Découvrez les habitants de notre terrain en libre évolution dans le 64

Découvrez les habitants de notre terrain en libre évolution dans le 64

La semaine dernière, nous vous parlions de notre terrain de 1 ha en libre évolution, dans le 64.

C'est avec joie et émotion que nous avons découvert les premières images capturées par nos caméras, installées pour documenter discrètement les habitants du lieu : Blaireaux, chevreuils, possiblement un chat forestier, mustélidés : la vie est bien là, riche et foisonnante.

Sur seulement 1 ha, il n’est pas rare d’observer le passage de plusieurs espèces : un territoire de blaireaux peut s’étendre sur quelques hectares, un chevreuil peut parcourir plusieurs dizaines d’hectares, et les mustélidés, très discrets, occupent eux aussi ces espaces riches en biodiversité.

Ces images sont une preuve précieuse que lorsqu'on laisse un espace évoluer librement, sans chasse, sans exploitation, sans perturbation humaine, la nature reprend ses droits.

Nous allons continuer à observer, documenter, pour vous faire découvrir ces habitants discrets, leurs habitudes, leurs histoires…

Un voyage au cœur du sauvage, que nous sommes heureux de partager avec vous.

Découvrez les images ici 👇

Que devient la nature quand on lui laisse de la place et du temps ?

Que devient la nature quand on lui laisse de la place et du temps ?

Agir pour le vivant

La libre évolution, cela commence dans son jardin

Découvrez les actions concrètes que vous pouvez appliquer

Rappel de ce qu'est la libre évolution

La libre évolution, est un concept de protection de la nature qui consiste à laisser des espaces se développer spontanément, sans intervention humaine directe sur les processus naturels (la ballade sur les sentiers et les études scientifiques restent possibles). Concrètement, il s'agit de laisser les dynamiques écologiques faire leur travail de résilience et de création de vie, en abandonnant toute activité extractive (coupe de bois, agriculture), intrusive (activité touristique, hors ballades sur les sentiers) ou délétère (chasse, pêche) . Dans ces milieux, la nature n'est ni exploitée, ni aménagée, ni gérée : les arbres morts sont par exemple laissés sur place pour s'intégrer au cycle naturel.

C'est un espace de régénération où la vie reprend ses droits.

POURQUOI EST-CE ESSENTIEL ?

L'objectif majeur de la libre évolution est de restaurer la biodiversité et de retrouver des écosystèmes complets et fonctionnels. En laissant les processus écologiques spontanés s'exprimer, ces espaces permettent le retour d'une grande diversité d'espèces animales, végétales et fongiques, notamment celles qui dépendent de la maturité des écosystèmes.

Plus un milieu est riche et diversifié, plus il devient résistant et résilient face aux aléas climatiques et aux pathogènes. Par exemple, une forêt non exploitée abrite une quantité importante de bois mort et de vieux arbres à cavités, qui sont essentiels à la survie de nombreuses espèces : jusqu'à un tiers des espèces forestières dépendent du bois mort, et 41 % des espèces d'oiseaux forestiers en France métropolitaine ont besoin de ces cavités pour se reproduire.

Les milieux ouverts en libre évolution explosent également de vie : la richesse végétale peut être fortement réduite par le pâturage intensif.

Pourquoi l'absence d'activité humaine sur ces espaces ?

Pour que la nature puisse exprimer son plein potentiel, il est impératif d'y proscrire les activités humaines, car même celles qui semblent anodines perturbent profondément les écosystèmes :

  • L'exploitation forestière : Les coupes de bois entraînent une perte d'habitat considérable en éliminant les vieux arbres et le bois mort. Le passage des engins mécanisés tasse les sols, les appauvrit en nutriments, et le sol mettra ensuite des centaines d'années pour retrouver ses conditions écologiques antérieures.
  • L'agriculture et le pastoralisme : Le surpâturage par le bétail bouleverse les processus écologiques, appauvrit drastiquement la flore, et réduit fortement  la diversité de l'entomofaune (les insectes).
  • La chasse et la pêche : Au delà du problème éthique de tuer des animaux, la chasse et la pêche engendrent un stress immense et une dépense d'énergie nuisible aux animaux, ce qui affaiblit leur condition physique et fait baisser leur taux de reproduction. La chasse pollue également les sols et l'eau à cause du plomb des munitions.
  • La surfréquentation humaine : Même la simple présence humaine, à travers les loisirs et le tourisme hors des sentiers, a un impact. Le dérangement régulier peut modifier le comportement des animaux, les rendant parfois plus nocturne, ce qui modifie les chaînes alimentaires.  Le piétinement détruit la couverture végétale ainsi que les processus microbiens du sol.

Les espaces en libre évolution ne doivent pas occuper tout l'espace bien évidemment mais cohabiter avec d'autres systèmes de gestion. Et dans ces espaces en libre évolution, on peut accepter des balades contemplative sur les sentiers et des études scientifiques.

Le cycle de la nature et le retour de la forêt

Nous avons filmé un terrain en libre évolution dans le 64, un petit havre de paix pour la faune et la flore, qui a fait l'objet d'une ORE* signée entre la commune et Animal Cross.

A première vue on peut observer une végétation qui peut sembler désordonnée, et beaucoup d'espaces dominés par les ronces. Cependant, il est essentiel d'expliquer que ce stade, appelé la "friche", est une étape transitoire tout à fait normale et vitale vers le retour de la forêt.

La friche : une étape mal comprise

Après l'arrêt de l'exploitation humaine (la déprise), la terre entre dans une phase de transition : la friche. Loin d’être un abandon, c’est un milieu vivant, riche et en pleine transformation.

Elle est souvent colonisée par ce que l'on appelle à tort les "mauvaises herbes" ou les broussailles. Parmi elles, la ronce, fréquemment perçue comme envahissante, est en réalité une formidable alliée du vivant. Telle une "pieuvre végétale", elle étend ses tiges et occupe rapidement l’espace.

Ce faisant, elle joue un rôle protecteur essentiel : elle forme un couvert dense qui attire de nombreux insectes, sert de refuge aux petits et grands mammifères, et surtout, protège les jeunes pousses d'arbres de la dent des herbivores.

Accompagnée d'autres espèces pionnières comme le prunellier ou le genêt, la ronce prépare le terrain et accélère la dynamique forestière. À l'abri de ces épines, les jeunes arbres peuvent grandir en toute sécurité. Petit à petit, ils finissent par dépasser les ronces, les privant de lumière, et la forêt reprend ses droits.

Le temps, élément essentiel au retour de la vie

Le retour à une forêt véritablement mature et sauvage est un processus de temps très long. Si les premiers arbres peuvent former un boisement en quelques décennies, le sol lui-même a besoin de plusieurs dizaines et jusqu'à des centaines d'années pour se remettre des coupes et de l'exploitation passée.

On considère qu'un boisement devient une "forêt ancienne" lorsque le sol a connu une continuité boisée sans modification d'usage depuis plusieurs siècles.

Enfin, pour que la forêt accomplisse la totalité de son cycle biologique naturel et devienne ce que l'on appelle une "vieille forêt" (avec ses très gros arbres, son bois mort au sol et sa naturalité maximale), il faut compter entre 300 et 400 ans. C'est un travail patient, têtu et serein que seule la nature peut accomplir, à condition qu'on lui en laisse le temps et l'espace.

Mais ce temps long ne signifie pas qu’il ne se passe rien. Bien au contraire.

Dès les premières années, les changements sont visibles : les plantes sauvages recolonisent les sols, les insectes reviennent, les oiseaux réapparaissent. La vie s’installe à nouveau, rapidement, dès que la pression humaine disparaît.

Puis, au fil des décennies, les milieux se structurent, se diversifient, deviennent plus riches et plus stables. Les arbres poussent, les habitats se complexifient, les équilibres se recréent.

