OURS : un premier bilan 2025 et les perspectives

OURS : un premier bilan 2025 et les perspectives

Cette année 2026 est marquée par le 30e anniversaire du premier lâché d'ours : mais que d’évènements depuis !

La population est factuellement en constante augmentation chaque année (96 ours en 2024 et + 11 % en moyenne depuis 2006), et les dernières observations visuelles et les analyses partielles de l’OFB sur l’année 2025 laissent présager encore une évolution positive de la population d’ours dans les Pyrénées :

-Des portées ont été détectées (à minima 6 avec 9 oursons)

-Le vieil ours NERE a encore été détecté en Ariège et plus récemment en octobre 2025 dans les Hautes-Pyrénées.

Une population en hausse, mais les problèmes génétiques persistent

Tout porterait à croire que  maintenant "c'est gagné", et que l'espèce est saine et viable ; ce sont souvent les arguments repris par leurs détracteurs afin de pousser l’état à réguler l’espèce !

La population d’ours brun dans les Pyrénées fait face à des problèmes génétiques substantiels qui menacent sa viabilité à moyen ou long terme en raison de sa petite taille et de son historique de gestion. Le problème génétique le plus notable est le niveau élevé et croissant de consanguinité au sein de la population :

  • Le coefficient moyen de consanguinité (F) de la population pyrénéenne a plus que doublé entre 2006 (0,063) et 2020 (0,132) .
  • Cette forte consanguinité résulte principalement de la monopolisation de la reproduction par le mâle dominant Pyros jusqu'à sa disparition supposée en 2018.
  • Les accouplements entre individus apparentés sont fréquents, incluant 13 accouplements entre père et fille4 entre frère et sœur et un entre demi-frère et demi-sœur, détectés durant la période d'étude jusqu'en 2020.
  • Ce niveau de consanguinité représente un risque potentiel élevé de dépression de consanguinité (réduction du succès de reproduction et/ou de la survie des individus).

Une étude démo-génétique est actuellement, menée par le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN), l'OFB et le SLU (Université suédoise des sciences agricoles), afin de quantifier précisément les effets de cette consanguinité sur la démographie des ours dans les Pyrénées. Les résultats complets de cette thèse sont attendus pour la fin de l'année 2026, et nous espérons que l’état tiendra compte des conclusions et lâchera enfin des ours afin de renouveler le patrimoine génétique de la population ursine des Pyrénées.

Maltraitance et abandon : les sauvetages de début mars

Maltraitance et abandon : les sauvetages de début mars

L'association Animal Cross continue d'intervenir chaque semaine pour offrir une seconde chance aux animaux en détresse, comme en témoignent nos actions les plus récentes.

Cinq nouveau-nés sauvés de l'abandon

L'un des derniers sauvetages concerne cinq chiots âgés de seulement 15 jours, qui ont été abandonnés dans un simple carton devant une clinique vétérinaire. Nous les avons recueillis et ils sont aujourd'hui auprès d'Hélène, une famille d'accueil dévouée. Ce sauvetage représente un travail colossal, car les chiots doivent être biberonnés jour et nuit pour survivre.

Un beau sauvetage, car deux chiennes d'Hélène, très maternelles, les ont prises sous leurs ailes pour leur apporter de la chaleur et les aider dans leur apprentissage de la vie. Une vision émouvante qui montre à quel point nos animaux sont dotés d'une grande sensibilité.

Le parcours de Pacha : de la garde sociale à l'attente d'un foyer

L'histoire de Pacha, un croisé griffon de deux ans, illustre la complexité de certaines prises en charge. Initialement, Animal Cross l'avait accueilli en garde sociale pendant que son maître, un sans-abri isolé, était hospitalisé. Bien que Pacha ait été rendu à son propriétaire après son hospitalisation, il a finalement été retrouvé par hasard à la fourrière. Son maître l'avait abandonné, ne souhaitant plus s'en occuper en raison d'un potentiel déménagement loin de Pau.

Actuellement, Pacha est de nouveau en famille d'accueil. Il attend désormais d'être adopté pour la vie afin de trouver enfin la stabilité dont il a besoin.

Nos chats recueillis

Chipie, chatte de 10 ans avec des problèmes de santé récurrents, notamment un coryza chronique et un problème à l'œil. Elle a été opérée mais, malheureusement, sa maîtresse n'est plus en capacité de financer ses soins et de s'en occuper, nous l'avons donc recueilli, elle est pour l'instant en famille d'accueil.

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

Chez Animal Cross, cela fait des années que nous dénonçons le classement injustifié des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Nous avons crié haut et fort que ce terme n’est qu’un habillage « politiquement correct » pour l'ancien mot « nuisible ». Derrière ce sigle se cache une réalité que nous jugeons inconcevable : le piégeage et le tir systématiques de millions d'animaux, autorisés quasiment sans limite et en toute saison.

Aujourd'hui, une étude inédite du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), publiée le 9 mars 2026 dans la revue Biological Conservation, vient enfin nous donner raison en démontrant scientifiquement l'inefficacité totale et l'aberration économique de cette politique de destruction, mais qu'elle aussi éthiquement injustifiable.

Une étude capitale demandée par l’État lui-même

Fait remarquable, cette étude du MNHN a été commandée et financée par le ministère de la Transition écologique. Pour la première fois, des chercheurs ont eu un accès total aux données administratives nationales couvrant sept saisons de chasse (2015-2022).

L’objectif était clair : évaluer enfin l’efficacité réelle de la destruction de 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés abattus chaque année en France.

Un massacre de masse sans aucun résultat

Des millions d'animaux sont abattus pour une promesse de réduction des dégâts agricoles et des risques sanitaires qui n'est jamais tenue.

Les chercheurs ont analysé sept années de données nationales (2015-2022) et leur conclusion est sans appel : il n'existe aucun lien entre l'effort de destruction et l'évolution des dommages déclarés.
Pire, une relation significative a été observée entre l'effort de lutte d'une année et les dégâts déclarés l'année suivante. Plus le nombre d'animaux abattus était élevé, plus les dégâts étaient importants l'année suivante, et cela d'une part pour la pie bavarde, et d'autre part en regroupant toutes les espèces.

En clair, tuer plus d'animaux ne fait pas baisser les factures de dégâts, et, point crucial, réduire ou arrêter ces destructions ne provoque aucune augmentation des dommages. Cette prétendue « régulation » est un mythe : les populations d'oiseaux (corneilles, pies, geais) ne diminuent pas malgré les tirs, car les mécanismes de compensation démographique et la survie des jeunes prennent le relais.

Une aberration économique : on dépense 8 fois plus pour tuer que pour indemniser

L’aspect le plus édifiant de cette étude est sans doute son analyse économique. Pour la première fois, le coût financier des opérations de destruction (temps de travail, matériel, transport) a été calculé. Le résultat est vertigineux : le massacre des ESOD coûte entre 103 et 123 millions d’euros par an à la société. En face, le montant des dégâts officiellement déclarés ne s'élève qu'à 8 à 23 millions d’euros.
Nous dépensons jusqu'à huit fois plus d'argent pour massacrer la faune sauvage que ce qu'elle nous « coûte » en dégâts. Même dans le scénario le plus bas, sans compter le temps de travail bénévole des chasseurs, le coût de la destruction reste supérieur aux dommages.
C'est une faillite rationnelle complète
.

 

Sacrifier nos meilleurs alliés : une perte pour la biodiversité

En nous acharnant sur ces espèces « mal-aimées », nous nous tirons une balle dans le pied. L'étude rappelle que ces animaux rendent des services écosystémiques indispensables que nous perdons en les tuant.
  • Le Renard est un auxiliaire précieux de l'agriculture par sa prédation massive sur les rongeurs.
  • Le Geai des chênes assure la régénération de nos forêts par la dispersion des graines. Le coût de remplacement de ce service par l'humain est estimé à une perte de 100 à 454 millions d'euros pour les seuls geais tués durant la période étudiée.

 

Un consensus scientifique et administratif grandissant

Cette étude du MNHN n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une liste de rapports de plus en plus critiques envers la politique française :
  • L’ANSES (2023) a déjà affirmé que le motif sanitaire (comme la lutte contre l'échinococcose ou la rage) ne justifie pas l'élimination des renards, ces mesures étant inefficaces, voire contre-productives en favorisant la dispersion des maladies.
  • La FRB (Fondation pour la recherche sur la biodiversité) en 2024, a souligné que le classement ESOD manque de fondement scientifique et occulte totalement les bénéfices apportés par ces espèces.
  • L’IGEDD (2025), dans un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement, appelle à un « changement de paradigme » et recommande de ne pas renouveler le décret triennal en 2026 pour passer à une gestion collégiale et préventive.
  • L’étude CARELLI (2025), menée dans le Doubs, a prouvé expérimentalement que le statut ESOD ne réduit ni le nombre de renards ni les dégâts sur les volailles. Elle conclut qu'une meilleure protection des poulaillers est bien plus efficace que n'importe quelle campagne de tir.

Pour un changement radical de paradigme

Cette étude enfonce le clou après les rapports de l'ANSES en 2023, de la FRB en 2024, de l'IGEDD en 2025 et de l'étude CARELI en 2025 : la réglementation actuelle est obsolète, subjective et injuste. Le classement ESOD repose trop souvent sur des déclarations de dégâts invérifiées et des décisions prises sous l'influence de lobbies plutôt que sur des bases scientifiques.
Animal Cross demande, avec force :
  1. L'abandon définitif du classement ESOD pour les espèces de catégorie 2 (renard, fouine, martre, belette, corneille, corbeau, pie, geai et étourneau).
  2. Le passage à une stratégie de prévention non-létale : effaroucheurs, semences répulsives et protection des élevages, qui ont prouvé leur efficacité là où le fusil échoue.
  3. La reconnaissance de la dignité et du rôle écologique de ces espèces qui font partie intégrante de notre patrimoine naturel.
  4. La fin d'une gestion dictée par les lobbies au profit d'une politique basée sur la science et l'éthique


Comme le souligne l'étude du MNHN, l'arrêt du décret triennal en 2026 est l'occasion unique de mettre en place un nouveau système de gestion collégial et sensé
.

Il est temps de passer d'une politique de destruction systématique à une cohabitation apaisée avec la faune sauvage.

Sources

ANSES. 2023. Évaluation des impacts sur la santé publique de la dynamique des populations de renards (Rapport d’expertise collective, Saisine n° 2022-SA-0049). Maisons-Alfort : Anses.

Plancke, M., Zemman, C., & Soubelet, H. (2023). Synthèse de l'avis des experts scientifiques et sociétaux sur le classement des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD). Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Castel, F., & Hérault, M.-L. (2025). Parangonnage sur les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (Esod) (Rapport n° 015518-01). Inspection générale de l'Environnement et du Développement durable.

Pépin, D., Feuvrier, P., Powolny, T., & Giraudoux, P. (2025). Investigating the effects of red fox management on poultry beyond the controversy, Jura Massif, France. Scientific Reports, 15, 26238.

Jiguet, F., Morin, A., Courtines, H., Robert, A., Fontaine, B., Levrel, H., & Princé, K. (2026). Ecological and economic assessments of native vertebrate pest control in France. Biological Conservation.

