Arrêté de tir renforcé de loups à Novel (74) :  un lieutenant de louveterie pris en flagrant délit !

Arrêté de tir renforcé de loups à Novel (74) : un lieutenant de louveterie pris en flagrant délit !

 

Communiqué de presse

 

Un tir de défense renforcée du loup (TDR DDT-2022-0882, jusqu’à six tireurs simultanés selon l'Arrêté Préfectoral) est en cours à Novel, à Neuvaz-Dessous.

Jeudi 30 juin, un lieutenant de louveterie a été filmé en train de monter un troupeau de chèvres, sans la présence de berger, pour appâter le loup qu’il était en charge de tirer, et au mépris de la réglementation. La météo orageuse était favorable aux attaques. Le troupeau qu’il a ainsi laissé tout près du col de Neuvaz, totalement isolé, n’était pas protégé. Aucun enclos nocturne n’avait été posé. Cela constitue une violation caractérisée de l’arrêté préfectoral, car toute pratique consistant à attirer les loups à proximité du ou des tireurs est formellement interdite.

Les lieutenants de louveterie sont pourtant assermentés. Ils sont considérés comme le bras armé de la Préfecture en matière de régulation, et une bonne partie du dispositif de tir du loup repose sur leur parole.

En effet, la DDT (Direction Départementale des Territoires) n'a pas les moyens de vérifier la réalité de la protection en alpage, ses contrôles sont devenus très épisodiques. C'est donc au moment de l'intervention des lieutenants de louveterie qu'ils ont pour consigne de vérifier que deux moyens de protection sur trois sont présents (chiens de protection des troupeaux, parc, berger).

Ils sont finalement les seuls garants de la régularité de l'acte de tir dérogatoire. Les images qui nous sont parvenues montrent ainsi ce que des rumeurs insistantes suggèrent depuis longtemps : la volonté de détruire un maximum de loups a pris le pas sur le strict respect de la réglementation, certains lieutenants de louveterie agissent de façon illégale.

Ce lieutenant de louveterie se préparait à tirer le loup en l’appâtant, sans avoir réuni aucune des conditions requises; des rumeurs concernant ce genre de pratique circulent depuis de nombreuses années. Ces images en apportent aujourd'hui la démonstration.

Un grand sentiment d’impunité règne parmi les opposants au loup, car nous constatons dans ce dossier comme dans d’autres que les chasseurs et certains syndicats agricoles dictent la politique préfectorale de gestion de la faune sauvage. C’est ce sentiment d’impunité qui a conduit à cet acte que nous pouvons aujourd’hui enfin dénoncer.

 

Contact pour Animal Cross : Pascal Sourdin           06 58 11 71 13

Contact pour FNE Aura :       Roger Mathieu            06 30 12 20 52

Contact LPO :                        Jean-Claude Louis     06 51 32 77 44

 

CP Cap Ours : Où va le groupe Pastoralisme et Ours ?

CP Cap Ours : Où va le groupe Pastoralisme et Ours ?

Les associations de protection de la nature représentées au Groupe Pastoralisme et Ours créé par la Préfecture de massif des Pyrénées s’interrogent sur les intentions de l’Etat en matière de restauration de la population d’ours dans les Pyrénées.


En effet, lors de la réunion du 24 juin, non seulement il n’en a été question à aucun moment, mais les documents remis en séance ne l'évoquent pas non plus.
Aucun des cinq groupes de travail auxquels nous sommes invités ne traite du sujet, et même le principe de remplacement des ours morts de cause humaine, mesure minimale qui était rappelée dans chaque feuille de route annuelle depuis 2019, a totalement disparu …
Les associations rappellent que si le pastoralisme a besoin de mesures de soutien, il en est de même pour la population d’ours qui est loin d’être viable, démographiquement comme génétiquement..
Dans les mesures annoncées pour 2022, nous ne retrouvons pas du tout l’équilibre revendiqué par l’Etat entre le maintien des activités humaines et la restauration de la population d’ours.
Le minimum pour être crédible et “avancer sur les deux jambes” serait de maintenir et de mettre en oeuvre le principe de remplacement des ours morts de cause humaine.
Or, les deux ours tués dans les Pyrénées françaises depuis 2020 n’ont pas été remplacés et il semble que ce ne soit même plus un sujet.
Quelle est la pertinence d’un groupe “Pastoralisme et Ours” s’il continue de ne traiter que du pastoralisme ?

