Consultation : une révision inquiétante des mesures de conditionnement aversif des ours

Consultation : une révision inquiétante des mesures de conditionnement aversif des ours

Un nouveau projet d’arrêté, actuellement soumis à consultation publique, vise à modifier le cadre permettant aux préfets de mettre en place des mesures de conditionnement aversif à l’encontre des ours bruns dans les Pyrénées.

Principaux Changements

• Changement de dénomination : Le terme « ours à problème » est remplacé pour se concentrer sur le comportement ponctuel de l'animal plutôt que sur l'individu lui-même.
• Retrait de la « surprédation » : Les cas d'attaques répétées sur le bétail ne sont plus traités par ce protocole, mais par un cadre distinct (effarouchements simples et renforcés), car ces dommages sont souvent le fait de plusieurs ours et non d'un seul.
• Simplification administrative : Un nouvel arrêté cadre permet aux préfets de mettre en œuvre des mesures de conditionnement sans attendre l'avis systématique du CSRPN (Conseil scientifique régional du patrimoine naturel), ce qui accélère l'intervention.

Comportements ciblés

Le protocole définit deux catégories de comportements justifiant une intervention :
1. La familiarité : Absence de fuite devant l'homme, présence diurne répétée dans des zones habitées, ou alimentation régulière via des ressources liées aux activités humaines.
2. L'agressivité : Grognements, charges d'intimidation non provoquées, ou attaques directes contre l'homme.

Mesures d'Intervention : Le Conditionnement Aversif

Le texte se concentre particulièrement sur l'étape 2 du protocole : le conditionnement aversif.

• Méthode : Elle consiste à créer un réflexe de peur chez l'ours en associant un stimulus négatif à son comportement. Cela inclut des tirs de balles en caoutchouc vers l'arrière-train de l'animal et l'usage de munitions à double détonation pour l'effrayer sans le blesser durablement,,.
• Exécution : Seuls les agents formés de l'Office français de la biodiversité (OFB) sont autorisés à mener ces opérations,.
• Précautions : Une attention particulière est portée aux femelles accompagnées d'oursons pour éviter leur séparation.

Notre association est favorable, sur le principe, au recours au conditionnement aversif en tant qu’outil de gestion de la faune sauvage, lorsqu’il vise à restaurer chez l’ours brun un comportement de fuite naturel face à l’être humain.

Toutefois, nous émettons un avis défavorable sur le projet d’arrêté et le protocole qui lui est associé, en raison de nombreuses lacunes, imprécisions et zones d’ambiguïté. Ces insuffisances rendent son application incertaine, sujette à des interprétations divergentes, et risquent, à terme, de produire des effets contre-productifs pour la conservation de l’espèce. 

1. Flou dans les critères de déclenchement

Le projet d’arrêté repose sur les notions d’« interactions négatives » et de « comportement anormal ou dangereux » (article 2), dont la définition demeure trop imprécise.
Ces termes, excessivement larges, peuvent recouvrir des situations très différentes, allant de la simple présence de l’ours sans dommage à de réels risques pour les biens ou les personnes.
Cette absence de critères clairs et objectivables ne garantit ni une application proportionnée ni une cohérence dans le recours au conditionnement aversif. Il est indispensable de définir des seuils précis et gradués, fondés sur des données éthologiques explicites.

2. Affaiblissement du processus décisionnel

Le nouveau protocole affaiblit le cadre de consultation et de décision.

D’une part, la notion de « partenaires locaux » mentionnée à l’article 2 n’est pas définie, ce qui ne garantit pas l’association systématique des organisations de protection de l’ours, pourtant détentrices d’une expertise scientifique et de terrain essentielle. Cette imprécision ouvre la voie à des décisions insuffisamment étayées sur les plans biologique et éthologique.

