5 Mar 2025
Les chasseurs ont récemment obtenu l’autorisation de tirer sur les perdrix grises de montagne. Désormais, une nouvelle étape est franchie : le financement de leurs propres études sur ces oiseaux via l’éco-contribution, un fonds issu de l’argent public. Autrement dit, ils mènent l’étude, rédigent le rapport et valident eux-mêmes leurs quotas. Un modèle d’auto-validation parfait, où l’arbitre est aussi le joueur. Pratique, non ?
Un arrêté préfectoral en question
Le 20 février 2025, le préfet des Hautes-Pyrénées a publié un arrêté autorisant la capture de perdrix grises des montagnes dans le cadre d’une étude scientifique visant à mieux comprendre leurs habitats de reproduction. Cependant, cette étude est menée par les chasseurs eux-mêmes, qui sont également responsables de la régulation de cette espèce et de l’attribution des quotas de chasse.
Juge et partie, ils contrôlent ainsi l’ensemble du processus. Qui pourrait croire en l’objectivité d’une telle étude ? Mais après tout, pourquoi s’embêter avec une évaluation indépendante quand on peut s’auto-évaluer en toute tranquillité ?
Des enjeux importants pour la biodiversité
Une approche scientifique discutable
Si les chasseurs détectent une population suffisante de perdrix, cela pourrait justifier la poursuite de la chasse au nom de la régulation. En revanche, si les effectifs sont jugés insuffisants, la prédation d’autres espèces pourrait être mise en cause, menant à des actions de contrôle sur les prédateurs naturels. Bref, quelle que soit la situation, la conclusion reste la même : il faut chasser. Un raisonnement aussi circulaire que pratique.
L’étude de l’Observatoire des Galliformes de Montagne (OGM) réalisée en 2024 n’a pas permis de déterminer clairement si la population de perdrix était en hausse ou en déclin. Ce manque de données aurait pu compromettre l’attribution des quotas de chasse. Heureusement (ou opportunément), cette nouvelle étude tombe à point nommé pour combler ce vide et permettre d’ajuster les quotas « comme il faut ».
L’utilisation des fonds publics
L’éco-contribution, financée par l’État et l’Office français de la biodiversité à hauteur de 10 € par permis de chasser validé, ainsi que par les fédérations de chasse (5 € par permis, selon l’article 13, 8° de la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019), est censée être dédiée à la protection de la biodiversité. Pourtant, elle finance des études menées par ceux qui bénéficient directement de la chasse. Un bel exemple de « protection » où l’argent censé préserver la faune sert surtout à mieux l’exploiter.
Une espèce déjà fragilisée
La perdrix grise des Pyrénées est déjà impactée par le changement climatique et la dégradation de son habitat. À cela s’ajoute désormais une étude qui pourrait légitimer sa chasse. Par ailleurs, l’arrêté ne fixe aucune limite au nombre de perdrix pouvant être capturées et bien que le « bien-être animal » soit mentionné, aucune garantie n’est apportée quant à l’absence de risque pour les oiseaux capturés. Autant dire que la prudence semble toute relative.
Mais rassurez-vous, tout est sous contrôle… des chasseurs.
Vers une gestion plus transparente
Pour assurer une gestion équilibrée et réellement bénéfique à la biodiversité, nous demandons :
- Des études menées par des écologues indépendants, garantissant une analyse impartiale des populations de perdrix grises.
- L’arrêt immédiat de la chasse aux perdrix grises, afin de préserver une espèce déjà vulnérable.
- Une gestion de la faune sauvage fondée sur des critères scientifiques et non sur des intérêts particuliers.
La préservation de la biodiversité ne doit pas être subordonnée à des arrangements entre amis. Il est essentiel de s’appuyer sur des recherches indépendantes et des politiques publiques transparentes pour garantir la protection des espèces et de leurs habitats. La nature mérite mieux qu’un bilan de population rédigé entre deux battues.
4 Mar 2025
Chères amies et chers amis de la faune sauvage,
Un nouveau projet menace nos cerfs : les chasseurs souhaitent avancer la période de chasse dès début juin, au lieu de septembre, sous prétexte de limiter les dégâts agricoles et forestiers.
Cette ouverture anticipée serait une catastrophe pour la biodiversité, empêchant la faune sauvage de bénéficier d’un répit estival et mettant en danger des espèces protégées comme le grand tétras ou le chat forestier.
Nous devons agir vite ! Exprimez votre opposition avant le 10 mars en répondant à la consultation publique :
Lien vers la consultation
Pourquoi s’opposer à cette mesure ?
Une pression permanente sur la faune sauvage
La chasse estivale empêcherait tout repos biologique pour les animaux, provoquant du stress et des déséquilibres écologiques. De plus, elle risquerait de perturber les biches alors qu’elles allaitent encore leurs faons.
Un risque accru d’accidents
En pleine saison touristique, cette chasse générerait davantage de conflits d’usage entre randonneurs, promeneurs, cyclistes et chasseurs. Rappelons que ces derniers disposent déjà d’un accès exclusif à la nature pendant au moins six mois par an.
Une absence totale d’alternatives non létales
Si des dégâts agricoles ou forestiers existent dans certaines zones, aucune étude sérieuse ne justifie la chasse comme seule solution. Une approche plus globale, prenant en compte l’écosystème forestier et le rôle des prédateurs naturels du cerf, est nécessaire.
Le cerf, un allié de la biodiversité !
Loin d’être uniquement responsable de dégâts, le cerf joue un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes. Il limite la prolifération de certaines plantes dominantes et contribue à la dispersion des graines, favorisant ainsi une flore diversifiée.
Agissez avant le 10 mars !
Nous comptons sur vous pour faire entendre la voix de la nature. Il suffit de quelques minutes pour répondre à la consultation publique et empêcher cette mesure destructrice.
Partagez cet appel autour de vous ! Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de poids.
Merci pour votre engagement en faveur de la faune sauvage.
28 Nov 2024
Les armes de chasse sont le moyen le plus utilisé pour les règlements de compte familiaux et les suicides. Une solution simple pour sauver chaque année des centaines de vies en France : interdire la détention des armes à feu à domicile, et la remplacer par la détention dans des lieux centralisés et sécurisés (gendarmerie, armureries, ACCA - Associations communales de chasse agréées).
De multiples exemples d’homicides et suicides par armes de chasse
Haute-Savoie : un homme tue sa femme avant de retourner l’arme de chasse contre lui : “Il s’agirait selon les premiers éléments d’un drame familial, l’homme ayant tué son épouse avant de mettre fin à ses jours.” (10/11/2023, Ouest France)
Dordogne : un père tue son fils : “Un homme de 59 ans a été tué d’au moins un coup de fusil de chasse dans sa maison. C’est son père de 86 ans qui était derrière l’arme.” (21/01/2023, France Bleu)
Orne : un homme tue sa femme en utilisant un fusil de chasse : “L’homme, âgé de 54 ans et originaire de l’Eure-et-Loire, expliquait “avoir tiré un coup de fusil à l’encontre de son épouse, puis avoir quitté le domicile conjugal en voiture, à bord de laquelle il aurait tenté de se donner la mort.” (25/01/2024, Ouest-France)
Tarn : une femme retrouvée morte : “Elle a été retrouvée morte dans la nuit de mercredi à jeudi, tuée d’une balle de fusil de chasse.” (12/01/2024, Le Parisien)
Normandie : “Un éboueur venant d’être licencié se suicide avec un fusil de chasse.” (10/06/2020, Le Courrier picard)
On pourrait ainsi faire le tour de France et des journaux…
Quel est le dénominateur commun de tous ces faits divers ? Les armes de chasse à la maison, à portée de main !
Des statistiques élevées
Les décès par arme de chasse, en dehors des circonstances de chasse, sont soigneusement passés sous silence. Très peu d’observateurs se sont penchés sur la question. L’association Animal Cross a mené l’enquête. Les données de mortalité en France sont recensées par le CépiDc (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès), laboratoire de l’Inserm, LA référence en France pour les causes de décès. Chaque décès en France doit en effet faire l’objet d’un certificat médical renseigné par un médecin, suivant un format conforme à une classification, appelé CIM10. Lors du décès, une cause unique est recherchée, qui sera considérée comme prépondérante, à l’origine du processus morbide ayant conduit au décès.
Les armes de chasse seraient à l’origine de 13 % des homicides et 8 % des suicides. Les victimes sont des non-chasseurs comme des chasseurs, selon notre analyse.
L’analyse de ces statistiques nous conduit à estimer qu’en 2017 (les données détaillées plus récentes ne sont pas accessibles), les armes de chasse seraient à l’origine de 1 100 décès, dont 665 causés par un suicide, 33 par un homicide, 10 par un accident, 393 n’ayant pas de cause déterminée. Le nombre de suicides doit être rapproché du nombre de 1 400 suicides par armes à feu en France donné par le ministre en 2015. De manière très intéressante, la courbe des décès par accident à la chasse qui procède de cette analyse (10 par accident en 2017) est très proche de celle donnée par l’Office français de la biodiversité (13 en 2017). Cela nous conforte dans l’idée que les données du CepiDc sont une source à considérer (ce qui est une évidence pour toutes les personnes travaillant sur les données de santé).
33 homicides par armes de chasse en 2017, dont de nombreux féminicides
Selon les données de l’Inserm, les armes de chasse seraient à l’origine de 33 homicides par an.
Une analyse du journal Reporterre, réalisée sur la base des faits divers recensés dans la presse, estime à 27 les homicides causés par armes de chasse en 2020 et 24 en 2021, ce qui est encore cohérent avec nos estimations (33 décès par homicide en 2017), les journalistes de Reporterre ayant pu passer à côté d’homicides.
Ces homicides concernent souvent des conflits et disputes dans un cadre familial, avec de nombreux féminicides (25 % des cas de féminicides en 2020 et 2021 selon Reporterre). Le tueur se saisit de l’arme qu’il a sous la main pour régler ses comptes.
Un phénomène méconnu : 665 suicides par arme de chasse en 2017 (estimation)
La partie la plus nouvelle de cette analyse est le regard porté sur les suicides. Nous émettons l’hypothèse que les familles, quand elles découvrent un suicide par arme de chasse en leur sein, gardent l’information pour elles et qu’elles ne cherchent pas à le faire savoir. La très grande majorité de ces suicides n’apparaît pas dans les médias et n’est pas révélée au grand public.
Nous avons présenté cette analyse lors de notre audition au Sénat en février 2022. Les sénateurs ont préféré ne pas tenir compte de ces données et ne les citent malheureusement pas dans leur rapport.
Remarquons que lors de la présentation du plan Armes en 2015, le ministre de l’Intérieur cite le chiffre de 1 400 suicides par armes à feu en France, sans distinguer le type d’armes.
Moins d’armes en circulation, moins de morts par arme à feu au Japon qu’aux USA
Il y a un lien direct entre la détention d’armes à feu et le nombre de morts par armes à feu dans un pays. Ainsi, le Japon, où la législation concernant l’achat et la détention d’armes est extrêmement stricte, compte une dizaine de morts par armes à feu par an, alors qu’aux États-Unis, où la détention d’armes est 100 fois supérieure à celle du Japon, on compte plus de 10 000 morts par an.
Sources :
(1) Voir les hypothèses de notre analyse dans https://www.animal-cross.org/les-armes-de-chasse-tuent-environ-1100-personnes-par-an/
(2)https://mobile.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-ministres-de-l-Interieur/Archives-Bernard-Cazeneuve-
avril-2014-decembre-2016/Interventions-du-ministre/13.11.2015-Presentation-du-Plan-Armes
(3) Féminicides, suicides… les ravages des fusils de chasse. Reporterre. 9/12/2021. https://reporterre.net/Feminicides-suicides-les-ravages-des-fusils-de-chasse
(4) https://www.animal-cross.org/animal-cross-auditionnee-au-senat-sur-la-securisation-de-la-chasse/
(5) https://mobile.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-ministres-de-l-Interieur/Archives-Bernard-Cazeneuve-avril-2014-de cembre
-2016/Interventions-du-ministre/13.11.2015-Presentation-du-Plan-Armes
(6) https://www.liberation.fr/planete/2018/04/12/obtenir-une-arme-au-japon-un-parcours-du-combattant_1642454/?redirected=1
Obtenir une confirmation de notre analyse des données de mortalité par armes de chasse par le CepiDc (Inserm).
Interdire la détention des armes de chasse à domicile toute l'année, période de chasse comprise. Conserver les armes dans un lieu centralisé (ex. ACCA, gendarmerie, mairie, armureries). Afin d’éviter de constituer de gigantesques stocks d’armes qui attireraient des cambrioleurs, une idée serait de ne confier dans ce lieu centralisé qu’une partie de l’arme (l’autre partie étant gardée à domicile), la rendant ainsi inactive, comme la longuesse pour un fusil ou la culasse pour une carabine. La conservation dans un lieu central préserverait des centaines de vies, humaines et animales, chaque année en France.
7 Nov 2024
Un cerf a été traqué par deux équipages de chasse à courre jusqu'à une base de loisirs nautiques et un camping, dans le Loiret, fin octobre.
Un risque pour la sécurité des personnes
Les veneurs et leurs meutes ont poursuivi le pauvre animal apeuré au milieu des promeneurs et des habitants dont beaucoup d'enfants... ! « Des habitants sont sortis de chez eux, intrigués par le bruit, témoigne une riveraine au journal La République du Centre. On est descendu sur la plage, entre bungalows et pédalos. C'était une scène lunaire. On s'est même fait charger par un cheval et menacer ».
Cet acte est d'ailleurs contraire à la réglementation en vigueur puisque depuis un arrêté du 25 février 2019, en grande vénerie, l'animal aux abois ou au ferme doit en principe être gracié lorsqu'il se trouve « à proximité d'habitations, de jardins privés y attenant, de zones commerciales ou artisanales et de bureaux et d'établissements accueillant du public ».
Un acte cruel pour le cerf
Au-delà du risque qu'il a fait peser pour la sécurité des personnes, cet acte de vénerie fut cruel pour l'animal traqué. Epuisé et stressé, le cerf n'en sortira pas vivant. « Le cerf nageait pour sa vie avec une soixantaine de chiens derrière lui dans l'étang de plaisance, déplore AVA France. Il a été tué un peu plus loin et dépecé sur place pour la cérémonie macabre de la curée » [où les chasseurs festoient autour du cadavre...].
L'association Animal Cross dénonce régulièrement la chasse à courre, une pratique cruelle et obsolète. Son livre « Article 0 » rappelle notamment que cette chasse assume ne pas être un outil de régulation des espèces et pose un problème éthique certain. Source de douleurs extrêmes pour l'animal poursuivi, la grande vénerie génère un stress physiologique et psychologique très important au courant de la traque. Et parmi les rares cerfs qui parviennent à échapper à la meute, beaucoup gardent des séquelles souvent fatales....
Des incidents réguliers
Au cas d'animaux poursuivis jusque dans les zones habitées, s'ajoutent les nombreux accidents de la route causés par des animaux sauvages traqués ou des chiens de chasse perdus. Sans oublier les incivilités envers les promeneurs, ou encore, les animaux domestiques tués par des meutes. Au total, AVA France a recensé, entre 2018 et 2023, pas moins de 163 incidents... à tel point que ces dégâts semblent faire partie intégrante de la chasse à courre !
Notre demande
Pour l'ensemble de ces raisons, l'association Animal Cross soutient la demande d'AVA France visant à modifier l'article L. 424-4 du code de l'environnement pour interdire la chasse à courre, mais aussi toute activité connexe pouvant impliquer la capture accidentelle d'un animal, notamment en limitant le nombre de chiens courants en action de chasse.
24 Oct 2024
Deux départements viennent d’autoriser, à titre d’expérimentation, la capture d’alouettes (1) à l’aide de pantes et de matoles : 2000 dans les Pyrénées Atlantiques, et dans les Landes, respectivement 15000 à l’aide de pantes et 1000 à l’aide de matoles.
Pantes et matoles font partie des moyens de chasse traditionnelle âprement défendus par les chasseurs du Sud-Ouest. La pante est un système à deux grands filets qui s’abattent sur les alouettes attirées par des « appelants «, des alouettes captives, tandis que la matole est une petite cage qui tombe sur les oiseaux convoités.
Depuis 2021, année au cours de laquelle le conseil d’Etat a déclaré illégales ces deux techniques de piégeage, les fédérations de chasse ne décolèrent pas, et ont multiplié les manifestations dans tout le sud-ouest de la France, allant même jusqu’à exercer un chantage dans les Pyrénées Atlantiques en menaçant de ne plus participer aux actions de piégeage urbain de sangliers.
Les chasseurs voudraient faire croire que ce type de piégeage n’est plus pratiqué que par quelques anciens dans des campagnes reculées : il n’en est rien, voici dix ans le dernier inventaire sérieux (2) faisait état de 288 000 alouettes ainsi capturées, sur un total annuel d’environ 468 000, ce qui est loin d’être négligeable (3). D’autant plus que les alouettes ont perdu 35% de leurs effectifs reproducteurs en 15 ans en France (4), et que leur statut de conservation est défavorable aux niveaux européen et français.
L’un des avantages de l’expérimentation est qu’elle est discrète, ne nécessite pas de consultation auprès du public. C’est également un projet éligible aux subventions de l’OFB, au titre du fonds biodiversité (abondé indirectement par le contribuable), sans que nous ne sachions en l’espèce si les fédérations de chasse en ont bénéficié.
Etant donné que le Conseil d’Etat s’est appuyé dans ses décisions sur la sélectivité insuffisante des captures et sur le fait que les oiseaux relâchés pouvaient avoir des séquelles (ce qui est proscrit par la directive européenne « Oiseaux «), c’est sur ces deux points que travaillent les fédérations de chasse du sud-ouest de la France. La première campagne d’expérimentations, celle de 2023, a été retoquée par le Conseil d’Etat au motif qu’elle s’appuyait sur des effectifs capturés insuffisants. Qu’à cela ne tienne, les chasseurs ont relancé leur projet en 2024, et cette fois de façon massive avec un total de 18 000 alouettes.
Ces expérimentations ont pris la forme d’arrêtés préfectoraux, qui y présentent une procédure de capture et de relâcher, à la fois scientifique et encadrée. En réalité, c’est la DDT, réputée proche et peu hostile au monde cynégétique, qui est censée déclencher des « contrôles inopinés «. Les associations de protection de la nature ne sont pas dupes de ce procédé, et certaines telles la LPO et OneVoice ont déjà lancé des recours.
Cette manipulation, qui s’appuie sur les services de l’Etat pour faire perdurer des pratiques irrespectueuses du statut actuel des alouettes, et qui invoque des raisons de soi-disant « recherche et enseignement«, visant essentiellement à contourner le droit, ne fait pas l’honneur du pays.
(1) Recueils d’actes administratifs 40-2024-253, 40-2024-253 et 64-2024-318
(2) Rapport ONCFS (devenu OFB) : https://professionnels.ofb.fr/sites/default/files/pdf/RevueFS/FauneSauvage315_2017_complet.pdf
(3) Depuis lors, les quotas définis dans les arrêtés préfectoraux, puis querellés par les associations, ont baissé
(4) Etude CNRS/MNHN : Le printemps 2018 s’annonce silencieux dans les campagnes françaises
23 Oct 2024
Des estimations alarmantes
Dans son livre "Article 0", Animal Cross révéle des estimations alarmantes concernant le nombre d'animaux tués à la chasse en France. En s'appuyant sur de nombreuses sources, comme les données de l'ex ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), de la Direction Départementale des Territoires ou des Schémas Départementaux de gestion cynégétique, ce rapport met en lumière l'impact de la chasse sur notre biodiversité.
L'estimation du nombre total d'animaux tués à la chasse en France pour cette période varie entre 25,5 millions et 38 millions pour la saison 2021-2022. Ces chiffres choquants soulèvent des questions sur la gestion des populations animales et la nécessité de protéger notre faune.
Les ongulés mais pas seulement
L'article présente une estimation détaillée du nombre d'animaux tués par espèce durant la saison 2021-2022. On parle toujours des sangliers (842 000 individus tués par an), des chevreuils (602 866 individus tués par an) et des cerfs (75 397 individus tués par an), qui seraient abattus pour des motifs "de régulation". Mais ces animaux ne sont que la face émergée de l'iceberg.
La chasse loisirs est la plus meurtrière :
- Le faisan commun est l'espèce la plus chassée, avec une estimation entre 4.2 et 7.7 millions individus tués chaque année, suivi par le pigeon ramier, avec entre 4.4 et 5.3 millions d'individus abattus.
- Puis viennent les perdrix, avec entre 3 et 5.5 millions d'oiseaux tués par an.
- 1 à 1.3 millions de canards colvert, 1 à 1.2 millions de corneilles noires, 0.8 à 2 millions de grives musiciennes,etc.
Méthodologie
Le rapport utilise une méthode de calcul en deux étapes pour parvenir à ces estimations. La première étape consiste à collecter des données sur le nombre d’animaux tués à partir du dernier grand inventaire de l'ONCFS (ancienne OFB). Puis, espèce par espèce, à utiliser les dernières données fiables, en faisant un cas particulier des ESOD (ex nuisibles) à partir de données officielles. Nous avons ensuite estimé le nombre total d’animaux tués à l’échelle nationale (voir le détail de la méthodologie dans l’article complet).
Limites des Estimations
Il est important de reconnaître certaines limites dans ces estimations :