Consultation publique : dites non au nouveau classement des animaux « ESOD »

Consultation publique : dites non au nouveau classement des animaux « ESOD »

Le ministère de la Transition écologique soumet actuellement à la consultation du public un projet d’arrêté fixant, pour la période 2026-2029, la liste des espèces dites « susceptibles d’occasionner des dégâts » – les ESOD – ainsi que leurs modalités de destruction. Renards, fouines, martres, belettes, corneilles, pies, geais, corbeaux freux et étourneaux pourraient continuer à être détruits pendant trois années supplémentaires.

Vous pouvez donner votre avis jusqu’au 30 juillet 2026. Animal Cross vous invite à déposer une contribution défavorable.

Pourquoi Animal Cross s’oppose-t-elle à ce projet ?

  • Les dégâts imputés aux ESOD ne reposent pas sur des preuves solides, ils ne sont ni probants ni fiables, puisque la réalité des dégâts ne peut pas réellement être contrôlée. Mieux : Les espèces peuvent être détruites dans des secteurs où aucun dégât n’a été constaté localement, ce qui est contraire aux exigences posées par le Code de l’environnement et rappelées à plusieurs reprises par le Conseil d’État. Le Conseil d’État a ainsi annulé le classement du renard dans plusieurs départements (notamment l’Aveyron, la Haute-Loire et la Lozère) lorsque l’administration n’avait pas démontré que l’espèce était susceptible d’y occasionner des dégâts. Et puis, comment la belette peut-elle être « nuisible » dans un seul département français, comme par hasard celui du président de la Fédération Nationale des Chasseurs alors qu’elle est protégée dans de nombreux pays européens?
  • Les services écologiques apportés par ces espèces ne sont pas pris en compte (par ex. le renard régule les populations de petits rongeurs responsables de dégâts sur les cultures et permet de limiter la propagation de maladies), c’est-à-dire qu’ils ne sont jugés qu’à charge.
  • La prévention des dégâts (protection des cultures et élevages, etc…) devrait systématiquement être mise en œuvre, comme c’est d’ailleurs prévu dans la directive Habitats de 1992  (« vous devrez établir en quoi leur mise en œuvre est impossible ou insatisfaisante «). Ces trois premiers points ont été confirmés par un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement en 2024.
  • L’efficacité des méthodes létales, contre les dégâts supposés, n’a jamais été démontrée, et c’est même le contraire puisque c’est partie remise chaque année avec des centaines de milliers d’animaux que l’on détruit pour rien en France.
  • La réglementation actuelle est totalement obsolète et rétrograde en regard des connaissances actuelles sur les interactions des êtres vivants. Animal Cross demande au ministère de l’écologie sa révision complète depuis plusieurs années.
  • La martre a été indûment réintégrée à la liste des ESOD en dépit de la décision du Conseil d’État qui avait annulé en mai 2025 son classement sur tout le territoire,
  • Le point sur l’inutilité de tuer peut être complété par des travaux scientifiques récents (revue Biological Conservation) qui concluent que non seulement ces destructions massives ne permettent pas de protéger l’agriculture ni de réguler les populations, mais de plus elles ont des effets négatifs.

Comment participer ?

Rendez-vous sur la page officielle de la consultation (il s’agit d’une page du Ministère de la transition écologique et non pas d’une page d’Animal cross) :

https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-pris-pour-l-application-de-l-a3385.html

Faites défiler la page jusqu’au bouton « Déposer votre commentaire ».

Remplissez les champs demandés.

Faites impérativement apparaître le mot « DÉFAVORABLE » dans le titre de votre contribution.

Vous pouvez rédiger votre propre avis ou reprendre les arguments proposés ci-dessus.

Cliquez sur « Commenter » pour valider votre participation.

« `

L’Ours des Pyrénées : Pourquoi est-il si difficile pour les ours pyrénéens de se rencontrer ?

L’Ours des Pyrénées : Pourquoi est-il si difficile pour les ours pyrénéens de se rencontrer ?

Comment l'aménagement du territoire influence ses déplacements ?

