Répondez à la consultation publique pour dire non à la chasse au lagopède alpin et au tétras-lyre dans les Hautes-Alpes

Répondez à la consultation publique pour dire non à la chasse au lagopède alpin et au tétras-lyre dans les Hautes-Alpes

Animal Cross apporte son soutien à la SAPN-FNE05 et à la LPO PACA. C’est dans ce sens que nous faisons appel à votre contribution.

La chasse du Tétras lyre et du Lagopède alpin est à nouveau à l’ordre du jour dans les Hautes-Alpes en 2022.

En effet, une consultation du public est organisée sur le site internet de la Préfecture des Hautes-Alpes jusqu’au 24 mars 2022 inclus.

http://www.hautes-alpes.gouv.fr/consultation-du-public-les-3-plans-de-gestion-a2940.html

Lors de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) du 2 mars 2022, les représentants de la LPO et de la SAPN-FNE05 se sont opposés au plan de gestion cynégétique Galliformes qui ouvre la possibilité d’autoriser à nouveau la chasse de ces deux espèces en septembre 2022.

Le Tétras lyre et le Lagopède alpin sont deux espèces patrimoniales des Alpes et sont classées respectivement ‘’vulnérable ‘’ et ‘’en danger’’ sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) des oiseaux menacés en 2020 en Provence Alpes Côte d’Azur.

A la demande de ces deux associations, le Tribunal administratif de Marseille a suspendu ou annulé leur chasse en 2017, 2019, 2020 et 2021 estimant que la chasse de ces deux espèces en mauvais état de conservation était un facteur aggravant de leur déclin. Toutes les études scientifiques confirment en effet la lente disparition de ces espèces tant en termes de population que de répartition géographique.

Malgré cela, les services de l’Etat s’échinent à autoriser à nouveau chaque année des prélèvements en dépit des précédentes décisions de justice et alors même que les Préfets peuvent interdire localement la chasse de ces espèces afin de favoriser leur protection et la reconstitution des populations (article R424-1 du code de l’environnement). 

Le plan de gestion cynégétique Galliformes qui est proposé cette année entérine le désencadrement des prélèvements maximum autorisés par la chasse et confie à l’Observatoire des Galliformes (OGM), organisme sous le contrôle des Fédérations départementales des chasseurs, le soin de fixer les quotas de chasse.

La LPO Paca, la SAPN-FNE 05 et Animal Cross dénoncent vigoureusement cette nouvelle atteinte à la biodiversité et vous demandent de répondre en nombre à la consultation publique organisée jusqu’au 24 mars 2022 inclus pour vous opposer à la chasse des Galliformes et demander à la Préfète des Hautes-Alpes son interdiction :

http://enqueteur.hautes-alpes.equipement-agriculture.gouv.fr/index.php/963117?lang=fr

Les observations formulées, librement inspirées de ce texte, doivent impérativement rester en rapport avec le sujet proposé.

Attention, pour que vos remarques soient prises en compte pensez à cliquer "envoyer" à la fin du questionnaire en ligne.

En effet, 2429 réponses ont été écartées en 2020 faute de validation en fin de questionnaire.

 

Consultation publique : non à l’euthanasie des bouquetins du Bargy

Consultation publique : non à l’euthanasie des bouquetins du Bargy

Contexte

Depuis qu’une vache a été atteinte de Brucellose en octobre 2021, les syndicats agricoles et tout particulièrement le Syndicat Interprofessionnel du Reblochon (1), ont multiplié les pressions sur les services de l’Etat afin d’en finir définitivement et radicalement avec la population sauvage réservoir de cette maladie : les bouquetins du massif du Bargy.
En conséquence, et contre l’avis unanime des membres scientifiques du CNPN (Conseil National de Protection de la Nature) rendu le 27 janvier 2022, le préfet de Haute-Savoie, Alain Espinasse, a produit un projet d’arrêté préfectoral d’abattage sans contrôle sanitaire préalable d’un grand nombre de bouquetins (nous ne pouvons plus écrire indiscriminé car il y a un critère de sélection : ce sont principalement les femelles qui sont visées).
L’arrêté prévoit pour 2022 l’abattage, en zone coeur du massif, de 170 bouquetins non marqués (lors de campagnes précédentes), et la capture suivie d’euthanasie (pour ceux atteints par la maladie) de 30 individus la première année, puis de 50 par an.
(1) Le SIR pèse lourd : 636 entreprises productrices, 17000 tonnes de Reblochon par an

Merci de donner votre avis avant le 7 mars pour sauver ces bouquetins (exemple de texte ci-dessous) !

Arrêté autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy la capture et l’euthanasie de bouquetins séropositifs en vue du contrôle de la brucellose au sein de cette population pour viser l'extinction de l'enzootie de brucellose...

Mise à jour sur le site de la Préfecture de Haute-Savoie le 14/02/2022 :

Arrêté autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy la capture et l’euthanasie de bouquetins séropositifs en vue du contrôle de la brucellose au sein de cette population pour viser l'extinction de l'enzootie de brucellose au sein de la population de bouquetins ; autorisant des captures, avec euthanasie des éventuels séropositifs dans les massifs de Sous Dine et des Aravis ; dans l'intérêt de la santé publique, pour prévenir les dommages à l'élevage et aux filières agricoles de montagne pour la période 2022-2030

Voir :
la note de présentation
le projet d'arrêté

ATTENTION, VOUS AVEZ JUSQU'AU 7 MARS 2022 INCLUS POUR ENVOYER VOTRE REPONSE : 

Les avis devront être réceptionnés avant la date de clôture. Après la clôture, une synthèse des observations reçues, les notifications de la décision et la décision seront mis en ligne pour une durée de 3 mois.

Voir ces informations sur le site de la Préfecture de Haute-Savoie.

Nous vous proposons un exemple d'argumentaire afin que vous puissiez vous en inspirer pour répondre à la consultation (sans copier-coller, sous peine que votre réponse ne soit pas prise en compte) :

La maladie est en voie d’extinction naturelle, avec seulement 4% de prévalence en zone coeur du massif, et presque 0% en zone périphérique. Il aurait donc été possible, en appliquant quelques mesures de biosécurité préconisées par l’ANSES, d’éviter cet abattage massif, qui s’ajoute aux quelques 480 bouquetins qui ont déjà été éliminés.

Les solutions visant à minimiser encore les voies de contamination des bovins, existent :
• Séparation réelle des lieux de pâturage entre animaux domestiques et sauvages,
• Contrôle de la divagation de chiens (par panneaux et mesures dissuasives), car ils constituent le vecteur probable de la maladie,
• Suppression des pierres à sel
• Relocalisation des pâturages

En effet, pour cette dernière mesure, ne pourrait-on pas faire l’effort, alors que l’extinction naturelle de la maladie est quasiment atteinte, de déplacer les troupeaux à risque vers d’autres lieux (https://revue-sesame-inrae.fr/apprendre-a-deshabiter/), d’autant plus que c’est presque l’ensemble du territoire de Haute-Savoie qui permet de satisfaire à l’appellation « Reblochon « ? Rappelons que l’éleveur victime de la Brucellose déplace déjà ses animaux de plus de 40 km pour venir pâturer sur le Bargy, et donc, pourquoi ne pas l’envisager ailleurs ?

De plus, la mission d’exécution de 170 individus en 2022, confiée à l’OFB, va encore plus désengager ses agents d’autres missions de terrain, déplaçant ainsi son rôle de surveillance, de protection voire de monitoring de la biodiversité vers le monde cynégétique. C’est déjà ce que nous observons dans le cadre de l’estimation des populations de loup.

Enfin, la non-vaccination des bovins est un principe, dicté en réalité par l’économie. Ce postulat mériterait d'être réexaminé ; en effet, les bovins étaient vaccinés autrefois. Vaut-il mieux ne pas protéger les bovins (par non-vaccination), afin de savoir les tester, plutôt que de les prémunir par vaccination de la Brucellose, sans alors savoir les tester ?

Les autres arguments, ce sont les experts scientifiques du CNPN qui nous les apportent dans leur avis du 27 janvier 2022 :
• Le nombre de 170 ne tient pas compte de la très faible prévalence de la maladie en zone périphérique.
• On va ainsi abattre entre 90 et 100% d’animaux sains.
• Les faibles moyens humains de l’OFB conduisent à une analyse insuffisante de l’état sanitaire des animaux tués, et ainsi on renonce à une bonne connaissance de la situation.
• L’augmentation annoncée dans l’arrêté préfectoral de la séroprévalence apparente en zone coeur entre 2020 et 2021, serait fausse.

Cohabitons avec les bouquetins

Cohabitons avec les bouquetins

La brucellose bovine

Depuis 2013, plus de 480 bouquetins qui ont été éliminés dans le massif du Bargy, en Haute-Savoie. En cause : un foyer de brucellose bovine, une maladie notamment contagieuse entre troupeaux de vaches et bouquetins. Dernièrement, un éleveur laitier de Saint-Laurent (74) a vu ses 224 vaches se faire abattre, contre son gré, sans contrôle sanitaire préalable. 

Il y aurait 4% de bouquetins porteurs de la brucellose en zone cœur du massif (et donc beaucoup moins sur l’ensemble du massif), ce qui peut créer un risque de contamination pour l’élevage bovin local. Les éleveurs, fromagers fermiers et fromagers industriels craignent ainsi de perdre le caractère « exempt de brucellose » de toute la région (la carte « AOP Reblochon » couvre une bonne partie du département).

UN combat de longue haleine pour une juste méthode d'éradication de la maladie

Le tribunal administratif de Grenoble, dans son ordonnance du 20 août 2020, a donné raison à l’association Animal Cross contre l’arrêté préfectoral du 29 mai 2020 (qui ordonnait l’abattage indiscriminé de 60 bouquetins). En effet, la dérogation à la protection d’espèces protégées n’est possible que « s’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante ».

Or, l'abattage indiscriminé (de tous les individus, mêmes non malades), solution de facilité, est à chaque fois désiré par la Préfecture. Pourtant, d'autres solutions plus justes et sensées sont décrites dans différents rapports du CNPN depuis 2013.

Lors de cette dernière affaire (voir bouton en bas de page) où la Préfecture de Haute-Savoie veut à nouveau faire abattre des bouquetins du Bargy sans les tester préalablement, le Préfet n'a absolument pas tenu compte de l'avis 100% défavorable du CNPN (ce qui est rare !) et fait lancer la consultation publique réglementaire de 21 jours sur son projet d'arrêté d'abattage sans contrôle sanitaire préalable d'un grand nombre de bouquetins

"Le CNPN insiste une nouvelle fois sur la demande exprimée dans ses précédents avis, de recherche de mesures alternatives visant la conduite des troupeaux en vue d’une plus-value de biosécurité. Cette modalité pourtant présentée comme vectrice d’une forte amélioration de la probabilité de contrôle du foyer quel que soit le scénario (cf. saisine ANSES 2014-SA-0218) n’a jamais été soumise comme mesure complémentaire à évaluer dans les saisines ultérieures et n’est pas documentée dans les bilans sur les mesures sanitaires de maîtrise du foyer."

Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN)

Animal Cross avait réussi à faire suspendre l'AP de 2020 à cause de ce déficit de mesures. L'audience au fond a été repoussée au 3 mars. Nous ne savons pas encore si le juge sera sensible à cette lacune.

Les évaluations de 2015 et 2021 de l'ANSES offraient pourtant l'opportunité d'appliquer les mesures raisonnées qui y sont proposées. Le taux de prévalence des bouquetins infectés atteignant environ 4% dans le cœur du massif a été divisé par 10 en 5 ans, et est estimé à 0% en zones périphériques.
L'avis du CNPN qui refuse l'abattage sans contrôle sanitaire préalable mentionne "qu'abattre 170 individus non marqués signifie que l’on va abattre en zone périphérique essentiellement des animaux sains, et en zone cœur, 90 % d’animaux sains". Et que "la probabilité d’avoir un succès d’assainissement avec cette mesure est inférieure à 1 chance sur 2, et que cela consisterait donc un pari sans aucune possibilité de savoir ce qu’il se passe après."

LA COHABITATION FAUNE SAUVAGE ET ÉLEVAGE bovin n'est pas utopique

Vous l'aurez compris, le but est d’éviter l’abattage des bouquetins non testés séropositifs. Pour cela, l’idée est en résumé de :

  • Réaliser des contrôles périodiques réguliers sur les troupeaux domestiques (et placentas après les naissances), sur le lait et sur les fromages à base de lait cru ;
  • Appliquer une ségrégation spatiale entre animaux domestiques et faune sauvage pour éviter les contaminations (très rares) inter-espèces, ce qui a été maintes fois recommandé par l’ANSES ;
  • Continuer un suivi des bouquetins par des observations visuelles de signes cliniques, mais aussi par des tests indirects de séropositivité, pour évaluer l’impact de l’arrêt des abattages sur la santé de la population de bouquetins ;
  • Demander à l’ANSES une nouvelle étude sur la stratégie vaccinale, même si cette situation du Bargy est unique en France.

Ces solutions n’apparaissent pas plus coûteuse pour l’Etat que l'abattage sans contrôle sanitaire préalable. Elles évitent aussi la mobilisation massive d’agents sur un terrain difficile d’accès, et les risques encourus, ainsi que le transport très onéreux et complexe des carcasses.

Ce conflit de cohabitation, au-delà de l'aspect pratique, fait donc également appel à notre éthique. Abattre des animaux de façon indiscriminée est-il sensé alors que des solutions sélectives ou non létales sont possibles ? 

Pyrénées : Nouveau revers juridique pour l’Etat, l’autorisation d’effarouchement de l’ours Goiat est annulée

Pyrénées : Nouveau revers juridique pour l’Etat, l’autorisation d’effarouchement de l’ours Goiat est annulée

Par un jugement du 15 décembre 2021, le tribunal administratif de Pau a annulé l’arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées daté du 17 juin 2019 autorisant l’effarouchement de l’ours Goiat.
Cette décision de justice reposant principalement sur le fait que l’Etat n’a pas préalablement recherché de solutions alternatives satisfaisantes aux tirs d’effarouchement, comme le prévoit l’article L411-2 du code de l’environnement.
Elles existent pourtant, comme l’ont argumenté les associations, ce que l’Etat n’a d’ailleurs pas contesté.
Il s’agit donc d’un nouveau revers juridique pour l’Etat qui les collectionne dans ce dossier(1) et les nombreux autres recours déposés par les associations laissent présager que cette liste a vocation à s’allonger.
L’Etat doit comprendre et enfin admettre que l’effarouchement n‘est pas un moyen ordinaire de protéger les troupeaux et de gérer la population d’ours, que c’est une mesure dérogatoire au statut de protection de l’espèce qui ne peut être mis en oeuvre qu’exceptionnellement, à des conditions strictes dont il s’affranchit allègrement depuis 2019.
Dans ce contexte, le prolongement de l’autorisation de capture de ce même ours Goiat jusqu’au 30 juin 2022 accordée par Barbara Pompili le 23 décembre 2021 (soit une semaine après ce jugement) est particulièrement mal venu.

Les associations ont bien entendu attaqué cet arrêté et il fait peu de doutes qu’il sera également annulé, pour les mêmes raisons, mais cela n’interviendra probablement qu’en 2023, alors que le texte sera caduc.
Il est regrettable et indigne que le gouvernement joue ainsi avec les délais d’intervention des tribunaux pour s’affranchir des Lois de protection des espèces menacées.

(1) Le 4 février 2021, le Conseil d’Etat a annulé l’arrêté autorisant l’effarouchement renforcé des ours pour l’année 2019.
En 2020, le Préfet des Hautes-Pyrénées a abrogé un arrêté d’effarouchement suite à un recours gracieux argumenté des associations
Le 6 mars 2018, le tribunal administratif de Toulouse a condamné l’Etat pour manquement à son obligation de restaurer la population d’ours.

Associations signataires :
Animal cross, Comité Ecologique Ariégeois (CEA), FERUS, Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE)
Midi-Pyrénées, FNE Hautes-Pyrénées, Nature Comminges, Nature Midi-Pyrénées, Pays de l’Ours – Adet, Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères
(SFEPM), Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN).

Bouquetins du Bargy : vers une gestion de la crise différente ?

Bouquetins du Bargy : vers une gestion de la crise différente ?

"Le scénario de 2012 se répète, mais cette fois sans atteinte à l’homme : les tests sérologiques effectués périodiquement sur les élevages bovins ont mis en évidence le 12 octobre 2021 qu’une vache d’un élevage de Saint-Laurent (Haute-Savoie) était atteinte par la Brucellose (souche Brucella melitensis). Les 219 vaches de l’élevage, ainsi que les quelques veaux nés depuis le test, sont dès lors condamnés à l’abattoir, comme le prévoit une loi européenne datant de 2020.

Le lien avec la persistance de la brucellose dans la faune sauvage (1) du massif du Bargy est de nouveau suspecté ; ce sera confirmé par une analyse génomique en novembre 2021 (2), qui conclut à une proximité avec les souches prélevées en 2012, et celles présentes dans la population de bouquetins du Bargy. L’abattage massif du cheptel bovin est unanimement dénoncé, aussi bien par des organisations agricoles (bien qu'ayant participé à l'élaboration de ces lois dans le cadre des GDS Groupements de Défense Sanitaire) que par les associations de protection de la nature (3). Bien entendu, Animal Cross est opposé à cet abattage massif, et comprend la détresse de l’éleveur.

Cette situation provoque l’émoi des syndicats agricoles, tout particulièrement de la FDSEA et des JA, ainsi que de la chambre d’Agriculture Savoie – Mont Blanc, qui demandent, dans un communiqué de presse daté du 22 novembre 2021 (4), l’éradication des bouquetins du Bargy, comme ils l’ont fait avec constance depuis 2012. Au passage, ils dénoncent « l’approche » des associations de protection de la nature, FNE Haute-Savoie et Animal Cross en tête. C’est en effet Animal Cross qui a obtenu pour trois ans, en Août 2020, auprès du tribunal administratif de Grenoble, la suspension de l’abattage indiscriminé de bouquetins sur le massif du Bargy. Des éleveurs iront jusqu’à déverser du fumier et des pneus devant les locaux de FNE à Pringy, où seule la présence de la Gendarmerie a pu empêcher toute violence physique. Ces groupements dénonceront même « le comportement irresponsable « de l’Etat. Ils exercent une pression grandissante sur les services de la Préfecture de Haute-Savoie,
sur l’OFB et aussi par moyens de presse, afin de parvenir à l’éradication souhaitée.

Pourtant, dans son avis du 30 novembre 2021, un document d’analyse très complet de 39 pages (2), l’ANSES (Agence Nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) envisage six scenarii, qui vont du scénario 0 « ne rien faire «, jusqu’au scénario 6 « éradiquer les bouquetins du Bargy «, en passant par la possibilité de capturer, tester, éliminer tout en effectuant des tirs, avec différentes variantes, comme cela a été fait les années passées.

Ce qui est troublant dans cette analyse, c’est la projection à 10 ans en termes populationnels et épidémiologiques, réalisée à l’aide d’un outil de modélisation des scenarii qui simule dix itérations (en 1000 simulations).
• Le scénario 0 (ne rien faire) conduit à une probabilité de 17% qu’après 10 ans la maladie soit éteinte, et à une séroprévalence en 2030 de 20% (c’est-à-dire à un pourcentage de 20% des bouquetins atteints par la maladie),
• Le scénario 6 (tous les exécuter) conduit à une probabilité de seulement 40% qu’après 10 ans la maladie soit éteinte, et à une séroprévalence en 2030 de 2,2%, car il est en effet impossible de procéder à un abattage total. C’est « bien en-deçà de 100% (éradication certaine «, comme le conclut le rapport. Ce que l’on sait en revanche, c’est que la probabilité de dissémination de la brucellose vers d’autres massifs est alors importante.
Et bien entendu, les autres scenarii conduisent à des résultats intermédiaires. Ces simulations montrent qu’aucun scénario, même le plus radical, ne va conduire à l’éradication de la maladie dans la population de bouquetins. Ces projections devraient interroger nos décideurs politiques sur la pertinence de tout abattage, même discriminé, alors même que les mesures de biosécurité
(« barrières sanitaires « comme on dit aujourd’hui), recommandées depuis 2013 par l’ANSES et par le CNPN, n’ont toujours pas réellement été mises en place. De plus, c’est probablement un « intermédiaire « (2 page 8) qui transmet la maladie des bouquetins au cheptel domestique.

Ainsi notre proposition est la suivante :
Pour les quelques élevages proches des zones fréquentées par les bouquetins, réaliser des contrôles périodiques réguliers sur les troupeaux domestiques (et placentas après les naissances), ainsi que sur les produits à risque destinés à la consommation que sont le lait ou les fromages à base de lait cru. Un contrôle positif, conduirait à l’indemnisation de l’éleveur pour ses animaux et la production perdue de lait et de fromage, mais ne devrait pas conduire à l’abattage de l’ensemble du troupeau
Appliquer une ségrégation spatiale effective, c’est-à-dire à une séparation par parcage ou tout autre moyen, entre animaux domestiques et faune sauvage pour éviter les contaminations inter-espèces, même si elles sont très rares, ce qui a été maintes fois recommandé par l’ANSES.
• En parallèle, continuer un suivi des bouquetins par des observations visuelles de signes cliniques, mais aussi par des tests indirects de séropositivité, pour évaluer l’impact de l’arrêt des abattages sur la santé de la population de bouquetins. Les bouquetins présentant des signes cliniques, révélateurs de souffrance et de contagiosité certaine, pourraient alors être
euthanasiés.
Demande d’une nouvelle étude de l’ANSES sur la stratégie vaccinale, même si cette situation du Bargy est unique en France. Des tests de vaccination pourraient être mis en place au sein de la population de bouquetins, avec évaluation de l’impact sur leur santé, sans risques de séroconversion au sein des troupeaux domestiques.

Et en des temps plus apaisés, nous pourrions demander un renforcement des contrôles sanitaires au sein des fermes concernées, d’une façon générale, puisque chaque année la production de Reblochon donne lieu à des retraits de produits dans toute la France pour raison d’Escherichia Coli, de Listeria et d’autres (5), pouvant être plus graves pour l’homme que la brucellose. Les nombreux
retraits de fromage et cas de maladie de ces dernières années devraient appeler à relativiser les très rares cas de brucellose transmise à l’homme. Mais aussi à ne pas faire de la faune sauvage l’unique variable d’ajustement, pour la simple raison qu’elle ne peut ni se défendre ni voter et n’a aucune capacité de nuisance.

 

(1) La brucellose dans la faune sauvage a le plus souvent son origine dans les troupeaux domestiques, et non l’inverse, cf. polycopié « La Brucellose animale « des Ecoles Nationales
Vétérinaires Françaises, Juin 2021 et dans "Mick V, Le Carrou G, Corde Y, Game Y, Jay M, et al. (2014) Brucella melitensis in France: Persistence in Wildlife and Probable Spillover from Alpine Ibex to Domestic Animals. PLoS ONE 9(4): e94168. doi:10.1371/journal.pone.0094168" page 2.
(2) Avis de l’ANSES du 30 novembre 2021 relatif à « l’évaluation de l’efficacité de différents scénarios de lutte contre la brucellose dans les populations des bouquetins dans le massif du Bargy »
(3) CP FNE Haute-Savoie https://www.fne-aura.org/communiques/haute-savoie/brucellose-une-strategie-sanitaire-a-moderniser/
(4) CP de la FDSEA du 22 novembre 2021, sorti du Web depuis lors
(5) Par exemple https://www.lci.fr/societe/reblochon-contamine-enquete-ouverte-apres-le-deces-suspect-d-un-enfant-la-liste-des-produits-rappeles-2089156.html

Pyrénées : Nouveau revers juridique pour l’Etat, l’autorisation d’effarouchement de l’ours Goiat est annulée

Baisse des dégâts attribués à l’ours en 2021

Communiqué de presse de CAP Ours, mercredi 15 décembre 2021

Selon les chiffres extraits du site de la DREAL info-ours.com, au 10 décembre 2021, les constats d’expertise sur les animaux morts en estive ont diminué de 25% en 2021.

Parmi ces constats, ceux ayant conclu à une prédation d’ours (« responsabilité ours non écartée ») ont diminué de 17%, pour 456 bêtes mortes ou blessées (soit entre 20 % et 30% de baisse d’animaux prédatés par rapport à 2020).

Les baisses de dommages sur cheptel domestique sont les plus marquées en Ariège (-20 à -30%, pour 358 animaux prédatés, dont un bovin, un équin, et une chèvre) et en Hautes-Pyrénées (-70%). Aucune prédation dans les Pyrénées-Atlantiques (où l’ourse Sorita a donné naissance à 3 oursons).

Ces chiffres seront à consolider en fin d’année, quand les constats en attente, probablement difficilement expertisables, auront fait l’objet d’une décision, politique ou technique.

La cause de cette baisse globale, notamment en Ariège, est très probablement majoritairement due à la progression effective des moyens de protection sur le terrain (bergers, chiens et parcs). Néanmoins, les parcs électrifiés de regroupement nocturne restent encore trop largement sous-utilisés, alors qu’ils permettent d’obtenir des taux de prédation 5 fois plus faibles que le regroupement nocturne en couchade libre.

Le renforcement des équipes des bergers d’appui de la Pastorale Pyrénéenne, qui effectuent des gardes nocturnes sans armes à feu, a également dû jouer un rôle. Bien que non mentionnés dans le communiqué de la préfecture, ils ont effectué 1.5 fois plus de gardes que les équipes d’effaroucheurs. A noter qu’aucun comportement agressif d’ours n’a été noté depuis les nombreuses années que ces gardes sont effectuées.

Elles montrent également que la présence humaine suffit et que les effarouchements avec armes pyrotechniques ne présentent aucune valeur ajoutée. Rappelons que ces derniers ont été jugés illégaux par le Conseil d’Etat et favorisent la prolifération des armes à feu en estives, avec tous les risques afférents.

A noter que certaines prédations ont eu lieu sur des lots non regroupés, lors d’effarouchements. Elles auraient pu être évitées si des bergers d’appui avaient plutôt été mandatés, ces derniers ayant les compétences requises pour regrouper les troupeaux.

Les associations membres de CAP – Ours :

Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

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