D’autre part, le protocole remplace l’obligation faite au préfet de réunir les acteurs concernés par une simple faculté (« peut réunir »). Cette évolution constitue une régression majeure : elle supprime le caractère collégial et obligatoire de la consultation préalable à une décision dérogatoire lourde de conséquences, au détriment de la transparence et de la légitimité du dispositif.

Conclusion

Nous demandons que le projet d’arrêté et le protocole soient révisés afin :

  • de définir de manière objective et graduée les situations justifiant le recours au conditionnement aversif
  • de rétablir l’obligation formelle de consultation collégiale de l’ensemble des services de l’État et des partenaires, y compris les associations de protection, avant toute décision.

Ces garanties sont indispensables pour assurer une application rigoureuse du dispositif, compatible à la fois avec la sécurité des personnes et la conservation durable de l’ours brun dans les Pyrénées.

Pour en savoir plus sur la consultation 👇​

Pour participer

Allez tout en bas de la consultation et cliquez sur : 

Voici une une proposition de texte :

Objet : Défavorable au projet d’arrêté préfectoral

Je suis opposé à ce projet car le protocole doit être révisé afin :

  1. de définir de manière objective et graduée les situations justifiant le recours au conditionnement aversif ;
  2. de rétablir l’obligation formelle de consultation collégiale de l’ensemble des services de l’État et des partenaires, y compris les associations de protection, avant toute décision.

Ces garanties sont indispensables pour assurer une application rigoureuse du dispositif, compatible à la fois avec la sécurité des personnes et la conservation durable de l’ours brun dans les Pyrénées.

 

Nous avons jusqu'au 30 décembre.

Merci pour votre participation.

 

🐻 Population d’ours dans les Pyrénées : 2024, une année record pour les naissances… mais l’urgence génétique persiste

🐻 Population d’ours dans les Pyrénées : 2024, une année record pour les naissances… mais l’urgence génétique persiste

Comme chaque année, l’Office Français de la Biodiversité a publié son rapport sur la population d’ours brun dans les Pyrénées françaises et espagnoles au mois d’avril 2025.

Grâce aux analyses génétiques et aux indices retrouvés, l’effectif d’ours détecté en 2024 est de 96 individus, avec un quasi-équilibre entre les mâles et les femelles sur l’ensemble du massif (60 % de femelles chez les adultes potentiellement reproducteurs).
De plus, au moins 13 portées ont été détectées, comprenant un minimum de 22 oursons ! L’année 2024 devient ainsi celle ayant enregistré le plus grand nombre de femelles suitées depuis 1996.

Répartition spatiale de l’ours en 2024 :

Remarques :

  • L’aire totale de présence de l’ours dans les Pyrénées est de l’ordre de 7 200 km², soit une très faible évolution par rapport à 2023. Elle est répartie sur 5 départements (64, 65, 31, 66, 09), 3 communautés espagnoles et l’Andorre.

  • La population s’étend de plus en plus vers l’est et le sud, selon les indices recueillis sur l’ensemble du massif pyrénéen (environ 2 000 indices en France et 1 580 hors de France).

  • L’effectif 2023 a été corrigé à 90 individus (selon la méthode EMR) selon les nouvelles détections de 2024.

  • Au moins 13 portées, avec un minimum de 22 oursons, ont été identifiées en 2024 ; cela représente un peu moins de la moitié des femelles adultes susceptibles de se reproduire (13 sur 30 en 2024).

  • Cette étude met en évidence que les méthodes de calcul actuellement utilisées (EMD, EMR) pour estimer les effectifs d’ours sont de moins en moins adaptées. La méthode d’estimation CMR, qui prend en compte d’autres facteurs, devrait les remplacer. Elle évalue la population à 104 ours en 2024, avec un intervalle compris entre 97 et 123 individus.

  • Le taux d’accroissement moyen de la population entre 2006 et 2023 est estimé à +11,12 % (selon EMR).

  • Cinq ours sont considérés comme disparus en 2024, car non repérés depuis 2022 (1 femelle adulte et 4 subadultes).