Une étude scientifique majeure publiée en mars 2026 par l'OFB et le Muséum National d’Histoire Naturelle, fait la lumière sur la « connectivité » de notre massif : Le relief pyrénéen naturel et anthropisé permet-il de laisser circuler cette espèce emblématique, toujours aujourd'hui en danger critique d'extinction ?

Une étude inédite pour briser l’isolement

La population d’Ours brun des Pyrénées revient de loin, mais elle reste fragile. Son principal défi aujourd'hui n'est pas seulement le nombre d'individus, ou la faiblesse génétique, mais leur isolement. La population est en effet fragmentée en deux noyaux (l’un à l’ouest et l’autre au centre-est) qui communiquent très peu entre eux : depuis 2016, seuls trois mâles ont réussi à passer d’un groupe à l’autre.

Pour comprendre ce qui bloque la fluidité des déplacements ursins, l'étude « Connectivité fonctionnelle des paysages pyrénéens pour l’Ours brun » (Dumortier et al., 2026) a analysé plus de 45 000 localisations GPS et VHF ainsi que des milliers d'indices de présence sur l'ensemble de la chaîne franco-espagnole et andorrane. L'objectif ? Identifier les « autoroutes » naturelles (les corridors) et les obstacles qui empêchent le brassage génétique indispensable à la survie de l'espèce.

Le relief : entre refuge et barrière physique

Si l’ours est un montagnard agile, il ne grimpe pas n’importe où au hasard. L’étude confirme que le relief joue un rôle déterminant dans ses mouvements :

  • L’étage idéal : Les ours privilégient les altitudes intermédiaires (généralement entre 800 et 1 800 mètres) où ils trouvent le meilleur compromis entre nourriture et tranquillité.
  • Les sommets infranchissables : Les massifs de très haute altitude, comme le Néouvielle ou le Pic du Midi de Bigorre, agissent comme de véritables freins. Les pentes raides (supérieures à 70 %), les falaises et l’absence de forêt pour se cacher rendent ces zones coûteuses en énergie et dangereuses.
  • Le besoin de forêt : Le couvert forestier est essentiel pour les déplacements diurnes et le repos. Les zones trop ouvertes ou rocheuses de haute altitude sont évitées, faute d’abris. Les femelles, plus petites et souvent accompagnées d'oursons, sont d'ailleurs particulièrement dépendantes de ces zones escarpées mais boisées pour leur sécurité.

L’activité humaine : le vrai « mur » pour les ours

Le relief n'explique pas tout. Le développement humain est le principal facteur de fragmentation de l'habitat de l'ours :

  • Les routes, obstacles majeurs : Les axes routiers dans les vallées (comme la route d'Aragnouet-Bielsa ou l'axe Foix-Ax les Thermes) constituent des barrières majeures. Plus le trafic est dense, moins l'ours ose traverser. Dans les zones où les routes sont nombreuses, les ours sont contraints de réduire la taille de leur territoire. Voir un ours près d'axe routier ou traverser des routes la nuit ne démontre pas un comportement déviant. (vidéo ici)
  • L’évitement de l’homme : Les ours perçoivent les activités humaines comme une menace. Ils évitent soigneusement les zones urbanisées et les plaines agricoles intensives. Cette méfiance repousse les ours vers des zones de montagne plus accidentées, limitant ainsi leurs possibilités de rencontre entre les deux noyaux de population.
  • Un enjeu de cohabitation : Pour assurer l'avenir de l'ours, l'étude souligne l'urgence d'aménager le territoire. Cela passe par la création de passages à faune (ponts ou tunnels) et de systèmes d'alerte pour les automobilistes là où les corridors écologiques croisent les routes.

Améliorer la circulation de l'ours, c'est protéger l'ensemble de la biodiversité pyrénéenne.

En tant qu'espèce parapluie, l'ours a besoin de vastes territoires préservés pour se déplacer, se nourrir et se reproduire. Les actions mises en place pour préserver ses habitats et renforcer leur connectivité bénéficient également aux oiseaux, mammifères, insectes, amphibiens et à toute la biodiversité qui partage ces espaces.

Préserver une espèce parapluie, c'est donc protéger un écosystème entier, ce qui en fait un levier essentiel pour la conservation de la nature.

Référence : Dumortier N., Carruthers-Jones J., Sentilles J., Quenette P.-Y., Lemaître P.-L. & Vanpé C. 2026. — Connectivité fonctionnelle des paysages pyrénéens pour l’Ours brun Ursus arctos Linnaeus, 1758. Naturae 2026 (4): 81-105.

Pour 1 €, donnez plus de poids à la protection de la faune sauvage

Pour 1 €, donnez plus de poids à la protection de la faune sauvage

Aujourd'hui, Animal Cross lance une campagne exceptionnelle d'adhésion à 1 €.

Pourquoi ? Parce que nous avons besoin de vous pour obtenir l'agrément environnement.

Vidéo explicative : comment remplir le nouveau formulaire d'adhésion pour moi et mes proches, en bas de la page

 L'agrément environnement, c'est quoi ?

Délivré par l'État, il constitue une reconnaissance officielle du sérieux, de la compétence, de l'indépendance et de l'engagement d'une association dans le domaine de la protection de l'environnement.

En obtenant cet agrément, Animal Cross serait reconnue comme une association de référence, légitime et compétente pour représenter l'intérêt général en matière de protection de la faune sauvage et de la biodiversité.

C'est une étape majeure dans la vie de notre association.

Cette reconnaissance nous permettrait d'être davantage entendus par les pouvoirs publics, de participer officiellement aux consultations et aux instances de concertation sur les questions environnementales, mais aussi de défendre plus efficacement les espèces sauvages et leurs habitats lorsque ceux-ci sont menacés.

 

2000 adérents nécessaire pour obtenir cet agrément,
nous avons besoin de vous

Aujourd'hui, nous sommes 1100 adhérents. Notre objectif est d'atteindre les 2 000 membresC'est pourquoi nous lançons une campagne d'adhésion exceptionnelle à seulement 1 €.

Car aujourd'hui, ce n'est pas le montant qui compte, mais le nombre de citoyens qui affirment que la faune sauvage mérite d'être représentée, défendue et entendue.

Si vous êtes déjà adhérent, vous pouvez nous aider de façon très concrète : faites adhérer un membre de votre famille, un ami, un collègue ou un voisin.

Chaque nouvelle adhésion renforce la légitimité d'Animal Cross et rapproche notre association de cette reconnaissance officielle.

Pour 1 €, vous contribuez à faire reconnaître la protection de la faune sauvage comme une cause qui mérite d'être représentée au plus haut niveau des décisions publiques.

Nous avons besoin de 900 adhérents supplémentaires.


Concrètement, à quoi servira l'agrément environnement ?


1. Défendre plus efficacement la faune sauvage devant les tribunaux⚖️

L'agrément renforcera notre capacité à engager des recours contre des décisions portant atteinte à la biodiversité et facilitera la reconnaissance de notre recevabilité devant les juridictions :

  • contester un arrêté autorisant des tirs de loups ;
  • attaquer des décisions concernant le blaireau ou les espèces classées ESOD ;
  • intervenir dans des dossiers concernant l'ours, le bouquetin ou d'autres espèces protégées ;
  • défendre des habitats naturels menacés.

2. Être présents là où les décisions se prennent

L'agrément permettra à Animal Cross d'être reconnue comme un interlocuteur légitime et compétent auprès des pouvoirs publics :

  • siéger dans les Commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) ;
  • participer aux débats sur la gestion du loup, de l'ours ou des espèces de montagne ;
  • faire entendre la voix de la faune sauvage face aux représentants de la chasse et aux autres acteurs concernés.

3. Faire reconnaître officiellement l'expertise d'Animal Cross

L'agrément est une reconnaissance officielle accordée par l'État aux associations sérieuses, indépendantes et engagées dans la protection de l'environnement :

  • notre expertise sera davantage prise en compte par les administrations ;
  • notre parole aura plus de poids auprès des décideurs ;
  • Animal Cross sera reconnue comme une association de référence pour la défense de la faune sauvage et de la biodiversité.