 

 

Arrêtés sur le loup 2026 : le gouvernement choisit de tirer plutôt que de protéger

Arrêtés sur le loup 2026 : le gouvernement choisit de tirer plutôt que de protéger

Deux arrêtés ministériels sont parus le 23 février 2026 au Journal Officiel, l’un précisant son statut de protection, les conditions d’intervention en cas de prédation et les règles de calcul ainsi que de déclenchement du plafond annuel de destructions autorisées, l’autre fixant le nombre maximum d’individus pouvant être tués.

- Arrêté du 23 février 2026 définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction - Légifrance

- Arrêté du 23 février 2026 modifiant l'arrêté du 23 octobre 2020 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année - Légifrance

 

Un passage en force du gouvernement

Ils font suite à la visite en Haute-Marne de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard et du ministre «de l’Ecologie » Mathieu Lefèvre, qui en avaient annoncé la teneur, en procédant à de la désinformation sur les effectifs de loups en France, qui ne progressent plus depuis 2023, mais aussi sur l’évolution des dommages. Les deux arrêtés ont été pris de façon unilatérale, sans concertation avec les associations siégeant en groupe national loup, et aussi en dépit des connaissances scientifiques sur la dynamique des populations de loups.

Tirer plutôt que protéger les troupeaux

Le déclenchement des tirs est soit laissé à l’appréciation du préfet, soit consécutif à une simple déclaration de l’éleveur, sans obligation de protéger les troupeaux, qu’ils soient ovins, caprins ou bovins. Il s’agit là d’un nouveau recul des conditions de tir, revenant à ruiner 30 ans d’efforts de protection des troupeaux, seule solution efficace pour limiter le risque de prédation. Le seul recours aux tirs, et non plus aux moyens de protection, est un changement complet de paradigme, qui donne l’illusion non démontrée qu’il s’agit là d’un remède à la prédation.

Un risque réel pour l’avenir du loup

Le maintien de notre population de loups dans un bon état de conservation n’est visiblement pas une priorité française, alors qu’il s’agit d’une obligation européenne.
En effet, la France a relevé le plafond de destructions de loup autorisées annuellement, à 23% de la population estimée (par l’Office Français de la Biodiversité et son réseau loup-lynx).

La conséquence, selon le dernier rapport conjoint de l’OFB et du CNRS 1 (septembre 2025, page 16), c’est que la population de loups a 66% de chances de diminuer, ce qui contrevient à nos obligations. Nos ministres ont ainsi décidé en toute connaissance de cause de faire fi de la science, et de tout mettre en œuvre afin de réduire la population de loups, et de les rendre non viables sur notre territoire.
Animal Cross étudie les possibilités de recours contre ces deux arrêtés ministériels.

(1) Duchamp, C. Milleret C., Gimenez, O. 2025. Etat de conservation du loup en France : mise à jour 2025 de la viabilité démographique de la population sous régime de tirs dérogatoires. Rapport de saisine inter-ministérielle du 04.12.2024. OFB/CEFE-CNRS., France. 25 pages. Disponible sur : https://professionnels.ofb.fr/fr/node/1200

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Répondre à la consultation publique avant le 20 mars 2026

La direction départementale des territoires (DDT) de Saône-et-Loire met actuellement à consultation du public un projet d’arrêté préfectoral autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 juin au 14 septembre 2026.

Cette période dite « complémentaire » permettrait le déterrage des blaireaux en plein été, c’est-à-dire pendant la période d’élevage des jeunes, une pratique particulièrement controversée et dénoncée depuis de nombreuses années par les associations de protection de la nature.

👉 Animal Cross vous invite à participer à la consultation publique et à vous opposer à ce projet d’arrêté.
Attention : pour que votre participation soit valable, pensez à autoriser la publication de votre contribution et à cocher la case « Avis défavorable » avant de déposer votre commentaire.
La mention « Avis favorable au projet d’arrêté » peut apparaître par défaut : ne vous y trompez pas.

Voir la consultation

Proposition de réponse :

Monsieur le Préfet de la Saône-et-Loire,

La Direction Départementale des Territoires de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté préfectoral portant sur la période complémentaire de la vénerie sous terre du Blaireau pour la période allant du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

Je souhaite déposer un AVIS DÉFAVORABLE à votre projet d’arrêté.

- L'argument d'une prétendue "prolifération" est démenti par les réalités biologiques de l'espèce. Le blaireau présente une vulnérabilité intrinsèque due à une dynamique de reproduction particulièrement lente :

  • Faible taux de reproduction : Seules 30 % des femelles se reproduisent annuellement (1), avec une moyenne de seulement 2,7 blaireautins par portée.
  • Mortalité juvénile critique : Entre 50 % et 70 % des jeunes périssent avant leur première année (collisions routières, conditions climatiques).
  • Il n'existe pas de recensement fiable des populations de blaireaux dans le département 71. Les données fournies par les chasseurs sont partiales et insuffisantes pour prouver une surabondance.

- Il est illegal de tuer les "petits" de mammifères. Scientifiquement, le "petit" désigne l'individu inapte à assurer le renouvellement de l'espèce. Toute intervention avant l'émancipation totale (fin d'automne) impacte directement la pérennité démographique locale. En effet, les blaireautins naissent généralement entre janvier et mars. Ils restent dans le terrier pendant leurs premières semaines de vie et ne commencent à en sortir qu’aux alentours de 6 à 8 semaines, au moment du sevrage. À partir de là, ils apprennent progressivement à se nourrir seuls et à s’intégrer dans la vie sociale du clan. Cependant, leur développement est lent. Les études scientifiques montrent que le blaireau est considéré comme un « petit » tout au long de sa première année de vie (1). Autrement dit, les jeunes nés au printemps sont encore très immatures pendant l’été.
La Cour administrative d’appel de Bordeaux (avis du 24 février 2026) précise que la notion de « petits » correspond à un défaut d'autonomie (incapacité de survivre seul) et que cet état ne doit être assimilé ni à la période de sevrage, ni à la maturité sexuelle.
De plus, la vénerie sous terre est une méthode non-sélective. L'animal étant terré, le chasseur est incapable d'identifier l'âge ou le statut de l'individu avant l'extraction aux pinces.
- La destruction des terriers nuit à la biodiversité globale en impactant les espèces cohabitantes, dont certaines sont protégées : le Putois d'Europe, le Chat forestier, le Renard, le Lapin de garenne et diverses espèces de Chauves-souris.
- Les dégâts aux cultures sont minimes avec seulement 22 cas signalés et la vénerie sous terre n'est pas une solution adaptée pour les dégâts aux infrastructures routières ou ferroviaires.
- Il existe des alternatives non-létales : Les répulsifs naturels ont prouvé leur efficacité pour un coût moindre pour les finances publiques. Il est également possible de recourir à des terriers artificiels.

- La vénerie sous terre, par sa nature même (acculement par les chiens, extraction traumatique aux pinces métalliques, mise à mort manuelle), inflige une souffrance extrême et prolongée. Ce caractère barbare est en rupture totale avec l'évolution des mœurs et les attentes sociétales : 83 % des Français sont favorables à l'interdiction du déterrage (Sondage IPSOS 2018).
 
(1)  https://hal.science/hal-03035073v1  ( François Lebourgeois. Le blaireau européen (Meles meles L.). Synthèse des connaissances européennes. Partie 2: groupes familiaux, dynamiques des populations et domaines vitaux. Revue forestière française, 2020)
 