Les centaines d’années concernent les stades les plus avancés — les forêts anciennes, les écosystèmes pleinement matures. Mais les bénéfices, eux, commencent immédiatement.

La vie ne tarde pas à revenir. Elle attend seulement qu’on lui laisse la possibilité de le faire.

Exemple de bois mort utilisé par différentes espèces : champignons, insectes, végétaux etc.

Alors agissons dès maintenant !

La libre évolution, cela commence dans son jardin

Découvrez les actions concrètes que vous pouvez appliquer

*L'ORE (Obligation Réelle Environnementale) est un outils juridique de protection de la biodiversité. C'est un dispositif foncier impliquant des personnes morales de droit privé comme public ainsi que des personnes physiques. Ce dispositif permet à tout propriétaire d’un bien immobilier de mettre en place, s’il le souhaite, une protection environnementale attachée à ce bien. Une solution particulièrement utile afin d’en garantir la protection d'un espace naturel sur une période pouvant aller jusqu’à 99 ans.

Pour aller plus loin

Notre site internet dédié à la libre évolution 👇​

Notre manifeste sur la libre évolution 👇​

Visionnez notre vidéo explicative sur la lire évolution et son intérêt 👇​

Ours des Pyrénées : Il est urgent de désamorcer la bombe génétique ! ⚠️🐻🧬

Ours des Pyrénées : Il est urgent de désamorcer la bombe génétique ! ⚠️🐻🧬

Communiqué de presse commun, le 26 mars 2026

 

À rebours du discours indiquant que “tout va bien” pour l’ours brun dans les Pyrénées, l’évolution de la population soulève des questions fondamentales sur la viabilité de l’espèce.

Afin de disposer d’éléments objectivés concernant la menace liée à la consanguinité, l'association Pays de l'Ours - Adet a confié au bureau d’études privé LDgenX une expertise démogénétique de la population d’ours des Pyrénées.

Le dossier “Ours des Pyrénées : l’urgence de désamorcer la bombe génétique” revient sur les résultats tirés de l’étude, dresse le constat de l’inaction publique malgré les alertes, rappelle l’État à ses obligations et adresse des demandes précises au Ministère de la Transition écologique.

Après modélisation et simulations des évolutions possibles, le constat dressé par le bureau d'études est sans appel : “Malgré une apparente croissance en nombre, l’érosion génétique reste sévère et constitue une alerte pour la viabilité future de l’espèce.”
90 % des ours présents dans les Pyrénées descendent de seulement deux femelles et un mâle. Cette base fondatrice extrêmement étroite a conduit à un triplement de la consanguinité en 20 ans. Sans intervention rapide, ce taux devrait encore doubler d'ici deux décennies. Or, la consanguinité a déjà des effets perceptibles sur la reproduction et la survie des ours.

La cause de cette situation est claire : depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs ont systématiquement négligé (et parfois occulté) les alertes des scientifiques préconisant de lâcher des ours afin de viabiliser la population. Or, la France a l’obligation de restaurer une population viable d’ours dans les Pyrénées.

Alain Reynes, directeur de Pays de l’Ours – Adet, interpelle :

“Nous ne pouvons plus fermer les yeux, il y a urgence à enrayer la consanguinité, au risque qu’elle devienne incontrôlable et durablement préjudiciable à la population d’ours brun. Il en est encore temps, mais l’inaction n’est plus une option.”

S’appuyant sur les préconisations des experts du bureau d’études LDgenX, Pays de l’Ours - Adet, Animal Cross, ainsi que les autres associations en soutien demandent notamment à la ministre de la Transition écologique :

  • le remplacement immédiat des 4 ours morts de cause humaine dans les Pyrénées en 2020-2021, conformément à l’engagement pris dans l’actuel plan d’action ;

  • la création d’un “Comité Scientifique Ours” indépendant ;

  • la mise à l’étude dès maintenant d’un nouveau Plan National d’Action en faveur de l’ours, incluant le lâcher de 30 ours dans les Pyrénées d’ici à 2040.

Pour la conservation de l’ours brun des Pyrénées, l’heure n’est plus à la contemplation des courbes d'effectifs, mais à la relance de la restauration démogénétique de la population.

Contact presse :    co*****@**********ss.org

 

 

Le printemps est là : les bons gestes pour protéger la faune sauvage

Le printemps est là : les bons gestes pour protéger la faune sauvage

Le printemps signe le retour des beaux jours, mais c'est avant tout une période cruciale et très sensible pour la biodiversité : c'est la période de reproduction et de naissance pour de nombreuses espèces. Pour cohabiter harmonieusement avec la nature, voici les gestes essentiels à adopter.

Chiens en laisse : éviter les divagations pour respecter le repos de la faune

Du 15 avril au 30 juin, une réglementation stricte impose de tenir les chiens en laisse en dehors des allées forestières (routes, chemins, sentiers balisés).

Le printemps est la saison où les mammifères mettent bas et les oiseaux nidifient. La simple présence d'un chien en liberté, qu'il fouine dans un terrier ou s'approche d'un nid au sol (comme ceux des courlis, vanneaux ou certains rapaces), peut causer un stress immense aux animaux sauvages, provoquer des fausses couches et l'abandon des petits par leurs parents, ou mener à la destruction directe des couvées.

C'est ici qu'une règle de bon sens s'impose : la liberté de notre chien doit s'arrêter à celle de la faune sauvage. Tout animal a droit au respect, et il ne devrait y avoir aucune hiérarchie entre notre animal de compagnie et la faune locale qui lutte pour sa survie.

Le non-respect de cette obligation de tenue en laisse est d'ailleurs passible d'une amende pouvant atteindre 750 €.

Des Haies SANS élagage pour protéger les oiseaux et leurs nids

Laissez les outils dans votre remise du 15 mars à fin août !

Pour protéger les oiseaux, il est fortement recommandé de ne plus tailler les haies ni d'élaguer les arbres entre la mi-mars et la fin du mois d'août. C'est dans ces branchages que de nombreuses espèces (merle noir, rougegorge, verdier d'Europe, mésange) s'installent pour créer leurs nids.

Tailler les haies durant cette période risque de détruire cet habitat vital et de déranger les couvées avant l'envol des derniers oisillons. Les haies sont de véritables écosystèmes offrant protection et nourriture, indispensables à la biodiversité.

Toutefois, certains arbres, notamment fruitiers peuvent être taillés pour leur vigueur et leur productivité.

À noter qu' « Il est interdit de détruire, d’enlever ou d’endommager intentionnellement les nids et les œufs, de ramasser les œufs dans la nature et de les détenir (…) » Article L424-10 du Code d l'environnement.

Au jardin : des espaces au service de la nature

Avoir un beau jardin ne signifie pas que tout doit être rasé de près. Pour aider la biodiversité chez soi, le meilleur réflexe est de laisser une partie de votre jardin sans tonte pour faire place à la nature.

En laissant les herbes folles pousser et en épargnant certaines zones, notamment en laissant des bandes enherbées le long de vos haies, vous offrez un habitat et un refuge propices au développement des insectes, des amphibiens et des petits mammifères, comme les hérissons.

Petite astuce : si vous devez tondre, commencez par le milieu du jardin pour laisser à la petite faune le temps de fuir vers les abris périphériques.

En nature : Rencontres avec des bébés animaux, prudence !

Lors de vos balades printanières, il n'est pas rare de croiser un jeune animal seul au sol, comme un faon, un levraut ou un oisillon. Le réflexe absolu est de ne pas les toucher et de s'en éloigner rapidement.

Contrairement aux apparences, ces bébés sont très rarement abandonnés ; leur mère est souvent partie s'alimenter ou reste cachée à cause de votre présence. Récupérer ces jeunes animaux compromet gravement leurs chances de survie et c'est une pratique interdite par la loi.

Ne contactez un centre de soins de la faune sauvage ou l'OFB QUE si l'animal est manifestement blessé ou si la mère est morte à proximité.

Enfin, lors de vos promenades, restez toujours sur les sentiers pour ne pas déranger les animaux en pleine période de reproduction ni piétiner son environnement.

Sur les routes, soyons vigilants : le danger est critique

Soyez également particulièrement vigilants au volant sur les routes, car les déplacements de la faune (notamment les jeunes inexpérimentés) sont fréquents à cette saison.

Réduisez votre vitesse (en dessous de 90 km/h) et redoublez de vigilance à l'aube et au crépuscule. Soyez très attentifs près des lisières de forêts et des zones humides, tout particulièrement lors des nuits pluvieuses.

Cette saison est critique pour les amphibiens qui entament leurs migrations massives vers leurs sites de reproduction. Leur lenteur et leur comportement consistant à s'immobiliser face aux phares les rendent extrêmement vulnérables.

Le printemps (avril-juin) est également la période la plus meurtrière pour le chevreuil, en raison de la dispersion territoriale des jeunes. De plus, la consommation de bourgeons printaniers a tendance à rendre ces cervidés "ivres", ce qui diminue fortement leur prudence.

 

Municipales et projets écocides

Municipales et projets écocides

Le dernier tour des municipales approche, un moment décisif qui va façonner les politiques locales pour les 6 prochaines années. Parmi les enjeux majeurs : l’environnement. À l’heure où la biodiversité s’effondre et où l’agro-industrie s’intensifie, la vision écologique de votre futur maire est cruciale.

Dans les Pyrénées-Atlantiques où nous sommes implantés, 3 projets écocides sont en cours d’étude : E-CHO, BIOCHAR et NACRE. Ces projets sont un mirage environnemental, dont le but est de produire une ressource soi-disant "verte" et sans impacts sur l'environnement à la production.

Un leurre, avec à la clé des destructions nettes en termes de biodiversité : une menace directe pour les forêts Pyrénéennes et alentour.

E-ECHO : situé à Lacq, porté par la start-up Elyse Energy, ce projet a pour objectif de prélever de la biomasse forestière et agricole, ainsi que de faire passer le débit de la rivière, le gave de Pau, dans le plus grand électrolyseur jamais conçu par l’industrie, pour produire un kérosène synthétique. Objectif : produire 1% de la consommation de kérosène français, principalement à destination de l’aéroport de Bordeaux.

BIOCHAR : situé à Garlin, porté par la start-up Miraia, ce projet a pour objectif de prélever de la biomasse forestière pour produire du biocharbon de bois pour fertiliser les sols.

NACRE : situé à Lacq, ce projet a pour objectif de produire du bioéthanol à usage routier (ainsi que d’autres coproduits : biométhane, CO2 et lignine) à partir de biomasse non alimentaire, en majorité du bois, des déchets de maïs, du miscanthus et du bambou (matières contenant de la cellulose).

Ces projets, financés en partie par des fonds européens, contribuent à un modèle de développement qui entraîne la destruction de forêts pour augmenter le trafic aérien et routier.

Ce qu'ils ont en commun ? 

une production dérisoire d'énergie pseudo "verte" (<1% des besoins) entraînant des conflits d’usage sur la ressource forestière, et aucune certitude en termes de réduction des gaz à effet de serre, mais pas en termes des impacts bien irréversibles :

► Coupes forestières massives
► Épuisement des capacités de stockage forestier du carbone
► Mise en danger de la biodiversité
► Bouleversement des paysages …
► Bouleversement des économies locales ou agricoles : mise en concurrence accrue des différents usages des ressources existantes.

Ces projets ne sont pas isolés : des initiatives similaires se multiplient en France, sous les mêmes prétextes fallacieux comme le projet Hynovera à Gardanne que la mobilisation citoyenne a fait arrêter.

