OURS BRUN DES PYRÉNÉES : UNE POPULATION ENCORE FRAGILE

OURS BRUN DES PYRÉNÉES : UNE POPULATION ENCORE FRAGILE

 Depuis plus de 10 ans, le taux de consanguinité est en constante augmentation, ce qui occasionne une baisse de la diversité génétique inquiétante de l’ours dans les Pyrénées. La population efficace, (nombre d'individus participant efficacement à la reproduction) était seulement de 8,2 individus en 2019 (pour 52 ours). Elle était de 3,6 en 2016, (pour une population totale de 39 individus sur les Pyrénées Centrales). Une population efficace de 50 est théoriquement recommandée pour maintenir une population viable démographiquement. Les documents de l'OFB indiquent que la diversité génétique de 2006 à 2016 est faible et avait déjà diminué sur cette période.

De plus, les ours tués par la main de l'homme suite au braconnage ne sont pas remplacés. C’est inacceptable, car l’État manque de courage pour procéder systématiquement au remplacement de chaque ours mort de causes anthropiques.

Il est donc nécessaire et urgent de procéder à de nouveaux lâchers, a fortiori pour remplacer les ours morts volontairement par l'homme, comme indiqué dans le plan ours 2018-2028.

Le président de la région AURA tient encore une fois des propos aberrants concernant le loup

Le président de la région AURA tient encore une fois des propos aberrants concernant le loup

Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne Rhône-Alpes, tient une fois de plus dans cette lettre au préfet Mailhos, coordonnateur du plan national loup, des propos aberrants.

Il se targue de mener avec la profession agricole une « pression sur l’OFB », en la discréditant comme l’ont fait avant lui des syndicats agricoles et fédérations de chasse.

Il reprend à son compte, en dramatisant, le caractère « incompatible » qu’aurait la présence du loup avec les activités d’élevage. Tout comme les éleveurs habitués à compter des moutons, il critique les méthodes de « comptage » de l’OFB (alors qu’on ne sait faire que des estimations de population à base de probabilités de présence).

Et bien entendu encourage les « comptages par drones » (tout comme un louvetier et le président de la FDC74), alors qu’ainsi on ne sait absolument pas identifier des individus loups, et que sans analyse génétique on ne fait que multiplier à l’infini le nombre d’individus que l’on croit reconnaître.

Espérons que l’administration ne se laissera pas berner par cette offensive grossièrement politicienne !

CP : Cap Ours dénonce la création d’une « Cellule Parallèle Ours »

CP : Cap Ours dénonce la création d’une « Cellule Parallèle Ours »

Les associations de la coordination Cap Ours dénoncent la création d'une "Cellule Parallèle Ours" et suspendent leur participation au "Groupe Pastoralisme et Ours"

Jeudi 27 octobre 2022, ce qui aurait dû être un classique rendez-vous Élus ariégeois - Etat à Paris s'est transformé en un Groupe de travail restreint réservé au lobby anti-ours, aboutissant à des décisions, un plan d'action et un échéancier de réunions à venir.

Cela pose deux gros problèmes :

  1. Il existe déjà un "Groupe Pastoralisme et Ours" (GPO), sous l'autorité du Préfet de région Occitanie, réunissant les acteurs ouverts au dialogue, et auquel les présents le 27 octobre à Paris refusent de participer. En marge de la concertation officielle, l'Etat a donc décidé la création d’une “Cellule Parallèle Ours” (CPO, nous l'appellerons ainsi afin de la distinguer du Groupe officiel). L'ensemble des participants au GPO officiel, qu'ils soient élus, professionnels, syndicalistes, militants associatifs ou fonctionnaires, cumulant des dizaines d'heures d'échanges et de dialogue, essence même d’un débat démocratique, ne peuvent que se sentir trahis et méprisés par ce passage en force. C'est notre sentiment en constatant que l'Etat saborde cette instance de dialogue officielle en plein travail.
  1. La composition de cette Cellule Parallèle Ours !!! N'y sont invités que les représentants du lobby radical anti-ours ariégeois[1] (ceux qui refusent toute concertation et tout dialogue), quelques fonctionnaires complaisants envers ce même lobby (surtout pas l'administration de l'Environnement qui n'est bien sûr pas concernée (sic !)), et trois Ministres (aucun n'ayant honoré de sa présence, ne serait-ce qu'une fois, le GPO officiel !).

Bien entendu, dans cette configuration compacte, partisane et homogène, il n'est pas difficile d'aboutir à un consensus sur le dos de l'ours. A l'unanimité des présents, il a ainsi été décidé (pour commencer) :

  1. de “renforcer l'arsenal législatif” pour continuer à effaroucher les ours, au mépris des nombreuses décisions de justice contraires (ils cherchent le moyen de contourner la Directive "Habitats" et le Code de l'Environnement ...) ;
  2. de durcir le protocole "ours à problème", qui pourrait ainsi devenir l'instrument de régulation de la population d'ours tant réclamé par le lobby anti-ours (le terme politiquement correct adopté n'est pas "réguler" mais "soulager le territoire", ça revient au même) ;
  3. de remettre en cause 40 ans de travail de l'Office Français de la Biodiversité et du Réseau Ours Brun en procédant à un "recomptage scientifique et indépendant" du nombre d'ours (par qui ? Le suivi de la population d’ours des Pyrénées est unanimement reconnu comme l’un des meilleurs au monde).

Sans doute cette réunion aurait-elle dû rester discrète, on peut heureusement compter sur la vanité des opposants à l'ours qui se sont empressés d'organiser une conférence de presse en rentrant au Pays, rapportant ces décisions comme des trophées.

Nous demandons la dissolution immédiate de cette "Cellule Parallèle Ours".

A défaut, nous combattrons pied à pied chacune des "décisions" iniques prises dans ce cadre partisan méprisant la concertation et l’état de droit.

En attendant des éclaircissements, une garantie du respect des Lois et Directives, et un minimum de respect, nous suspendons notre participation aux travaux du Groupe Pastoralisme et Ours et nous suggérons aux autres participants de tirer également les leçons qui s'imposent de cette situation inadmissible.

Contact Presse :

Associations signataires : Pays de l’Ours - Adet, FERUS, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées, Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM), Société d’Etude, de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64) , FIEP Groupe Ours Pyrénées, Animal cross, France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Midi-Pyrénées (FNE - MP), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Association Nature Comminges, Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), Nature en Occitanie.

[1] A l’exception de la députée Bénédicte Taurine qui a exprimé son malaise par rapport à la composition de ce groupe de travail

Bouquetins du Bargy : lettre au préfet de Haute-Savoie

Bouquetins du Bargy : lettre au préfet de Haute-Savoie

 Photo d'un mâle abattu le matin du 18 octobre copyright lanceur d'alerte

Suite à l’arrêté du préfet de Haute-Savoie demandant de faire abattre 75 bouquetins dans le massif du Bargy en Haute-Savoie, 61 bouquetins ayant été tués les jours suivants : 

A M. le préfet de Haute-Savoie Y. Le Breton

L'Etat que vous représentez est un assassin.

Votre décision d’abattre jusqu’à 75 bouquetins du massif du Bargy (Haute-Savoie) pour éteindre le foyer de brucellose dans l’intention de protéger les bovins qui pâturent en pleine montagne, l’atteste. Le taux de prévalence de la brucellose chez les bouquetins non marqués n’est que de 4%, comme le démontre plus d’une centaine de captures en 2022. « On peut espérer une extinction spontanée du foyer » (Délibération N° 2022-32 du Conseil national de protection de la nature (CNPN), 16 juin 2022).

Depuis 10 ans, vous et vos prédécesseurs n’avez de cesse de prendre des arrêtés pour anéantir la population des bouquetins dans l’idée d’empêcher la transmission de la maladie aux bovins, sous la pression des syndicats agricoles. Tous les derniers arrêtés ont été jugés illégaux par les tribunaux car vous n’avez pas considéré sérieusement les alternatives à l’abattage d’une espèce protégée: «la recherche de solutions alternatives satisfaisantes est restée jusqu’à présent nettement insuffisante «, selon le même avis du CNPN  . Vous êtes la main armée des syndicats agricoles qui n’imaginent pas une seconde prendre de vraies mesures pour protéger leurs troupeaux, à savoir laisser les bouquetins tranquilles dans les montagnes, trouver d’autres lieux de pâturage pour leurs animaux ou séparer les troupeaux domestiques des animaux sauvages sur le même massif ou pasteuriser le lait pour le reblochon. Puisque, lorsqu’une vache est contaminée par la brucellose, on les contraint à abattre tout le troupeau, les éleveurs ne veulent pas comprendre pourquoi le même sort n’est pas réservé à tous les bouquetins lorsque que quelques-uns d’entre eux sont porteurs de la maladie.

Avec vous, le Reblochon a le goût de la mort des bouquetins que vous faites tuer. Les associations vont demander à la justice d’annuler votre arrêté et gagneront très certainement. Mais vous avez pris les devants en faisant exécuter les animaux pour satisfaire les éleveurs.

La manière dont vous foulez aux pieds les intérêts de la faune sauvage pour vous coucher au pied des éleveurs  et préparer la visite du ministre de l’Agriculture est abjecte.

La protection de la biodiversité, pourtant érigée en objectif national, n’est qu’un gadget de communication, une supercherie pour des électeurs désorientés et abusés.

 

Des fonds dédiés au suivi biologique des loups détournés dans le but de les tuer

Des fonds dédiés au suivi biologique des loups détournés dans le but de les tuer

Et si on vous disait qu’en Haute-Savoie, les fonds publics départementaux destinés à effectuer un suivi biologique des loups ont été détournés dans le but de tuer cette espèce sauvage : étonnant ?

UN COMPTAGE DES LOUPS POUR MIEUX LES TUER

Voici longtemps que concernant les loups, les chasseurs rêvent (tout comme pour les comptages d’espèces animales « gibiers ») d’être à la fois juge et partie en estimant les populations, puis en définissant eux-mêmes les quotas d’animaux à tirer.

Ils ont, aux côtés de la FDSEA et d’autres syndicats agricoles, multiplié dans la presse les mises en cause des estimations de population de loups, les doutes sur la méthodologie de « comptage » de l’OFB (Office Français de la Biodiversité), comme c’est le cas dans cet article et dans des dizaines d’autres. En comité loup de Haute-Savoie (CDL74), il y a même eu des interpellations directes de l’OFB, en présence du préfet, mais aussi du préfet « référent loup », des députés présents et des responsables d’origines diverses invités. Ils approchent du but.

ACHAT DE LUNETTES THERMIQUES AUX FRAIS DU DÉPARTEMENT POUR COMPTER LES LOUPS

Nous avions bien remarqué, lors de la présentation des chasseurs de la FDC en CDL74 (dans lequel Animal Cross représente depuis 10 ans FNE et les défenseurs de la vie sauvage), que leur choix de lunette thermique (financées par le conseil départemental dans un but de comptage) s’était porté sur un modèle LEICA qui avait la rare particularité de ne pas seulement offrir de bonnes capacités optiques la nuit, mais d’être très aisément monté sur une arme, et tout aussi rapidement démonté si d’aventure on avait la malchance de recevoir la visite d’un agent de l’OFB, en se trouvant en situation illégale de tireur de loup la nuit. Il eût été ballot d’être alors en situation d’illégalité en regard d’une constante des arrêtés préfectoraux de tir de défense du loup , celle n’autorisant pas les chasseurs « à utiliser des lunettes de tir à visée thermique » (1).

DES LUNETTES QUI SERVIRONT FINALEMENT À MIEUX DETRUIRE LE LOUP

Personne, y compris même, sans doute, le conseil départemental (2), n’a jamais cru que les chasseurs, associés aux lieutenants de louveterie et aux éleveurs puissent s’investir dans le suivi biologique du loup sans l’arrière-pensée de se servir de la connaissance ainsi acquise pour pouvoir mieux les détruire. C’est d’ailleurs ce qui a été bien décrit dans cette belle synthèse de Reporterre.

Eh bien, et nous arrivons là au cœur de notre sujet, la réalité a enfin été dévoilée dans cette vidéo, au cours de laquelle le président de la FDC Haute-Savoie se félicite des moyens et du dispositif de suivi mis en place, à force de pression sur la préfecture et sur les différents acteurs de l’Etat : il s’embrouille un peu, et confie que les lunettes thermiques, initialement prévues pour faire du “suivi loup”, serviront en réalité à améliorer l’efficacité des tirs auxquels ils participent (de nouveau) activement. « De nouveau » car ils s’étaient retirés théâtralement (en CDL74) du dispositif de tir lorsque les lieutenants de louveterie, mieux équipés que les chasseurs, étaient les seuls à ne pas rentrer bredouilles.

Leur corporation opère à un tel niveau d’impunité, vu leurs soutiens gouvernementaux au plus haut niveau, qu’ils n’ont pas jugé utile de retirer cette bourde de l’espace médiatique, et que ce détournement de fonds publics au profit du plaisir de tuer, peut rester accessible à tous.

(1) Notez la différence notable du point de vue opératif, entre les « dispositifs de repérage « (non liés à l’arme), et les lunettes de tir (fixées sur l’arme).

(2) CD qui a quand-même financé 200 pièges photographiques, 20 lunettes thermiques de visée nocturne, des enregistreurs et même des véhicules.

Chasse aux alouettes réouverte : un nouveau cadeau pour les chasseurs

Chasse aux alouettes réouverte : un nouveau cadeau pour les chasseurs

Sur la consigne d’Emmanuel Macron, le ministre de l’écologie Christophe Béchu a publié ce vendredi 7 octobre, quatre arrêtés ministériels concernant les chasses traditionnelles aux alouettes des champs. Celles-ci sont réautorisées dans les départements de la Gironde, des Pyrénées Atlantiques, du Lot-et-Garonne et des Landes jusqu’au 20 novembre.

UN GRAND NOMBRE D'OISEAUX DESTINÉS À UNE MORT CERTAINE 

Ces techniques de chasse consistent à piéger les alouettes à l’aide de filets horizontaux ou bien de cages tombantes. Cerise sur le gâteau : l’annonce est publiée le vendredi afin que le lendemain les chasseurs puissent d’ores et déjà se donner à cœur joie de chasser les alouettes.

Les prévisions du nombre d’oiseaux qui vont être tués sont alarmantes : Le nombre maximum d'alouettes des champs pouvant être capturées à l'aide de pantes a ainsi été fixé à 38 600 dans le département de la Gironde, à 56 672 dans les Landes, à 1 230 dans le Lot-et-Garonne et à 2200 dans les Pyrénées-Atlantiques pour la campagne 2022-2023, et en ce qui concerne les matoles, le nombre maximum autorisé d’alouettes des champs capturées a été fixé à 2 870 dans le Lot-et-Garonne et à 4928 dans les Landes, soit 106500 alouettes des champs.

Ces méthodes cruelles de chasse peuvent tuer tous les animaux piégés par ces techniques. Cela peut donc inclure les espèces protégées. Les animaux, pris de peur dans les cages ou les filets, ont le temps de se débattre et donc de mourir de fatigue ou de peur en attendant d’être libérés.

DES ARRÊTÉS QUI VONT À L'ENCONTRE DES DIRECTIVES DE L'UNION EUROPÉENNE

Il existe depuis 2009, une directive oiseaux qui vise à la conservation de tous les oiseaux sauvages dans l’Union européenne (UE) en fixant des règles pour leur protection, leur conservation, leur gestion et leur régulation. . Ainsi donc, cette autorisation gouvernementale va à l'opposé de la réglementation européenne en vigueur. Cependant, avec l’autorisation du président de la République, il peut y avoir dérogation. On est encore une fois sur une décision qui va à l’encontre de la préservation de la biodiversité.

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