  • Sur les 16 oursons nés en 2023, au moins 9 ont survécu, soit un taux de survie de 56 %.

Une dynamique encourageante freinée par une diversité génétique en déclin

Malgré une hausse continue du nombre d’individus depuis plusieurs années, la diversité génétique diminue d’année en année. La dynamique d’une population s’évalue à la fois sur le nombre d’individus et sur sa bonne santé génétique. Or, plus de 90 % de la population d’ours des Pyrénées descend de seulement trois individus (deux femelles et un mâle).

Malgré ce constat évident, l’État refuse toujours de relâcher de nouveaux spécimens afin de pallier le problème de consanguinité.
Des études menées par le MNHN (Musée National d'Histoire Naturelle) , entre autres, sont en cours pour évaluer les effets potentiels de cette consanguinité sur l’avenir de la population.
Les résultats de ces recherches seront rendues publics fin 2026.

Procès du chasseur ayant abattu l’ourse Caramelles : une audience sous tension

Procès du chasseur ayant abattu l’ourse Caramelles : une audience sous tension

Mardi 18 mars, le tribunal de Foix (Ariège) a ouvert le procès d’André R., chasseur responsable de la mort de l’ourse Caramelles en 2021. Il comparaît aux côtés de 15 autres chasseurs, convoqués pour déterminer s’ils étaient autorisés à chasser dans cette réserve naturelle protégée.

Selon les premiers éléments, lors d’une battue aux sangliers, André R. aurait aperçu Caramelles et ses deux oursons à environ 40 mètres. Il se serait retrouvé face à l’animal et aurait tiré, affirmant avoir été attaqué à deux reprises.

Un procès crucial pour la cohabitation entre chasse et biodiversité

Le drame a ravivé le débat sur la présence de l’ours dans les Pyrénées et la compatibilité de la chasse avec la protection de cette espèce menacée. Animal Cross et une dizaine d'associations se sont constituées partie civile. Leur objectif : faire toute la lumière sur cet événement et exiger des mesures concrètes pour éviter de nouveaux incidents.

Le verdict sera rendu en mai 2025. D’ici là, Animal Cross restera mobilisée pour défendre la faune sauvage et rappeler l’urgence de protéger les ours dans les Pyrénées.

Renouvellement de la charte du PNR des Pyrénées Ariégeoises (2025-2040) : L’urgence d’un vrai plan d’action local  

Renouvellement de la charte du PNR des Pyrénées Ariégeoises (2025-2040) : L’urgence d’un vrai plan d’action local  

1-Contexte et exigence de la loi

Dans le cadre du renouvellement de la charte du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises (2025-2040), les nouvelles orientations du syndicat mixte nous rendent extrêmement sceptiques sur la prise en compte d’un des rôles premiers d’un Parc Naturel Régional , la protection de la biodiversité.

La loi de 2016, introduisant les articles R333-1 et R333-3, indique et renforce clairement le rôle des parcs naturels régionaux (PNR) dans la protection de la biodiversité, y compris de la faune sauvage, et dans l’application des plans nationaux d’actions (PNA) pour la conservation d’espèces spécifiques :

– L’article R333-3 introduit un mécanisme par lequel les parcs naturels régionaux s’engagent dans la mise en œuvre des PNA, qui sont des programmes nationaux visant la sauvegarde des espèces menacées.

– L’article R333-1 précise que les PNR sont chargés de préserver les habitats naturels et les écosystèmes qui abritent des espèces animales parfois rares ou menacées. La gestion de la faune passe par des actions de conservation, de restauration des habitats, et de gestion des populations d’espèces sauvages.

La loi de 2016 promeut aussi la concertation avec les collectivités locales et les partenaires, permettant ainsi une meilleure application des plans de protection de la faune sauvage.

