Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Saône-et-Loire : mobilisons-nous pour ne pas autoriser le déterrage des blaireaux en été

Répondre à la consultation publique avant le 20 mars 2026

La direction départementale des territoires (DDT) de Saône-et-Loire met actuellement à consultation du public un projet d’arrêté préfectoral autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 juin au 14 septembre 2026.

Cette période dite « complémentaire » permettrait le déterrage des blaireaux en plein été, c’est-à-dire pendant la période d’élevage des jeunes, une pratique particulièrement controversée et dénoncée depuis de nombreuses années par les associations de protection de la nature.

👉 Animal Cross vous invite à participer à la consultation publique et à vous opposer à ce projet d’arrêté.
Attention : pour que votre participation soit valable, pensez à autoriser la publication de votre contribution et à cocher la case « Avis défavorable » avant de déposer votre commentaire.
La mention « Avis favorable au projet d’arrêté » peut apparaître par défaut : ne vous y trompez pas.

Voir la consultation

Proposition de réponse :

Monsieur le Préfet de la Saône-et-Loire,

La Direction Départementale des Territoires de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté préfectoral portant sur la période complémentaire de la vénerie sous terre du Blaireau pour la période allant du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

Je souhaite déposer un AVIS DÉFAVORABLE à votre projet d’arrêté.

- L'argument d'une prétendue "prolifération" est démenti par les réalités biologiques de l'espèce. Le blaireau présente une vulnérabilité intrinsèque due à une dynamique de reproduction particulièrement lente :

  • Faible taux de reproduction : Seules 30 % des femelles se reproduisent annuellement (1), avec une moyenne de seulement 2,7 blaireautins par portée.
  • Mortalité juvénile critique : Entre 50 % et 70 % des jeunes périssent avant leur première année (collisions routières, conditions climatiques).
  • Il n'existe pas de recensement fiable des populations de blaireaux dans le département 71. Les données fournies par les chasseurs sont partiales et insuffisantes pour prouver une surabondance.

- Il est illegal de tuer les "petits" de mammifères. Scientifiquement, le "petit" désigne l'individu inapte à assurer le renouvellement de l'espèce. Toute intervention avant l'émancipation totale (fin d'automne) impacte directement la pérennité démographique locale. En effet, les blaireautins naissent généralement entre janvier et mars. Ils restent dans le terrier pendant leurs premières semaines de vie et ne commencent à en sortir qu’aux alentours de 6 à 8 semaines, au moment du sevrage. À partir de là, ils apprennent progressivement à se nourrir seuls et à s’intégrer dans la vie sociale du clan. Cependant, leur développement est lent. Les études scientifiques montrent que le blaireau est considéré comme un « petit » tout au long de sa première année de vie (1). Autrement dit, les jeunes nés au printemps sont encore très immatures pendant l’été.
La Cour administrative d’appel de Bordeaux (avis du 24 février 2026) précise que la notion de « petits » correspond à un défaut d'autonomie (incapacité de survivre seul) et que cet état ne doit être assimilé ni à la période de sevrage, ni à la maturité sexuelle.
De plus, la vénerie sous terre est une méthode non-sélective. L'animal étant terré, le chasseur est incapable d'identifier l'âge ou le statut de l'individu avant l'extraction aux pinces.
- La destruction des terriers nuit à la biodiversité globale en impactant les espèces cohabitantes, dont certaines sont protégées : le Putois d'Europe, le Chat forestier, le Renard, le Lapin de garenne et diverses espèces de Chauves-souris.
- Les dégâts aux cultures sont minimes avec seulement 22 cas signalés et la vénerie sous terre n'est pas une solution adaptée pour les dégâts aux infrastructures routières ou ferroviaires.
- Il existe des alternatives non-létales : Les répulsifs naturels ont prouvé leur efficacité pour un coût moindre pour les finances publiques. Il est également possible de recourir à des terriers artificiels.

- La vénerie sous terre, par sa nature même (acculement par les chiens, extraction traumatique aux pinces métalliques, mise à mort manuelle), inflige une souffrance extrême et prolongée. Ce caractère barbare est en rupture totale avec l'évolution des mœurs et les attentes sociétales : 83 % des Français sont favorables à l'interdiction du déterrage (Sondage IPSOS 2018).
 
(1)  https://hal.science/hal-03035073v1  ( François Lebourgeois. Le blaireau européen (Meles meles L.). Synthèse des connaissances européennes. Partie 2: groupes familiaux, dynamiques des populations et domaines vitaux. Revue forestière française, 2020)
 

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Le 4 février 2026, la dépouille d’un loup mâle était découverte dans le Cantal. Le même jour, un chasseur se présentait de lui-même, auprès des autorités, en expliquant avoir confondu l’animal avec un renard lors d’une battue le 31 janvier 2026, soit 5 jours plus tôt. Il ressort de l’examen que ce loup est bien mort à la suite d’un tir non autorisé. Il s’agit donc d’un acte de destruction illégale d’une espèce protégée par la loi. Cependant, selon la procureure de la République en charge du dossier, il n’y aurait pas eu d’intentionnalité ici ce qui écarterait la thèse du braconnage. Une enquête est toujours en cours mais le chasseur ne pourrait être finalement sanctionné que d’un rappel à la loi. Nous, Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement, ne pouvons pas fermer les yeux sur cette indulgence judiciaire extrêmement dangereuse pour le loup ! Nous notons la promptitude des auteurs de braconnage à s’abriter derrière la « non-intentionnalité » de leur acte, scandaleusement protégé par la loi d’orientation agricole de mars 2025.

Une plainte commune contre ce chasseur vient d’être portée par certaines associations du collectif Cap Loup : ANIMAL CROSS, l’ASPAS, l’ASPA VOSGES, CARDUELIS, Éducation Éthique Animale, FERUS, Focale pour le Sauvage, la FRANE, le Groupe Mammalogique d’Auvergne (GMA), le Pôle Grands Prédateurs et la SFEPM.

Un loup ne ressemble pas à un renard : une confusion est peu probable. Nos associations s’étonnent d’autant plus d’une telle méprise que la chasse et les formations au permis de chasse insistent sur la sécurité du tir qui implique l’obligation formelle d’identifier sa cible avant de tirer, puis de vérifier son tir, l’objectif étant notamment de ne pas laisser une bête agonisante. Deux impératifs que ce chasseur ne semble pas avoir respectés.

Nous rappelons que la population de loups sur le territoire français stagne depuis 2022. Surtout, le Conseil européen[1] et l’OFB-CEFE[2] estiment réel le risque de baisse de la population, notamment depuis l’augmentation inacceptable du nombre de destructions de loup autorisées annuellement (contre laquelle nous avons bien l’intention d’agir) — jusqu’à 23% de la population lupine —, ce qui porte à 2/3 le risque de la faire diminuer. Les tirs illégaux augmentent encore cette probabilité, c’est pourquoi il est important de condamner ces infractions pour prévenir ce fort risque de décroissement. Le loup est une espèce clé de voûte qui joue un rôle écologique primordial pour nos paysages et nos cultures. Prédateur naturel, il participe à la régulation des ongulés sauvages.

La présence du loup dans le Cantal est très irrégulière depuis les années 2000 ce qui pourrait potentiellement s’expliquer par des faits de braconnage. La destruction de ce mâle, dans un département qui ne compte qu’un à deux individus, est très préjudiciable à l’espèce et porte donc directement atteinte à son bon état de conservation localement. C’est pourquoi nos associations portent plainte collectivement contre ce chasseur qui a reconnu avoir abattu « par inadvertance » ce loup. Il est hors de question de laisser cette « erreur » se reproduire ou devenir une habitude. L’avenir du loup sur notre territoire en dépend !

 

 

CONTACTS PRESSE

Animal Cross :

Pascal Sourdin, référent loup : 06 38 37 78 33

ASPAS :

Thierry Ruf : 06 10 27 44 23 / thierry.ruf@aspas-nature.org

Carduelis :

Carmen Munoz Pastor et Vincent Primault : carduelis@laposte.net / 05 55 83 17 78 / 06 62 61 05 25

Éducation Éthique Animale :

Marie-Laure Laprade :  06 28 37 48 83 / educ.ethic.animal@gmail.com

FERUS :

Denis Doublet Vice-président et coordinateur loup : coordination.loup@ferus.org / 07 82 75 75 55

Focale pour le Sauvage :

Sandra Bérénice Michel, Co-présidente : 07 85 75 48 63 / sandra.b-michele@live.fr

Pôle Grands Prédateurs :

Mickaël Paul, Co-président : 07 77 23 85 97

 

[1] Évaluation de l’état de conservation du loup (Canis lupus) en Europe, Conseil européen, T-PVS/Inf(2022)45

[2] État de conservation du loup en France, CEFE-OFB, 2025

Loup tué dans le Cantal : Animal Cross dénonce une destruction inacceptable

Loup tué dans le Cantal : Animal Cross dénonce une destruction inacceptable

Animal Cross exprime sa profonde préoccupation suite à la mort d’un loup lors d’une battue le 31 janvier dernier à Laveissenet, dans les Monts du Cantal. Cet événement tragique touche une espèce dont la présence est encore faible dans le Massif central, rendant la perte de cet individu particulièrement préjudiciable pour la conservation locale de l’espèce.

Le communiqué de presse d’une organisation syndicale montre que le chasseur s’abrite derrière la loi d’orientation agricole de mars 2025, qui prévoit que seules les atteintes commises « de manière intentionnelle ou par négligence grave » sont désormais passibles de poursuites pénales. Il va de soi que démontrer le caractère intentionnel des actes de braconnage est très difficile, et que cette loi ouvre la porte à tous les excès. Qu’un chasseur prenne un loup pour un renard conforte l’association dans ses demandes, depuis de nombreuses années, de voir des contrôles d’aptitude associés à la validation périodique du permis de chasser.

 

Un silence de cinq jours qui interpelle

Le déroulement des faits soulève d’importantes questions sur la transparence de cette opération de chasse. Le cadavre de l’animal n’a été découvert que cinq jours après les faits. Ce n’est qu’à la suite de cette découverte fortuite que le chasseur responsable s’est manifesté auprès de la gendarmerie.

Pour Animal Cross, cette chronologie est révélatrice : sans cette découverte due au hasard, l’acte de destruction d'une espèce protégée serait probablement resté ignoré, comme l’est la grande majorité des actes de braconnage de loups, en augmentation, qui seuls peuvent expliquer la stagnation de la population française depuis 2022.

 

source graphique : OFB https://www.loupfrance.fr/suivi-du-loup/situation-du-loup-en-france/

 

 

Une menace pour l'équilibre de nos écosystèmes

Le loup n'est pas seulement un symbole de vie sauvage ; il est une espèce clé de voûte (encore) protégée par les lois européennes et françaises. Son rôle écologique est primordial pour la santé de nos paysages :

  • Régulateur naturel : Il limite la surabondance des ongulés sauvages (cerfs, chevreuils, sangliers).
  • Allié des forêts : En régulant ces populations, il réduit l’abroutissement des jeunes pousses, favorisant ainsi la régénération naturelle des forêts, essentielle face aux enjeux climatiques actuels.

Animal Cross demande

  1. Une enquête rigoureuse de L'Office Français de la Biodiversité (OFB) pour déterminer s'il s'agit d'un acte de braconnage caractérisé.
  2. Que la justice tire toutes les conséquences de cette « destruction non autorisée d'espèce protégée ».

Nous rappelons que la responsabilité est aussi institutionnelle. En laissant une trop grande liberté dans la « gestion » de la faune sauvage sans contrôles suffisants, et en augmentant année après année les possibilités légales de tuer des loups, l'État porte une part de responsabilité dans ces soi-disant accidents, en installant des conditions favorables à l’impunité.

Animal Cross se joindra aux actions judiciaires en cours et déposera plainte pour destruction non autorisée d’espèce protégée. Il est impératif que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce tir et que les responsabilités soient clairement établies pour que la loi protégeant notre biodiversité ne soit pas une lettre morte.

Contact Presse :  contact@animal-cross.org

Bouquetins du Bargy : la justice condamne l’État pour mise à mort illégale  

Bouquetins du Bargy : la justice condamne l’État pour mise à mort illégale  

Victoire juridique pour les bouquetins du Bargy : l'abattage indiscriminé jugé illégal

 
Le Tribunal administratif de Grenoble vient de rendre une décision historique le 12 janvier 2026.
Il avait été saisi par un collectif de 8 associations dont Animal Cross : FNE AuRA, FNE Haute-Savoie, AVES,  ASPAS, LPO, One Voice et AJA Savoie.
 
 
Le juge a annulé l’arrêté préfectoral du 14 octobre 2022 qui autorisait l’abattage de 75 bouquetins dans le massif du Bargy.

Un passage en force de l'État sanctionné

L'affaire remonte à l'automne 2022 et s'inscrit dans le cadre de la lutte contre la brucellose, une maladie détectée chez les bouquetins du massif du Bargy depuis 2012, qui peut être transmise aux bovins pâturant en montagne, dont le lait est utilisé dans la production de Reblochon.

Malgré une première suspension d'un arrêté de mars 2022 par le juge des référés en mai 2022, qui prévoyait déjà l'abattage de 170 individus, le préfet de la Haute-Savoie avait repris un arrêté similaire (arrêté du 14 octobre 2022) autorisant le « prélèvement » de 75 bouquetins non marqués, sans remédier aux vices identifiés par le juge (notamment l'absence de recherche d'alternatives).

C’est un passage en force inédit : l’arrêté a été publié le 15 octobre 2022, et dès les 17 et 18 octobre 2022, les forces de l’ordre, après avoir bloqué les routes, ont procédé à l’abattage de 61 bouquetins. Juste après, le préfet de la Haute-Savoie a abrogé l’arrêté le 26 octobre 2022, pensant ainsi le soustraire à tout recours juridique. Pourtant, la justice a estimé que, puisque l’arrêté avait été exécuté en grande partie, il pouvait toujours faire l’objet d’un contentieux.

Dans une lettre commune au Préfet, nous dénoncions cet acte odieux où le préfet a agit sous la pression des syndicats agricoles, au détriment d'une espèce protégée, sans chercher de solutions alternatives satisfaisantes. Nous avions également soutenu que cet arrêté était illégal, et la justice nous a donné raison.

 
En effet, ce jugement de janvier 2026, le tribunal a été très clair : en agissant ainsi sans corriger les défauts de légalité identifiés par la justice, le préfet a porté atteinte à l’autorité de la chose ordonnée. En d'autres termes, l'administration ne peut pas ignorer une décision de justice pour imposer sa volonté.
1ère photo : crédit USCDCP
3ème photo : mâle abattu le matin du 18 octobre copyright lanceur d’alerte

Le bouquetin : une espèce protégée, pas une cible

Le jugement rappelle que le bouquetin des Alpes est une espèce protégée. Selon le code de l'environnement, une dérogation pour sa destruction ne peut être accordée qu'à une condition stricte : qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante.
 
Or, le tribunal a balayé les arguments de la préfecture en soulignant que :
 
• Des alternatives efficaces existent : Entre mai et octobre 2022, les services de l'État ont réussi à capturer 96 spécimens. Sur ce nombre, seuls 5 étaient contaminés par la brucellose. Cela prouve qu'un dépistage ciblé est possible et préférable à un abattage massif.
 
• Les experts scientifiques n'ont pas été écoutés : L’Anses et le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) avaient rendu des avis défavorables à l'abattage indiscriminé, qualifié par l'Anses de « pari » à faible probabilité de succès. Le CNPN avait également alerté sur le risque de déstructurer les populations de bouquetins sauvages.

Une condamnation de l'État

En conclusion de ce combat juridique, le tribunal a non seulement prononcé l'annulation de l'arrêté, mais a également condamné l’État à verser une somme globale de 5 000 euros aux associations requérantes pour compenser leurs frais de procédure.
 
Cette décision est un signal fort : la gestion sanitaire de la faune sauvage ne doit pas se faire au détriment du droit et de la science. 
Lancement d’une pétition commune avec 7 associations pour sortir le renard de la liste “ESOD”

Lancement d’une pétition commune avec 7 associations pour sortir le renard de la liste “ESOD”

Une pétition officielle a été déposée à l’Assemblée nationale pour demander la fin du classement des renards roux en tant qu’ « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (ESOD). Les associations à l’initiative de cette démarche, Animal Cross, ASPAS, AVES, Faune Alfort, FERUS, Focale pour le Sauvage, le Pôle Grands prédateurs et One Voice, appellent à une mobilisation citoyenne urgente afin de mettre fin aux abattages massifs de ces animaux.

Pour éclairer le grand public sur le sujet et rappeler les enjeux de cette pétition, une journée d’action sur le terrain, est organisée samedi 17 janvier dans 11 villes, à l’initiative de One Voice.

Un classement ESOD à l’origine d’abattages massifs et inutiles

Chaque année en France, au moins 500 000 renards sont tués par tir, piégeage ou déterrage, pratiques rendues possibles par leur inclusion sur la liste ESOD, dans 88 départements à ce jour. Ce chiffre glaçant met en lumière une réalité alarmante : les renards subissent ces pratiques cruelles à grande échelle, à l’image du déterrage, une méthode documentée depuis longtemps par nos associations comme étant particulièrement barbare.

Le renard, un allié écologique et sanitaire essentiel pour nos écosystèmes

Cette persécution ne repose pourtant sur aucun fondement scientifique. Les renards sont des alliés majeurs de nos territoires : ils régulent les rongeurs ravageurs des cultures et porteurs de maladies telle que la borréliose de Lyme, réduisant ainsi pertes agricoles, dépendance aux rodenticides toxiques et propagation d’une zoonose touchant plusieurs dizaines de milliers de personnes chaque année en France.

Animaux omnivores disséminant les espèces végétales et charognards éliminant les carcasses, ils constituent en outre un maillon essentiel de nos écosystèmes.

La “régulation” des renards : une inefficacité démontrée

L’ANSES l’a confirmé en 2023 :  les renards ne présentent pas de risque pour la santé publique. Ils ne sont plus porteurs de la rage depuis l’éradication de la maladie en 2001 et leur abattage accroît la circulation de l’échinococcose.

Les dégâts prétendument invoqués sont tout aussi infondés, les études, dont le programme CARELI, démontrant que tuer des renards ne réduit en rien les prédations et que seules des protections adaptées des poulaillers sont réellement efficaces.

Enfin, la régulation naturelle de l’espèce est parfaitement assurée par la disponibilité des ressources, comme l’illustrent les résultats du Luxembourg où l’arrêt de la chasse aux renards n’a provoqué ni surpopulation ni déséquilibre écologique. Ces conclusions ont été confirmées par plusieurs rapports et études scientifiques récents, qui soulignent l’inefficacité des actions de « régulation » des renards (FRB, 2023) et recommandent expressément de les supprimer de la liste des ESOD (IGEDD, 13 février 2025).

Le Conseil d’Etat a d’ailleurs déjà annulé partiellement leur classement en Aveyron, en Haute-Loire et en Lozère, faute de justification des abattages systématiques. La rapporteure publique avait d’ailleurs à cette occasion considéré que “la raison commande d’accompagner la remise à plat du régime des ESOD”.

L’opinion publique largement opposéE

L’opinion publique est elle aussi claire : 65% des Françaises et des Français sont contre ce classement, et 71% s’opposent à ces massacres (sondage IFOP, 2023).

Avec l’effondrement massif de la biodiversité, l’année 2026 devrait être l’année charnière d’une préservation accrue des espèces. Elle ne doit pas être celle du renouvellement de l’arrêté triennal maintenant les renards sur la liste des ESOD, en contradiction totale avec les données juridiques, scientifiques et les attentes sociétales.

Aves France, l’ASPAS, Animal Cross, Faune Alfort, Focale pour le Sauvage, FERUS, le Pôle Grands Prédateurs et One Voice appellent ensemble le ministère de la transition écologique à mettre fin au classement des renards en tant qu’ « ESOD ».

Chaque voix compte pour eux. Pour changer la loi autorisant cette liste mortifère, nous appelons le grand public à signer et partager massivement notre pétition commune à l’Assemblée nationale.

One Voice organise le 17 janvier une journée d’action dans 11 villes

Pour éclairer le grand public sur le sujet et rappeler les enjeux de cette pétition, One Voice organise le 17 janvier prochain une journée d’action sur le terrain, dans 11 villes : Fréjus (83), Nice (06), Metz (57), Brive-la-Gaillarde (19), Montpellier (34), Bar-le-Duc (55), Nantes (44), Troyes (10) et Limoges (87). Deux autres actions sont planifiées, le 18 janvier à Toulouse (31) et La Rochelle (17) le 24 janvier (informations à venir).

Recours contre le déclassement des loups : La France choisit la censure et le passage en force !

Recours contre le déclassement des loups : La France choisit la censure et le passage en force !

Suite au déclassement du loup au niveau Européen et au positionnement de la France qui souhaite contester le droit des associations à saisir la justice Européen, nous avons souhaité nous exprimer communément :

 

Communiqué commun One Voice, Animal Cross, FERUS, Pôle Grands Prédateurs du 6 janvier 2026 :

Alors qu'une coalition d'associations européennes a récemment saisi la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) pour contester la réduction de la protection des loups au niveau européen - et de fait, l’assouplissement des abattages - la France et la Finlande mettent tout en œuvre pour empêcher les défenseurs de l'environnement d'accéder à la justice.

Le changement de statut des loups, les faisant passer « d’espèce strictement protégée » à « espèce protégée susceptible de mesures de gestion » fait l’objet d’un  recours en annulation déposé par les associations Green Impact (Italie), Earth ODV (Italie), Nagy Tavak és Vizes Élőhelyek Szövetsége (Hongrie), LNDC Animal Protection APS (Italie), One Voice (France), soutenues par plusieurs associations européennes, dont Animal Cross, FERUS et Pôle Grands Prédateurs pour la France.

Or, deux États membres de l’Union européenne, dont la France, viennent d’intervenir dans cette procédure pour contester le droit des associations à saisir la justice européenne.
Cette démarche, visant à empêcher les associations d'exercer leur droit légitime d’initier une procédure judiciaire devant la CJUE, élude un débat démocratique sain, basé sur des données factuelles et scientifiques, et semble privilégier des choix politiques arbitraires.

Elle tend à démontrer que la France est parmi les plus fervents soutiens à la proposition de la Commission Européenne de réduire la protection des loups, et dont les possibles raisons profondes sont peu en rapport avec les données scientifiques :

  • Cette proposition de déclassement régularise de fait une situation inconfortable et potentiellement illégale pour la France, qui depuis 2014, pratique une régulation déguisée de l’espèce via l’octroi de plusieurs milliers d’autorisation de tirs létaux sur les loups.
  • Cette procédure de déclassement coïncide dans le temps avec deux accords de libre-échange se succédant : l’un avec la Nouvelle-Zélande, déjà entériné, et l’autre avec le Mercosur. Ces accords, très défavorables au milieu de l’élevage, suscitent une forte opposition du milieu agricole en France. Dans quelle mesure de tels enjeux ont-ils pu peser sur la décision de déclassement des loups ?

Nous appelons donc solennellement la France à retirer cet acte d’intervention visant à museler les associations de protection de la nature et de défense des animaux, en total désaccord avec les principes élémentaires de la démocratie. Nous sommes aux antipodes de la célèbre citation apocryphe attribuée à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ».