13 Mai 2022
Communiqué de presse de FNE Aura (élaboré avec Animal Cross) : Les opposants au loup orchestrent depuis deux ans la remise en cause de l’estimation de la population de loups publiée par l’OFB (Office Français de la Biodiversité) ; estimation obtenue à partir d’une analyse scientifique des données fournies par le réseau Loup-Lynx qui rassemble, sur l’ensemble des territoires, plus de 3000 correspondants formés (1).
Sachant que l’État autorise l’abattage annuel de 20 % des loups, l’objectif des opposants au loup est simple : relever très haut l’effectif estimé afin de multiplier le nombre de loups à abattre. Pour rappel, le quota d’abattage légal était, en 2021, de 118 loups à tuer.
Pour parvenir à leurs fins et après avoir diffuser des campagnes de communication visant à discréditer la méthode de l’OFB, les Fédérations départementales des Chasseurs (FDC) ont collecté des financements publics pour mettre en œuvre leur projet et ainsi justifier leurs propres chiffres.
Ainsi, en 2022, les chasseurs de Haute-Savoie (FDC 74) ont obtenu 270 000 euros de subventions pour mettre en œuvre leur campagne de « comptage de loups » (2). Cette aide publique s’ajoute aux 650 000 euros sur 5 ans alloués par le Conseil départemental aux « projets de la FDC 74 », ainsi qu’aux 304 100 euros sur 3 ans de la Région Auvergne Rhône-Alpes – AuRA (5).
Ces subventions financent l’achat d’un véhicule et d’une multitude de pièges photographiques, de caméras thermiques, de drones, d’enregistreurs sonores… La FDC a présenté à la DDT 74 (Direction Départementale des Territoires de Haute-Savoie) toute une organisation par massif centrée sur le monde cynégétique, à laquelle éleveurs et louvetiers ont été invités à participer, à l’exclusion des associations environnementales.
Cette débauche de moyens techniques disparates contraste avec l’absence de méthodologie permettant d’évaluer la pertinence de l’opération, sa cohérence et sa robustesse en matière scientifique.
Sans validation scientifique, sans moyen de contrôle par un organisme extérieur indépendant, toutes les hypothèses sont permises. Dans cette opération où les conflits d’intérêts sont évidents et sachant qu’il est impossible, sur une vidéo ou une photographie, de distinguer un loup d’un autre loup, l’hypothèse la plus probable est que le même individu soit compté autant de fois qu’il passe devant une caméra…
Les loups ne se comptent pas comme des moutons et aucun scientifique n’a jamais validé ni validera un « comptage de loups », fusse à l’aide de centaines de caméras, d’enregistreurs sonores ou de drones pour la simple raison que « c’est impossible ». Seule la génétique des individus obtenue par l’analyse du matériel biologique recueilli sur le terrain (crottes, poils…) permet d’obtenir une estimation (et non pas « un comptage ») d’une population de loups (3) ; c’est la méthode scientifique validée partout dans le monde et mise en œuvre en France, par l’OFB avec le soutien du CNRS. On peut améliorer cette méthode mais on ne peut pas la remplacer.
Alors que 84% des Français sont favorables à une stricte protection du loup (4), ils participent par leurs impôts et sans le savoir à une opération à grand spectacle montée en catimini par les opposants aux loups et visant à en tuer toujours plus.
En l’absence de validation par le Conseil scientifique du Plan national loup, FNE Auvergne Rhône-Alpes récuse par avance tous les chiffres et toutes les conclusions qui pourraient être déduits de cette opération.
(1) https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/BILAN_HIVERNAL_2021_VF.pdf
(2) https://www.lechasseurfrancais.com/chasse/estimation-de-population-loups-haute-savoie-chasseurs-agriculteurs-etat-reunis-grande-premiere-73111.html
(3) https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03433910/document
(4) https://www.fondation-droit-animal.org/106-sondage-84-des-francais-favorables-a-la-stricte- protection-du-loup/
2 Mai 2022
Le Conseil d’Etat vient de censurer l’arrêté ministériel de 2020 autorisant l’effarouchement renforcé des ours dans les Pyrénées.
Celui de 2019 a déjà été censuré, et tout laisse penser que celui de 2021 le sera également dans quelques mois.
La conséquence est claire, et elle interroge une nouvelle fois sur la stratégie et les intentions de l’Etat : La cinquantaine d’opérations d’effarouchement menées en 2019 et 2020 dans les Pyrénées, notamment les 144 tirs en direction d’ours réalisés dans ce cadre, sont toutes
illégales et constituent autant de perturbations intentionnelles que l’OFB lui-même aurait pu verbaliser s’il n’en n’était l’auteur … !
Ces opérations sont de surcroît très chères pour un résultat dérisoire.
Dans ce contexte, il est impensable que l’Etat prenne à nouveau un arrêté autorisant les effarouchements renforcés en 2022 comme il semble en avoir l’intention !
En cette période de transition politique, nous en appelons au Chef de l’Etat.
Monsieur le Président, vous qui annoncez que ce deuxième mandat sera écologique, arrêtez cette aberration et revenons à la seule stratégie de cohabitation efficace : la protection des troupeaux !
Vouloir contenir la soif de vengeance de certains éleveurs et la violence du lobby anti-ours ne peut justifier ces infractions répétées au statut national et européen de protection de l’ours brun par l’Etat lui-même.
Nos associations ne cesseront pas de dénoncer et de lutter contre ces décisions et actions illégales.
Cliquer ici pour télécharger le jugement du Conseil
Signé :

27 Avr 2022
Un ours sérieusement handicapé à une patte arrière a été filmé la semaine dernière sur le versant espagnol des Pyrénées, en Val d’Aran.
La survie de cet ours pourrait être mise en jeu sans un rétablissement rapide, au vu de sa difficulté actuelle à se déplacer.
Bien que les autorités des deux pays se disent mobilisées pour suivre cet animal de près, il n’existe malheureusement encore aucun protocole permettant de traiter le cas d’un ours adulte en difficulté, malgré nos demandes répétées depuis maintenant de nombreuses années. Ce cas de figure peut en effet nécessiter une capture pour assurer la survie ou le rétablissement du spécimen affecté.
Rappelons aussi qu’un ours avec des difficultés motrices importantes peut devenir plus prédateur de brebis, ayant des difficulté à chercher sa nourriture, comme ce fut le cas de Papillon en 2004, avant sa mort. Ceci abonderait également dans le sens d’appliquer un protocole ours en difficulté.
Faute de se soucier de la conservation du plantigrade, l’Etat a semblé plus motivé, ces dernières années, par le déploiement d’un arsenal « répressif » à l’encontre de cette espèce protégée.
Cette situation amène plusieurs interrogations et remarques :
- L’ours concerné serait Néré, selon les autorités catalanes. Une identification génétique s’avèrera indispensable pour en être sûr.
- Les autorités des deux pays évoquent une cause naturelle, notamment l’âge avancé de cet individu, 25 ans.
Cependant, ce dernier était encore capable d’effectuer des déplacements de l’ordre de 100 km l’année dernière, depuis le Béarn : pourquoi une dégradation si rapide ?
- Une cause naturelle (combats entre mâles) avait été évoquée pour l’ours Goiat, également blessé à une patte en 2021, assez rapidement rétabli ensuite. En l’absence d’examen vétérinaire, toutes les causes sont en fait possibles concernant ces blessures à répétition, y compris des causes d’origine humaine. Rappelons que les autorités du Val d’Aran avaient mis en avant une bagarre entre mâles pour expliquer la mort de l’Ours Cachou en 2020, dans le même secteur, animal qui avait en fait été volontairement empoisonné.
- Néré, comme Goiat, est un des rares spécimens génétiquement intéressant pour la population ursine pyrénéenne, dont le caractère consanguin pourrait devenir rapidement problématique suite au refus de l’Etat français de réintroduire de nouveaux individus. Le sort de cet ours dans les jours qui viennent devra donc être suivi avec grande attention.
- Une intervention devrait être préparée au niveau franco-espagnol afin de se tenir prêts éventuellement à l’anesthésier, l’examiner et le soigner. Les autorités catalanes ont su capturer Goiat ou Cachou pour leur mettre un collier émetteur, cela devrait être plus facile que de venir au secours de cet ours, peu mobile.
Malgré les obligations légales des états abritant la population d’ours des Pyrénées, la protection et la conservation du plantigrade, au coeur de plans ours restant de papier, semblent à la dérive depuis plusieurs années : les ours doivent se débrouiller seuls pour restaurer la viabilité d’une population mise à mal, le plus souvent pour le pire.