Francis Hallé : un visionnaire des forêts primaires, allié de la libre évolution

Francis Hallé : un visionnaire des forêts primaires, allié de la libre évolution

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Francis Hallé, botaniste, biologiste et défenseur infatigable de la forêt primaire, survenu le 31 décembre 2025 à Montpellier, à l’âge de 87 ans.
 
Figure majeure de la botanique contemporaine, Francis Hallé n’était pas seulement un chercheur internationalement reconnu pour ses travaux sur l’architecture des plantes et la canopée tropicale : il fut surtout un militant passionné pour la protection des forêts primaires, ces forêts jamais exploitées par l’humain qui représentent aujourd’hui une portion infime mais essentielle des écosystèmes terrestres.
 
Grâce à des initiatives comme l’exploration du Radeau des cimes, Hallé et ses équipes ont montré combien ces espaces regorgent de biodiversité, souvent encore méconnue et fragile.  Son engagement se prolongeait bien au-delà de la recherche scientifique : il a porté l’idée d’une forêt primaire en Europe de l’Ouest, un projet de très long terme visant à laisser un territoire entier évoluer naturellement, sans intervention humaine, afin que s’y reconstituent les équilibres écologiques ancestraux.
 
Pour nous, qui défendons la cause animale et coordonnons la libre évolution des milieux, l’œuvre de Hallé fait écho à une conviction fondamentale : les écosystèmes les plus résilients sont ceux où la nature peut se déployer selon ses propres lois, sans gestion humaine intrusive.
Comme il l’a exprimé dans des entretiens :
« Aujourd’hui, nos forêts françaises sont d’une pauvreté désespérante », rappelant à quel point il est urgent de repenser radicalement notre rapport aux milieux naturels pour assurer la survie de la vie dans toute sa diversité.
À travers ses livres, ses projets et son engagement constant, Francis Hallé a rappelé que la protection durable de la biodiversité nécessite de laisser aux écosystèmes la liberté de s’organiser, croître et se régénérer. Ce message, profondément lié à la libre évolution, est aujourd’hui plus pertinent que jamais.
 
Nous exprimons notre gratitude pour son grand soutien envers notre projet sur la libre évolution (Coordination Libre Évolution, CLÉ), dont sa fondation fait partie.
 
Ensemble nous allons continuer à œuvrer pour que les espaces de libre évolution et les animaux qui en dépendent, retrouvent leur juste place.
 
Crédit photo : Pixeltoo
Ces animaux morts pour la France que nous ne devons pas oublier

Ces animaux morts pour la France que nous ne devons pas oublier

 Le 11 novembre approche, c'est le moment de repenser à nos combattants, bien sûr, mais aussi à nos animaux, morts pour notre liberté.
Ils sont les oubliés de nos guerres et pourtant ils ont joué un rôle majeur

Les chevaux de guerre

Durant la Première Guerre mondiale, ils ont servi pour le déplacement des soldats et le transport d'objets lourds comme les canons. Au total, environ 14 millions de chevaux ont été mobilisés durant cette guerre et près de 11,5 millions auraient péri, succombant à la famine, à l'épuisement et aux blessures. Leur utilité était telle qu'on construisait des hôpitaux pour chevaux à la va-vite, et de nombreux vétérinaires étaient mobilisés. Lors de la Seconde Guerre mondiale, leur rôle fut réduit à celui de soutien logistique.

Les chiens (combat, garde, pistage)

Les chiens, alliés de l'homme, étaient utilisés pour monter la garde, pister des substances explosives, déplacer des objets, tirer les blessés hors du champ de bataille, et apporter du réconfort aux soldats. Les Français ont utilisé près de 12 000 chiens durant la Première Guerre mondiale, dont Stubby, le chien le plus décoré de la Première Guerre mondiale, ayant même été élevé au rang de sergent après avoir capturé un espion allemand.

Les ânes de bât

Les ânes ont également été mobilisés durant la Première Guerre mondiale (environ 12 500 déployés). Ils étaient très utiles pour déplacer des objets, que ce soit des denrées alimentaires ou de l’armurerie. L’histoire la plus connue est celle de l’Australien Simpson et de son âne qui, face au manque de civières, auraient sauvé près de 300 hommes en les transportant vers l’infirmerie.

Les pigeons messagers

Les pigeons ont aussi sauvé de nombreuses vies. Ils étaient principalement utilisés comme messagers. Certains étaient même équipés d’appareils photo pour espionner les bases ennemies. La France aurait utilisé 60 000 pigeons durant la Première Guerre mondiale, dont beaucoup sont morts sous les tirs ou gazés. L'exemple le plus célèbre est Cher Ami, un pigeon qui a sauvé la vie de près de 200 personnes en 1918. Alors qu'il transmettait un message crucial après que 500 Américains aient été pris au piège, il fut blessé à l’œil et à la patte, mais réussit tout de même à parcourir 40 kilomètres pour achever sa mission. Cher Ami fut médaillé et est exposé aujourd'hui au Musée National d’Histoire Américaine.

En conclusion, nous devons une grande gratitude à ces animaux de guerre, qui sont parfois injustement passés sous silence.

 

Sources :

BARATAY, Eric. Les animaux en guerre. In : Les animaux dans la Grande Guerre. 2018.

BRUNEAU, Roland. Les équidés dans la Grande Guerre. Bull. soc. fr. hist. méd. sci. vét, 2005, vol. 4, no 1.

https://www.lesanimauxdumonde.fr/

https://www.robindesbois.org/les-animaux-et-la-premiere-guerre-mondiale/

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-marche-des-sciences/des-animaux-morts-pour-la-france-histoire-des-betes-de-tranchees-2911371

https://www.francebleu.fr/infos/societe/une-plaque-commemorative-a-paris-pour-les-animaux-morts-durant-la-premiere-guerre-mondiale-1527181099

 

 

Ode aux animaux morts pour la France

Ode aux animaux morts pour la France

A vous tous, désormais inscrits sur les monuments aux morts de nos communes.
A toi Henri, Philippe, Alain, Jean Pierre, Maurice, Léon et tous les autres, nous ne cesserons jamais de vous rendre hommage, à chacun de vous, morts pour la France. Morts pour avoir défendu votre pays, notre pays, morts pour nous permettre de vivre aujourd'hui, dans la paix.
Nous ne cesserons jamais de vous remercier pour votre sacrifice.

Nous ne vous oublierons jamais.

N'oublions pas non plus nos fidèles compagnons qui sont, eux aussi, morts pour la France, morts pour nous, morts pour notre paix.

A toi mon fidèle Poppy, un bâtard aux yeux clairs aux moustaches grisonnantes qui s'étiraient de chaque côté de ta truffe noire. Jamais aucun autre chien ne m'a regardé avec autant d'amour, dans n'importe quelle circonstance. Tu étais près de moi lorsque la pluie tombait, lorsque les obus pleuvaient et que les mitrailleuses crachaient. Ta famille t'avait amené au bureau militaire par un beau matin de printemps, pour « l'effort de guerre » disaient ils... Tu les as regardé partir, sans se retourner, avant de devenir un combattant téméraire, à nos côtés dans l'enfer de la guerre. Tu as été exemplaire pendant les longues journées de dressages pour faire de toi un chien de combat. Adieu les longues soirées d'hiver au coin du feu, désormais, tu partageais notre quotidien dans la boue et le sang, sans râler ni te plaindre, toujours présent auprès de nous pour nous réconforter et nous soutenir. Un seul regard et tu nous redonnais l'espoir. Une fois, tu avais retrouvé ce pauvre Albert, enseveli sous la boue après un bombardement. Encore un peu et on ne l'aurait jamais retrouvé vivant.
Par un matin d'été, tu es parti porter un message de l'autre côté de la tranchée et tu n'es jamais revenu. Lorsque les bombes et les mitrailleuses se sont tues, nous t'avons ramené au camp et enterré dignement, aux côtés de tes compagnons d'armes.
Tu reposes désormais auprès des 100.000 autres chiens morts pour la France.

A toi mon fier Sultan, un percheron fort et robuste aux couleurs claires.
Tu es arrivé un froid matin d'hiver, réquisitionné dans une ferme où tu travaillais pour une famille de paysans. Habitué à travailler la terre et tirer de lourdes charges, nous t'avons mis d'office à tirer les lourds canons jusqu'au front, dans la boue et le froid. Au milieu des mules, des ânes et des chevaux de courses, tu étais le plus dur à la tâche, le plus solide et le plus endurant. Ton courage et ta témérité n'ont pas réussi à te libérer de cet enfer. Les charges étaient lourdes, le chemin long et douloureux. Tu es mort d'épuisement 15 jours avant la fin de la Guerre, près de Verdun.
Tu reposes désormais auprès des 700.000 autres chevaux, ânes et mules morts pour la France.

A toi ma belle Sibylle, une jeune pigeon voyageur gris clair avec deux tâches blanches sous tes grands yeux ronds. Je t'ai vu naître, grandir et t'ai dressé dans le but de porter des messages. Au début, c'était un jeu avec mes cousins dans le village voisin. Nos correspondances étaient futiles et sans importances, juste pour entraîner nos fiers volatiles pour le concours du meilleur pigeon du département. Mais la guerre est arrivée. Les messages que tu transportais désormais avaient une grande valeur. A chaque vol tu risquais ta vie. Mais malgré les attaques incessantes, les messages arrivaient et repartaient sans embûches, jusqu'au jour où une balle ennemie t'a empêché de remplir ta mission.
Tu reposes désormais auprès des 200.000 autres pigeons morts pour la France.

A vous tous nos frères d'armes, qui avez partagé notre sort dans ces deux conflits, nous vous remercions pour votre sacrifice et vous rendons hommages, fiers soldats de la France.

Merci à Anne Couturier pour son sublime texte.

4 octobre : Journée mondiale des animaux et Saint François d’Assise

4 octobre : Journée mondiale des animaux et Saint François d’Assise

C'est aujourd'hui le 4 octobre, Journée mondiale des animaux. Une journée  dont l'initiative date du Congrès international pour la protection des animaux à Vienne en 1929. Faune sauvage ou domestique, tous les animaux sont concernés et ce jour leur est tout spécialement dédié.

Les défenseurs des animaux du monde entier célèbrent la Journée mondiale des animaux le 4 octobre, jour de la Saint-François-d'Assise, qu'on appelait aussi au siècle du romantisme "le Saint aux oiseaux". Renommé depuis toujours pour son amour extraordinaire des animaux, oiseaux, poissons, fourmis, abeilles, lapins, agneaux, loups, François d'Assise voyait ces êtres vivants comme des créations de Dieu et les plaçait au même rang que l’homme. Il se plaisait d’ailleurs à les appeler “frères” et ”sœurs”.Pour lui, tous les animaux étaient dignes de protection. Ce n'est donc pas un hasard s'il est généralement considéré comme le premier défenseur des animaux.

Aujourd'hui, le monde entier se mobilise en leur faveur des animaux. Et vous ? Quelle action allez-vous réaliser aujourd'hui pour mieux les défendre ?

Animal Cross a choisi en ce jour de relayer la publication d'un artiste.

Vous aimez cette image ? Commandez-là ! Nous l'éditions en carte postale.

 

La grande illusion de la corrida

La grande illusion de la corrida

Actualité du 24/11/2022 :

Abolition de la corrida : ce ne sera pas pour cette fois !
Le député Aymeric Caron et le groupe LFI ont décidé de retirer la proposition de loi. 766 amendements ont été déposés dans le but d'entraver le vote du texte qui devait impérativement avoir lieu avant minuit car il s'agit d'une niche parlementaire. Aymeric Caron a dit qu'il reviendrait avec un texte transpartisan.

Le combat est difficile, mais il ne faut rien lâcher. L'opposition est immense mais la détermination des défenseurs des animaux n'a pas de limite.

Nous n’allons pas parler ici des pratiques des banderilles mais bien d’un autre acte qui se passe sous les yeux de tous et dont personne n’ose jamais parler.

Nous entendons souvent des spectateurs dirent : «  quel courage que cet homme entrant seul dans l’arène face à cet animal si puissant et dangereux ! »

Oui, le taureau est puissant, environ ½ tonne de muscles pour 1m37 au garrot. C’est dire la beauté et la puissance d’un tel animal. Nous sommes donc en droit de penser qu’il faut effectivement du courage pour lui faire face. Et pourtant. Regardez bien une corrida, pas juste en tant que spectateur, regardez réellement ce qu’il se passe entre l’homme et le taureau. Rien ne vous surprend ? Observez…

N’êtes vous pas surpris de voir un taureau au coude à coude avec le toréador, la tête et les cornes juste à côte de la cuisse de l’homme sans que rien ne se passe ? Pourquoi le taureau n’encorne t-il pas son adversaire ? Plus d’une fois, nous assistons à une scène où le taureau pourrait tuer le toréador et ne le fait pas. Bien sûr, il arrive qu’il encorne son adversaire mais c’est assez rare comparé au nombre de fois où les taureaux ont en eu la possibilité. Alors qu’en est-il réellement ? L’homme représente-t-il un adversaire implacable qu’il faut tuer ? Et bien non, car si tel était le cas aucun homme ne sortirait vivant d’un tel face à face. Il s’agit bien d’un jeu pour le taureau habitué à ces jeux violents avec ses congénères. Un jeu où l’on se blesse mutuellement oui, mais un jeu où la mort n’est pas invitée. Du moins c’est cette réalité là pour le taureau. Et, l’homme dans sa grande miséricorde, dans son grand respect du jeu et de cet être qui lui a permis de briller et de montrer sa valeur, trahit son adversaire...

L’illusion de la corrida ? Faire croire au taureau qu’il s’agit d’un jeu alors qu’il s’agit d’une mise à mort. L’illusion de la corrida ? Voler la splendeur d’un animal au bénéfice d’un homme cruel.

Les animaux sauvages protégés ont-ils encore le droit de vivre librement en France ?

Les animaux sauvages protégés ont-ils encore le droit de vivre librement en France ?

Les espèces protégées sont aujourd'hui attaquées de toutes parts. Arrêtés ministériels ou préfectoraux viennent régulièrement à l'encontre de leur protection avec de multiples prétextes qui ont pourtant tous un point commun : l'intérêt humain.

Le bouquetin est une espèce protégée. Pourtant, un arrêté du préfet de Haute-Savoie daté de mars 2022 ordonnait de les tuer tous de façon indéterminée sous prétexte de brucellose. Le jugement du tribunal administratif vient de tomber et, ouf de soulagement, les associations ont obtenu raison et l'arrêté du Préfet de Haute-Savoie a été suspendu pour 2022, en attendant le jugement sur le fond.

L'ours est une espèce protégée. Pourtant, un arrêté ministériel de 2020 autorisait une nouvelle fois leur effarouchement renforcé. Heureusement, le Conseil d’Etat vient de le censurer.

Le loup est une espèce protégée. Pourtant, le gouvernement français est rentré dans une logique claire de régulation de la population de loups, voire de son extermination au niveau local, en toute illégalité avec les lois européennes.

Le choucas des tours est une espèce protégée. Début mai, le tribunal administratif de Rennes a rejeté les arrêtés préfectoraux qui autorisaient l’abattage de milliers de choucas des tours en Bretagne...

En France, les espèces sont protégées par des arrêtés ministériels. Mais les dispositions de protection doivent être articulées avec celles qui prévoient la possibilité pour les autorités administratives d’accorder des dérogations à ces interdictions, qui sont principalement d'ordre humain.

Nous y sommes. En France, il y a des lois, mais il y a aussi des exceptions, qui permettent... à peu près tout.

 

Quelle protection des espèces voulons-nous ?

En France et dans de nombreux pays occidentaux, les intérêts de l'espèce humaine priment et dominent sur les intérêts de toutes les autres espèces.

Chez Animal Cross, nous pensons que

« Tous les êtres vivants,
Domaines de la nature,
Minéral, humain, végétal et animal,
Naissent et demeurent,
Libres et égaux,
En devoirs et en droits ».

Pour nous, les animaux, protégés ou non d'ailleurs, sont avant tout des êtres vivants (voir notre article complet ici). La protection leur est due en fonction de la vie qui les habite et qu’il convient de respecter. Nous respectons donc à égalité une vie humaine et une vie animale. L’égalité ne signifie pas que tous les êtres sont similaires, mais qu’ils méritent une égale considération morale. L’égalité signifie que toute vie a une valeur égale.

Cette conception n'est pas nouvelle. Elle est très profonde dans le bouddhisme, le jaïnisme, et certaines traditions hindoues. « Au cours des siècles, les religions traditionnelles indiennes ont développé des principes fondés sur la vie sous toutes ses formes. Les interrogations sur celles-ci n’étaient pas limitées aux humains mais incluaient aussi les animaux. (…) Ahimsa, l’un des principes fondamentaux de l’hindouisme, prône la non-violence et le respect de toute vie »[1]. En Inde, cette conception est à l’origine de la possibilité pour les régions indiennes d’interdire l’abattage des vaches et également du devoir de compassion envers les animaux (constitution de 1950)[2], même si la réalité vécue par les animaux semble beaucoup moins rose. Cette conception protège la vie animale comme les autres vies.

La figure qui la première incarne cette conception en Occident est St François d’Assise.  Au XIIIème siècle, il s’émerveille du feu, de l’eau, du vent. Il prêche aux animaux, qui sont donc jugés dignes de le comprendre et de louer Dieu. En traversant les siècles, citons Gandhi, et Albert Schweizer, disciple de Gandhi, qui écrit « Je suis vie qui veux vivre entourée de vie qui veux vivre ».

Voir notre article complet sur ce sujet 

 

 

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