Or, concernant l’ours, l’une des trois espèces de mammifères classées en danger critique en France, le syndicat mixte n’a réussi qu’à inscrire, et uniquement dans l’annexe 6 : « Les conditions nécessaires ne sont actuellement pas réunies pour la définition d’un rôle actif du syndicat mixte dans le sujet de l’ours » …

Tout ça pour ça !

 

Des avis sérieux et objectivés :

En plus du non-respect de la loi, d’autres organismes indépendants ont aussi dénoncé cette orientation :

– L’avis de l’Autorité Environnementale sur le projet de charte déplore cette absence de positionnement

– Le CNPN estime que les actions du parc concernant la présence et la gestion des grands prédateurs doivent être révisées et réécrites pour se conformer au cadre législatif en vigueur

– L’Autorité Environnementale et la Fédération des PNR soulignent la nécessité d’une médiation indépendante pour restaurer le dialogue entre les parties prenantes et trouver des solutions partagées

 

2-Nécessité d’un volet Ours dans la nouvelle charte 2025-2040

La politique de l’autruche pour ne pas gérer la présence de l’ours n’a jamais abouti à de bons résultats !

 

Il est évident que le syndicat mixte en charge du PNR doit urgemment revoir  sa position.

La charte du PNR ariégeois doit afficher son engagement et définir des actions par rapport à la préservation de la  population d’ours dans les Pyrénées,  au risque de ne pas jouer son rôle local pour l’application du « PNA Ours 2018-2028 ».

Les arguments sont nombreux pour valoriser cette présence unique en France :

L’ours comme atout et ressource du territoire :

  • Le PNR des Pyrénées ariégeoises partage avec la Catalogne et la Haute Garonne l’effectif plus important de la population d’ours des Pyrénées, et donc de France. Cet atout unique pourrait être valorisé et transformé en une opportunité pour le territoire.
  • Des initiatives novatrices pourraient mettre en valeur la cohabitation avec l’ours, en renforçant l’identité d’un territoire unique en France et en en faisant un symbole d’harmonie entre nature et culture.
  • La charte du PNR met l’accent sur la recherche d’un équilibre entre les activités humaines et les différentes « ressources » du territoire. L’ours, en tant qu’espèce emblématique et « ressource rare », doit donc être intégré dans cette réflexion.

Nécessité d’une gestion cohérente et concertée :

  • L’absence de positionnement clair sur la gestion de l’ours crée un vide et une incohérence au sein de la charte.
  • Une médiation indépendante est nécessaire pour restaurer le dialogue entre les différentes parties prenantes (État, Département, collectivités, acteurs économiques et société civile) et définir une stratégie commune pour l’avenir de l’ours sur le territoire du PNR : c’est le rôle d’un PNR que d’effectuer cette médiation avec son ingénierie humaine et technique.
  • La charte du PNR doit être compatible avec les politiques nationales relatives aux grands prédateurs, y compris le plan national d’action pour l’ours brun.
  • Proposer des actions concrètes pour concilier la présence de l’ours avec les activités humaines, comme le soutien aux pratiques pastorales adaptées ou la mise en place de mesures de prévention des conflits.
  • Sensibiliser le public à la cohabitation avec l’ours.

L’ours, un symbole du patrimoine naturel à préserver :

  • La charte du PNR met en avant la préservation des patrimoines comme un enjeu majeur. L’ours brun, espèce emblématique des Pyrénées, fait partie intégrante de ce patrimoine naturel qu’il est important de protéger.
  • La présence de l’ours est un indicateur de la bonne santé des écosystèmes pyrénéens. Sa protection contribue à la préservation de la biodiversité et des espaces naturels du PNR.

3-Notre demande : Créer un pôle de coordination et de médiation au sein du PNR Ariégeois

Le rôle de médiateur du Syndicat mixte dans la gestion d’un PNR

La  présence de l’ours brun pouvant être un sujet suscitant des tensions vis-à-vis de certaines catégories socio-professionnelles des Pyrénées Ariégeoises, ce rôle est particulièrement important pour la gestion de sujets sensibles et conflictuels.

Définition du rôle de médiateur

  • Faciliter le dialogue et la concertation : Le Syndicat mixte doit favoriser la communication et les échanges entre les différents acteurs du territoire, incluant les collectivités territoriales, l’État, les habitants, les associations et les acteurs économiques. Il doit organiser des instances de concertation, des réunions, des enquêtes et des consultations citoyennes pour permettre à chacun de s’exprimer et de participer à la prise de décision.
  • Rechercher des consensus et des compromis : Face à des sujets conflictuels, le Syndicat mixte doit s’efforcer de trouver des solutions qui concilient les différents intérêts en jeu. Il doit faire preuve de neutralité et d’impartialité, en tenant compte des arguments de toutes les parties prenantes.
  • Accompagner la mise en œuvre des solutions : Le Syndicat mixte doit s’assurer que les décisions prises sont comprises et acceptées par tous. Il doit apporter un appui technique et financier aux projets qui concourent à la réalisation des objectifs de la Charte.

La gestion de l’ours brun dans les Pyrénées Ariégeoises illustre la complexité du rôle de médiateur du Syndicat mixte. Le CNPN recommande que le Syndicat mixte assume un rôle de médiateur sur ce sujet, mais reconnaît que le contexte local actuel peut rendre cette mission difficile.

Le Syndicat mixte a tenté d’organiser une médiation en 2021, mais sans succès. L’absence de consensus entre les parties prenantes et les tensions locales persistantes ont rendu la mise en place d’une médiation efficace difficile. Pour autant, l’auto-censure et l’inaction assumée n’ont jamais rien résolu.

En conclusion, la réintégration de l’ours dans les actions, au même titre que les autres espèces sensibles, est incontournable, et le rôle de médiateur du Syndicat mixte dans la gestion d’un PNR est essentiel pour garantir la réussite de la Charte. Ce rôle implique de faciliter le dialogue, de rechercher des consensus et d’accompagner la mise en œuvre des solutions. La gestion de sujets sensibles comme la présence de l’ours brun doit être prise en compte par le PNR.

Un premier bilan Ours prometteur pour 2024

Un premier bilan Ours prometteur pour 2024

Animal Cross se réjouit de la présence croissante de l'ours dans les Pyrénées, comme le révèle le rapport de juillet-août 2024 du réseau Ours brun. D’après l’analyse des derniers indices de présence, 15 oursons ont été détectés cette année, répartis sur 10 portées, ce qui laisse présager une augmentation de la population d'ours brun dans nos montagnes.

Bien que l’analyse complète des constats de dégâts ne soit pas encore finalisée, il apparaît que le nombre d’animaux prédatés, pour lesquels l’ours pourrait être responsable (sans que cela soit systématique), est en baisse*. Si cette tendance se confirme d’ici la fin de l’année 2024, cela démontrerait que le nombre de prédations n’est pas proportionnel à celui des ours, mais plutôt lié aux efforts humains et matériels déployés pour la protection des troupeaux dans les montagnes pyrénéennes.

(*) https://www.ladepeche.fr/2024/09/25/ours-dans-les-pyrenees-les-chiffres-montrent-une-baisse-des-
attaques-12220155.php

Quelques vidéos d’ours des Pyrénées en avril et aout 2024 :

 

Les observations dans le détail réalisées en juillet-aout

- Entre juillet et août 2024, 520 indices de présence d'ours ont été collectés dans les Pyrénées françaises, de la commune de Lées-Athas (64) à l'ouest jusqu'aà Siguer (09) à l'est.
- Des caméras automatiques ont capturé des images d'un ours non identifié à Luchon (31), territoire fréquenté par les mâles Cannellito et Néré.
- Des ours subadultes continuent de coloniser l'est des Pyrénées, confirmant l'expansion de l'espèce.
- La présence de jeunes ours est confirmée dans les massifs de Gar-Cagire et Paloumère (Haute-Garonne).
- Au moins 10 portées d'oursons, totalisant 15 individus, ont été identifiées en 2024 sur le versant français des Pyrénées.

Rappel (si nécessaire)

Protéger l'ours, c'est protéger la biodiversité.

Nos actions:

  • Sensibilisation du grand public à l'importance de la protection de l'ours et de son habitat.
  • Collaboration avec les acteurs locaux (agriculteurs, éleveurs, élus) pour prévenir les conflits et trouver des solutions.
  • Soutien aux programmes de recherche sur l'ours et son comportement.

Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à protéger l'ours des Pyrénées. Ensemble, agissons pour que nos montagnes restent un refuge pour cet animal emblématique.

Effarouchements des ours : il reste encore un long chemin vers la légalité

Effarouchements des ours : il reste encore un long chemin vers la légalité

Communiqué de presse – 12 septembre 2024

Le Conseil d’Etat vient d’approuver l’arrêté ministériel de 2023, encadrant les effarouchements des ours. Dans le même temps les arrêtés d’effarouchements préfectoraux 2022 de l’Ariège que nous avons contestés, 7 au total, ont tous été annulés par le Tribunal administratif de Toulouse lors du jugement du 16/07/2024.

Nous prenons acte des jugements du Conseil d’Etat, qui a approuvé le 9/09/2024 l’arrêté ministériel d’effarouchement 2023, ainsi que celui de 2022 le 18/04/2024, et que nous avons tous deux contestés.

Nos actions sur les arrêtés ministériels précédents ont permis de recadrer en partie le dispositif, en obtenant notamment le retrait définitif des tirs à balles plastiques, pouvant causer des dommages sur cette espèce protégée.

Cependant, ces arrêtés ministériels 2022 et 2023, bien qu’approuvés par le Conseil d’Etat, et censés encadrer les arrêtés préfectoraux d’effarouchements « de terrain », sont encore loin de remplir leur rôle de façon satisfaisante étant donné l’annulation de l’ensemble des arrêtés d’effarouchement renforcés 2022 de l’Ariège.

En résumé, le Conseil d’état n’annule pas l’arrêté ministériel permettant les effarouchements mais son application est de fait annulée par des juridictions locales.

Nous œuvrons auprès des tribunaux administratifs afin que des moyens de protection complets et les gardes nocturnes des bergers d’appui soient enfin un préalable avant toute opération d’effarouchement renforcé, et pour que ces derniers utilisent des moyens potentiellement moins dommageables.

Rappelons que la population d’ours des Pyrénées est la seconde plus petite par la taille en Europe, classée « en danger critique », ou encore en état de conservation « défavorable inadéquat », soit les critères les plus bas dans l’échelle de la conservation des espèces.

Sa croissance régulière ne doit pas faire oublier sa consanguinité préoccupante. Afin de diminuer cette dernière, nous demandons depuis de nombreuses années l’introduction de nouveaux individus, a minima pour remplacer les ours morts de causes humaines comme s’y était engagé l’Etat, sans action de celui-ci.

Les gardes nocturnes des bergers d’appui, parfaitement légales, donnent des résultats tout à fait comparables aux effarouchements renforcés en termes de prévention des prédations, pour un coût bien moindre, et avec un personnel spécialisé dans la conduite et la protection des troupeaux.

L’Office Français de la Biodiversité, pratiquant actuellement ces effarouchements renforcés, dispose de moyens limités : l’Etat serait donc plus avisé de recentrer ce personnel vers son cœur de métier, la protection des espèces et la police de l’environnement, plutôt que de le disperser inutilement dans une illusoire protection des troupeaux bardée d’un arsenal pyrotechnique tout aussi coûteux que potentiellement dommageable.

Les associations signataires :
Animal cross, Comité Ecologique Ariégeois (CEA), FERUS, Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE) Hautes-Pyrénées, Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – ADET, Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM).