16 Avr 2021
Les bouquetins du Bargy profitent ! Grâce au recours en référé qu’Animal Cross a défendu avec succès devant le tribunal administratif de Grenoble l’été dernier, le préfet de Haute-Savoie est actuellement dans l’impossibilité de recourir à des tirs d’abattage indiscriminé des bouquetins du Bargy. Seules les captures par téléanesthésie et l’euthanasie des animaux capturés séropositifs à la brucellose, après un test in situ, sera possible.
Le jugement du tribunal sur le fond interviendra à une date encore indéterminée.
Voir le document du préfet :
Lettre du prefet- concertation 2021
8 Avr 2021
Les hérissons sont de plus en plus menacés par les activités humaines. 98% des hérissons meurent dans leurs deux premières années de vie alors que leur durée de vie peut atteindre 10 ans. Pour contribuer à leur sauvegarde, transformez votre jardin en paradis pour les hérissons !
Le jardin idéal du hérisson
Le jardin parfait pour un hérisson est avant tout un jardin naturel et le plus sauvage possible. Le sol ne doit pas être trop propre. Bien sûr, traitez le moins possible. Pas de pesticides ou d’engrais chimiques, pas d’anti-limaces, par pitié !
Des haies sous lesquelles on laisse les feuilles mortes
Pour attirer les hérissons, il faut qu’ils se sentent en sécurité dans votre jardin. Les haies sont parfaites pour les rassurer et les protéger. Laissez-y les feuilles mortes, qui feront office de litière.
Des herbes hautes
L’herbe rase offre un terrain de chasse idéal et l’herbe haute permet de se cacher en toute sécurité. Laissez-y feuilles mortes, brindilles et tas de branches, pissenlits, mousse (idéale pour faire son nid), fleurs, « mauvaises herbes », compost (il procure de la chaleur et de la nourriture)… le hérisson adorera manger les petites bêtes qui s’y cachent. Attention aux débroussailleuses à fil, tondeuses, et autres outils qui peuvent le blesser souvent mortellement. Observez minutieusement l’endroit avant de vous lancer !
Un potager
Le hérisson est friand des limaces, escargots et autres insectes qui peuvent nuire à vos plantations. Il travaille pour vous, ne lui en voulez pas s’il se sert de temps en temps !
Un point d’eau
En toute saison, le hérisson a besoin de s’hydrater. Laissez-lui un point d’eau. Très sensible à la chaleur, il pourra également s’y rafraichir l’été.
Attention aux piscines, bassins, fossés desquels les animaux ne parviennent pas à sortir. Fixez une planche rugueuse ou un grillage fin incliné sur les bords pour qu’il puisse remonter.
Des coins cachés où faire son nid
Le hérisson apprécie tous les endroits cachés où faire son nid à l’abri du vent et de la pluie. Tas de bois, vieilles souches d’ arbres creux, objets recouverts d’une bâche…
Quelques croquettes
Les hérissons adorent les croquettes pour chats et pour chiens ! Dispersez-en quelques unes un peu partout dans le jardin. Attention, les hérissons ne tolèrent en revanche ni le pain ni le lait.
8 Avr 2021
Communiqué de CAP – Ours, Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours
En France, seuls les dégâts causés par les grands prédateurs sauvages protégés (ours, loups et lynx) sont systématiquement indemnisés par l’Etat.
Depuis 2019, la Commission Européenne impose aux états de l’UE une contrepartie minimale pour pouvoir indemniser ce type de dégâts : des protections doivent être mises en place préalablement.
Un certain nombre d’estives pyrénéennes (majoritairement en Ariège) étant à la traîne pour la mise en place a minima des moyens de protection, elles ont bénéficié d’un report de 2 ans lors de la publication du décret ministériel de juillet 2019.
Ce délai dérogatoire n’ayant visiblement pas été mis à profit, l’Etat vient de publier, le 19 mars dernier, une nouvelle version du décret, s’apparentant à une fuite en avant : jusque fin 2022, les éleveurs pyrénéens sans moyens de protection installés pourront être indemnisés…s’ils promettent d’étudier des moyens de protection (sic !).
Ce deuxième report de fait, devant la mauvaise volonté de certains groupements pastoraux, suscite quelques évidentes questions :
– Quelle sera la réaction de la Commission Européenne devant cette nouvelle reculade qui reporte aux calendes grecques la mise en place effective de moyens de protection ?
– Est-ce vraiment la bonne méthode pour inciter à la mise en place concrète de moyens de protection sur les estives pyrénéennes ?
Cas d’école, l’estive ariégeoise cumulant le plus grand nombre de pertes depuis de nombreuses années n’utilisait toujours ni chien de protection ni parc de regroupement nocturne en 2020 …
Aucune assurance privée n’indemniserait un assuré qui ne met pas en place un minimum de protections contre un risque connu et prévisible.
Cette gestion qui ne participe ni à améliorer la cohabitation ni à restaurer cette espèce menacée est-elle vraiment la meilleure manière d’utiliser des fonds publics ?
Les associations membres de CAP – Ours :
Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.
7 Avr 2021
Le rapport annuel du réseau Ours brun (ROB) vient de sortir. Sur l’ensemble des Pyrénées françaises, toutes méthodes de suivi confondues, 1977 indices ont été collectés et vérifiés.
Si la proportion des indices collectés est relativement similaire à 2019 et 2018, on constate toutefois une baisse importante des pistes/empreintes, très probablement liée au confinement de ce printemps. En effet, la majorité des empreintes sont généralement trouvées, dans la neige, à la sortie de l’hiver.

Typologie des indices de présence d’ours « confirmés » en 2020.

Malgré tout, quelques pistes ont pu par exemple être observées à la longue vue depuis le balcon d’une maison.

Piste d’ours, caractéristique dans la neige, menant à l’observation directe de l’ours mâle adulte Goiat. Photo extraite d’une vidéo réalisée par un membre du ROB depuis son balcon à Loudenvielle (65), à près de 6 kilomètres de distance, le 04 avril 2020 pendant le confinement.
Une continuité de population d’ours de 272 km, depuis la Navarre jusqu’au Pyrénées orientales.
L’aire de répartition des ours dans les Pyrénées est d’environ 8200 km2, avec une diminution de 2200 km2 vs 2019, due au moindre déplacement de Goiat.
La connexion est particulièrement active en 2020 entre les Pyrénées occidentales et centrales, liée au mouvement de 3 mâles (Néré, Cannellito et Rodri). Il y a maintenant une continuité de population de 272 km, depuis la Navarre jusqu’au Pyrénées orientales.

64 ours, 16 oursons présents en 2020 dans les Pyrénées
En 2020, le typage génétique a permis de distinguer 45 ours par les analyses françaises et 27 par les analyses espagnoles. Après consolidation des données, l’EMD (effectif minimum détecté) 2020 est estimé à 64 ours. 12 individus ont été détectés exclusivement en Espagne.
On comptait en 2019 58 ours (effectif corrigé a posteriori suite à la découverte de nouveaux indices en 2020).
La répartition male/femelle est équilibrée, avec 29 mâles et 29 femelles (rapport calculé sur 58 individus de sexe connu) 23 femelles et 12 mâles sont actuellement en âge de se reproduire.
En 2020, 9 portées et 16 oursons ont été détectés.
Le taux d’accroissement moyen annuel de la population pyrénéenne, entre 2006 et 2019, est estimé à 10,96%.

Malgré l’évolution positive, ces 64 ours ne constituent toujours pas une population viable. Pour atteindre ce statut, qui est à la fois l’objectif des associations de protection de l’ours et l’obligation de l’État, il est nécessaire d’atteindre un effectif de 50 ours participant à la reproduction, et avec une bonne diversité génétique, comme annoncé dans le Plan Ours 2018-2028.
Nous réitérons la demande à l’état de remplacer les 3 ours tués en 2020.
A savoir
7 des 64 ours détectés en 2020 sont considérés comme morts :
4 oursons de l’année ont disparu dans l’été
3 ours adultes ont été retrouvés morts de cause humaine (un ours mort par balles en Ariège) ;
636 victimes sur le cheptel domestique en 2020
En France en 2020, le nombre d’attaques d’ours sur le cheptel domestique a continué d’augmenter mais beaucoup moins fortement qu’entre 2017 et 2018 (absence de dérochement massif).

Bilan 2020, dans les Pyrénées françaises, des attaques et des dégâts d’ours sur cheptel domestique (animaux morts et blessés) et sur ruches pour lesquels la responsabilité de l’ours est non écartée. Aucune attaque sur cheptel domestique ou sur rucher n’a été détectée dans les départements 11, 64 et 66 en 2020. Source : DREAL/DDT(M)
En Espagne en 2020, 48 attaques ont été recensées, essentiellement avant la transhumance. Une différence qui s’explique simplement par la différence de protection des troupeaux. En Espagne, tous les troupeaux sont protégés avec berger, regroupement nocturne en parc et chiens de protection pendant l’été.
Les effarouchements des ours, expérimentés cette année, ne sont donc pas la solution. Au contraire, la protection des troupeaux, demandée par les associations depuis de nombreuses années a prouvé son efficacité.
Source : Rapport annuel du réseau ours brun
2 Avr 2021
S’il y a bien un moment de l’année où il faut particulièrement surveiller le bas-côté de votre route habituelle du passage des cerfs et chevreuils, c’est en avril !
Des données récoltées sur plusieurs tronçons de route de 2014 à 2018 démontrent un pic de collisions extrêmement significatif durant ce mois.


Source : Suivi de la mortalité faune/véhicules sur le réseau routier national – Lucille BILLON (https://www.youtube.com/watch?v=kzSfaU00aWk)
Mais pourquoi cela ?
Au printemps, nous le savons, la nature se réveille. Cette hausse d’activité occasionne une augmentation des déplacements chez la plupart des animaux. Et chez les cervidés, les mois d’avril et de mai constituent la période de dispersions des jeunes nés l’année précédente.
Ainsi, gare aux jeunes chevreuils pouvant traverser devant vous. Avec l’habitude de rouler sur le même tronçon, nous ne regardons plus le paysage, et donc les animaux pouvant s’y trouver. La nuit et sa mauvaise visibilité accroissent aussi le risque. Le danger est bien présent, tant pour les animaux que pour les usagers de la route. Restons alors attentifs et levons le pied afin que nos routes ne deviennent pas un cimetière pour animaux !
Notons que le confinement du mois d’avril pourrait augmenter le phénomène de dispersion de la faune sur les routes, les animaux et surtout les jeunes étant moins alertes face au danger à cause de la circulation amoindrie.
Que faire si vous percutez un cervidé et qu’il est blessé ?
- Sécurisez le lieu de l’accident ainsi que vous-même.
- Si l’animal est blessé, prévenez immédiatement un centre de sauvegarde de la faune sauvage. En dehors des heures d’ouverture, un numéro d’urgence est souvent disponible.
5 Fév 2021
Par décision du 4 Février 2021, le Conseil d’Etat annule la possibilité d’autoriser l’effarouchement des ours à l’aide de tirs non-létaux (dit « effarouchement renforcé”) prévu dans l’arrêté ministériel du 27 juin 2019.
Comme les associations l’affirment depuis le début, ce texte ne respectait pas le cadre légal dans lequel il serait possible de déroger à l’interdiction de perturbation intentionnelle de l’espèce protégée et prioritaire qu’est l’ours brun, même à titre expérimental comme avait tenté de le justifier l’Etat. En clair, effaroucher les ours “à l’aide de tirs non-létaux” est illégal, en plus d’être inefficace.
Toutes les autorisations accordées par les Préfets des départements pyrénéens sur la base de ce texte sont donc annulées. Il est regrettable que l’Etat se soit embarqué dans cette aventure sans vérifier la conformité au droit des mesures prévues. Non seulement l’Etat a autorisé et mené des actions illégales, potentiellement dangereuses, mais cela a encore retardé le développement des mesures de protection légales et efficaces : gardiennage et rassemblement nocturne des troupeaux, utilisation de chiens de protection. Il va maintenant falloir reprendre ce travail avec l’ensemble des acteurs concernés sur de meilleures bases. Nous n’imaginons pas en effet que l’Etat ignore ce jugement du Conseil d’Etat et continue d’effaroucher les ours en 2021.
Les associations ayant porté le recours devant le Conseil d’Etat :
FERUS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), Pays de l’Ours – Adet, Comité Ecologique Ariégeois, Nature Comminges, Nature en Occitanie, FIEP Groupe Ours Pyrénées, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées, Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), Animal Cross, avec le soutien de la Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM)