Cap Ours Boycotte la réunion du Groupe Ours pastoralisme et activités de montagne à la Préfecture de Toulouse le 9 mai 2023

Cap Ours Boycotte la réunion du Groupe Ours pastoralisme et activités de montagne à la Préfecture de Toulouse le 9 mai 2023

Les associations de la Coordination Cap Ours ont décidé de ne pas participer à la réunion du Groupe Ours Pastoralisme et Activités de Montagne (GOPAM) du 9 mai 2023 à la préfecture de région à Toulouse.

Cap ours n’a pu obtenir les clarifications demandées par les associations à la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, depuis l’automne 2022 :

  • D’abord que le cadre de la concertation soit clarifié publiquement (objectifs, modalités) et qu’il ne subsiste aucun canal parallèle de négociation entre les opposants à la présence de l’ours et l’Etat, comme cela a été le cas le 27 octobre 2022 ou le 17 avril 2023.
  • Que l’état annonce publiquement la poursuite du Plan ours 2018-2028, avec notamment le remplacement des ours morts de cause humaine, la relance du projet de programme « Life ours » pour apporter des moyens au Plan ours.
  • Que le protocole “ours à problème” qui a fait ses preuves ne soit pas dénaturé ni assoupli.

Nous sommes navrés de constater que nous sommes loin de la clarification espérée et promise par Madame la Secrétaire d’Etat. Dans ce contexte, Cap ours estimait sa participation à la réunion du GOPAM du 9 mai inutile, voire stérile.

C’est à l’Etat de créer les conditions du dialogue, afin que toutes les discussions entre les diverses parties prenantes se fassent dans un même cadre de discussion clair et respecté. Nous sommes au regret de constater qu’à ce jour tout n’est pas fait dans ce sens.

Nous restons prêts à poursuivre le dialogue, dès que les clarifications publiques que nous avons demandées seront apportées par la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

Les associations membres de CAP - Ours

Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité ÉcologiqueAriégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP),FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi-Pyrénées (FNE Midi- Pyrenees), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours-ADET (Association pour le Developpement Durable des Pyrenees), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

Il existe un lien entre atteintes sexuelles sur les animaux et sur les êtres humains

Il existe un lien entre atteintes sexuelles sur les animaux et sur les êtres humains

A l’occasion du Colloque « Une seule violence » du 17 mars à Paris, l’association de protection animale Animal Cross s’est posé la question du lien entre les agressions et les atteintes sexuelles sur les animaux et les êtres humains. Pour cela, elle a analysé tous les faits divers relayés par la presse quotidienne régionale (PQR) des 5 dernières années et disponibles sur internet. Le constat est sans appel : sur 50 articles relatant des faits avec des atteintes sexuelles ou des images zoo-pornographiques, les 2/3 concernent aussi les êtres humains.

  • 1/3 des articles concernent des personnes collectionnant en même temps des images zoo-pornographiques et pédo-pornographiques.
  • 1/3 des articles concernent des faits de zoophilie purs : essentiellement des chiens, mais aussi des équidés, chèvres, poules violés ou agressés sexuellement.
  • Le 1/3 restant concerne essentiellement des atteintes et agressions sexuelles sur les animaux et les êtres humains.

Les 50 cas découverts dans la presse ne doivent pas nous laisser penser qu’il s’agit de la totalité des cas existants. Notre association estime que des milliers de personnes s’adonnent à la zoophilie régulièrement, une infime minorité étant dévoilée au grand jour.

Ce lien entre abus sexuels sur les animaux et les êtres humains est confirmé par des études dans d’autres pays, par exemple :

  • 32 % des personnes arrêtées pour des actes liés à la zoophilie aux Etats-Unis avaient aussi agressé sexuellement des enfants et des adultes (1)
  • 42% des personnes accusées d’ « extrême pornographie » (zoo-pornographie) étaient aussi accusées d’autres infractions sexuelles de nature indéterminée au Royaume-Uni (2)
  • 60% des hommes condamnés pour détention d’images pédo-pornographiques collectionnaient d’autres images de pornographie déviante, essentiellement de zoo-pornographie, en Suisse (3)

Notre association appelle les autorités à mieux comprendre la pratique zoophile, à rechercher beaucoup plus activement les pratiquants zoophiles, en particulier sur internet et les réseaux sociaux, et à permettre les signalements sur la plateforme PHAROS, dans l’intérêt des animaux mais aussi potentiellement dans l’intérêt des êtres humains.

Animal Cross appelle à sanctionner la détention d’images zoo-pornographiques, souvent jointe à des contenus pédo-pornographiques, mesure refusée par les parlementaires lors de la proposition de loi sur la maltraitance animale de 2021.

Contact :

Benoît Thomé, président de l’association Animal Cross, benoit@animal-cross.org, 06 81 37 96 19

Pour en savoir plus sur la zoophilie :

  1. Jenny Edwards. Arrest and Prosecution of Animal Sex Abuse (Bestiality) Offenders in the United States, 1975–2015. J Am Acad Psychiatry Law. 2019. Voir aussi sur YouTube
  2. Clare McGlynn et al. Possessing Extreme Pornography:Policing, Prosecutions and the Need for Reform. The Journal of Criminal Law 2019
  3. Endrass et al The consumption of Internet child pornography and violent and sex offending, BMC Psychiatry, 2009

Insécurité à la chasse : chasseurs 1, les autres 0

Insécurité à la chasse : chasseurs 1, les autres 0

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 9 JANVIER 2023

Alors que 4 Français sur 5 sont favorables au dimanche sans chasse, jour où l’on compte le plus grand nombre d’accidents liés à ce loisir, l’État préfère renforcer les intérêts d’une minorité dangereusement armée : l’appli-gadget permettant de signaler les chasses en cours est non seulement anti-démocratique, elle est aussi à l’avantage des chasseurs qui vont être confortés dans leur sentiment d’appropriation de la nature et de la biodiversité. 

Contre l’écrasante majorité des Français favorables à l’arrêt de la chasse le dimanche à 78 %*, le lobby de la chasse propose des gadgets dérisoires et refuse toute évolution. Et que fait l’État ? Il écoute le lobby. 

En réponse au problème d’insécurité lié à leur loisir, les chasseurs proposent une application aussi inutile que dangereuse. Déjà qu’ils ont du mal à poser correctement des panneaux « chasse en cours » on se demande bien comment une appli, avec tous les aléas que cela implique (possession d’un smartphone, réseau, etc) pourrait montrer son efficacité.

Avec cet outil, les chasseurs se signaleraient aux promeneurs, les incitant à éviter les « bulles de danger » - en réalité des zones bien plus vastes qu’indiquées, au vu de la portée des armes - et à se diriger vers des zones “sécurisées”.  

Mais tout sonne faux : 

  • Il n’y a pas de réseau dans de nombreuses zones naturelles concernées par la chasse ; 
  • L’application n’a rien d’obligatoire et ne concernera que les battues ;
  • Elle suppose que tous les chasseurs et tous les promeneurs aient un smartphone, et qu’ils pensent systématiquement à se connecter à l’appli ;  
  • Un chasseur isolé peut se trouver hors des « bulles de danger » signalées ;      
  • Un tel gadget donnerait une fausse impression de sécurité aux promeneurs, et donnerait surtout bonne conscience aux chasseurs, qui se sentiraient libérés de toute contrainte et responsabilité : en cas d’accident, qui serait responsable : victimes ou chasseurs ? 
  • Que se passe-t-il lorsqu’un promeneur, en plein milieu de sa randonnée, reçoit une alerte pour lui signifier qu’une chasse est sur le point de commencer tout autour de lui ?

 

En réalité, cette application ne ferait que renforcer la mainmise des chasseurs sur la nature et légitimer la présence d’un “loisir” dangereux voire mortifère pour autrui. En résumé, le message c’est « Dégagez, on chasse ! ». 

Le dimanche sans chasse a été décrété en Angleterre en 1831, et aujourd’hui de nombreux autres pays d’Europe (Pays-Bas, Suisse, Espagne, Italie, Portugal…) respectent au moins un jour national sans chasse. Mais pas la France, où le puissant lobby des chasseurs impose son diktat depuis des décennies, alors qu’il ne représente même pas 2 % de la population.  

Bref, plutôt que de limiter la chasse, le gouvernement préfère limiter la liberté des autres : les Français n’auront pas d’autre choix que de slalomer entre les « bulles de danger », ou de rester chez eux, comme l’a déjà préconisé le chef de la Fédération nationale des chasseurs... Vous avez dit démocratie ? 

 

Les associations signataires

Animal Cross, ASPAS, Fondation Brigitte Bardot, Humanité & Biodiversité, LPO, One Voice, SFEPM, Stéphane Lamart, Un Jour Un Chasseur, WWF

 

 

* Sondage IFOP de décembre 2022

CP : Cap Ours dénonce la création d’une « Cellule Parallèle Ours »

CP : Cap Ours dénonce la création d’une « Cellule Parallèle Ours »

Les associations de la coordination Cap Ours dénoncent la création d'une "Cellule Parallèle Ours" et suspendent leur participation au "Groupe Pastoralisme et Ours"

Jeudi 27 octobre 2022, ce qui aurait dû être un classique rendez-vous Élus ariégeois - Etat à Paris s'est transformé en un Groupe de travail restreint réservé au lobby anti-ours, aboutissant à des décisions, un plan d'action et un échéancier de réunions à venir.

Cela pose deux gros problèmes :

  1. Il existe déjà un "Groupe Pastoralisme et Ours" (GPO), sous l'autorité du Préfet de région Occitanie, réunissant les acteurs ouverts au dialogue, et auquel les présents le 27 octobre à Paris refusent de participer. En marge de la concertation officielle, l'Etat a donc décidé la création d’une “Cellule Parallèle Ours” (CPO, nous l'appellerons ainsi afin de la distinguer du Groupe officiel). L'ensemble des participants au GPO officiel, qu'ils soient élus, professionnels, syndicalistes, militants associatifs ou fonctionnaires, cumulant des dizaines d'heures d'échanges et de dialogue, essence même d’un débat démocratique, ne peuvent que se sentir trahis et méprisés par ce passage en force. C'est notre sentiment en constatant que l'Etat saborde cette instance de dialogue officielle en plein travail.
  1. La composition de cette Cellule Parallèle Ours !!! N'y sont invités que les représentants du lobby radical anti-ours ariégeois[1] (ceux qui refusent toute concertation et tout dialogue), quelques fonctionnaires complaisants envers ce même lobby (surtout pas l'administration de l'Environnement qui n'est bien sûr pas concernée (sic !)), et trois Ministres (aucun n'ayant honoré de sa présence, ne serait-ce qu'une fois, le GPO officiel !).

Bien entendu, dans cette configuration compacte, partisane et homogène, il n'est pas difficile d'aboutir à un consensus sur le dos de l'ours. A l'unanimité des présents, il a ainsi été décidé (pour commencer) :

  1. de “renforcer l'arsenal législatif” pour continuer à effaroucher les ours, au mépris des nombreuses décisions de justice contraires (ils cherchent le moyen de contourner la Directive "Habitats" et le Code de l'Environnement ...) ;
  2. de durcir le protocole "ours à problème", qui pourrait ainsi devenir l'instrument de régulation de la population d'ours tant réclamé par le lobby anti-ours (le terme politiquement correct adopté n'est pas "réguler" mais "soulager le territoire", ça revient au même) ;
  3. de remettre en cause 40 ans de travail de l'Office Français de la Biodiversité et du Réseau Ours Brun en procédant à un "recomptage scientifique et indépendant" du nombre d'ours (par qui ? Le suivi de la population d’ours des Pyrénées est unanimement reconnu comme l’un des meilleurs au monde).

Sans doute cette réunion aurait-elle dû rester discrète, on peut heureusement compter sur la vanité des opposants à l'ours qui se sont empressés d'organiser une conférence de presse en rentrant au Pays, rapportant ces décisions comme des trophées.

Nous demandons la dissolution immédiate de cette "Cellule Parallèle Ours".

A défaut, nous combattrons pied à pied chacune des "décisions" iniques prises dans ce cadre partisan méprisant la concertation et l’état de droit.

En attendant des éclaircissements, une garantie du respect des Lois et Directives, et un minimum de respect, nous suspendons notre participation aux travaux du Groupe Pastoralisme et Ours et nous suggérons aux autres participants de tirer également les leçons qui s'imposent de cette situation inadmissible.

Contact Presse :

Associations signataires : Pays de l’Ours - Adet, FERUS, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées, Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM), Société d’Etude, de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64) , FIEP Groupe Ours Pyrénées, Animal cross, France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Midi-Pyrénées (FNE - MP), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Association Nature Comminges, Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), Nature en Occitanie.

[1] A l’exception de la députée Bénédicte Taurine qui a exprimé son malaise par rapport à la composition de ce groupe de travail

Mission Sécurisation de la Chasse du Sénat – Les associations de victimes de la chasse et de défense des animaux dénoncent un rapport indécent et demandent une action gouvernementale rapide

Mission Sécurisation de la Chasse du Sénat – Les associations de victimes de la chasse et de défense des animaux dénoncent un rapport indécent et demandent une action gouvernementale rapide

En décembre 2021, le succès de la pétition « Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça ! » déposée par le collectif Un jour un chasseur sur la plateforme en ligne de pétitions citoyennes du site du Sénat, conduisait à la création d'une mission de contrôle sur la sécurisation de la chasse. Dans le cadre de cette mission de contrôle, des sénateurs de la commission des affaires économiques et de la commission des lois ont entendu de nombreux acteurs en lien avec le monde de la chasse, dont plusieurs associations signataires de ce communiqué.

Le rapport du Sénat sur la mission de contrôle sur la sécurisation de la chasse vient d’être publié. Il écarte la quasi-totalité des mesures demandées dans la pétition officielle à l'origine de cette mission.

Cette pétition, qui avait obtenu 122 424 signatures en tout juste deux mois, proposait cinq mesures de bon sens pour garantir la sécurité de tous et lutter contre les violences et les abus liés à la chasse :
• le mercredi et le dimanche sans chasse,
• une formation plus stricte et continue des chasseurs et le renforcement des règles de sécurité en vigueur,
• un réel contrôle des armes de chasse en circulation dans le pays et la prise de conscience du danger qu’elles représentent pour la sécurité publique,
• des sanctions plus dissuasives à l’encontre des chasseurs ayant provoqué des incidents, accidents corporels ou accidents mortels,
• et la prise en compte des “accidents de chasse” pour ce qu’ils sont : des actes condamnables, d’une violence intolérable, et en aucun cas banals ou anodins.

Ces mesures, pourtant sollicitées et soutenues par une immense majorité de ruraux, ont été, dans leur quasi-totalité, ignorées par le groupe de travail du Sénat. Les quelques efforts demandés aux chasseurs sont le prétexte à l’instauration de mesures limitant la liberté de circulation et d’expression des 98% de non chasseurs, sans pour autant assurer leur sécurité. Un comble : la commission va jusqu’à accorder de nouveaux avantages fiscaux pour certaines catégories de chasseurs, sans aucun lien avec la sécurité.

Ce rapport ne prend pas non plus en compte les très fortes contraintes que la chasse fait peser sur les 98% de non chasseurs, jusqu’à 7 jours sur 7 et 10 mois sur 12 sur une grande partie du territoire français.

Les associations de victimes de la chasse et de protection animale dénoncent la partialité de la commission ayant travaillé à ce rapport, alors même que les mesures exigées avaient été élaborées à partir de témoignages de victimes et de proches de personnes disparues. Cette indécence nous choque.

Nous ne pouvons que regretter le choix des sénateurs d’ignorer la très forte demande de l’opinion publique pour une plus grande sécurisation de la chasse : de façon récurrente, les sondages montrent que plus de 80% des français sont favorables à l’interdiction de la chasse au moins deux jours par semaine et pendant l’intégralité des vacances scolaires (sondages IPSOS/One Voice octobre 2018 et septembre 2021).

Après avoir fait appel aux élus pour un résultat qui va à contre-courant des attentes sociétales, les associations de victimes de la chasse et de protection des animaux estiment nécessaire de faire appel à la démocratie directe pour que la volonté de la grande majorité des citoyens soit respectée.

Nous demandons donc un référendum sur l’instauration du dimanche et mercredi sans chasse, l’instauration de périmètres de sécurité autour des maisons et la limitation de la portée des armes.
Nous demandons également de toute urgence un rendez-vous aux ministères de l’Intérieur et de l’Ecologie.

Associations signataires
Alliance des Opposants à la Chasse
Animal Cross
ASPAS
AVA
Fondation Brigitte Bardot
LPO
One Voice Ruraux en colère
Stéphane Lamart
Un jour un chasseur
RAC
LFDA

Contact : Un jour un chasseur
Mail : unjourunchasseur@gmail.com
Tél. : Mila +33601170577 et Léa +33645209092

Dérochement du Bentaillou : Les outrances et les mensonges n’aident pas les éleveurs …

Dérochement du Bentaillou : Les outrances et les mensonges n’aident pas les éleveurs …

Communiqué de CAP – Ours Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours, 29 août 2022

Le dérochement (chute dans une zone escarpée) de 45 brebis le 19 août, sur l’estive de Bentaillou en Ariège (commune de Sentein) mérite une mise au point suite aux déclarations outrancières de certains opposants à l’ours.
Seul le constat effectué par l’OFB permettrait d’obtenir des informations factuelles et fiables.

Selon les informations en notre possession :
- Ce lot n’était pas regroupé avec le reste du troupeau et ne bénéficiait donc pas de moyens de protection. Contrairement aux propos du président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, cela confirme bien l’efficacité du regroupement contre les dérochements. Jamais aucun troupeau regroupé en parc n’a déroché.
- Grâce au déploiement progressif des moyens de protection, pourtant encore incomplet, les dégâts dus à l’ours sont d’ailleurs en baisse à la mi-Août, pour la 2eme année consécutive.
- Cette saison d’été, exceptionnellement chaude et sèche, incite les brebis à chercher de l’herbe encore verte dans des versants escarpés et accidentogènes, et le risque de chute est accentué par le fait qu’elles sont en fin de gestation, donc lourdes et maladroites.
- Aucun indice de prédation n’aurait été relevé sur les cadavres. Si cela avait été le cas, les opposants n’auraient pas manqué de le pointer.
- Des crottes d’ours ont été trouvées sur l’estive. Cela atteste la présence d’ours dans ce secteur, ce qui n’est pas un scoop, mais cela ne fait pas de l’ours le responsable de l’accident. Pourquoi un ours aurait poussé des brebis dans la pente sans en consommer ensuite aucune ... ? De plus, rien ne montre que ces indices coïncident avec le moment du dérochement.
- Des vidéos nocturnes filmées à la caméra thermique ont montré que les brebis peuvent être effrayées par n’importe quoi, y compris le passage d'un sanglier ou d'un chien. A contrario, l’affolement suite à une prédation est rarement généralisé .
- Des 70 ours identifiés dans les Pyrénées, 40 l’ont été en Ariège, sans nécessairement y rester.
On est donc loin des 95% invoqués par le président de la CA 09.
- Les ours n’ont évidemment pas inventé les dérochements. Les brebis sont des animaux vulnérables et craintifs qu’un rien peut affoler, le comportement dit « des moutons de Panurge », décrit au 16e siècle par Rabelais, n’a pas été découvert à l’occasion du retour de l’ours en Ariège
- De même, et contrairement à ses déclarations, le pastoralisme en Ariège n’est pas en déclin à cause de l’ours : les chiffres officiels montrent au contraire une augmentation globale de la taille des troupeaux et du nombre de bêtes en estive, notamment en Ariège. Cette augmentation de taille complique d’ailleurs le regroupement et la sécurité des troupeaux : le troupeau en question atteint les 1500 bêtes.
- Grâce aux financements publics apportés par la présence de l’ours, le pastoralisme pyrénéen n’a jamais été aussi dynamique depuis plus de 50 ans, notamment en nombre de bergers et de réfection de cabanes.
- Rappelons enfin que la régulation d’une population d’ours, a fortiori non-viable, est totalement illégale en Europe.
Conclusion : Soit le Président de la Chambre d’agriculture de l'Ariège ignore tout cela, et c’est grave à son poste ; soit il le sait et il ment, c’est grave également. Quoi qu’il en soit, jeter ainsi de l’huile sur le feu n’aide pas les éleveurs ni l’élevage ariégeois.

Les associations membres de CAP – Ours :
Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours - Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.