Nous demandons à l’Etat une clarification de ses intentions quant à l’avenir de l’ours dans les Pyrénées et de mettre en œuvre la promesse de planification écologique qui permettra à chacun de connaître le cadre de ces groupes de travail. Cela requiert :

- de fixer des objectifs à moyen et long terme ambitieux et impératif

- de planifier les actions et moyens pour les atteindre

- de suivre et évaluer la progression avec exigence

Ce devait être le rôle du Plan Ours 2018-2028 mais il est quasi-vide sur ces sujets …

Associations signataires : Pays de l’Ours - Adet, Ferus, FIEP Groupe Ours Pyrénées, France Nature Environnement Midi-Pyrénées, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées, Animal cross, Comité Ecologique Ariégeois.

Représentations et réalité de l’engagement des candidats à la présidentielle sur la condition animale :  Des décalages et des clivages politiques 

Représentations et réalité de l’engagement des candidats à la présidentielle sur la condition animale : Des décalages et des clivages politiques 

Communiqué de presse – 15 mars 2022

Les 29 ONG d’Engagement Animaux 2022 dressent le bilan des premiers engagements des candidats et le mettent en perspective avec les résultats d’un sondage Ifop exclusif. Avec six candidats qui se positionnent sur des mesures concrètes en faveur de la condition animale, des clivages gauche/droite se dessinent. Dans le même temps, les Français sont de plus en plus sensibles à la protection animale, mais perçoivent mal le niveau d'engagement des candidats. Engagement Animaux 2022 décrypte le positionnement de chaque candidat sur la question. 

 A moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle et malgré un contexte unique et préoccupant, la condition animale a fait sa place dans le débat et la campagne Engagement Animaux 2022 rencontre les candidats. Marine Le Pen (58% des mesures validées) rejoint Yannick Jadot (98%), Jean-Luc Mélenchon (98%), Nathalie Arthaud (85%), Philippe Poutou (77%) et Nicolas Dupont-Aignan (67%). Ce sont donc 6 candidats qui se sont engagés sur tout ou partie des 22 mesures proposées par Engagement Animaux 2022, en plus d’Hélène Thouy (100%) qui n’a pas obtenu les 500 parrainages. 

 Des clivages droite / gauche sur la corrida, l’élevage et la chasse 

Des lignes de clivages distinguent les candidats. Si Jean-Luc Mélenchon s’engage pour la première fois pour mettre fin à la corrida, Nicolas Dupont-Aignan s’y refuse et Marine Le Pen s'engage uniquement sur l'interdiction de l'accès à la corrida pour les moins de 16 ans. Concernant les animaux d’élevage, les quatre candidats de gauche s’engagent sur toutes les mesures proposées alors que Marine Le Pen ne prend position que sur l’abattage sans étourdissement et Nicolas Dupont-Aignan sur celui-ci, ainsi que sur l’exclusion du soutien de l’Etat à toute production ne respectant pas un niveau acceptable de bien-être animal. De même, la chasse et la faune sauvage apparaissent comme une nouvelle ligne de distinction, seuls les quatre candidats de gauche s’engageant sur ces mesures.

81% des Français sensibles  mais qui ne perçoivent pas l’engagement des candidats

Le sondage IFOP pour Engagement Animaux 2022 confirme la sensibilité des Français aux questions ayant trait à la condition et à la protection animales, quelles que soient leurs opinions politiques et leurs intentions de vote. S’ils sont 99% parmi les électeurs de Y. Jadot, les électeurs de V. Pécresse en queue de peloton sont tout de même 71% à se déclarer sensibles.