Nous ne cherchons pas seulement 2 000 adhérents. Nous voulons obtenir la reconnaissance officielle qui permettra à la voix de la faune sauvage d'être entendue là où les décisions se prennent.

Consultation publique ours : Non aux tirs d’effarouchement renforcés !

Consultation publique ours : Non aux tirs d’effarouchement renforcés !

CECI EST UNE CONSULTATION PUBLIQUE MISE EN LIGNE PAR LE MINISTÈRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE


Le gouvernement a lancé une consultation publique sur un projet d'arrêté ministériel visant à modifier les conditions d'effarouchement de l'ours brun dans les Pyrénées pour la saison 2026
. Ce texte prévoit d'étendre la pratique de l'effarouchement renforcé (tirs à double détonation) à des intervenants extérieurs à l'Office français de la biodiversité (OFB), tels que les éleveurs, les bergers et les lieutenants de louveteries. L'objectif affiché est d'accroître la réactivité face aux attaques de troupeaux en permettant des interventions plus rapides.

Un projet alarmant qui ouvre la porte AUx dérives

Ce projet présente de graves lacunes et dangers pour la survie de l'espèce :

  • Incompatibilité avec la conservation : L'ours brun est une espèce strictement protégée. Malgré une légère augmentation, la population pyrénéenne reste fragile et sa diversité génétique est insuffisante pour garantir sa viabilité à long terme. Assouplir les règles d'effarouchement contredit ces objectifs de protection. Les tirs peuvent provoquer stress, fuite désordonnée et un risque d'avortement des mères enceintes.

     

  • Manque d'expertise et risques d'erreurs : Confier des tirs à double détonation à des personnes (bergers ou éleveurs) qui peuvent avoir un a priori négatif sur l'ours est risqué. Il est complexe de distinguer, sur le terrain, une simple présence à proximité d'une véritable attitude de prédation sans ambiguïté.

     

  • Danger pour les oursons : Il existe un risque réel que des tirs assourdissants séparent une femelle de ses oursons, compromettant leur survie, malgré les mentions de précaution dans le texte.  

     

  • Critères flous et incertitude juridique : Les textes sont contradictoires : certains passages exigent une "attitude de prédation" manifeste, tandis que d'autres autorisent le tir dès qu'un ours est repéré à "proximité immédiate". Cette ambiguïté peut mener à des interventions excessives

Mobilisons-nous avant le 29 juin !

Il est crucial de réagir, car une majorité de contributions à la consultation publique sont actuellement favorables au projet. De nombreux participants soutiennent que l'ours doit "réapprendre la crainte de l'homme" pour protéger le pastoralisme.

Si nous ne nous faisons pas entendre, ces mesures dérogatoires pourraient devenir la norme, au détriment de la biodiversité. Vous avez jusqu'au 29 juin 2026 pour déposer votre avis et demander le retrait de ces dispositions dangereuses pour l'avenir de l'ours dans nos montagnes.

pour participer ⬇️​

ÉTAPE 1 : Cliquez sur le lien de la consultation 👇​

ÉTAPE 2 : Descendez en bas de la page de la consultation et cliquez sur ⬇️​

 

ÉTAPE 3 : copier coller le texte ci-dessous "Notre proposition de réponse" (pour l'afficher appuyer le petit + à droite du texte dans l'encadré).

Changez quelques mots et phrases pour que votre réponse soit prise en compte (si tout le monde met le même texte, le commentaire ne sera pas pris en compte).

NOTRE PROPOSITION DE RÉPONSE À ADAPTER AVEC VOS MOTS

1. Une mesure incompatible avec les objectifs de conservation de l’espèce

L’ours brun est une espèce strictement protégée à l’échelle nationale et européenne. Malgré les progrès observés ces dernières années, la population pyrénéenne demeure fragile : ses effectifs restent limités et sa diversité génétique insuffisante pour garantir sa viabilité à long terme. Dans ce contexte, l’extension ou l’assouplissement des dispositifs d’effarouchement apparaît en contradiction avec les objectifs de préservation et de restauration de l’espèce.

2. Une dérogation qui nécessite un encadrement rigoureux

L’effarouchement constitue une mesure dérogatoire au régime de protection de l’ours. À ce titre, sa mise en œuvre doit rester strictement encadrée et confiée à des personnes disposant d’une parfaite connaissance de la réglementation, des conditions d’intervention et des enjeux liés à la conservation de l’espèce.

Il sera difficile à des personnes peu formées (Bergers, éleveurs, personnes du groupement pastoral), ayant, pour certains, un a priori négatif sur la présence de l’ours dans les Pyrénées, de distinguer une  attitude de prédation sans ambiguïté avant d’enclencher des tirs à double détonations.

3. Un risque d’erreurs d’appréciation sur le terrain

L’arrêté prévoit d’élargir le nombre de personnes susceptibles de réaliser des tirs d’effarouchement. Or, il peut être particulièrement difficile pour des intervenants peu ou pas formés (Bergers, éleveurs, personnes du groupement pastoral), et parfois déjà opposés à la présence de l’ours, d’évaluer avec objectivité le comportement de l’animal.

La distinction entre une simple présence à proximité du troupeau,  et une véritable attitude de prédation sur un troupeau regroupé, peut s’avérer complexe, avec un risque accru de déclenchement injustifié des tirs à double détonation. Nous pouvons aussi douter de leur diligence et discernement, dans le cas d’une détection d’une femelle avec un ou plusieurs oursons, à veiller à ce que le tir assourdissant d’un tir à double détonation ne les sépare pas. Pas d’effarouchement envers des femelles suitées.

4. Des critères d’intervention insuffisamment précis

Les conditions autorisant le recours aux tirs d’effarouchement demeurent ambiguës et laissent une large place à l’interprétation. Alors que le paragraphe 6° de l’article 1 précise que l’intervention ne doit avoir lieu que lorsque l’ours se dirige « sans ambiguïté » vers le troupeau dans une attitude de prédation, le paragraphe 1° indique qu’il suffit qu’un ours soit repéré « à proximité immédiate » d’un troupeau regroupé pour la nuit. Cette contradiction crée une incertitude juridique et opérationnelle susceptible de conduire à des interventions excessives ou inappropriées.

Protégeons nos ours pyrénéens 
Protection du loup : Le grand écart entre les déclarations officielles et la réalité du terrain

Protection du loup : Le grand écart entre les déclarations officielles et la réalité du terrain

Le gouvernement a opéré un changement de paradigme radical en 2026, préférant les tirs à la protection réelle des troupeaux. Entre enquêtes de terrain accablantes et revers judiciaires injustifiés, Animal Cross dénonce une gestion basée sur des contre-vérités.

Un nouveau statut pour le loup et le règne de l’autodéclaration

Depuis les arrêtés ministériels du 23 février 2026, le statut de protection du loup a été gravement affaibli. Désormais, une simple auto-déclaration de l’éleveur auprès du Préfet suffit pour obtenir un récépissé ayant valeur d'autorisation de tir de défense. Ce système ne demande plus à l'éleveur de prouver l'efficacité ou même la mise en place réelle des mesures de protection déclarées. En résumé, l'État délivre aujourd'hui des permis de tuer sur simple parole. 

 

Le mensonge des récépissés : Ce que notre vidéo révèle

Pour vérifier la véracité de ces déclarations, Animal Cross a mené une enquête de terrain. Le constat, présenté dans notre dernière vidéo, est sans appel : il existe un décalage flagrant entre ce que les éleveurs affichent sur papier et la réalité.
  • L’exemple d'un éleveur du 64 : Dans son récépissé de déclaration préalable (n°30534043-1), cet éleveur affirme utiliser une « surveillance renforcée », des « chiens de protection » et des « parcs intégralement électrifiés ».
  • La réalité : Sur place, nous avons filmé des clôtures non électrifiées, de simples barbelés inefficaces contre le loup, et aucun chien de protection visible.
  • Un système généralisé : Ce cas n’est pas isolé. Quatre autres éleveurs du 64 ont obtenu des droits de tir avec des déclarations identiques de protection "renforcée". Pourtant, nos constatations révèlent systématiquement les mêmes manquements : une protection qui n'est qu'une façade administrative pour obtenir le droit d'abattre un animal protégé.

Audience de Pau : La justice valide la "chronique du faux"

Le 2 juin 2026, Animal Cross, aux côtés de Ferus et de l’ASPAS, a contesté devant le tribunal administratif de Pau onze de ces autorisations de tirs. Malgré nos preuves, nous avons perdu ce procès.

Le tribunal a choisi de suivre les arguments de la préfecture et de la DDTM 64, qui n'ont pas hésité à utiliser des registres émotionnels et des chiffres contestables. La représentante de la DDTM a même évoqué un « danger pour le pastoralisme ».

L'absurdité des moyens mis en œuvre :

  • Un seul loup ciblé : Tous ces moyens de destruction et ces procédures juridiques visent un unique loup présent en Béarn.
  • Un impact minime : En 2025, seulement 12 animaux ont vu leur mort officiellement attribuée au loup dans les Pyrénées-Atlantiques.
  • Comparaison dérisoire : Ce chiffre est à comparer aux 15 000 morts annuels de brebis dus aux maladies dans ce même département.

Il est inacceptable que le tribunal ait donné raison au Préfet pour maintenir des autorisations de tir alors que les mesures de protection sont dérisoires ou inexistantes. Cette gestion fait fi de la science et met gravement en péril l’état de conservation local d’une espèce pourtant protégée par le droit européen.

Animal Cross continuera de se battre pour que le tir ne soit pas la réponse systématique, mais l'ultime recours après de véritables efforts de protection.
Audience « loup » au tribunal administratif de Pau : chronique du faux

Audience « loup » au tribunal administratif de Pau : chronique du faux

Onze autorisations de tirs contestées

Le mardi 2 juin 2026 avait lieu à Pau l’audience du référé des associations Ferus, Animal Cross et ASPAS contre la préfecture des Pyrénées-Atlantiques au sujet de onze autorisations de tirs de défense contre le loup, sous la forme de récépissés d’auto-déclarations d’éleveurs.

En effet, depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté ministériel du 23 février 2026 , les éleveurs peuvent adresser une déclaration de tir de loup à la préfecture, qui émet automatiquement un accusé-réception qui a valeur d’arrêté préfectoral (AP) de tir, dans une forme plus simple, avec moins d’informations et de contraintes que dans les AP antérieurs à cette date.

Une audience sous tension

Cela avait bien commencé, avec un report d’audience signifié à notre avocate alors qu’elle avait déjà réservé son avion. L’audience, suite à ses protestations, a finalement été repoussée en journée, ce qui lui a permis de recevoir le mémoire en réplique de la partie adverse, tout juste quelques heures avant l’audience et ainsi avec un temps de préparation raboté.

Loup en forêt

La notion de « bonne conservation de population locale » au cœur des débats

Notre avocate a brillamment déroulé ses arguments centrés sur les points fraîchement avancés par la préfecture, soit principalement la notion de « bonne conservation de population locale », que la partie adverse a décidé de voir concerner toute la région « Nouvelle Aquitaine » (12 départements), soit jusqu’à 530 km à vol d’oiseau de l’aire de vie de l’unique loup béarnais, celui concerné par les tirs disputés dans ce recours ; et a ainsi énuméré nombre de lieux avec zone de présence permanente dans la plus grande région de France, telle celle du plateau de Millevaches. Est-ce bien sérieux ? Quand on sait que l’esprit de la Directive Habitats-Faune-Flore est de tendre vers une certaine homogénéité de présence du loup sur le territoire, à l’opposé de la volonté de l’Etat français de voir le loup cantonné aux Alpes.

Nous ne revenons pas ici sur des détails discutés en audience, telle la contestation du caractère d’urgence (un référé suspension est en effet demandé), du fait qu’un second tireur par lot n’est pas encore possible, car aucun n’a encore reçu de formation de la part de l’OFB. Notons que cela n’empêche en aucune façon les tireurs de se poster et de tenter d’en finir avec ce loup. Mais concentrons-nous sur quelques aspects de l’audience de nature à choquer.

Des chiffres contestés

Tout d’abord, les propos mensongers de la représentante de la DDTM 64, en soutien de l’avocat, qui a prétendu que "les quotas de tirs n’avaient pas été atteints en 2025" au motif que seuls 170 loups avaient été détruits par tirs durant l’année. La DDT a ainsi profité de la méconnaissance du sujet par Madame le juge car le protocole d’intervention prévoit que les loups reconnus comme ayant été braconnés sont déduits du quota. En l’espèce, ce sont bien 190 loups sur 192 qui ont été volontairement détruits, soit 99%.

Le poids réel de la prédation dans les Pyrénées-Atlantiques

De plus, cette même cadre de l’administration a mis en avant un « danger d’affaissement économique de l’élevage ovin dans le département», rien que ça ; oubliant de mentionner qu’il n’y a eu en 2025 que 10 animaux dont la mort a été officiellement attribuée au loup, sur une population de l’ordre de 560 000 brebis en Pyrénées-Atlantiques * (elle donne quant à elle le nombre de 310 000 brebis transhumantes, mais on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de cette sous-estimation qui exclut les brebis ne montant pas en estive, mais demeurent quand-même exposées à la prédation l’essentiel de l’année). Les Pyrénées-Atlantiques sont le second département français par le nombre de ses moutons. Il est communément admis que 3 à 5% meurent de maladies infectieuses ou bactériennes (Fièvre catarrhale, Entérotoxémie, Listériose, etc.), sans compter les maladies handicapantes (piétin). Au bas mot, ce sont donc 15 000 morts annuels par maladie qui sont à comparer aux 10 ovins prédatés qui, eux, donnent lieu au battage médiatique usuel, manifestations d’éleveurs, communiqués de presse alarmistes, le tout appuyé ici par la DDTM. Ce n’est pas sérieux.

Une administration engagée dans une guerre anti-loup ?

Nous avons été frappés par le fait que cette administration, la DDTM, en charge des audits de protection des troupeaux, du conseil à la protection d’une façon générale, se soit à ce point lancée dans une guerre anti-loup, allant même jusqu’à tromper le tribunal avec des informations fausses. Un dernier exemple : pour appuyer le fait qu’il y aurait localement de nombreux loups, l’affirmation selon laquelle « il y a la présence de meutes à la frontière espagnole », qui, fort heureusement, a été corrigée suite à une question de Madame le juge sur le lieu précis : les Pyrénées-Orientales … .

Le registre émotionnel invité à l’audience

Ensuite vint le clou du spectacle, le sketch sur le registre émotionnel d’un éleveur bien connu dans notre région, dont le regretté Baudoin de Menten avait en son temps commenté les exactions. Tout d’abord, la litanie selon laquelle l’OFB fait mal son travail, il y aurait beaucoup plus de loups que ce que l’on dit (avec force détails d’amis bergers qui ont des photos), et les dommages sont sous-évalués dans un rapport de un à dix, rien que ça ! La crédibilité scientifique de l’OFB, associée dans ses articles au CNRS, n’y change rien, c’est nous les bergers qui connaissons la réalité du terrain.

Puis vint le clou du spectacle, repris par la presse locale « Ne nous laissez pas tomber, madame la présidente, laissez-nous ce moyen de protection (les tirs) », alors que les moyens de protection mis à disposition des éleveurs par l’Etat ne sont globalement que très peu utilisés sur les lieux des arrêtés ici disputés. S’ensuivit la traditionnelle mise en cause de l’une de nos associations avant que l’audience ne puisse arriver à son terme.

Dans l’attente de l’analyse juridique

Cette dernière scène a eu le mérite d’égayer Madame le juge, espérons que l’analyse des arguments légaux et réglementaires aura ensuite repris ses droits !

* : source IDELE