La Libre évolution : une nécessité pour la nature… et pour nous !

La Libre évolution : une nécessité pour la nature… et pour nous !

 Animal Cross a à cœur de contribuer au développement d'une nature en libre évolution. Pour y parvenir, elle sensibilise et éduque le public et les décideurs publics via des conférences et des rencontres avec des élus locaux ou nationaux. Elle anime également un collectif rassemblant les acteurs et associations de la libre évolution : la "Coordination Libre Evolution" (CLE). Enfin, elle s'efforce d'inciter les propriétaires fonciers, publics ou privés, à créer des zones de libre évolution sur leurs terrains.       

Dans son ouvrage « Article 0 », véritable plaidoyer pour le respect de la vie sauvage, Animal Cross dévoile tout l’intérêt de la libre évolution pour la nature. Explications.

L’humanité fait face à une crise écologique et climatique sans précédent. En cause : les activités humaines (exploitation forestière, agriculture intensive, chasse, pêche, pollutions…), responsables de l’artificialisation des sols, de la fragmentation et de la surexploitation des milieux naturels.

Réserver des espaces en « protection stricte », sans intervention humaine

Pour enrayer ce déclin des écosystèmes, l’association Animal Cross souligne la nécessité de réserver une partie de notre territoire aux espaces en « libre évolution » ou « protection stricte ».

Son vœu est, à cet égard, plus ambitieux que celui de la Stratégie française biodiversité 2030 qui se borne à prévoir, primo un objectif de couverture de 30% du territoire national et des espaces maritimes par un réseau cohérent d’aires protégées et, deuxio un objectif de 10% de « protection forte » de l’ensemble du territoire national et des espaces maritimes. Le hic ? Le décret n°2022-527 du 12 avril 2022 définit cette notion de « protection forte » comme une « zone géographique dans laquelle les pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées ». Or, à ce jour, ces zones de protection forte couvrent à peine 1,6 % du territoire terrestre métropolitain (cœur des parcs nationaux, arrêtés de protection du biotope, réserves naturelles, réserves biologiques)… Et il faut savoir qu’à l’intérieur de ces espaces, l’exploitation forestière, le pastoralisme, la chasse, la pêche et la cueillette restent autorisés ! De sorte, qu’in fine, seul 0,6 % du territoire terrestre métropolitain est véritablement exempt d’activité humaine.

Une conception bien différente de celle de l’Union européenne dont la Stratégie biodiversité 2030 prévoit, non seulement une protection juridique d’au moins 30% de la superficie terrestre et 30% de la superficie marine, mais également « une protection stricte » d’au moins un tiers de zones protégées de l’Union, soit 10% des terres et 10% des mers de l’UE. Or, à la différence de la protection forte française, la protection stricte européenne implique l’absence d’activité humaine. Concrètement, dans ces zones de « non-intervention », seules sont autorisées des activités limitées et bien contrôlées qui n’interfèrent pas avec les processus naturels ou les renforcent (recherche scientifique, prévention des catastrophes naturelles, activités et installations non intrusives, activités récréatives non intrusives et strictement contrôlée). Une conception bien plus en phase avec les objectifs d’Animal Cross !

Une façon simple de protéger la faune et la flore

Cette protection stricte revêt de multiples vertus. Laisser les processus écologiques spontanés apparaître, c’est favoriser le retour d’espèces animales, végétales et fongiques, dont certaines sont liées à la maturité des écosystèmes. Ainsi, les milieux ouverts non pâturés accueillent une flore 25 fois plus riche que les pelouses pâturées.

Les forêts en libre évolution représentent, elles aussi, une réserve essentielle de biodiversité. Et pour cause, de nombreuses espèces d’oiseaux forestiers de France métropolitaine (pics, mésanges, chouettes…) dépendent des cavités présentes sur les vieux arbres ou le bois mort pour se reproduire et s’abriter. Sans oublier les innombrables mammifères qui peuplent nos forêts et dépendent des cavités et excroissances des arbres (martres, fouines, écureuils…) mais aussi les dendromicrohabitats, tels que des fissures dans l'écorce ou des cavités creusées par des insectes qui servent de refuge et de lieux de reproduction à une grande variété d'organismes.

Un soutien face aux aléas environnementaux et au dérèglement climatique

Les écosystèmes en libre évolution jouent un rôle précieux dans l’amélioration de la qualité de l’air, la purification de l’eau, ou encore, la réduction des risques d’incendies. En effet, les forêts anciennes ou en libre évolution stockent une quantité de carbone élevée et absorbent le rayonnement solaire, diminuant la température ambiante. En augmentant la perméabilité du sol, ces forêts captent également mieux l’eau de pluie, évitant ainsi les inondations et facilitant la purification de l’eau. Enfin, dans ces forêts humides et mélangées, à la composition complexe, les feux se propagent moins facilement. Ces espaces sont moins vulnérables aux incendies, et plus résistants aux tempêtes et au vent.

En somme, la nature n’a pas besoin de nous… Mais nous avons besoin d’elle ! Alors, ne la dérangeons-pas. Respectons-là.

Notre demande :

Développer des espaces de protection stricte, en libre évolution, pour atteindre 10% de la France métropolitaine terrestre d’ici 2030.

Animal Cross aux journées de la Libre évolution à l’Unesco !

Animal Cross aux journées de la Libre évolution à l’Unesco !

Les 20 et 21 janvier 2025, l’association Animal Cross a participé aux journées de la Libre évolution organisées, pour la deuxième année consécutive, par le Comité Français de l’UICN et la Commission Nationale Française pour l’UNESCO, à Paris.

L'événement a été introduit par les éminentes Lidia Brito, sous-directrice générale pour les sciences exactes et naturelles, Maud Lelievre, Présidente du Comité français de l'UICN, et Michèle Ramis, Présidente de la Commission nationale française pour l'UNESCO. Au cours de la première matinée, Pierre-Edouard Guillain, Directeur adjoint de la Direction de l'eau et de la biodiversité au Ministère de la Transition Ecologique, a fait part de sa volonté d'intégrer la libre évolution "dans la planification écologique" et de ses interrogations quant à "cette volonté humaine d'être partout" ! C'est la 1ère fois qu'un représentant du ministère se prononce officiellement en faveur de la libre évolution !

Pour une nature sans intervention humaine

Durant deux jours, les acteurs clés de la libre évolution, nationaux et internationaux, ont échangé lors de tables rondes et ateliers passionnants, à la faveur d’une nature en libre évolution qui s’autogère sans intervention humaine (ou presque)… Autrement dit : sans exploitation du bois ou du sol, sans chasse, sans pêche, sans cueillette et sans loisir bruyant !

Comme le rappelle à juste titre l’Unesco, « D’après de nombreux scientifiques spécialistes de la biodiversité, les espaces laissés en libre évolution sont les plus efficaces pour sauvegarder la biodiversité, pour lutter contre le dérèglement climatique et en atténuer ses effets ».

Intervention d’Animal Cross au titre de la Coordination libre évolution

En tant qu’animateur du collectif d'acteurs en faveur de la libre évolution (la Coordination Libre Evolution), Animal Cross se devait de participer, cette année encore, à ces échanges. Au programme notamment : l’intégration de la libre évolution dans les stratégies françaises, mais aussi, l’intérêt de la libre évolution pour le climat, ou encore, l’appropriation du concept par les collectivités territoriales… Valérie Thomé et Dominique Souchier ont animé les sous-groupes dédiés aux échanges sur cette question des collectivités désireuses de mettre en place des zones de libre évolution sur leur territoire.

L’an dernier, nos deux spécialistes avaient aussi, à cette fin, insisté sur l’intérêt du développement des obligations réelles environnementales (ORE) de libre évolution par les collectivités territoriales.

 

Animal Cross signe sa première Obligation Réelle Environnementale (ORE) de Libre Evolution dans les Pyrénées

Animal Cross signe sa première Obligation Réelle Environnementale (ORE) de Libre Evolution dans les Pyrénées

Nous sommes ravis d'annoncer qu'aujourd'hui, le 15 janvier 2025, Animal Cross a franchi une nouvelle étape importante dans sa mission de protection de la nature en signant une Obligation Réelle Environnementale (ORE) de libre évolution de 1,5 hectares de bois (voir photos ci-dessous) avec la mairie d'Igon dans les Pyrénées-Atlantiques, et ce pour une durée de 99 ans.

Cette initiative s'inscrit dans notre objectif ambitieux, partagé avec plusieurs associations, de voir 10% du territoire métropolitain en libre évolution d'ici 2030. L'ORE est un dispositif foncier innovant qui permet de protéger durablement l'environnement en engageant les propriétaires fonciers dans des actions concrètes en faveur de la biodiversité.
Dans le cas présent, la commune d'Igon s'engage à laisser une partie de son territoire évoluer librement, sans intervention humaine, permettant ainsi à la faune et à la flore de se développer naturellement : pas de chasse, de pêche, d'exploitation forestière ou d'intrusion humaine et ce durant 99 ans ! Seules quelques visites pédagogiques seront autorisées.

Ce projet a été rendu possible grâce à la collaboration fructueuse avec des lycéens du lycée Paul Rey de Nay et leur professeure Corinne Lamaille. Ces jeunes, sensibilisés aux enjeux environnementaux et à l'intêret de la libre évolution, ont activement participé à la démarche, démontrant ainsi l'importance de l'éducation et de l'engagement de la jeunesse dans la protection de notre patrimoine naturel.

Cette signature illustre parfaitement notre approche qui vise à impliquer tous les acteurs de la société, des décideurs politiques aux citoyens, en passant par les associations et les établissements scolaires.

Nous tenons à remercier chaleureusement la mairie d'Igon pour son engagement, les élèves et l'équipe pédagogique du lycée Paul Rey pour leur implication, ainsi que tous nos partenaires qui œuvrent à nos côtés pour la préservation de la biodiversité.

Cette ORE représente un pas de plus vers notre objectif de 10% du territoire en libre évolution.

Nous espérons que cette initiative inspirera d'autres communes et propriétaires à s'engager dans des démarches similaires, contribuant ainsi à la création d'un réseau d'espaces naturels préservés sur l'ensemble du territoire.

Cette initiative vous intéresse ? Entrez vous aussi en contact avec les élus de votre territoire. Nous pouvons vous y aider. Contactez-nous par mail : co*****@**********ss.org

 

 

 

,Photos du bois d'Igon laissé, en libre évolution pour 99 ans.
Animal Cross parle de libre évolution de la nature à l’UNESCO !

Animal Cross parle de libre évolution de la nature à l’UNESCO !

Lundi et mardi dernier, le Comité Français de l'UICN a organisé, en partenariat avec la Commission nationale française pour l'UNESCO, un séminaire inter-réseaux sur la libre évolution des milieux naturels au siège de l'UNESCO. Deux journées passionnantes durant lesquelles nous avons pu échanger sur les enjeux de la libre évolution.

Ces deux journées ont permis de créer une convergence  des acteurs et actrices de ce sujet : gestionnaires de forêts, responsables d’espaces naturels, scientifiques, associations de protection de la nature… La première journée, consacrée à la présentation du sujet, a permis de l’appréhender sous différents angles : scientifique, juridique, philosophique. Animal Cross y a présenté, au titre de la Coordination Libre Evolution, l'intérêt du développement des ORE (Obligations Réelles Environnementales) de libre évolution par les collectivités territoriales.
 
La seconde journée fut dédiée à des ateliers pratiques, pour réfléchir ensemble  à la mise en place concrète des zones en libre évolution, notamment dans les zones urbaines et agricoles. 

Une déclaration commune a été signée par la Présidente du Comité français de l’UICN, Maud Lelievre, et le Secrétaire Général de la Commission nationale française pour l'UNESCO, Alexandre Navarro.

Parmi les engagements pris dans cette déclaration : la poursuite des actions sur la libre évolution et la valorisation de cette approche dans les instances engagées, la poursuite de la convergence des acteurs français de la libre évolution et l’ouverture d’une réflexion sur les formes de valorisation possible de la libre évolution au sein de l’UNESCO (chaire UNESCO spécifique sur la libre évolution, reconnaissance de territoires au Patrimoine Mondial au titre de la libre évolution, proclamation d'une charte internationale de la libre évolution).

Les différents acteurs seront invités également à signer cette déclaration.

Stratégie nationale Biodiversité 2030 : qu’en est-il de la libre évolution ?

Stratégie nationale Biodiversité 2030 : qu’en est-il de la libre évolution ?

E. Macron a publié le 31 juillet la Stratégie Nationale Biodiversité 2030. Mais qu'en est-il de la libre évolution dans ce plan ?

 

Une définition de la protection forte sans ambition

 

Soyons clairs. La libre évolution de la nature telle que nous la concevons, c'est à dire sans intervention humaine hormis les ballades et les études scientifiques ne trouve pas sa place dans ce plan. La notion qui est la plus proche de la libre évolution est la "protection forte" qui est ainsi évoquée :

"Conformément au décret du 12 février 2022 définissant les critères de la protection forte, l'effectivité de la protection forte sera assurée dans ces zones en limitant fortement, voire en supprimant, les pressions engendrées par les activités humaines sur les enjeux écologiques d'importance des zones considérées. Ces activités seront définies au cas par cas en fonction de la réalité de chaque territoire."

La question est bien sûr : qu'est-ce qu'un enjeu écologique d'importance ? On va voir que la chasse, la pêche, l'agriculture et le pâturage peuvent sans problème faire partie des aires de protection forte.

Une nouvelle labellisation d'une partie des aires protégées, qui fait monter artificiellement le chiffre de la protection forte

 

Le ministère acte "la reconnaissance « automatique » comme zone de protection forte de certains outils dès leur création (par exemple à terre : les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves biologiques et les arrêtés de protection) ."
Vous le savez hélas, dans les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves biologiques et les arrêtés de protection, la chasse et la pêche sont le plus souvent autorisées ! Même chose pour l'agriculture, parfois avec pesticides, ou encore le pâturage d'animaux dont les excréments contiennent des subsances chimiques comme les antibiotiques qui impactent la microflore et les insectes.

Il valide aussi "la reconnaissance en protection forte, après examen au cas par cas, d'espaces en forêts domaniales et forêts de protection."(...) "70 000 ha de forêts seront mises en protection forte en métropole dont 50 000 ha de forêts domaniales métropolitaines (soit 10% de forêts domaniales sous protection forte en métropole, chiffre désormais atteint, à travers la création de nouvelles réserves biologiques mais aussi le déploiement de la reconnaissance en protection forte après examen au cas par cas d'espaces terrestres notamment en forêts domaniales et forêts de protection."

Ici il ne s'agit en fait que de changer des espaces de catégorie. La nature et les animaux ne s'apercevront sans doute de rien !

 

Et des espoirs de progrès avec une meilleure protection de certaines aires existantes et la création de nouvelles aires de protection forte

 

Par ailleurs, le ministère s'engage sur :

  • "l'extension, après concertation et analyse multicritère au cas par cas de certaines règles de protection au sein d'aires protégées existantes" : il faut s'attendre à une hausse de la protection de certaines aires protégées, c'est un point à surveiller.
  • "la création de nouvelles aires protégées". Il parle de 450 nouvelles aires protégées (qui ne seront pas toutes en protection forte). C'est là que se portera principalement notre action en multipliant les démarches pour les encourager.
  • "la construction d' un plan de protection des forêts subnaturelles",  ce qui est une bonne chose évidemment !

 

La libre évolution de la nature : un avenir pour nos espaces naturels

La libre évolution de la nature : un avenir pour nos espaces naturels

Article paru dans le magazine Biocontact numéro 348

Le XXIe siècle doit faire face à une crise écologique et climatique sans précédent. En France métropolitaine, 14 % des mammifères, 24 % des reptiles, 23 % des amphibiens et 32 % des oiseaux nicheurs sont menacés de disparition du territoire, tout comme 19 % des poissons d’eau douce selon le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Chaque année, 20 millions d’oiseaux disparaissent en Europe d’après une étude du CNRS et de l’université de Montpellier.

14%Mammifères
24%Reptiles
23%Amphibiens
32%Oiseaux
19%Poissons

La libre évolution de la nature, protégée des pressions humaines, est l’une des solutions efficaces et simples à mettre en œuvre pour apporter une réponse à cette crise environnementale.

La libre évolution de la nature, c’est préserver des lieux dans lesquels la nature possède la plus grande richesse spécifique et la plus grande liberté dans ses processus évolutifs spontanés possibles, afin de permettre à sa capacité de résilience, autrement dit sa capacité de s’adapter à des perturbations, de s’exprimer.

Vieux chêne multicentenaire à larges cavités, symbole de forêt ancienne et de libre évolution

Déclin de la nature et extinction des espèces : un bilan alarmant

Comme l’a rappelé l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) en 2019, « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier ».

Ce déclin résulte majoritairement d’une disparition ou d’une dégradation des habitats naturels en réponse à une intensification des usages humains, comme l’artificialisation des sols ou la fragmentation des milieux naturels. La surexploitation des milieux (exploitation forestière, agriculture intensive, chasse, pêche), les pollutions multiples, le changement climatique et les espèces exotiques envahissantes participent également à ce déclin.

Aujourd’hui en France, moins de 1,4 % du territoire métropolitain terrestre bénéficie d’une protection « forte » (cœur des parcs nationaux, réserves naturelles, réserves biologiques, les sites faisant l’objet d’un arrêté préfectoral de protection de biotope) mais à l’intérieur de certains de ces espaces de protection « forte », l’exploitation forestière, le pastoralisme, la chasse, la pêche, la cueillette sont malgré tout autorisés.

0,6 % du territoire national seulement correspond à des espaces exempts d’intervention humaine qui protège l’ensemble du vivant.

Une solution efficace : la multiplication des espaces en libre évolution

L’idée est simple. Il s’agit de créer les bonnes conditions pour que la nature s’autogère sans intervention humaine et évolue sans contraintes. Comment ? Il suffit de laisser des espaces de nature tranquilles, sans que l’humain n’y fasse rien. Dans ces espaces, il n’y a ni exploitation du bois ou du sol, ni chasse, ni pêche, ni cueillette ou loisirs bruyants. Seules les promenades et études scientifiques sont permises.

Sans exploitation du bois ou du sol
Sans chasse
Sans pêche
Sans cueillette
Sans loisirs bruyants
Promenades et études scientifiques permises

Les arbres morts y sont laissés tels quels, pour qu’ils deviennent des écosystèmes précieux pour d’autres êtres vivants.

Il est vrai que plus ces espaces sont grands, plus ils sont profitables à la nature. Mais ces espaces sont possibles et bénéfiques à toutes les échelles.

Une façon simple de protéger la faune… et la flore

Plus un milieu est riche en biodiversité, plus il est résistant et résilient. Laisser les processus écologiques spontanés apparaître, protégés de toute activité humaine d’extraction, et notamment de la chasse, favorise ainsi la protection, la diversité et le retour d’espèces animales, végétales et fongiques, dont certaines sont liées à la maturité des écosystèmes.

Les forêts en libre évolution, composées d’un mélange équilibré d’essences contrastées, offrent une protection naturelle contre les invasions massives de ravageurs en réduisant leur capacité à se propager rapidement. Elles sont donc moins vulnérables aux attaques de scolytes.

Les forêts, par exemple, représentent une réserve importante de biodiversité et tout particulièrement les forêts non exploitées dans lesquelles on laisse vieillir les arbres et on conserve le bois mort.

Jusqu’à un tiers des espèces forestières dépendent du bois mort et de nombreuses espèces vivent sur les troncs et dans les cavités des vieux arbres.

Vieux chêne multicentenaire à larges cavités, symbole de forêt ancienne et de libre évolution
Forêt naturelle laissée en libre évolution

41 % des espèces d’oiseaux forestiers de France métropolitaine dépendent des cavités présentes sur les vieux arbres ou sur les arbres morts pour se reproduire (1). Parmi elles, on trouve celles qui creusent elles-mêmes leur loge, comme les pics, mais aussi celles qui s’installent dans les cavités existantes, comme les chouettes, les sittelles ou les mésanges. Mais les oiseaux ne sont pas les seuls à utiliser les cavités des arbres.

Nombreux sont les mammifères qui peuplent nos forêts et qui dépendent des cavités, excroissances et blessures des arbres : martres, fouines, lérots, écureuils, genettes ou encore chauves-souris déclinent si le nombre d’abris présents n’est pas suffisant.

Dans ces écosystèmes naturels, les grands prédateurs tels que le loup, le lynx et dans une moindre mesure l’ours ont toute leur place. Le lynx et le loup profitent des arbres renversés et restés au sol pour cacher leur tanière. Ils jouent un rôle indispensable dans la régulation des animaux sauvages, en chassant les animaux les plus faibles et les plus malades, permettant ainsi de conserver une faune en bonne santé.

Par ailleurs, en limitant les effectifs d’ongulés sauvages par la prédation (cerfs, chevreuils et sangliers) et une dispersion des animaux qui se sentent menacés (écologie de la peur), les loups permettent aux plantes et aux arbres de se régénérer.

Pic épeiche sur un tronc d’arbre, espèce dépendante des vieux arbres et du bois mort

Avec plus de forêts en libre évolution, sans chasse, qui s’enrichissent au fil des années, on pourrait voir se développer de nombreux autres oiseaux qui craignent le dérangement, comme les cigognes noires, et observer la faune sauvage plus facilement. La faune cesserait de fuir systématiquement à l’approche des humains et retrouverait ses habitudes diurnes. Avez-vous, par exemple, déjà eu le plaisir d’entendre les cerfs bramer de jour ?

Au contraire, dans les espaces ouverts, un surpâturage des animaux domestiques a de nombreux effets négatifs comme la concurrence avec les ongulés sauvages et la disparition des insectes, détruits par les traitements antiparasitaires.

Les zones en libre évolution regorgent ainsi de vie qui peut se diffuser alentour.

Un soutien face aux aléas environnementaux et au dérèglement climatique

Les écosystèmes en libre évolution contribuent à améliorer la qualité de l’air. C’est le cas des zones humides, qui ont une capacité de stockage du carbone très importante, et des vieilles forêts.

En effet, plus nous laissons une forêt vieillir naturellement, plus sa biomasse est importante et donc plus la quantité de carbone stocké est importante. Par ailleurs, les forêts non cultivées qui ont une canopée dense laissent peu passer la lumière, via des processus d’absorption et de réflexion du rayonnement solaire, ce qui permet de diminuer la température ambiante et de réguler l’hygrométrie de la forêt.

Les écosystèmes en libre évolution jouent aussi un rôle dans la purification de l’eau. Dans les bassins versants boisés naturellement, dans lesquels les pressions anthropiques sont minimes (canalisation des activités touristiques sur les sentiers), l’érosion est réduite et la perméabilité des sols est augmentée. Les forêts captent ainsi mieux l’eau de pluie, retardant les pics de crue, voire évitant les inondations.

Par ailleurs, une forêt en libre évolution a le temps de développer un réseau racinaire dans un sol riche, et ainsi de purifier l’eau plus efficacement.

Les zones humides préservées agissent comme des éponges naturelles qui peuvent stocker de grands volumes d’eau lentement libérés dans les rivières et les nappes phréatiques.

Les changements climatiques exposent les milieux naturels à une recrudescence d’événements extrêmes (incendies, tempêtes). Or les risques d’incendies sont plus modérés dans les forêts naturelles non exploitées. Ainsi, les feux de forêt se propagent plus facilement dans les forêts cultivées dominées par les conifères que dans les forêts mélangées associant des conifères à des essences feuillues, moins inflammables.

On trouve dans les forêts anciennes ou en libre évolution une composition complexe, avec de multiples strates, une densité moindre et un niveau d’humidité (présence de gros bois mort notamment) qui contribue à les rendre moins vulnérables aux incendies (2).

Même constat par rapport au vent : les forêts mélangées et avec une strate arbustive semblent en moyenne plus résistantes aux tempêtes quand elles associent conifères et feuillus.

En respectant la nature, l’homme se respecte

Dans les espaces en libre évolution, il ne s’agit pas d’exclure l’homme. Nous avons le droit de tout faire, sauf abîmer, détruire, exploiter, extraire, déranger.

N’oublions pas que l’homme fait partie de la nature. Il est normal de la respecter, notre survie en dépend, comme celle de tout le vivant ! La nature n’a pas besoin de nous, mais nous, nous avons besoin de la nature !

Comme le préconise la Commission Européenne, consacrons 10 % de notre territoire à la nature en libre évolution, d’ici 2030.

Animal Cross, acteur engagé pour la libre évolution en France

Face à l'effondrement de la biodiversité et à l'artificialisation croissante des milieux naturels, Animal Cross défend une idée simple : certains espaces doivent être laissés à la nature, afin qu'elle puisse retrouver sa pleine capacité d'évolution, de résilience et d'autorégulation.

Depuis plusieurs années, notre association œuvre pour faire connaître et développer la libre évolution en France. Nous sommes convaincus qu'elle constitue l'un des outils les plus efficaces, les moins coûteux et les plus respectueux du vivant pour préserver durablement les écosystèmes, lutter contre le dérèglement climatique et permettre le retour d'une biodiversité riche et fonctionnelle.

Notre action s'articule autour de cinq missions complémentaires :

Sensibiliser le grand public et les décideurs
Faire évoluer les politiques publiques
Animer la Coordination Libre Évolution
Accompagner les propriétaires fonciers
Créer de nouvelles zones protégées
Préserver durablement le vivant

Animal Cross anime notamment la Coordination Libre Évolution, un collectif réunissant 19 associations de protection de l'environnement et des animaux. Ensemble, nous portons une vision ambitieuse : permettre à la nature de disposer d'espaces suffisamment vastes et protégés pour que les processus écologiques puissent s'exprimer librement.

Sur le terrain, nous accompagnons les propriétaires privés, les entreprises, les agriculteurs et les collectivités qui souhaitent protéger leurs espaces naturels. Nous les aidons à mettre en place des outils juridiques pérennes, notamment les Obligations Réelles Environnementales (ORE), afin que ces engagements demeurent valables même en cas de changement de propriétaire.

Dans le Sud-Ouest, région pilote de notre programme, nous travaillons à la création de nouvelles zones de libre évolution au sein de forêts, de zones humides, de landes et d'autres habitats naturels remarquables. Chaque hectare préservé constitue une contribution concrète à la protection du vivant et à la transmission d'un patrimoine naturel intact aux générations futures.

19associations partenaires
80 000+personnes sensibilisées
OREoutil de protection à long terme
Sud-Ouestterritoire pilote
10%du territoire à protéger
Nous n'avons pas besoin de gérer chaque mètre carré de nature. Nous avons besoin de lui laisser suffisamment d'espace pour qu'elle puisse vivre.

Conformément aux recommandations de la Commission européenne et de nombreux scientifiques, Animal Cross soutient l'objectif de consacrer au moins 10 % du territoire à la libre évolution d'ici 2030. Cette ambition représente une opportunité historique de restaurer les écosystèmes, de protéger les espèces sauvages et de renforcer notre résilience face aux crises environnementales.

Que vous soyez propriétaire d'un terrain, élu local, chef d'entreprise ou simple citoyen, vous pouvez participer à cette démarche. Ensemble, faisons de la libre évolution une réalité pour la nature et pour les générations futures.

Rivière traversant une forêt naturelle, exemple de zone humide préservée

Laissez votre terrain en libre évolution et assurez-vous que les propriétaires futurs respecteront votre choix

Les obligations réelles environnementales (ORE) sont un dispositif foncier de protection de l’environnement.

Codifiées à l’article L. 132-3 du code de l’Environnement, les ORE sont inscrites dans un contrat au terme duquel le propriétaire d’un bien immobilier met en place une protection environnementale attachée à son bien, pour une durée pouvant aller jusqu’à 99 ans. La finalité du contrat ORE-libre évolution est de laisser la nature évoluer librement sans extraction ni intervention humaine (en dehors des promenades et études).

Dans la mesure où les obligations sont attachées au bien, elles perdurent même en cas de changement de propriétaire.

La mise en place d’une ORE nécessite que le propriétaire signe un contrat établi en forme authentique, avec un cocontractant qui peut être :

– une collectivité publique,

– un établissement public,

– ou une personne morale de droit privé agissant pour la protection de l’environnement.

Si vous souhaitez protéger votre propriété à long terme, l’association Animal Cross propose d’être cette personne morale ou, si ce n’est pas possible, de vous mettre en relation avec un autre acteur.

Vous souhaitez protéger votre terrain ?

Valérie Thomé, vice-présidente d’Animal Cross.

1. Vallauri D., Andre J., Dodelin B., Eynard-Machet R., Rambaud D. – 2005. Bois morts et à cavités, une clé pour des forêts vivantes : synthèse du colloque de Chambéry du 25 octobre 2004. TEC & DOC: 405 p

2. Prévention du risque incendie et biodiversité dans les forêts françaises - Note de l’UICN et de la société botanique de France : consulter la note

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