Maladies raciales d’origine génétique : Une 1ère en France, Animal Cross porte plainte contre l’État
L’association Animal Cross dépose un recours contre L’État pour non-contrôle des maladies héréditaires dans deux élevages de chiens dans un contexte général de lacune généralisée de contrôle des élevages (une fois tous les 25 ans).
Identification des élevages à problèmes
L’association Animal Cross a passé en revue des centaines d’annonces de cession de chiots entre juin 2025 et janvier 2026 pour des races à problème de dysplasie de hanche (ex. berger australien, labrador, golden retriever, cane corso, dogue de Bordeaux, bouledogue continental), de coude (ex. chow chow), d’affections cardiaques (cavalier king charles, les annonces ne mentionnant pas l’échographie cardiaque), de maladies monogéniques (ex. welsh corgi, colley).
L’association a vérifié sur le site de la Société centrale canine Lof select si les chiens avaient été dépistés sur les maladies génétiques concernées et si le croisement minimisait le risque de problème de santé.

47 DDPP contactées : la probabilité pour un éleveur d’être contrôlé est une fois tous les 25 ans
Sur cette base, Animal Cross a envoyé un courrier à 47 Directions Départementales de la Protection des Populations dans toute la France afin de savoir si les élevages ayant procédé à des reproductions à risque avaient été contrôlés entre 2020 et 2025.
Le résultat est sans appel : 35 DDPP ont répondu (certaines après recours à la CADA),7 élevages ont été contrôlés en 5 ans, soit 20%, ou 4% par an.
En d’autres termes, même parmi les élevages à risque, la probabilité d’être contrôlé est une fois tous les 25 ans. De plus, sur les 7 élevages contrôlés, il n’est relevé aucune sélection génétique à risque.
Devant cet état de fait, l’association dépose un recours contre l’État pour carence fautive des services de l’État dans le contrôle de deux élevages canins.
Premier recours
Dans le premier cas, il s’agit d’un élevage de type grand chien. De 2023 à 2025, 9 reproductions ont été constatées pour des chiens (reproducteur 1/reproducteur 2) avec
- Dysplasie du coude * (sévère/moyenne, deux fois, sévère/absente, deux fois, moyenne/absente, trois fois),
- Dysplasie de hanche (sévère/absente, deux fois, moyenne/absente une fois)
- Affections cardiaques et rénales (un reproducteur non testé 5 fois)
Au sein de cette race, les maladies cardiaques et rénales sont très préoccupantes et des causes importantes de la faible espérance de vie de 8 ans. Une femelle a reproduit 4 fois en 22 mois (le maximum est de 3 fois en 24 mois). 57 chiots sont nés de ces reproductions à risque.
Le club de race recommande de ne pas faire reproduire des chiens non dépistés, en particulier pour les maladies cardiaques ou rénales, ou deux reproducteurs ayant des dysplasies moyennes à sévères (HD-D ,ED-2, et plus). Les reproductions avec des chiens avec des dysplasies sévères (HD-E, ED-3) mettent aussi à risque la descendance.


Deuxième recours
Pour le deuxième cas, il s’agit d’un élevage de chien type retriever.
De 2023 à 2025, 5 reproductions ont été constatées pour des chiens avec dysplasie de hanche (reproducteur 1/reproducteur 2): dysplasie sévère/dysplasie moyenne (deux fois), dysplasie sévère/non testé, dysplasie moyenne/dysplasie légère (deux fois). 13 chiots en sont nés.
Le club de race recommande de ne pas faire reproduire des chiens avec dysplasie moyenne ou sévère (HD-D, HD-E) ou non testée.
Animal cross décide d'agir et porte plainte contre l'État pour non contrôle : une première en France
Les DDPP des deux départements ont répondu à Animal Cross que ces élevages n’ont pas été inspectés de 2020 à 2025.
L’association Animal Cross considère que la carence des DDPP dans l’exécution de leurs missions constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l’État.
C’est la première fois en France qu’une association met en cause la responsabilité de l’État pour défaut de contrôle des maladies héréditaires.
Rappelons que « La sélection des animaux de compagnie sur des critères de nature à compromettre leur santé et leur bien-être ainsi que ceux de leurs descendants est interdite » (Code rural 214-23).
La loi rend très difficile le fait pour une association de porter plainte directement contre un élevage sur la base de cet article, d’où le choix de cette stratégie juridique indirecte.
* Rappel
- Premier élevage : dysplasie du coude: ED-3/ED-2, deux fois, ED-3/ED-0, deux fois, ED-2/ED-0, trois fois,de hanche : HD-E/HD-A, deux fois, HD-D/HD-A une fois
- Deuxième élevage : HD-E/HD-C (deux fois), HD-E/non testé, HD-D/HD-C (deux fois). 13 chiots en sont nés.
- HD dysplasie de hanche HD-C : léger, HD-D : modéré, HD-E : sévère. ED dysplasie du coude, 1 : léger, 2 : modéré, 3 : sévère)
- HD-E/HD-C (deux fois), HD-E/non testé, HD-D/HD-C (deux fois). 13 chiots en sont nés.
- Absente : pas de contrôle de la dysplasie