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Le 4 février 2026, la dépouille d’un loup mâle était découverte dans le Cantal. Le même jour, un chasseur se présentait de lui-même, auprès des autorités, en expliquant avoir confondu l’animal avec un renard lors d’une battue le 31 janvier 2026, soit 5 jours plus tôt. Il ressort de l’examen que ce loup est bien mort à la suite d’un tir non autorisé. Il s’agit donc d’un acte de destruction illégale d’une espèce protégée par la loi. Cependant, selon la procureure de la République en charge du dossier, il n’y aurait pas eu d’intentionnalité ici ce qui écarterait la thèse du braconnage. Une enquête est toujours en cours mais le chasseur ne pourrait être finalement sanctionné que d’un rappel à la loi. Nous, Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement, ne pouvons pas fermer les yeux sur cette indulgence judiciaire extrêmement dangereuse pour le loup ! Nous notons la promptitude des auteurs de braconnage à s’abriter derrière la « non-intentionnalité » de leur acte, scandaleusement protégé par la loi d’orientation agricole de mars 2025.

Une plainte commune contre ce chasseur vient d’être portée par certaines associations du collectif Cap Loup : ANIMAL CROSS, l’ASPAS, l’ASPA VOSGES, CARDUELIS, Éducation Éthique Animale, FERUS, Focale pour le Sauvage, la FRANE, le Groupe Mammalogique d’Auvergne (GMA), le Pôle Grands Prédateurs et la SFEPM.

Un loup ne ressemble pas à un renard : une confusion est peu probable. Nos associations s’étonnent d’autant plus d’une telle méprise que la chasse et les formations au permis de chasse insistent sur la sécurité du tir qui implique l’obligation formelle d’identifier sa cible avant de tirer, puis de vérifier son tir, l’objectif étant notamment de ne pas laisser une bête agonisante. Deux impératifs que ce chasseur ne semble pas avoir respectés.

Nous rappelons que la population de loups sur le territoire français stagne depuis 2022. Surtout, le Conseil européen[1] et l’OFB-CEFE[2] estiment réel le risque de baisse de la population, notamment depuis l’augmentation inacceptable du nombre de destructions de loup autorisées annuellement (contre laquelle nous avons bien l’intention d’agir) — jusqu’à 23% de la population lupine —, ce qui porte à 2/3 le risque de la faire diminuer. Les tirs illégaux augmentent encore cette probabilité, c’est pourquoi il est important de condamner ces infractions pour prévenir ce fort risque de décroissement. Le loup est une espèce clé de voûte qui joue un rôle écologique primordial pour nos paysages et nos cultures. Prédateur naturel, il participe à la régulation des ongulés sauvages.

La présence du loup dans le Cantal est très irrégulière depuis les années 2000 ce qui pourrait potentiellement s’expliquer par des faits de braconnage. La destruction de ce mâle, dans un département qui ne compte qu’un à deux individus, est très préjudiciable à l’espèce et porte donc directement atteinte à son bon état de conservation localement. C’est pourquoi nos associations portent plainte collectivement contre ce chasseur qui a reconnu avoir abattu « par inadvertance » ce loup. Il est hors de question de laisser cette « erreur » se reproduire ou devenir une habitude. L’avenir du loup sur notre territoire en dépend !

 

 

CONTACTS PRESSE

Animal Cross :

Pascal Sourdin, référent loup : 06 38 37 78 33

ASPAS :

Thierry Ruf : 06 10 27 44 23 ***********@**********re.org« >/ th*********@**********re.org

Carduelis :

Carmen Munoz Pastor et Vincent Primault : ca*******@*****te.net / 05 55 83 17 78 / 06 62 61 05 25

Éducation Éthique Animale :

Marie-Laure Laprade :  06 28 37 48 83 / ed***************@***il.com

FERUS :

Denis Doublet Vice-président et coordinateur loup : co***************@***us.org / 07 82 75 75 55

Focale pour le Sauvage :

Sandra Bérénice Michel, Co-présidente : 07 85 75 48 63 / sa**************@**ve.fr

Pôle Grands Prédateurs :

Mickaël Paul, Co-président : 07 77 23 85 97

 

[1] Évaluation de l’état de conservation du loup (Canis lupus) en Europe, Conseil européen, T-PVS/Inf(2022)45

[2] État de conservation du loup en France, CEFE-OFB, 2025

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