Loin des clichés sur les “bobos parisiens”, ce sont les Français modestes (900 à 1300€) qui se disent les plus sensibles (84%). Les catégories aisées (plus de 2500€) sont les moins sensibles (74%). De plus, les habitants des communes rurales se déclarent sensibles à 86%, devant les habitants de l’agglomération parisienne (80%).

En revanche, de l'avis de la majorité des Français, l’ensemble des candidats sont peu ou pas du tout engagés sur ces questions. Une perception qui contraste avec les engagements pris par certains candidats sur le sujet. Alors que Yannick Jadot soutient 98% des 22 mesures, seulement 45% des électeurs le jugent engagé. Suivent Marine Le Pen et Jean Lassalle à 35%, alors que la première ne s’est engagée que sur 57% des mesures portées par nos ONG et que le second n’a pris aucun engagement. Emmanuel Macron est perçu comme engagé pour 32% des Français alors que 80 % des Français ayant l’intention de voter pour lui se déclarent sensibles à la condition animale, et seulement 4% “pas du tout sensibles”.

Décalages des perceptions vs. réalité de l’engagement

Certains candidats ne sont pas considérés par les Français comme engagés, alors même qu’ils font de nombreuses propositions en matière de condition animale. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon, jugé engagé par seulement 33 % des Français, alors qu’il a validé 98 % des 22 mesures. C’est aussi le cas de Nicolas Dupont-Aignan, jugé engagé par 21 % des Français interrogés alors qu’il a validé 67 % des mesures d’Engagement Animaux 2022.

D’autres candidats en revanche semblent à ce jour sur-évalués. Eric Zemmour, bien que dernier dans le classement, est considéré engagé sur la condition animale par 21 % des Français alors qu’il n’a aucune proposition en faveur des animaux dans son programme et n’a pas non plus répondu à nos sollicitations. Il s’est d’ailleurs prononcé contre toute limitation de la chasse.

Ces résultats confirment la nécessité d’évaluer objectivement la réalité de l’engagement des candidats au-delà des discours et de le faire connaître au public. C’est la mission qu’Engagement Animaux 2022 porte pour ces élections.


Liens annexes : Support de la conférence de presse, Sondage Ifop et Analyse complète.

À propos d’Engagement Animaux 2022 :

Engagement Animaux 2022 rassemble 29 ONG de protection animale. Dans le cadre de la campagne électorale 2022, nous demandons à l’ensemble des candidats à la présidentielle de s’engager sur 22 mesures concrètes et prioritaires pour améliorer la condition animale lors du prochain quinquennat. Retrouver nos propositions et les engagements des candidats sur www.engagement-animaux.fr

                                   

Élevage : 9 ONG, dont Animal Cross, attaquent en justice le gouvernement qui s’obstine à maintenir les poules pondeuses en cages

Élevage : 9 ONG, dont Animal Cross, attaquent en justice le gouvernement qui s’obstine à maintenir les poules pondeuses en cages

Aujourd’hui, en pleine campagne présidentielle, 9 ONG (Alliance anticorrida, Animal Cross, CIWF France, L214, LFDA, O.A.B.A., One Voice, La SPA, Welfarm) déposent devant le Conseil d’Etat une requête commune contre le décret paru en décembre 2021 qui restreint l'interdiction édictée en 2018 de tout bâtiment nouveau ou réaménagé de poules élevées en cages. Avec ce décret (obtenu au forceps), le gouvernement limite en effet l’interdiction aux seuls bâtiments qui augmentent leur capacité de production, les bâtiments existants pouvant être réaménagés à neuf. Ainsi, il fait l’exact contraire des promesses du Président de la République émises en début de quinquennat, l’exact contraire du cap fixé par la Commission européenne : il s’obstine à ce que la France conserve son potentiel de production d’œufs de poules élevées en cages.  

Un quinquennat…  

En 2017, durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron prend « l‘engagement d‘interdire d‘ici 2022 de vendre des œufs pondus par des poules élevées en batterie“.  

À Rungis, à l’occasion de son discours en tant que Président, il réitère son engagement et promet que « les œufs vendus aux consommateurs ne seraient issus que d’élevages en plein air d’ici 2022 ».

En 2018, la loi Egalim voit quasiment tous les amendements visant à interdire ce système d’élevage balayés. Seule reste l’interdiction des bâtiments nouveaux ou réaménagés de poules en cages. Cette maigre avancée restera de surcroit en suspens puisque le ministère de l’Agriculture ne déposera pas de décret d’application.

Le 27 mai 2021, à la suite d’une action en justice de CIWF soutenue par les 8 ONG, le Conseil d’Etat impose au gouvernement la publication d’un décret, visant à encadrer ces projets de réaménagement des élevages de poules en cages et ce, avant le 28 novembre 2021.

Le 15 décembre 2021, le décret d’application de l’article L.214-11 du code rural est enfin publié.

… pour ça ! 

Selon ce décret, « constitue un réaménagement de bâtiment : 

1° Les travaux ou aménagements d'un bâtiment existant pour le destiner à l'élevage de poules pondeuses en cage ; 

2° Les travaux ou aménagements d'un bâtiment existant conduisant à augmenter le nombre de poules pondeuses pouvant y être élevées en cage. »

En d’autres termes, la notion de bâtiment « réaménagé » est interprétée de manière restrictive, permettant en réalité de limiter l’interdiction aux seuls bâtiments qui augmentent leur capacité de production. Les bâtiments existants peuvent être réaménagés à neuf. 

9 ONG appellent le Président de la République à ne pas trahir ses propres engagement.

Ce décret, obtenu au forceps, est inacceptable et incompréhensible.

9 ONG françaises, issues de la coalition qui a mené au succès historique de l’initiative citoyenne européenne « Pour une ère sans cage », déposent une requête commune devant le Conseil d’Etat.

Ce décret n’est pas conforme aux engagements réitérés du Président de la République

Ce décret n’est pas conforme à la volonté du législateur. Les 9 ONG reprochent à ce décret de violer le texte de loi adopté en novembre 2018 en restreignant son champ d’application.

Ce décret va à l'encontre de la volonté de 90% des Français. Les citoyens européens sont également défavorables à ces systèmes d’élevage d’un autre âge : 1,4 million d’entre eux ont signé l’initiative citoyenne pour mettre fin à l’élevage en cage.

Enfin, ce décret va dans le sens opposé à celui fixé par la Commission européenne qui a entendu ses citoyens et prévoit d’ici 2023 une réglementation pour progressivement mettre en place la fin de l’élevage en cage (à l’échéance de 2027).

La fin de l’élevage en cage pour les poules annoncée par le Président était-elle une fausse promesse ?

5 ans après les promesses de campagne, et alors qu’il s’apprête à entrer de nouveau en campagne, et qu’il préside le Conseil de l’UE, le Président Emmanuel Macron ne montre pas la voie à l’Union européenne sur les cages. Nous appelons le Président de la République actuel et celui qui lui succédera à sortir de l’immobilisme français au sujet de l’élevage en cage des poules pondeuses.

Contacts presse

CIWF France : Laetitia DINAULT
laetitia.dinault@ciwf.fr / 06 26 07 55 43

La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences : Nikita Bachelard
communication@fondation-droit-animal.org / 01 47 07 98 99

L214 : Barbara Boyer
presse@L214.com / 06 50 35 57 48

Sondage YouGov/Animal Cross : 41% des français habitant en zone rurale déclarent avoir été (eux ou leurs proches) victimes d’une situation d’insécurité liée à la chasse

Sondage YouGov/Animal Cross : 41% des français habitant en zone rurale déclarent avoir été (eux ou leurs proches) victimes d’une situation d’insécurité liée à la chasse

En septembre dernier, la pétition « Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça ! » publiée sur le site du Sénat par le collectif Un jour un chasseur, créé à la suite de la mort de Morgan Kean, abattu par un chasseur alors qu’il coupait du bois dans son jardin, recueillait plus de 122 000 signatures.

