Agissez pour la protection du loup !

Agissez pour la protection du loup !

L'heure est grave pour le loup dans toute l'Europe !
La Commission européenne a soumis à la Convention de Berne une demande d'abaissement du statut de protection des loups (demande datée du 17.09.2024). Cette décision pourrait avoir des effets dévastateurs sur la conservation des espèces dans toute l'Europe (voir notre article du 23 septembre 2024).

Cette décision sera délibérée et prise entre le 4 et le 6 décembre 2024.

 

Ne laissons pas passer une telle décision. Agissons !

Adressez par email une plainte auprès de la Convention de Berne pour vous opposer à l'abaissement du statut de protection des loups en France.

Comment faire ?

  • Remplissez le formulaire de plainte ci-joint que nous avons pré-rempli pour vous, avec vos données personnelles. Adaptez-le si vous le jugez nécessaire.
  • Adressez-le à la Convention de Berne  par mail à l'adresse suivante : be*************@*oe.int. Chaque voix compte pour envoyer un signal fort en faveur de la protection des espèces.
  • Objet du message : plainte contre la Commission européenne au sujet du projet de déclassement du statut de protection des loups en France
  • Exemple de corps de message : Bonjour, je suis opposé au projet en cours de déclassement du statut de protection des loups, et vous adresse en tant que citoyen(ne) français le formulaire joint de plainte auprès du secrétariat de la Convention de Berne, selon la procédure prévue par la convention. Vous en souhaitant bonne réception, avec mes meilleures salutations. Signature.
  • après avoir choisi "Télécharger le Word", choisir dans Word "télécharger le fichier"
  • dans la fenêtre "téléchargements", choisir "ouvrir un fichier"
  • remplir l'encart sur vos données personnelles
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Consultation publique : Vers l’interdiction de la chasse sur le lit de la rivière Drôme dans la Réserve des Ramières (26)

Consultation publique : Vers l’interdiction de la chasse sur le lit de la rivière Drôme dans la Réserve des Ramières (26)

IMPORTANT

PARTICIPEZ ET RELAYEZ RAPIDEMENT AUPRÈS DE VOS FAMILLES, VOS AMIS, VOS RÉSEAUX

Cette démarche vous prendra moins de 10 minutes...

!!!!!COCHEZ OUI!!!!!!

 

Le projet d'arrêté interdisant la chasse sur le lit de la Rivière Drôme (Domaine public fluvial – DPF) situé dans la Réserve naturelle nationale des Ramières du Val de Drôme est soumis à la consultation du public jusqu'au 21 octobre 2024 sur le site de la Préfecture en cliquant sur le lien suivant :

https://www.drome.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Environnement-eau-risques-naturels-et-technologiques/Consultations-du-public-aux-decisions-environnementales/Reserve-de-chasse-des-Ramieres

 Alors que nous sommes au cœur d'une Réserve naturelle nationale (Réserve des Ramières du Val de Drôme - RNN des Ramières) classée Zone de protection spéciale (ZPS) pour la protection des oiseaux ; alors que les populations d'oiseaux s'effondrent dans tous les pays d'Europe, les chasseurs drômois demandent le maintien de la chasse aux oiseaux dans le lit de la Rivière Drôme (Domaine Public Fluvial – DPF) situé dans le périmètre de la Réserve des Ramières et s'opposent au projet d'arrêté préfectoral interdisant la chasse sur cette zone.

 Pour les détails de ce projet d'arrêté préfectoral interdisant la chasse (création d'une Réserve de chasse sur le Domaine public fluvial de la RNN des Ramières), CLIQUEZ ICI

 Il est très important qu'un maximum de citoyens non-chasseurs participent à cette consultation du public. Les chasseurs vont se manifester en masse pour demander le maintien de la chasse aux oiseaux dans le lit de la Rivière Drôme (DPF) situé au cœur de la RNN des Ramières.

=> Vous le verrez, le questionnaire de la Consultation comprend plusieurs questions simples et (évidemment) vous devez cocher « oui » au projet d'arrêté car paradoxalement c'est une réserve de chasse qui peut offrir la meilleure protection aux oiseaux de cette RNN.

=> Ensuite, il faut une ou deux phrases simples qui expliquent pourquoi (« commentaires »).

Voici quelques arguments que vous pouvez adapter, vous pouvez vous en inspirer, sans recopier intégralement le texte, sinon votre avis ne serait pas pris en compte.

- Ce projet d'arrêté est conforme aux objectifs d'une Réserve naturelle nationale comme celle des Ramières chargée de protéger spécifiquement les oiseaux.

- Ce projet d'arrêté est conforme aux objectifs d'une Zone de protection spéciale (ZPS Natura 2000) pour les oiseaux, comme la ZPS des Ramières.

- Les effectifs d'oiseaux s'effondrent sur l'ensemble du territoire européen et le projet d'interdiction de la chasse sur le DPF de la Réserve des Ramières devient une nécessité. 

- Je me promène régulièrement dans la Réserve des Ramières du val de Drôme et le fait que la chasse n'y soit pas interdite est absurde et me choque profondément.

 NB : l'argument très général qui consiste à dire que vous « êtes simplement contre la chasse » risque (malheureusement) de rendre votre participation nulle... Pour que votre participation soit prise en compte, vous devez donner un argument qui fait référence à la situation locale (ZPS, Réserve naturelle, protection des oiseaux qui fréquentent la Réserve des Ramières...).  

Merci à vous, toutes et tous  

 POUR ALLER PLUS LOIN CONCERNANT l'ARGUMENTAIRE QUI JUSTIFIE L'ARRÊT DE LA CHASSE SUR LE DPF DE LA RÉSERVE DES RAMIÈRES DU VAL DE DRÔME 

 

Un premier bilan Ours prometteur pour 2024

Un premier bilan Ours prometteur pour 2024

Animal Cross se réjouit de la présence croissante de l'ours dans les Pyrénées, comme le révèle le rapport de juillet-août 2024 du réseau Ours brun. D’après l’analyse des derniers indices de présence, 15 oursons ont été détectés cette année, répartis sur 10 portées, ce qui laisse présager une augmentation de la population d'ours brun dans nos montagnes.

Bien que l’analyse complète des constats de dégâts ne soit pas encore finalisée, il apparaît que le nombre d’animaux prédatés, pour lesquels l’ours pourrait être responsable (sans que cela soit systématique), est en baisse*. Si cette tendance se confirme d’ici la fin de l’année 2024, cela démontrerait que le nombre de prédations n’est pas proportionnel à celui des ours, mais plutôt lié aux efforts humains et matériels déployés pour la protection des troupeaux dans les montagnes pyrénéennes.

(*) https://www.ladepeche.fr/2024/09/25/ours-dans-les-pyrenees-les-chiffres-montrent-une-baisse-des-
attaques-12220155.php

Quelques vidéos d’ours des Pyrénées en avril et aout 2024 :

 

Les observations dans le détail réalisées en juillet-aout

- Entre juillet et août 2024, 520 indices de présence d'ours ont été collectés dans les Pyrénées françaises, de la commune de Lées-Athas (64) à l'ouest jusqu'aà Siguer (09) à l'est.
- Des caméras automatiques ont capturé des images d'un ours non identifié à Luchon (31), territoire fréquenté par les mâles Cannellito et Néré.
- Des ours subadultes continuent de coloniser l'est des Pyrénées, confirmant l'expansion de l'espèce.
- La présence de jeunes ours est confirmée dans les massifs de Gar-Cagire et Paloumère (Haute-Garonne).
- Au moins 10 portées d'oursons, totalisant 15 individus, ont été identifiées en 2024 sur le versant français des Pyrénées.

Rappel (si nécessaire)

Protéger l'ours, c'est protéger la biodiversité.

Nos actions:

  • Sensibilisation du grand public à l'importance de la protection de l'ours et de son habitat.
  • Collaboration avec les acteurs locaux (agriculteurs, éleveurs, élus) pour prévenir les conflits et trouver des solutions.
  • Soutien aux programmes de recherche sur l'ours et son comportement.

Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à protéger l'ours des Pyrénées. Ensemble, agissons pour que nos montagnes restent un refuge pour cet animal emblématique.

Affaiblissement du statut des loups : une décision scandaleuse

Affaiblissement du statut des loups : une décision scandaleuse

Le 25 septembre dernier, le Conseil de l’Union Européenne a validé une proposition visant à réduire le statut de protection du loup passant de « strictement protégé » (annexe 4 de la Directive Habitats) à seulement « protégé » (annexe 2 de la Directive Habitats). Cette décision n’a rien de scientifique, mais est purement politique. En ignorant l’appel de plus de 300 organisations et de centaines de milliers de citoyens, les États membres ont choisi de céder face à la pression de certains lobbies au détriment de la biodiversité et de notre sécurité.

Le statut actuel du loup :

Le loup est actuellement classé espèce strictement protégée selon la Directive Habitats de 1992 qui reprend les dispositions de Berne de 1979. Concrètement les destructions du loup ne sont possibles que dans des conditions strictes : les possibilités de dérogations doivent être justifiées par l'absence d'alternatives satisfaisantes, ne pas nuire à la survie de l'espèce et répondre à l'un des 5 objectifs mentionnés (protection de la faune et de la flore sauvages et conservation des habitats naturels, prévention des dommages importants aux cultures, à l'élevage..., santé et sécurité publiques, recherche et éducation, détention d'un nombre limité de certains spécimens desdites espèces)

Les conséquences pour la protection du loup :

La protection des loups serait probablement focalisée sur ses habitats via la création de zones spéciales de conservation (ZSC) au sein du réseau Natura 2000. Des ZSC pourraient être créées dans les régions où le loup est présent (Alpes, Cévennes etc) pour protéger ses habitats critiques (zones de reproduction et d'alimentation). Dans ces zones, les conditions de dérogations prévues par la Directive Habitats et le Code de l’environnement continueraient de s'appliquer. Mais en dehors de ces zones, les possibilités de destruction seraient assouplies. Les tirs de loups ne seraient probablement plus limités aux cas d'attaques de troupeaux protégés, qui connaissent déjà des exceptions puisque des tirs sont décrétés sans préalable de prédation.

Les étapes à venir :

La décision du Conseil de l’UE sera soumise au vote lors du Comité permanent de la Convention de Berne en décembre 2024. Si deux tiers des États contractants votent en faveur du déclassement, l’UE et les États membres pourront appliquer ce changement. La France suivra, bien entendu, et ajustera sa législation. Mais il reste une lueur d’espoir : la Suisse, à plusieurs reprises, a vu ses demandes similaires refusées en 2006, 2012 et 2022. Nous espérons que ce même scénario se répètera cette fois encore.

Un coup dur pour l’espèce, la biodiversité et notre sécurité :

Les conséquences d’une telle décision seront désastreuses :

  • Une catastrophe pour l’espèce : faciliter les tirs de loup, c’est ouvrir la voie à une véritable régulation de l’espèce (toujours dans un état de conservation défavorable selon UICN) et mettre en péril la population de loup, qui a déjà commencé à décliner sur notre territoire.  
  • Un équilibre écologique en péril : Le loup est un régulateur naturel indispensable. Sa présence maintient sous contrôle les populations de cerfs et de sangliers, évitant la prolifération d’ongulés qui sont source de dommages aux forêts et aux cultures En affaiblissant le loup, c’est toute la biodiversité qui vacille.

Pourquoi devons-nous réagir immédiatement ?

L’affaiblissement du statut de protection du loup serait une erreur historique, un retour en arrière injustifiable. Il ne s'agirait pas simplement d'une question de faune sauvage, mais d'une menace directe pour la biodiversité, l'équilibre écologique et la sécurité de nos campagnes. L'Europe a investi des moyens considérables pour encourager la coexistence entre les loups et les éleveurs, avec des solutions non létales et des méthodes de protection efficaces. Les ignorer maintenant serait trahir ces progrès et anéantir des décennies de conservation, d’autant plus que l’effet des tirs sur le niveau de déprédation n’a jamais été démontré.

Nous devons agir avant qu'il ne soit trop tard. Les conséquences ne se limiteront pas au loup : si ce déclassement passe, cela créera un dangereux précédent pour d'autres espèces protégées. Animal Cross est active sur ce dossier depuis 15 ans par sa présence engagée en Comité départemental loup.

Restons unis et déterminés. Ensemble, nous avons le pouvoir de stopper cette machine destructrice et de protéger notre précieuse faune sauvage.

 

Protection stricte du loup : 300 ONG européennes co-signent une déclaration commune

Protection stricte du loup : 300 ONG européennes co-signent une déclaration commune

À l’heure du débat, au sein de l’Union européenne, sur la proposition de rabaisser le niveau de protection des loups, plus de 300 organisations européennes, dont Animal Cross, manifestent leur opposition à ce projet rétrograde, dans une déclaration commune publiée le 19 septembre à l’initiative du Bureau européen de l’environnement (BEE).

L’UE doit maintenir la protection stricte des loups et renforcer les efforts de coexistence : ne réduisez les progrès faits en matière de conservation !

Les organisations de la société civile et de protection des animaux soussignées appellent les États membres de l’UE à rejeter la proposition de la Commission européenne visant à affaiblir le statut de protection des loups dans le cadre de la Convention de Berne. Nous vous demandons instamment d’intensifier les efforts pour parvenir à la coexistence avec les grands carnivores, tels que les loups et les ours.

Le loup est une espèce strictement protégée et doit le rester selon les preuves scientifiques. Autrefois presque disparus en raison des persécutions, de la chasse et de la destruction de leur habitat, les loups ont fait un retour remarquable dans les paysages européens, grâce à la protection juridique accordée par le droit international et européen, ainsi qu’aux efforts des autorités environnementales compétentes, des agriculteurs, des scientifiques, des ONG et des communautés locales. Cependant, leurs populations sont encore loin d’être dans un état de conservation bon et viable (1). La dernière évaluation de l’UICN montre que six des neuf populations transfrontalières de loups de l’UE sont vulnérables ou quasi menacées. Abaisser leur niveau de protection aujourd’hui exposerait l’espèce à un risque accru et compromettrait l’obligation légale de l’Union européenne de parvenir à des populations de loups viables et stables.

À l’heure actuelle, aucune base scientifique ne permet de justifier une modification de la législation existante à l’échelle de l’UE. Le rétablissement du loup est toujours en cours et les principaux objectifs de la convention de Berne et de la directive « Habitats » (à savoir assurer la restauration et la conservation des espèces menacées) n’ont pas encore été atteints. En outre, et comme le confirme l’analyse approfondie de la Commission, il n’existe aucune preuve scientifique que l’abattage réduise effectivement la déprédation des animaux d’élevage. L’objectif de la proposition de la Commission est de réduire la déprédation causée par les loups, mais il n’existe aucune preuve scientifique de l’efficacité de l’abattage pour y parvenir. En fait, il pourrait même être contre-productif et augmenter les attaques sur les animaux d’élevage car il risque de perturber la structure sociale des loups.

La proposition de la Commission intervient à un moment où des efforts sont déployés pour assurer la coexistence entre les communautés locales et les populations de loups. Au cours des dix dernières années, l’Union européenne et ses États membres ont consacré beaucoup de temps et de ressources à l’amélioration de la coexistence. Cette démarche est facilitée par plusieurs plateformes européennes et régionales, ainsi que par des projets réussis financés par LIFE, qui présentent des solutions mutuellement bénéfiques à court et à long terme. La proposition visant à réduire la protection des loups compromet tous ces efforts et investissements. Elle s’éloignerait de l’objectif de l’UE de parvenir à une coexistence harmonieuse entre l’homme et les grands carnivores.

Nous sommes conscients des défis que pose le retour du loup dans certaines régions de l’UE et de l’impact qu’il peut avoir sur les agriculteurs et les propriétaires d’animaux. Il est donc essentiel de redoubler d’efforts pour rendre les mesures de prévention existantes (telles que les clôtures, les chiens de garde et le renforcement de la présence humaine) plus accessibles aux propriétaires d’animaux et de les aider en leur fournissant les outils de prévention appropriés. Les efforts doivent être maintenus pour adapter les solutions existantes à leurs besoins. S’éloigner d’une approche de coexistence pour abaisser le niveau de protection du loup reviendrait à ignorer tous les éleveurs qui ont investi et protègent avec succès leurs troupeaux contre les loups depuis des années.

Il est essentiel de reconnaître que la sauvegarde des loups en Europe va au-delà de la protection d’une seule espèce ; elle implique la préservation de la biodiversité et la promotion d’une cohabitation équilibrée avec la nature. Les loups jouent un rôle essentiel dans la stabilité des écosystèmes. Leur retour dans des régions où ils avaient été éradiqués constitue une avancée significative en matière de conservation. Dans le contexte actuel de crise mondiale de la biodiversité, nous ne pouvons pas risquer de compromettre ces progrès.

Des enquêtes récentes indiquent que le public des États membres est très favorable au maintien de mesures de protection strictes et à la promotion de la coexistence avec les loups, même au sein des communautés rurales les plus touchées par la présence des grands carnivores. Les loups font partie intégrante de notre patrimoine et de nos paysages européens communs.

Plutôt que de réduire la protection des loups, l’Union européenne devrait au contraire :

  • Maintenir et renforcer les efforts visant à promouvoir la coexistence entre les loups et les communautés locales, en mettant l’accent sur les mesures de prévention visant à réduire les déprédations sur les animaux d’élevage et en améliorant les systèmes d’indemnisation. De nombreux États membres devraient mieux utiliser les informations existantes sur les mesures de coexistence, les exemples de bonnes pratiques et les possibilités de financement de l’UE.
  • Veiller à l’application correcte de la protection juridique offerte par la directive « Habitats » dans tous les États membres et mettre fin à la chasse illégale aux loups. Les États membres doivent dissuader les crimes contre l’environnement et non les légaliser, comme l’a confirmé la Cour de justice de l’Union européenne dans une affaire récente (2).
  • Soutenir les initiatives visant à sensibiliser les citoyens et à leur fournir des informations précises et scientifiquement fondées sur les loups, notamment sur les avantages écosystémiques et socio-économiques apportés par les grands carnivores et sur le comportement à adopter en cas de rencontre. Les citoyens de l’UE ont le droit d’être bien informés.
  • Respecter le processus scientifique en bonne et due forme inscrit dans la législation européenne relative à la conservation de la nature. Conformément à l’article 17 de la directive « Habitats », les États membres présenteront leur évaluation de l’état de conservation en 2025. Toute discussion sur le statut de protection doit se fonder sur ces rapports et non sur des pressions politiques.

L’abaissement des protections juridiques pour le loup n’entraverait pas seulement les efforts de conservation, mais irait également à l’encontre du fort soutien du public et des preuves scientifiques en faveur de la conservation du loup en Europe. En outre, la proposition de la Commission européenne, motivée par des considérations politiques, risque fort de créer un précédent pour d’autres espèces et d’ouvrir la voie à d’autres modifications des lois européennes sur la nature. Cela entraînerait une incertitude juridique et ferait reculer des années d’efforts de conservation efficaces sur l’ensemble du continent. Une telle décision ternirait gravement la réputation de l’UE en tant que leader dans le domaine de la protection de l’environnement.

  1. Les populations de loups de l’UE sont dans un état de conservation défavorable ou inadéquat dans six des sept régions biogéographiques, selon les évaluations les plus récentes réalisées en vertu de l’article 17 de la directive « Habitats ».  
  1. Arrêt du 11 juillet 2024, WWF Österreich et autres, affaire C-601/22, ECLI:EU:C:2024:595. 
Effarouchements des ours : il reste encore un long chemin vers la légalité

Effarouchements des ours : il reste encore un long chemin vers la légalité

Communiqué de presse – 12 septembre 2024

Le Conseil d’Etat vient d’approuver l’arrêté ministériel de 2023, encadrant les effarouchements des ours. Dans le même temps les arrêtés d’effarouchements préfectoraux 2022 de l’Ariège que nous avons contestés, 7 au total, ont tous été annulés par le Tribunal administratif de Toulouse lors du jugement du 16/07/2024.

Nous prenons acte des jugements du Conseil d’Etat, qui a approuvé le 9/09/2024 l’arrêté ministériel d’effarouchement 2023, ainsi que celui de 2022 le 18/04/2024, et que nous avons tous deux contestés.

Nos actions sur les arrêtés ministériels précédents ont permis de recadrer en partie le dispositif, en obtenant notamment le retrait définitif des tirs à balles plastiques, pouvant causer des dommages sur cette espèce protégée.

Cependant, ces arrêtés ministériels 2022 et 2023, bien qu’approuvés par le Conseil d’Etat, et censés encadrer les arrêtés préfectoraux d’effarouchements « de terrain », sont encore loin de remplir leur rôle de façon satisfaisante étant donné l’annulation de l’ensemble des arrêtés d’effarouchement renforcés 2022 de l’Ariège.

En résumé, le Conseil d’état n’annule pas l’arrêté ministériel permettant les effarouchements mais son application est de fait annulée par des juridictions locales.

Nous œuvrons auprès des tribunaux administratifs afin que des moyens de protection complets et les gardes nocturnes des bergers d’appui soient enfin un préalable avant toute opération d’effarouchement renforcé, et pour que ces derniers utilisent des moyens potentiellement moins dommageables.

Rappelons que la population d’ours des Pyrénées est la seconde plus petite par la taille en Europe, classée « en danger critique », ou encore en état de conservation « défavorable inadéquat », soit les critères les plus bas dans l’échelle de la conservation des espèces.

Sa croissance régulière ne doit pas faire oublier sa consanguinité préoccupante. Afin de diminuer cette dernière, nous demandons depuis de nombreuses années l’introduction de nouveaux individus, a minima pour remplacer les ours morts de causes humaines comme s’y était engagé l’Etat, sans action de celui-ci.

Les gardes nocturnes des bergers d’appui, parfaitement légales, donnent des résultats tout à fait comparables aux effarouchements renforcés en termes de prévention des prédations, pour un coût bien moindre, et avec un personnel spécialisé dans la conduite et la protection des troupeaux.

L’Office Français de la Biodiversité, pratiquant actuellement ces effarouchements renforcés, dispose de moyens limités : l’Etat serait donc plus avisé de recentrer ce personnel vers son cœur de métier, la protection des espèces et la police de l’environnement, plutôt que de le disperser inutilement dans une illusoire protection des troupeaux bardée d’un arsenal pyrotechnique tout aussi coûteux que potentiellement dommageable.

Les associations signataires :
Animal cross, Comité Ecologique Ariégeois (CEA), FERUS, Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE) Hautes-Pyrénées, Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – ADET, Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM).

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