Alors, avant de voter, posez-vous la question :

Votre candidat soutient-il ces projets ?
Quelle est sa vision pour protéger les forêts, l’eau et la biodiversité locale ?

Voter contre ces projets aux municipales, c’est faire un pas vers la protection durable de votre territoire, son économie, ses paysages, et son patrimoine naturel.

POUR ALLER PLUS LOIN ET AGIR MAINTENANT

L’hécatombe invisible des collisions avec la faune sauvage

L’hécatombe invisible des collisions avec la faune sauvage

Les routes tuent plus d’animaux qu’on ne l’imagine et nous sommes directement concernés...
 En France, notre réseau routier est parmi les plus vastes et denses d’Europe : près de 1,1 million de kilomètres sillonnent le pays. Autant de trajets possibles… et autant de risques de collisions pour la faune sauvage. Qui n’a jamais aperçu un animal mort sur le bord d’une route ?

Ces victimes visibles ne représentent pourtant qu’une infime partie du drame. Et si, après la destruction des habitats, la pollution et l’agriculture intensive, les routes étaient devenues la deuxième grande cause de mortalité de notre biodiversité ?

Agissez et portez secours à la faune sauvage

Retrouvez toutes les instructions dans notre guide pratique

Des chiffres alarmants : une mortalité massive et sous-estimée

C’est ce que révèlent les travaux d’Annaëlle Bénard de 2023-2025, menés en partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Des chiffres faramineux, bien loin des quelques cadavres que nous apercevons au bord des routes. Une hécatombe silencieuse, bien plus massive qu’on ne l’imagine.
Selon ses travaux, le nombre total d'animaux sauvages tués chaque année sur nos routes se situe entre 10,8 millions et plus de 395 millions d'individus, avec une médiane estimée à 40 millions d'animaux sauvages tués.
Ce sont les petits oiseaux de moins de 20g les plus touchés avec une estimation de 37,5 millions par an. D'autres espèces sont également largement touchées comme le hérisson d'Europe, espèce pourtant protégée, avec environ 907 300 animaux tués.

Ces estimations inédites demeurent cependant prudentes et probablement sous-estimées car ils n'incluent ni les animaux projetés dans les fossés, ni ceux coincés dans les calandres, ni les blessés allant mourir plus loin dans la nature.

Estimation du nombre d'animaux sauvages tués sur les routes (source Annaëlle Bénard)

Groupe d'espèces Fourchette Basse Estimation Retenue (Médiane) Fourchette Haute
Petits oiseaux (< 20g) 10 000 000 37 500 000 384 500 000
Hérissons d'Europe 235 000 907 300 3 710 800
Mammifères carnivores (Renards, Blaireaux, Martres/Fouines) 104 200 431 700 1 903 800
Reptiles (Serpents, Lézards et Cistude d'Europe) 65 557 223 515 627 675
Rapaces (Nocturnes et Diurnes) 77 696 202 025 508 738
Autres Mammifères (Chevreuils, Sangliers, Lièvres, autres petits carnivores...) ~ 48 400 199 007 ~ 883 500
Autres Oiseaux (Merles, Grives, Corvidés, Colombidés, Pics...) ~ 207 900 687 700 ~ 2 616 000
TOTAL GÉNÉRAL ESTIMÉ ~ 10,8 millions ~ 40 millions ~ 396,3 millions

 

Cas particulier du Lynx : en 2022, 24 lynx on été tués sur les routes, sachant que l'on estime entre 108 et 173 le nombre d'individus. Les collisions routières constituent la menace principale pour le Lynx boréal en France, représentant à elles seules 60 % de la mortalité détectée chez cette espèce.

 

Schéma explicatif du nombre d'animaux tués sur les routes (effet iceberg) et les plus touchés

Pourquoi les fourchettes d'estimation sont-elles aussi larges ?

L'écart immense entre l'estimation basse (10 millions) et haute (395 millions) s'explique par les biais massifs de détection que les modèles statistiques doivent corriger :
  • La disparition "éclair" des cadavres : Les petites carcasses (comme les passereaux de moins de 20 grammes) disparaissent de la route en moins de 30 minutes à cause du trafic, du vent et des charognards.
  • La très faible détectabilité : Depuis un véhicule roulant à 80 ou 90 km/h, un conducteur ne détecte qu'environ 3 % des petits animaux ou de ceux au pelage sombre. Un expert à pied repère 34 fois plus d'animaux qu'un automobiliste lambda.
  • Le taux de signalement citoyen : Les données reposent en grande partie sur le volontariat (sciences participatives), et l'on estime que seul un tiers des animaux aperçus est réellement signalé.

Quels sont les facteurs influençant les collisions ?

Les facteurs influençant les collisions entre les véhicules et la faune sauvage sont multiples et s'articulent autour de quatre dimensions principales : les caractéristiques de l'infrastructure, le trafic, le milieu environnant (paysage) et la biologie propre à chaque espèce animale.

  • L'infrastructure et le trafic : La vitesse est le facteur aggravant principal, le risque explose au-delà de 90 km/h. La densité du trafic augmente le risque jusqu'à un certain seuil (estimé selon les sources entre 2 500 et 10 000 véhicules/jour), au-delà duquel un effet barrière se produit : le bruit et le mouvement dissuadent les animaux de la traverser. Les clôtures mal entretenues ou discontinues (près des échangeurs) peuvent également piéger les animaux sur les voies.
  • Les facteurs paysagers : Les routes traversant des lisières de forêts, longeant des cours d'eau ou coupant des corridors écologiques concentrent les "points noirs".
  • Les comportements biologiques : Les amphibiens migrent en masse et se figent face aux phares ("pausers"), les reptiles s'exposent sur le bitume chaud pour thermoréguler, tandis que la chasse automnale pousse les sangliers paniqués sur les routes.
  • Le moment de la journée et l'année : Le risque culmine la nuit, et particulièrement au crépuscule et à l'aube, ainsi qu'au printemps (rut, migrations) et en automne (dispersion des jeunes).

Schémas des facteurs influençant les collisions

Quels impacts sur la biodiversité ? (Une cause de mortalité majeure)

Au delà des animaux tués directement par collisions, le réseau routier a d'autres impacts délétères pour les populations vivant à plusieurs niveaux :
  • Un prélèvement aveugle : Contrairement à la prédation naturelle qui cible les individus faibles, la route tue indifféremment les individus les plus vigoureux, accélérant le déclin démographique.
  • L'effet "Puits" (Sink effect) : Les bords de route attirent les insectes et rongeurs, attirant à leur tour leurs prédateurs (renards, rapaces) qui se font écraser. Ces animaux tués laissent des territoires vides qui attirent de nouveaux individus, lesquels sont tués à leur tour, créant un phénomène d'épuisement continu des populations adjacentes.
  • La fragmentation et l'isolement : En plus de tuer, les routes agissent comme une barrière (totale ou partielle) qui empêche les animaux d'accéder à des ressources vitales (nourriture, partenaires, zones de reproduction). L'isolement des populations sur de petites "zones" d'habitat limite le brassage génétique, provoquant une consanguinité, ce qui fragilise la viabilité des population et la survie à long terme.
  • Entrave à l'adaptation au changement climatique : Les infrastructures routières, en multipliant les obstacles et les points de mortalité, constituent un frein majeur à la capacité de déplacement vers des zones plus propices aux populations.
  • Déséquilibres écosystémiques : La perte de diversité induite par les collisions perturbe les équilibres trophiques (relations proies-prédateurs) et les services écosystémiques associés. Par exemple, la disparition massive d'amphibiens lors de migrations saisonnières interrompues par une route peut compromettre la survie locale de l'ensemble de leur population et affecter les prédateurs qui en dépendent.

Schémas des impacts du réseau routier sur la biodiversité

Quelle place laisser au vivant ?

Entre la fragmentation des territoires, la destruction de leurs habitats, la pollution et l’intensification de nos activités agro-industrielles, liées à une activité humaine toujours plus dense et intense, quelle place souhaitons-nous laisser au vivant dans cette course effrénée vers la croissance ?

Nous avons bien plus besoin du vivant qu'il n'a besoin de nous. N'est-il pas temps de repenser notre manière d'interagir avec le vivant, de l'intégrer pleinement dans nos comportements et notre façon de vivre ?

Préserver le vivant devient une nécessité et cela demande de changer nos habitudes : accepter de ralentir sur certaines routes à des périodes clés, accepter qu’un tronçon soit temporairement fermé pour permettre la migration des batraciens, ou encore adapter nos déplacements aux rythmes de la nature.

Les animaux, pour survivre, doivent sans cesse s’adapter à notre monde. Ils modifient leurs itinéraires pour éviter nos routes, nos zones de chasse, nos villes. Nous les acculons dans des espaces toujours plus restreints, toujours plus fragmentés. Cela a un impact bien plus important que nous le pensons.

Car tout est lié : sans insectes ni batraciens, les oiseaux disparaissent. Sans oiseaux, les petits mammifères et les mustélidés déclinent à leur tour. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que les campagnes, autrefois bouillonnantes de vie, deviennent désertiques et silencieuses.

Pourtant, nous pouvons agir, changer nos comportements sur les routes, prendre conscience du danger que nous représentons et intégrer dans nos habitudes ces moments de vigilance et de respect qui peuvent permettre de laisser plus de place à cette faune sauvage que nous apprécions tant.

Comment agir ?

Nous pouvons avoir un impact concret à notre échelle :

🟢​Être plus prudent et attentif sur la route :surtout la nuit, à l'aube et au crépuscule, période où l'activité animale est la plus forte. Mais également en zone forestière, proche de cours d'eau ou lors des saisons critiques (printemps, automne, jours de pluie).

🟢​ Réduire sa vitesse : cela permet d'augmenter notre vigilance et surtout, cela offre le temps de réaction nécessaire pour éviter le choc autant pour l'automobiliste que pour l'animal.

🟢​ Sensibiliser : Parlez-en autour de vous. Informer les autres conducteurs des risques pour la faune est une action essentielle pour faire changer les comportements.

🟢​ Participer aux sciences participatives : vous pouvez signalez les animaux morts que vous croisez via des applications gratuites comme NaturaList ou sur le portail Faune-France. Ces données permettent aux scientifiques et aux associations de prouver l'existence de "points noirs" et d'exiger des pouvoirs publics la construction d'aménagements protecteurs (passage à faune, crapauducs, panneaux de signalisation lumineux etc.).

Que faire lorsque vous percutez un animal sur la route ou êtes témoin d'une collision ?

En amont

  1. Renseignez-vous sur le Centre de Soins pour la Faune Sauvage le plus proche. S'il est trop loin, vous pouvez leur demander quelle la clinique vétérinaire de référence de votre département.
  2. Ayez le matériel dans votre voiture pour porter secours de manière efficace.
Étape 1 : Sécuriser la zone (votre sécurité est une priorité)

Enfilez un gilet jaune et placez un triangle de signalisation

Étape 2 : Évaluer la situation, si l'animal est mort ou blessé

Étape 3 : Si l'animal est mort, déplacez le corps vers le bord de la route, en prenant vos précautions avant de toucher l'animal

Chaque vie animale compte et mérite notre considération en s'assurant que son corps ne soit pas écrasé pas d'autres voitures.

N'hésitez pas à témoigner une marque de respect.

Étape 4 : Si l'animal est blessé, appelez le centre de soin ou la clinique vétérinaire référente et suivez leurs instructions

Un vétérinaire, s'il a la compétence, peut aussi prendre en charge un animal sauvage blessé pour les premiers soins

Étape 5 : Le transport : prenez les précautions nécessaires avant de toucher l'animal

Retrouvez toutes les instructions dans notre guide pratique

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