Les résultats du sondage Yougov pour Animal Cross viennent poser des chiffres sur cette situation de ras-le-bol : 41% des Français habitant en zone rurale déclarent avoir été (eux ou leurs proches) victimes d’une situation d’insécurité liée à la chasse. 

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À noter que la région parisienne est, naturellement, la région la moins touchée (30%) par ce genre d’incident alors que le Sud-Ouest (42%) est la région la plus sujette aux incidents de chasse.

Parmi les situations les plus souvent rencontrées, le danger lors d’une promenade arrive en première position (49%), suivi par des situations dangereuses sur la route (36%) et les tirs en direction d’une habitation ou d’un bâtiment (25%).

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L'étude de YouGov montre que plus de 3 Français sur 10 déclarent avoir déjà rencontré (eux ou leurs proches) des situations d’insécurité liée à la chasse. Dans le détail, les personnes les plus touchées sont celles qui ont des enfants (44%), les CSP+ (42%) et les hommes (41%) : elles déclarent s’être senties au moins une fois en insécurité en raison de la chasse, des chiffres significativement supérieurs à la moyenne nationale.

En ce qui concerne les tranches d’âge, les personnes les plus jeunes (18-34 ans) sont les plus concernées (42% de oui, ce qui est significativement supérieur à la moyenne nationale).

Il y a urgence à agir pour que les Français puissent vivre en sécurité

Sur la saison 2020-2021, 80 accidents de chasse ont été recensés, dont 7 mortels concernant 6 chasseurs et 1 non-chasseur (source), alors même que la saison de chasse a été peu active en raison de la crise sanitaire. Mais ils sont probablement plus nombreux : l'étude qualitative réalisée par Animal Cross révèle que 73% des victimes n'ont pas porté plainte.

Par peur de ne pas être entendues ? Outre la difficulté à identifier le chasseur, celles qui ont osé franchir le cap témoignent de situations bloquées, de plaintes refusées ou classées sans suite du fait de gendarmes, de maires ou de conseillers municipaux favorables aux chasseurs ou chasseurs eux-mêmes.

Il ne s'agit pas de pointer du doigt la totalité des chasseurs, mais il est primordial de reconnaître que les comportements de certains d'entre eux sont problématiques et ont un réel impact sur le quotidien de l'ensemble des Français.

 

 

 

À l’issue de cette enquête, Animal Cross demande de profondes réformes dans la pratique de la chasse.

Animal Cross se rendra le 15 février 2022 à 16h15 au Sénat pour parler de l'insécurité des français liée à la chasse, dans le cadre de la mission de contrôle sur la sécurisation de la chasse instaurée par le Sénat. Cette audition fera l'objet d'une diffusion en direct sur le site web du Sénat.

Le Top 7 des problèmes d'insécurité liés à la chasse

Pour mieux comprendre la situation de l’insécurité liée à la chasse en France, Animal Cross a analysé 232 témoignages de victimes de la chasse qui racontent ce qui leur est arrivé. Leur récit fait froid dans le dos.

Comme celui-ci : "Un chasseur a tiré à 30m en direction de mon habitation. Quand je lui ai demandé de quitter ma propriété, il a commencé à m'insulter, a menacé de tuer mon chien, puis de me frapper, pour enfin me menacer de me tirer dessus en se tournant vers moi avec son fusil non cassé."

Voici les principaux dangers auxquels les Français sont confrontés, sachant que les personnes concernées développent un véritable sentiment de peur :

1) Danger dans la nature, lors de promenades ou cueillette de champignons (49%) 

« À plusieurs reprises, j'ai été intimidée par des chasseurs qui, pour me faire partir, tiraient en l'air (les plombs retombant sur ma tête). Notamment en présence de mes enfants. »

Lors de promenades à pied, à vélos ou à cheval, lors de cueillettes dans la nature, les usagers de la nature se font régulièrement surprendre par des coups de feu très proches d’eux. Ils se plaignent que les chasseurs tirent dans des zones très fréquentées, y compris par des enfants. Au-delà du sentiment de peur, certains ont été touchés physiquement ou contraints de partir en courant.

Il existe aussi un réel problème de partage de territoire. Certains chasseurs estiment être prioritaires dans la nature. Ils disent souvent aux promeneurs qu’ils n’ont pas à être là et n'hésitent pas à exiger qu’ils fassent demi-tour ou qu’ils attachent leur chien, même sur des sentiers très fréquentés.

Les promeneurs estiment au contraire que c'est aux chasseurs de s'assurer de pratiquer leur loisir en toute sécurité et de ne pas les mettre en danger. Ils ne souhaitent pas forcément partager leurs lieux de promenade avec eux. Ils soulignent aussi l’absence ou la mauvaise signalisation des battues et actions de chasse qui les mettent en danger.

« On faisait du VTT à Naux. J'avais vérifié les dates et zones de chasse sur le site de la région, j'étais en zone verte. Arrivés en haut des pistes, les chasseurs étaient là et nous ont agressés verbalement en disant qu'on était fous et qu'ils tiraient dans notre direction. Aucun panneau, aucun signalement ne permettait de le savoir. »

Certains se sentent menacés par les conséquences de la chasse sur les animaux, comme un sanglier en fuite qui surgit à vive allure, et peut mettre en danger les personnes.

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo de différentes victimes. ⇩

2) Danger sur la route (36%)

« Je circulais en voiture sur une route de campagne, quand une volée de plombs s'est fichée dans mon pare-brise et la carrosserie de ma voiture. »

Les témoins se plaignent que des chasseurs, des chiens de chasse ou des animaux sauvages en fuite leur coupent soudainement la route, mettant en danger les automobilistes.

« Des chiens de chasse ont traversé à 2m de ma voiture lancée à plus de quatre-vingts kilomètres-heure. Aucune signalisation. Un chasseur sûrement propriétaire des chiens s’est arrêté pour me parler. Il m’a dit que c’était tout à fait normal, que ces chiens suivaient le gibier. »

Il s’agit aussi parfois de tirs qui mettent en danger les automobilistes.

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo d'une victime. ⇩

3) Tir vers les bâtiments ou près des habitations (25%)

« Aux abords d’une aire de jeux pour enfants, 3 chasseurs étaient positionnés à moins de 300m et tiraient dans notre direction, ils se sont approchés de moi avec un fusil armé et non « cassé », j'avais mon fils de 18 mois dans les bras. »

Les personnes qui ont répondu au questionnaire évoquent des tirs très près des habitations ou des lieux très fréquentés, provoquant l’angoisse des habitants. Ces derniers ont peur pour eux, pour leurs enfants, pour leurs animaux et sont choqués que ces tirs à proximité de chez eux soient autorisés. Certains s’enferment chez eux et n’osent plus sortir, d’autres ne peuvent plus profiter de leur jardin sans stresser.

Ils évoquent aussi des tirs en direction des habitations et des jardins, provoquant des dégâts humains et matériels : plombs dans le toit, dans les volets, éclats ou trous dans les vitres, tirs au-dessus de la propriété avec les plombs qui retombent dans le jardin, sur les personnes ou sur les habitations, présence de douilles dans le jardin.

« Régulièrement, les chasseurs tirent des coups de fusil très proche de mon habitation. J'ai très peur. Mes voisins ont reçu des plombs sur leurs volets. »

Les chasseurs tirent également près des animaux, et en particulier près des animaux d’élevage comme les chevaux qui sont souvent évoqués. Certains animaux sont tués, blessés ou traumatisés. Il en découle des traumatismes, humains ou animaux, mais aussi de la peur, voire de la panique.

« Mon cheval a pris 2 balles dans le corps lors d'une battue, alors que 2 infractions ont été commises. Les chasseurs se sont enfuis. »

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo de différentes victimes. ⇩

4) Animal domestique dérangé, menacé, blessé ou tué (20%)

« Un chasseur a tiré à travers ma végétation en direction de ma maison qui est située à 150 mètres d'un chemin communal et mon chat est revenu affolé, plombé et hanche déboitée… »

Les personnes se plaignent que des chats, des chiens ou des équidés sont blessés, tués ou effrayés parce qu’ils se trouvent sur le « territoire » d’un chasseur. Les animaux domestiques sont victimes des coups de feu, mais aussi des chiens des chasseurs.

Les chasseurs chassent dans, ou près, des enclos où paissent des chevaux : parfois, ces derniers sont tellement effrayés qu'ils s’échappent et se retrouvent à errer.

« Tous mes chevaux se sont échappés lors d'une battue qui a été déclenchée dans un pré où pâturaient mes chevaux. J'ai deux juments pleines dans le lot et je dois faire des échographies pour vérifier qu'elles n'ont pas perdu leur bébé dans la peur qu'elles ont eues. Les chevaux ont fui sur plus de 2km et étaient en sueur, apeurés et blessés ; ils se sont retrouvés en divagation sur la route. »

5) Intrusion des chasseurs dans les propriétés privées (9%)

« Violation d'une propriété privée. Je me retrouve avec mes enfants devant plusieurs chasseurs. Je leur demande de partir. Menaces ! Intimidations. »

Selon les témoignages recueillis, les chasseurs pénètrent dans les propriétés sans y être autorisés, sans prévenir et refusent de partir malgré la demande des propriétaires.

Ils abiment les barrières et lâchent les chiens, ce qui provoque à la fois des dommages matériels et l’affolement des habitants et de leurs animaux. Ils ne respectent pas non plus les propriétés privées interdites à la chasse, et ce malgré la présence de panneaux d’interdiction.

« Toutes mes parcelles sont inscrites à la LPO et la chasse y est donc interdite. Mes panneaux de signalements (interdiction de chasser, propriété privée) sont systématiquement arrachés. »

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo de différentes victimes. ⇩

 6) Menaces (8%)

« Lors d’une promenade près des habitations, nous avons croisé des chasseurs très agressifs, ils ont pointé leur arme sur ma chienne menaçant de la tuer parce que je leur disais qu’ils étaient trop près du chemin de randonnée. »

Les chasseurs n'hésitent pas à menacer des personnes avec leur arme quand quelqu'un leur demande d'agir avec plus de prudence. Ils exigent que les personnes quittent le lieu où ils chassent en les menaçant avec leur arme. Ils peuvent aussi s'énerver et/ou proférer des menaces de mort parce qu'une personne ne se comporte pas comme ils le souhaitent.

Les témoins ont un sentiment d’impunité des chasseurs. Ces derniers en sont bien conscients et n’hésitent pas à jouer la provocation en affirmant que de toutes les façons, tuer quand on est chasseur n’est que peu condamné.

« Lors d'une promenade avec ma famille, alors qu'il n'y avait aucune signalisation de chasse en cours sur notre chemin de forêt, nous avons soudain vu un chasseur qui nous a apostrophés et demandé ce que nous faisions là. Il était très agressif, agitait son fusil non cassé et son discours s'est terminé par "de toute façon, j'ai le droit de vous tuer puisque je suis assuré". Nous sommes vite partis car nous craignions pour nos vies. »

Les menaces des chasseurs envers les non-chasseurs peuvent aller des simples insultes à des menaces physiques. Ces menaces peuvent se poursuivre et se transformer en harcèlement, parfois pendant plusieurs années, pour dissuader les personnes d’agir en défaveur de la chasse.

Il en découle un climat anxiogène dans les campagnes.

⇩ Découvrez le témoignage en vidéo de différentes victimes. ⇩

7) Chasseur(s) ivre(s) durant l’exercice de la chasse 

« Ils étaient tellement alcoolisés qu'il leur fallut 2 minutes pour s'apercevoir que j'étais à côté d'eux. »

Des personnes témoignent de chasseurs alcoolisés, voire chancelants, y compris durant l’acte de chasse, avec des chiens parfois violentés et des comportements agressifs. Ces situations provoquent la peur et la fuite devant des individus qui ne contrôlent pas forcément leurs gestes.

« Deux chasseurs alcoolisés à 20 mètres de la maison, chiens en divagation. Ma fille était à cheval, jument apeurée, elle leur a demandé de s'éloigner des habitations. Les chasseurs se sont énervés et ont menacé de tirer sur les chevaux, très agressifs, j'ai signalé l'incident au président des chasseurs et à la gendarmerie. »

Pour en savoir plus

*Étude quantitative réalisée par YouGov pour Animal Cross auprès de 2008 personnes représentatives de la population nationale française (18 +) du 12 au 14 janvier 2022. Méthodologie : le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire de YouGov. Les données sont pondérées pour être représentatives des adultes français.

*Etude qualitative réalisée par Animal Cross auprès de 232 personnes qui ont déclaré avoir été en insécurité du fait de la chasse du 29 novembre au 8 janvier 2022. Méthodologie : l'étude a été réalisée en ligne sur la page Facebook d'Animal cross et via sa newsletter.

CP Cap Ours : Où va le groupe Pastoralisme et Ours ?

Pyrénées : Nouveau revers juridique pour l’Etat, l’autorisation d’effarouchement de l’ours Goiat est annulée

Par un jugement du 15 décembre 2021, le tribunal administratif de Pau a annulé l’arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées daté du 17 juin 2019 autorisant l’effarouchement de l’ours Goiat.
Cette décision de justice reposant principalement sur le fait que l’Etat n’a pas préalablement recherché de solutions alternatives satisfaisantes aux tirs d’effarouchement, comme le prévoit l’article L411-2 du code de l’environnement.
Elles existent pourtant, comme l’ont argumenté les associations, ce que l’Etat n’a d’ailleurs pas contesté.
Il s’agit donc d’un nouveau revers juridique pour l’Etat qui les collectionne dans ce dossier(1) et les nombreux autres recours déposés par les associations laissent présager que cette liste a vocation à s’allonger.
L’Etat doit comprendre et enfin admettre que l’effarouchement n‘est pas un moyen ordinaire de protéger les troupeaux et de gérer la population d’ours, que c’est une mesure dérogatoire au statut de protection de l’espèce qui ne peut être mis en oeuvre qu’exceptionnellement, à des conditions strictes dont il s’affranchit allègrement depuis 2019.
Dans ce contexte, le prolongement de l’autorisation de capture de ce même ours Goiat jusqu’au 30 juin 2022 accordée par Barbara Pompili le 23 décembre 2021 (soit une semaine après ce jugement) est particulièrement mal venu.

Les associations ont bien entendu attaqué cet arrêté et il fait peu de doutes qu’il sera également annulé, pour les mêmes raisons, mais cela n’interviendra probablement qu’en 2023, alors que le texte sera caduc.
Il est regrettable et indigne que le gouvernement joue ainsi avec les délais d’intervention des tribunaux pour s’affranchir des Lois de protection des espèces menacées.

(1) Le 4 février 2021, le Conseil d’Etat a annulé l’arrêté autorisant l’effarouchement renforcé des ours pour l’année 2019.
En 2020, le Préfet des Hautes-Pyrénées a abrogé un arrêté d’effarouchement suite à un recours gracieux argumenté des associations
Le 6 mars 2018, le tribunal administratif de Toulouse a condamné l’Etat pour manquement à son obligation de restaurer la population d’ours.

Associations signataires :
Animal cross, Comité Ecologique Ariégeois (CEA), FERUS, Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE)
Midi-Pyrénées, FNE Hautes-Pyrénées, Nature Comminges, Nature Midi-Pyrénées, Pays de l’Ours – Adet, Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères
(SFEPM), Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN).