de ses yeux était déjà tout blanc sans que nous sachions ce qui lui est arrivé.

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Aujourd'hui, elle a repris des forces mais il faut l'opérer d'urgence de son oeil qui la fait atrocement souffrir et, hélas, lui retirer afin d'éviter toute complication.

A 19 ans, elle pourra continuer ainsi paisiblement sa retraite tant méritée après de telles souffrances.

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L'opérer, lui offrir une belle retraite protégée

 

Merci de nous aider à financer l'énucléation urgente et les soins de Juno.

Le financement payera :

  • Admission jument à la clinique
  • Chirurgie énucléation debout
  • Pension clinique
  • Soins et médicaments
  • Strapping

Notre association a besoin de vous pour mener à bien de tels sauvetages et pour pouvoir aller au bout. 

48 chevaux, malheureuses victimes d’un sordide abus de confiance 

48 chevaux, malheureuses victimes d’un sordide abus de confiance 

L'histoire a démarré voilà environ un an. M. X, qui possédait un élevage de chevaux destinés aux courses hippiques selon ses dires, s’est installé sur des terrains dans les Pyrénées Atlantiques, appartenant à la famille de deux jeunes femmes qui étaient sous le coup du décès d'un proche parent. N'y connaissant rien au monde équin, elles lui ont fait confiance. Il devait rédiger des contrats de location pour les terrains agricoles qu'elles lui mettaient à disposition et les payer, mais elles n'ont jamais vu l'ombre d'un contrat, malgré les nombreuses demandes de la famille. Il n'avait jamais le temps et toujours une bonne excuse pour vite repartir.

Malgré cela, il continuait d’amener des chevaux sur les parcelles. Il y a eu jusqu’à 50 chevaux présents sur les différentes parcelles !

Mort d'une jument, grande détresse des autres équidés

Mais plus le temps passait et plus il était absent et négligent avec ses chevaux. 3 poulains de l’année 2020 sont arrivés en très très mauvais état (sous nutrition, très mauvais aspect général, vers, peur de l’homme...).

Malgré des sabots en mauvais état, trop longs ou fendus, aucun maréchal ferrant ne passait jamais.

Jusqu'au départ en vacances début octobre des deux jeunes filles : après quelques jours, des voisins les ont contactées pour leur dire qu'une jument était morte. M. X, immédiatement sollicité, a dit ne pas être au courant, ce qui laissait penser qu'il n'était pas allé voir ses chevaux depuis plusieurs jours. A leur retour les juments étaient squelettiques, elles avaient visiblement été privées de nourriture.

Malgré leurs demandes, M. X n'est pas revenu nourrir et soigner ses équidés et a cessé de répondre au téléphone...

Peu après leur mise à l'abri on peut toujours constater le décharnement de ces juments privées de nourriture. 

 

48 chevaux  abandonnés de façon dramatique

Un énorme travail a été effectué afin de retrouver les anciens propriétaires ainsi que des volontaires pour accueillir ces chevaux. 40 d'entre eux ont pu être replacés.

Il en reste 8. Ce sont des juments, 5 d'entre elles sont gestantes.

Elles mettront bas à priori entre mars et juin. Nous avons besoin d'aides pour les accompagner jusqu'à la naissance et le sevrage de leurs poulains pour les unes, et jusqu'à l'adoption pour les autres.

 AIDEZ-NOUS À TRANSFORMER CE CAUCHEMAR EN BELLE HISTOIRE 

 Aujourd'hui Axamoon, Genetiere, Telha Madevayo, Zanakara, In For A Pound, Nova Blue, et Juno Blackie ont besoin que des bonnes fées veillent sur elles. Elles ont entre 5 et 19 ans.  Merci à tous ceux qui voudront bien les accompagner pour leur donner une belle revanche et permettre à l'association Animal Cross de les prendre en charge. 

Nous avons reçu une première aide d'urgence du site Actuanimaux. Il va maintenant falloir accompagner les juments jusqu'au poulinage et veiller sur elles et leurs bébés jusqu'au sevrage pour les gestantes, et trouver une adoption ou un accueil pour les autres.  

Ces pauvres juments ont déjà une fois subi l'abandon, l'absence de soins et de nourriture. Elles vont donner la vie. Soyons tous solidaires de ces futures mamans et préparons-les à accueillir leurs bébés dans les meilleures conditions pour qu'elles vivent le bonheur de leurs maternités. 

 

3 juments encore à l'adoption

Juno Blackie, 19 ans, Genetière, 15 ans et Nova Blue, 7 ans cherchent encore leur famille pour la vie. Pour les adopter, contacter Animal Cross : contact(arobase)animal-cross.org

Nova Blue, 7 ans
Grippe aviaire :  dix millions d’animaux morts et une menace pour la santé humaine

Grippe aviaire :  dix millions d’animaux morts et une menace pour la santé humaine

 

Après l'épizootie d’influenza aviaire de 2020-2021, c'était promis juré, on savait ce qu'il fallait faire et on saurait endiguer cette nouvelle maladie contagieuse.

Les scientifiques occidentaux étudient chaque année les pathologies des oiseaux migrateurs  et, dès l'apparition de nouveaux virus de grippe aviaire, tout le monde est sur le pont. Le ministère de l'agriculture a rapidement pris des mesures dès septembre 2021  pour canaliser la contamination de grippe aviaire. Les décisions de biosécurité  prises devaient être radicales : les palmipèdes devaient être cloîtrés à l'intérieur du bâtiment en cas de passage à un niveau de risque élevé,  et en cas de détection de grippe aviaire, on n’ irait pas par 4 chemins et on ferait un vaste vide sanitaire consistant non seulement à éliminer les animaux morts mais aussi tous les animaux vivants du même élevage et des élevages environnants. Ainsi claustration des animaux, abattage par dizaine de milliers  et mesures de prévention dans les élevages devaient assurer la réussite de l'opération.

La France connaît la pire vague d'épizootie de grippe aviaire des 15 dernières années

6 mois plus tard, la France connaît sans doute la pire vague d'épizootie de grippe aviaire des 15 dernières années.  À la date du 24 mars 2022, on compte 1006 foyers d’influenza aviaire hautement pathogènes (IAHP) en élevage pour sans doute une dizaine de millions de volailles abattues.

Au-delà de la mort de tous ces animaux, on est aussi obligé alors de s'interroger sur l'organisation de cette filière qui fait peser chaque année un risque à tous les êtres humains puisque le virus aviaire peut, selon le type de virus, être transmissible à l'homme.

Le rapport de l’autorité sanitaire de l’ANSES sur l’épisode de 2020-2021 dresse un bilan accablant pour l'ensemble de la filière de production de volaille et spécifiquement la filière du Sud-Ouest. En effet, s'il semble avéré que la première contamination a été le fait d'animaux sauvages à l'automne 2020, les animaux migrant vers le Sud,  il est clair que la diffusion du virus est à rechercher parmi les causes humaines selon ce même rapport.

La contamination de volailles d’élevage se produit en premier lieu lorsque les animaux sauvages, essentiellement les anatidés, c'est-à-dire des oies et des canards,  s'arrêtent dans les « parcours » (les champs) des élevages. Leurs fientes contaminent leurs congénères d'élevage, notamment parce que le virus de la grippe aviaire est très résistant à l’extérieur. Ensuite il y a un enchaînement de facteurs et de causes, différents selon les cas  de contamination examinés par l’Anses , mais qui tous sont causées par l'activité humaine. L’Anses recense :

  • la concentration d'élevages sur des superficies réduites comme dans le Sud-Ouest ;
  • le trop grand nombre de canards à l’extérieur, surtout dans le Sud-Ouest, profitant de la possibilité de ne pas claustrer les exploitations de moins de 3200 canards ;
  • le va-et-vient des véhicules de transport d'aliments, le déplacement les éleveurs et employés agricoles d’ une exploitation à l’autre ;
  • l'intervention dans les exploitations des vaccinateurs et des abatteurs ;
  • la diffusion par voie aérienne des agents pathogènes à plusieurs centaines de mètres autour de l'exploitation d'origine. À ce sujet, on se rend compte que les fermes de gavage, quand elles sont contaminées, sont comme des bombes à contamination pour toute la nature sauvage alentours ;
  • la localisation des élevages de canards dans le couloir de migration Manche-Atlantique, là où il y a le plus de contaminations ;
  • la division des exploitations entre les naisseurs, les éleveurs d’animaux dit prêts à gaver, les gaveurs, et la circulation intense des animaux entre ces types d'exploitation, cycle qualifié de cycle long, par rapport au cycle court dit aussi autarcique où les animaux naissent, sont élevés et gavés sur place. Le circuit dit long s’est considérablement développé sur les dernières décennies (voir les propos du responsable de Confédération paysanne 64). Les éleveurs ont augmenté la taille des élevages, augmentant du même coup le potentiel de contamination en cas de virus dans l’élevage.

Le rapport 2001 2021 de l’Anses concluait à la nécessité d'un abattage préventif des canards près des foyers contaminés et une claustration stricte de tous les élevages.

Les mesures mises en place montrent une totale inefficacité

 

Les mesures mises en place dès septembre 2021 suite à l'apparition des premiers signes de grippe aviaire, bien qu'inspirées par ces recommandations, montrent une totale inefficacité. En effet 6 mois plus tard, il faut déplorer 10 millions de canards abattus. L’épidémie  continue sa course folle avec une diffusion très forte dans le Grand Ouest, c'est à dire la Vendée, deuxième plus grande région de production. Or, suite à l’influenza de 2016-2017, la Vendée avait conçu d’immenses bâtiments et avait privilégié un mode de production fondée sur la claustration des animaux. En mars 2022,  alors que les animaux n’ont pas quitté les bâtiments depuis l’automne pour certains  élevages, la Vendée est touchée de plein fouet  par le virus, montrant bien la responsabilité humaine dans la diffusion de la pandémie.

L’espoir aujourd’hui des éleveurs est placé dans la vaccination pour les années suivantes mais le recours aux vaccins, efficace, ne fait pas l’unanimité.

La multiplication des épidémies depuis plusieurs années en 2006, 2015-2016, 2016-2017, 2020-2021, 2021-2022 , et l’épizootie actuelle, montrent l'incapacité totale des autorités et de la filière à contrôler l'épidémie.

Le virus de la grippe aviaire peut, dans certains cas, se transmettre à l’homme

Or, le virus aviaire peut, dans certains cas, se transmettre à l’homme. Le dernier virus n’est pas transmissible à l’homme. Mais ce n’est pas vrai de tous les virus. Selon Santé Publique France, quand les contaminations humaines se produisent, « les cas humains sont principalement des cas primaires, suite à une exposition à des oiseaux infectés ou à un environnement contaminé. La transmission interhumaine est rare, généralement limitée à une transmission entre un cas primaire et un membre de son entourage ou un personnel soignant. Aucun des virus influenza aviaires ou porcins à potentiel zoonotique qui circulent à l’heure actuelle n’est capable d’initier une transmission interhumaine soutenue. Néanmoins, les capacités élevées de mutation et de réassortiment des virus influenza n’excluent pas l’émergence d’un virus capable d’être transmis efficacement d’homme à homme, ce qui pourrait être à l’origine d’une pandémie grippale. » Et l’Institut Pasteur de rajouter à propos du virus H5N1 : » A l’heure actuelle, la transmission du virus ne se fait que de l’animal à l’homme, mais les autorités sanitaires redoutent une évolution du virus vers une forme transmissible d’homme à homme, porte ouverte à une pandémie ».

Gavage en cages collectives - Copyright L214

Le gavage des canards est un acte d’une très grande cruauté qui devrait suffire à demander la fin de ces élevages barbares. 2 fois par jour, pendant une dizaine de jours, les canards (ou les oies) sont gavés  à l’aide d’une pompe hydraulique qui,  placée via un embuc au fond de l’oesophage, injecte une pâté de maïs, provoquant, entre autres,  asphyxie, problèmes cardiaques et problèmes digestifs.

Si les arguments sur la souffrance animale ne suffisent pas, alors il faudrait se pencher sérieusement sur le risque que la filière foie gras fait peser aux êtres humains.  Frappée par la pandémie du Covid 19, notre société ne peut pas prétendre que ce type d’événements ne peut pas arriver, ni se reproduire.  Si un virus transmissible à l’homme apparaissait dans les oiseaux migrateurs, nous n’aurions aucune possibilité de l’arrêter.

La facilité avec laquelle on abat des animaux par millions, alors que la plupart ne sont pas malades, montre aussi à quel point la vie animale n’a aucune valeur pour les autorités publiques.

 

 

 

Il est temps de concevoir ensemble santé humaine et santé animale

Il serait temps  d’entreprendre une réflexion globale dite One health, c’est à dire tenant compte du lien entre santé humaine, santé animale en relation avec les écosystèmes. Manifestement, nous continuons de voir les phénomènes de manière séparée. L’épizootie aviaire est analysée surtout comme un problème pour la filière d’élevage et non comme une menace pour la santé humaine.

L'association Animal Cross appelle à la fermeture définitive des élevages de foie gras qui sont responsables d'actes de cruauté sur les animaux et font peser une menace toujours grandissante et sous-estimée sur la santé humaine.

Salon de l’agriculture : une vitrine hypocrite sur le bien-être animal

Salon de l’agriculture : une vitrine hypocrite sur le bien-être animal

Image ci-dessus par bibi95, Salon de l'agriculture 2009 - Paris, Flickr, Licence CC BY 2.0, modifications apportées

Du samedi 26 février au dimanche 6 mars 2022 a lieu le Salon international de l'agriculture au parc des expositions de Paris. Mais cet événement est-il réellement représentatif de la condition des animaux d'élevage en France ? Et quelles mesures devrait prendre le prochain Président de la République pour favoriser le bien-être des animaux d'élevage ?

Une représentation lointaine des réalités de l'élevage en France

Artisanat, savoir-faire, tradition sont bel et bien mis en avant lors du Salon de l'agriculture. Les 4000 animaux présentés par les éleveurs sont les plus "beaux", jamais maigres, pas de cicatrices, pas de mutilations trop choquantes, leur pelage est toiletté. Mais ce salon se garde bien de vous montrer le quotidien des 80% d'animaux français provenant d'élevages intensifs. La réalité serait beaucoup moins plaisante à regarder : l'atelier câlins des porcelets serait remplacé par l'atelier de castration à vif accompagné du meulage de dents ; l'exposition de mignons poussins et cannetons ressemblerait plutôt à un amas leurs corps broyés ; nous ne prendrions pas en photos les belles cornes lustrées des bovins mais leur chair en sang une fois ces derniers écornés ; les jolies petites poules pondeuses ne seraient pas en train de caqueter dans leur enclos mais affaiblies car maigres et déplumées ; l'odeur du foin frais serait remplacé par l'odeur des excréments d'animaux, sur un sol bétonné et non tapissé de paille propre... Les exemples de cette malheureuse réalité sont nombreux. Alors que voulons-nous vraiment voir de ce Salon ? La condition réelle de ces animaux qui est incontestablement à améliorer, ou alors la publicité mensongère que véhicule cet événement ?

Des mesures à prendre de toute urgence pour les animaux de ferme

Dans le cadre de la campagne électorale, 29 ONG rassemblées dans le collectif Engagement Animaux 2022 proposent aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager sur 22 mesures concrètes et prioritaires pour améliorer la condition animale lors du prochain quinquennat, dont quatre au sujet des animaux de ferme.

Voici les mesures numéros 5 à 8 proposées sur le sujet "Élevage, transport et abattage" :

Mesure 5 : Mettre fin à tout élevage en cages au profit de l'élevage avec accès au plein air d'ici 2027

À l’heure actuelle, en France, 8 animaux sur 10, toutes filières confondues, sont élevés sans accès à l’extérieur. Au total, ce sont plus de 94% des veaux de boucherie, 95% des porcs ou encore 83% des poulets de chair qui sont élevés sans accès à l’extérieur. Plus de 98% des lapins, 36% des poules ou encore 90% des truies en lactation sont élevés en cages. Les cages confinent les animaux à l’extrême, privant l’animal de la capacité à satisfaire ses besoins physiologiques et comportementaux les plus basiques. Par exemple, les truies ne peuvent pas se retourner sur elles-mêmes.

Plus d’1,4 million d’Européens ont signé l’Initiative Citoyenne Européenne « Pour une nouvelle ère sans cage », l’initiative la plus plébiscitée à ce jour. Les sondages sont unanimes : 87% des Français sont opposés aux élevages en cages et 87% des Français sont défavorables aux méthodes de production ne laissant aucun accès extérieur aux animaux.

La Commission européenne a d’ores et déjà engagé une évolution des normes minimales de protection des animaux d’élevage en fixant la sortie des cages à 2027. La France ne doit pas rester à la traîne et être le mauvais élève des pays européens. En fixant un cap pour l’arrêt des cages et l’accès au plein air pour 2027, le ou la futur.e Président.e permettrait à la France de s’inscrire dans les engagements européens et permettre aux élevages français d’anticiper une évolution inéluctable.

Mesure 6 : Conditionner les aides publiques aux investissements et pratiques améliorant le bien-être des animaux, interdire les importations de produits issus d'élevages qui ne respectent pas l'équivalent des normes européennes de protection animale et intégrer systématiquement des critères sur le bien-être animal dans la commande publique (cantines, prisons, hôpitaux, etc.)

Le futur Président ou la future Présidente doit mener des politiques publiques ambitieuses en faveur du bien-être des animaux d’élevage, sur le plan européen, national et local.

Des millions de produits proviennent en effet d’élevages situés dans des États tiers qui ne disposent pas de standards équivalents à ceux de l’UE. Par exemple, dans la grande distribution française, 90% de la viande chevaline est importée. Les enquêtes des ONG ont pourtant révélé de très nombreux problèmes de bien-être animal dans des pays exportateurs (Argentine, Canada,…). La position de la France lors de la négociation des traités de libre-échange à l’échelle européenne est donc cruciale.

Au niveau national et local, des millions de repas sont servis chaque année dans des établissements publics (établissements scolaires, hôpitaux, prisons, etc.). 50% des produits servis dans ces établissements doivent être de « qualité et durables ». Bien que 20% de ces produits doivent être bio, plusieurs autres certifications relèvent de cette qualification alors qu’ils ne contribuent pas à assurer un niveau de bien-être animal satisfaisant. La commande publique doit intégrer des critères de bien-être animal.

Enfin, les aides publiques doivent être un levier pour accompagner la transition vers des pratiques plus respectueuses des animaux. Les négociations sur la déclinaison française de la Politique Agricole Commune ont laissé de côté la possibilité de conditionner ces aides à l’atteinte d’objectifs de préservation du bien-être animal (plein air, arrêt des mutilations, etc.). La nouvelle présidence française doit donc pallier ces lacunes.

Mesure 7 : Interdire les longs transports au sein de l'UE et les exportations vers les pays tiers d'animaux vivants.

Sous-mesure mineure : Interdire les transports maritimes d’animaux vivants. 

Ces dernières années, les investigations menées en France, sur les routes de l’Union européenne mais également au-delà de ses frontières, ont révélé l’absurdité des longs transports et exportations d’animaux vivants et ont suscité l’indignation des citoyens. La France figure parmi les premiers exportateurs européens avec plus de 20 millions de volailles et de 155 000 bovins, caprins, ovins et porcs exportés vivants chaque année vers des pays tiers par voie routière ou maritime. Plus de 100 millions d’animaux d’élevage sont par ailleurs transportés au sein de l’UE chaque année, au départ de France.

Or, les exportations vers les pays tiers et les longs transports d’animaux vivants posent incontestablement question d’un point de vue éthique, économique et écologique. Les animaux sont embarqués pendant des jours voire des semaines, dans des camions ou sur des cargos vétustes et inadaptés. Lorsqu’ils sont exportés hors de l’UE, ils sont exposés à la chaleur, à la promiscuité, à la soif et à la faim, à des conditions sanitaires incontrôlables… Pour finalement être engraissés ou abattus dans des pays qui ne respectent pas les normes minimales européennes en matière de protection animale.

La limitation des transports d’animaux bénéficie d’un fort soutien : 89% des Français sont favorables à une limitation de la durée de transports d’animaux vivants à un maximum de huit heures et 68% sont opposés à l’exportation d’animaux vivants hors de l’Union Européenne. Des appels en faveur de la transition vers le commerce de viandes et carcasses ont été lancés aux États membres par les institutions européennes.

Les organisations vétérinaires plaident également sans équivoque pour la réduction des temps de transport et le remplacement des exportations d’animaux par le commerce des viandes et carcasses depuis 10 ans. Cette transition aura notamment pour effet de relocaliser et redynamiser les activités d’élevage et d’abattage en France.

Mesure 8 : Mettre un terme aux pratiques d'abattage les plus douloureuses.

Étape 1 : Interdire l’abattage des femelles au-delà des deux tiers de leur gestation et imposer la vidéo-surveillance obligatoire en abattoir. 

Étape 2 : Imposer l’insensibilisation de tous les animaux avant la saignée en abattoir.

Pour produire de la viande, les réglementations imposent d’abattre les animaux en leur épargnant toutes souffrances évitables. Pour y parvenir, les animaux doivent être insensibilisés avant leur saignée. Mais la France fait partie des pays qui dérogent à cette obligation d’insensibilisation pour satisfaire la demande de viandes Halal et Kasher. A l’heure où le bien-être animal est devenu une exigence chez nos concitoyens et un gage de qualité revendiqué par de nombreux professionnels, l’abattage sans étourdissement n’a plus lieu d’être.

Les preuves scientifiques sur la plus grande souffrance des animaux lors de l’abattage sans étourdissement sont aujourd’hui nombreuses et la liberté de culte ne s’oppose nullement à l’insensibilisation des animaux comme l’a rappelé la CJUE, le 17 décembre 2020. D’ailleurs, de nombreux Etats membres imposent déjà un étourdissement des animaux lors de leur abattage, y compris dans le cadre des abattages rituels.

La réglementation relative à la protection des animaux au moment de leur mise à mort n’aborde pas la situation des femelles gestantes. Par conséquent, une femelle en état de gestation avancée peut être abattue. La situation n’est pas rare selon un avis rendu par l’EFSA en 2017.  Cette situation est inacceptable compte tenu de la souffrance éprouvée par le fœtus au moment de l’abattage de sa mère durant le dernier tiers de gestation : la douleur lors de son asphyxie ne peut être exclue selon l’EFSA. Une interdiction de l’abattage des femelles au cours du dernier tiers de leur gestation doit ainsi être mise en place, à l’instar de la législation allemande. 

Enfin, pour permettre une application effective de la réglementation et mettre un terme aux dérives inacceptables dans de nombreux abattoirs, le ou la futur.e Président.e rendra obligatoire la mise en place de l’enregistrement vidéo dans tous les abattoirs, aux postes où sont manipulés les animaux.

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