Corneilles, geais des chênes… Ces « ESOD » sensibles, utiles et intelligentes !

Corneilles, geais des chênes… Ces « ESOD » sensibles, utiles et intelligentes !

Chasse, collisions routières, destruction des habitats naturels… Les animaux sauvages doivent lutter au quotidien pour leur survie dans un monde où la place de l’humain est omniprésente. Même les animaux d’espèces protégées peuvent être tués, en vertu de dérogations dont les régimes ne cessent de s’assouplir. Mais les pires victimes de l’Homme sont les animaux dont l’espèce a été classée « susceptible d’occasionner des dégâts » ! Au total, 9 espèces indigènes peuvent être piégées toute l’année et tirées hors période de chasse…

Pourtant, tous ces animaux sont des êtres vivants, sensibles et indispensables dans la nature ! Certains ont même des capacités cognitives extraordinaires. En cette journée mondiale des intelligences animales, Animal Cross souhaite leur rendre hommage en rappelant toutes ces vertus déjà mises en lumière dans son ouvrage « Article 0 ».

Les corbeaux et corneilles, des auxiliaires de la nature aux compétences incroyables !

Plusieurs études scientifiques ont souligné les capacités cognitives surprenantes des corvidés, parmi lesquelles : la permanence de l’objet (un objet retiré de leur vue continue d’exister), la patience (il leur est loisible de différer une récompense pour en obtenir une autre plus importante), le voyage mental dans le temps (ils peuvent anticiper ou retrouver des événements), le raisonnement (en imaginant des solutions), la reconnaissance dans le miroir, ou encore, l’apprentissage vocal (en provenance de leur propre espèce ou d’autres espèces (Trends in Cognitive Sciences, 2016).

Et comme nombre d’animaux, les corvidés rendent divers services à la nature… et par ricochet à l’humain. En se nourrissant de limaces, d’insectes et de petits mammifères, les corbeaux et corneilles sont d’excellents auxiliaires de l’agriculture. La corneille joue un rôle de nettoyeur grâce à son régime charognard : elle nettoie nos routes et autoroutes de milliers de victimes du trafic routier. Sa présence est également vitale pour une espèce de rapace d’importance patrimoniale : le hibou moyen-duc qui ne construit pas de nid mais utilise les nids abandonnés des corneilles ! Enfin les corvidés dispersent les graines et participent ainsi au repeuplement naturel des espèces végétales.

Le geai des chênes, reboiseur et sentinelle de la forêt

Typiquement forestier, le geai des chênes entretient des relations privilégiées avec le chêne. L’arbre lui fournit de la nourriture, et en retour, l’oiseau assure sa régénération sur plusieurs kilomètres. Capable de transporter jusqu’à neuf glands sur plusieurs kilomètres, il en disperse annuellement 4600.

En outre, à l’approche d’un intrus, son cri strident alerte ses congénères et d’autres animaux des sous-bois et de la forêt. L’écureuil roux et le renard tout particulièrement savent exploiter ces informations… d’où sa réputation de « sentinelle de la forêt » !

La pie bavarde, cruciale pour les écosystèmes

Elle aussi injustement mal-aimée, la pie bavarde jour un rôle sanitaire essentiel. En tant que nécrophage, elle contribue à nettoyer le sol des déchets organiques. Dans les jardins, elle contribue à l’élimination de nombreux insectes et limaces.

Comme les corvidés et les geais des chênes, elle permet aussi le dispersement de graines et participe ainsi au repeuplement naturel des espèces végétales.

Enfin, elle assure la survie des populations de coucous geais : une espèce patrimoniale menacée qui utilise les nids de cette hôtesse !

 L’étourneau sansonnet, auxiliaire des jardins

Malgré sa réputation, l’étourneau sansonnet est fort utile à l’humain, particulièrement dans les jardins où il engloutit un nombre important d’insectes et d’invertébrés durant le printemps !

Pour la petite anecdote, le passereau peut même reproduire les sons d’autres espèces d’oiseaux, voire des sons familiers pour l’Homme, comme une sonnerie de téléphone, un carillon ou un claquement de porte !

Pour toutes ces raisons, Animal Cross souhaite faire sortir ces oiseaux de la liste des ESOD et propose d’utiliser des mesures d’effarouchement non létales en cas de dégâts avérés.

Tirs de loups : Animal Cross interpelle le Préfet de Haute-Savoie !

Tirs de loups : Animal Cross interpelle le Préfet de Haute-Savoie !

Animal Cross a adressé à la Préfecture de Haute-Savoie un courrier pour alerter sur le défaut d’effectivité des mesures mises en place pour la protection des troupeaux contre la prédation du loup. Preuves à l’appui : des images tournées par des randonneurs lors de leurs constats sur le terrain.

Les troupeaux objets de la surveillance appartiennent à des éleveurs qui font régulièrement abattre des loups « en situation d’attaque ». Or, sans surprise, les mesures de protection n’existent que sur le papier ! Malheureusement, l’Etat n’en contrôle pas l’effectivité sur le terrain. Et les vérifications réalisées lors des tirs dérogatoires, quant à elles, sont principalement basées sur les déclarations… des éleveurs !

Une situation absurde et pourtant loin d’être isolée !

Les informations collectées sur le terrain ne font que témoigner d’une situation plus globale qui concerne tous les départements où les troupeaux et les loups coexistent. Comme le rappelle Animal Cross dans sa lettre, « la majorité des attaques se produisent sur des troupeaux qui sont censés, sur le papier, être protégés, mais qui en réalité, sur le terrain, appliquent les mesures de manière tout à fait incorrecte, voire ne les appliquent pas du tout ».

Autoriser des tirs de loups alors que les troupeaux ne sont que trop peu voire pas protégés est non seulement illicite, mais en plus, cela expose les cheptels, plus vulnérables, à de nouvelles attaques…

Raisons pour lesquelles Animal Cross et France Nature Environnement demandent la mise en place de contrôles réels sur le terrain, mais aussi, l’établissement, par les services de l’Etat, d’un historique des attaques ayant entraîné l’abattage d’un ou plusieurs loups, ainsi que la réalisation obligatoire d’un diagnostic de vulnérabilité pour les élevages sur lesquels les attaques se multiplient.

Tir du loup : le préfet des Hautes-Pyrénées rappelé à l’ordre par la justice

Tir du loup : le préfet des Hautes-Pyrénées rappelé à l’ordre par la justice

Communiqué de presse d'Animal Cross, FNE Occitanie Pyrénées, FNE 65, Nature En Occitanie, FERUS, ASPAS 


Le tribunal administratif de Pau annule plusieurs arrêtés préfectoraux autorisant des tirs de défense simple et renforcé durant l'été 2022 contre le loup, dans le massif du Hautacam (65). Explications. 

Le Loup gris : une espèce dont les effectifs ne progressent plus

La dernière estimation du nombre de loups présents en France fait état d'une baisse de la population de 9 %, passant de 1096 loups estimés pour l'année 2022 à 1013 individus (pour 2023) à l'issue de l'hiver 2023-2024 (Communication OFB du 17 décembre 2024). Pourtant, le gouvernement a reconduit automatiquement le plafond annuel de loups dont la destruction est autorisée (192 individus) et plaide toujours pour un déclassement du statut de protection du loup au niveau européen (en cours).

Au plan local, aucune meute n'est présente de façon permanente dans le département des Hautes-Pyrénées, sa présence est un phénomène récent depuis 2018 en effectif très réduit, soit un spécimen dans les Pyrénées-Atlantiques (secteur de Soulor et vallée de l'Ouzom) et un depuis 2022 dans les Hautes-Pyrénées (secteur Hautacam), disparu depuis l'automne 2022.

Le massif du Hautacam s'illustrant par des troupeaux insuffisamment protégés

Plusieurs attaques pour lesquelles la responsabilité du loup n'a pas été écartée ont été recensées entre le 8 et le 30 mai 2022. Dans la précipitation et sous la pression des éleveurs, le préfet a délivré des autorisations de tirs simple, puis renforcé, aux gestionnaires des troupeaux concernés.

Dénonçant l'absence préalable de mise en place des mesures de protection de ces troupeaux avant d'autoriser des tirs, FNE Occitanie Pyrénées, FNE 65, Nature En Occitanie, FERUS, ASPAS et Animal Cross ont contesté ces arrêtés.

Le tribunal rappelle un cadre réglementaire encore trop souvent méconnu par les préfectures.

Dans deux jugements du 11 décembre 2024, la juridiction annule ces derniers en considérant :

"En se bornant à alléguer que le choix de la présence d'éleveurs gardiens a été préféré car il serait impossible de mettre en place efficacement la mobilisation de chiens de protection dans un temps court compte tenu des contraintes liées à l'introduction d'un chien et à la nécessité de la présence humaine, que le matériel pour ce dispositif fait défaut, et enfin, que la spécificité du massif ouvert du Hautacam ne permet pas la présence systématique de chiens de protection eu égard à la fréquentation touristique et à la présence de nombreux troupeaux différents, le préfet ne démontre pas que des mesures de protection effectives et proportionnées auraient été prises pour défendre les troupeaux contre la prédation par le loup préalablement à l'édiction de ces arrêtés, ce d'autant que le dispositif Opeder préconise spécifiquement, la présence de chiens de protection. Le préfet des Hautes-Pyrénées qui fait état, en outre, d'un « risque de dommage important des troupeaux présents sur l'estive (...) suite aux attaques répétées entre le 8 et le 30 mai 2022 » ne produit aucun élément sur ces attaques. A supposer que les pertes subies puissent être qualifiées de dommages importants au troupeau, aucun constat ne permet d'établir que les mesures de protection subventionnées avaient effectivement été mises en œuvre sur les sites concernés au moment où se sont déroulées les attaques du loup."
Tribunal administratif de PAU, 11 déc. 2024, n°2201372 et 2201373

Si des dérogations peuvent permettre des tirs gradués de cette espèce, c'est toujours sous réserve qu'il ait été au préalable recherché des solutions alternatives telles que la mise en place de chiens de protection. Or cela n'a jamais été le cas.

Pour Pascal Sourdin, référent loup de l'association Animal Cross :
"Que le tribunal administratif ait tenu compte de la réalité de non-protection des troupeaux du Hautacam, bien connue des randonneurs, est une bonne nouvelle, qui donne un nouvel éclairage sur les manifestations outrancières de nombre d'agriculteurs en 2022 à Lourdes."

 
NON à ce projet d’arrêté qui conduit à l’exécution facilitée de toujours plus de loups !

NON à ce projet d’arrêté qui conduit à l’exécution facilitée de toujours plus de loups !

Animal Cross invite tout un chacun à dire NON au projet d’arrêté ministériel modifiant l’arrêté du 21 février 2024 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup. La consultation publique est ouverte jusqu'au 17 janvier 2025.

Pour cela, rendez-vous sur le site de la consultation publique et déposez un commentaire défavorable à ce projet d’arrêté en invoquant divers arguments, tels que   :

Sur l'article 5 modifié : 

Sur autorisation du préfet, les lieutenants de louveterie pourraient dorénavant prendre en charge le cadavre d’un loup ou faire la recherche d’un loup blessé. Malheureusement nous avons pu constater des actes illégaux de la part de lieutenants de louveterie, comme par exemple l’un d’entre eux qui en Haute-Savoie a dissimulé un cadavre de loup, découvert dans son garage par l’OFB, ou encore des actes illégaux d’appâtage.
Cette nouvelle disposition ouvrirait inutilement la porte à des modifications de scène de tir, et empêcherait l’OFB d’effectuer un contrôle a posteriori de l’environnement du tir et de ses modalités d'exécution. Elle retire une nouvelle fois une prérogative de l’OFB au profit du monde cynégétique auquel appartiennent les louvetiers.

 Concernant l'article 6 modifié :

L’expression « réduction de vulnérabilité » est moins ambitieuse et engageante que la « protection des troupeaux », et devrait donc être bannie. Cette sémantique peu exigeante participe du détricotage du statut de protection du loup.
La possibilité donnée au préfet de reconnaître des troupeaux d’ovins et caprins comme étant non protégeables est la porte ouverte à des excès, sous la pression des organisations syndicales agricoles, car selon les conseils en protection de la DDTM, il est toujours possible de mettre en place des éléments de protection, comme nous le constatons sur les alpages ou estives les plus pentus, vallonnés, rocailleux ou parsemés d’arbustes favorables à l’approche du loup, même si c’est au prix d’un surcroît de travail pour l’éleveur ou le berger.
Le chapitre IV souligne qu’il n’existe pas de référentiel de protection pour les bovins/équins. D’une part, il n’existe pas encore, en dépit d’un groupe de travail du GNL dédié, parce que les syndicats d’élevage sont arc-boutés au fait de déclarer leurs troupeaux non-protégeables. D’autre part, l’étude de « parangonnage sur la politique publique du loup » conduite par les inspections IGEDD/CGAAER (juillet 2023) indique justement que des moyens de protection des troupeaux bovins sont utilisés dans d'autres pays européens et sont efficaces.
La 6e recommandation du rapport IGEDD/CGAAER porte précisément sur l'abandon de la notion de non-protégeabilité pour les bovins.
De plus, le tir pourra être autorisé dès que l’on constate une prédation (« loup non-exclu »)  au cours des 12 derniers mois. Il s’agit d’un seuil bien trop bas. Le régime dérogatoire prévoit que la dérogation ne peut être accordée que pour des dommages importants ou récurrents. Aussi, cette disposition fixant le seuil à une seule prédation n’est pas conforme à la réglementation européenne.

S'agissant enfin de l'article 14 modifié :

La prédation sur ovins/caprins s’est en partie déplacée vers les bovins, avec la montée en puissance globale des protections sur ovins et caprins. Au lieu de faire de même avec les bovins, l’Etat décide de faciliter encore les tirs à proximité de ces derniers, plutôt que d’encourager les éleveurs à protéger comme cela a été fait avec un certain succès pour les ovins/caprins. C’est incompréhensible, sauf à souhaiter une réduction des populations de loups cohérente avec le positionnement de la France au sujet du déclassement européen de leur statut.

Le Conseil National de Protection de la Nature s’est prononcé sur ce projet. Sans surprise, il a rendu un avis défavorable, ce qui devrait alerter le législateur.

Haute-Savoie : des loups tirés à proximité des troupeaux peu ou pas protégés

Haute-Savoie : des loups tirés à proximité des troupeaux peu ou pas protégés

En Haute-Savoie, la cohabitation entre loups et troupeaux révèle des dysfonctionnements préoccupants dans l’application des mesures de protection. Les conditions dérogatoires encadrant les tirs de défense sont régulièrement contournées, et ce, au détriment des loups abattus chaque année sur les mêmes exploitations où la protection des troupeaux reste lacunaire.

Protection des troupeaux lacunaire depuis plusieurs années

Saint-Gervais : Depuis 2022, plusieurs loups ont été blessés ou tués dans cette commune. Pourtant, le troupeau concerné présente des manquements graves :

  • Des brebis oubliées hors du parc de nuit.
  • Des parcs mal entretenus, parfois non électrifiés ou ouverts.
  • Des chiens de protection inactifs face aux intrusions.

En parallèle, à quelques centaines de mètres, un autre troupeau de taille équivalente, bénéficiant de protections correctement appliquées, n’a plus subi d’attaques depuis 2021.

Manigod : Là encore, les protections affichées sur le papier contrastent avec la réalité observée. Des brebis laissées hors des parcs de nuit, des parcs non fermés ou encore l’absence du berger sont des pratiques qui persistent malgré les attaques répétées (jusqu’à 22 en 2022).

Une gestion déséquilibrée

Attribuer des tirs de défense dans de telles conditions pose question. L’octroi de tirs renforcés, comme celui autorisant jusqu’à dix tireurs simultanés, ne devrait pas être attribué en vue de compenser des carences humaines.

Des solutions existent

Les exemples de troupeaux correctement protégés démontrent que des pratiques rigoureuses permettent de réduire les attaques sans avoir recours à des tirs. Ces réussites devraient inspirer une gestion plus éthique et respectueuse des loups, tout en protégeant efficacement les troupeaux.

Ces constats, étayés par des observations de terrain (Animal Cross et d'autres contributeurs sillonnent le terrain depuis des années) et des vidéos documentées, ont été transmis aux autorités compétentes pour un nécessaire réajustement des pratiques. La protection des troupeaux passe avant tout par une réelle mise en œuvre des mesures contractuelles et subventionnées, et non par une systématisation des tirs.

Renouvellement de la charte du PNR des Pyrénées Ariégeoises (2025-2040) : L’urgence d’un vrai plan d’action local  

Renouvellement de la charte du PNR des Pyrénées Ariégeoises (2025-2040) : L’urgence d’un vrai plan d’action local  

1-Contexte et exigence de la loi

Dans le cadre du renouvellement de la charte du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises (2025-2040), les nouvelles orientations du syndicat mixte nous rendent extrêmement sceptiques sur la prise en compte d’un des rôles premiers d’un Parc Naturel Régional , la protection de la biodiversité.

La loi de 2016, introduisant les articles R333-1 et R333-3, indique et renforce clairement le rôle des parcs naturels régionaux (PNR) dans la protection de la biodiversité, y compris de la faune sauvage, et dans l’application des plans nationaux d’actions (PNA) pour la conservation d’espèces spécifiques :

– L’article R333-3 introduit un mécanisme par lequel les parcs naturels régionaux s’engagent dans la mise en œuvre des PNA, qui sont des programmes nationaux visant la sauvegarde des espèces menacées.

– L’article R333-1 précise que les PNR sont chargés de préserver les habitats naturels et les écosystèmes qui abritent des espèces animales parfois rares ou menacées. La gestion de la faune passe par des actions de conservation, de restauration des habitats, et de gestion des populations d’espèces sauvages.

La loi de 2016 promeut aussi la concertation avec les collectivités locales et les partenaires, permettant ainsi une meilleure application des plans de protection de la faune sauvage.

Or, concernant l’ours, l’une des trois espèces de mammifères classées en danger critique en France, le syndicat mixte n’a réussi qu’à inscrire, et uniquement dans l’annexe 6 : « Les conditions nécessaires ne sont actuellement pas réunies pour la définition d’un rôle actif du syndicat mixte dans le sujet de l’ours »

Tout ça pour ça !

 

Des avis sérieux et objectivés :

En plus du non-respect de la loi, d’autres organismes indépendants ont aussi dénoncé cette orientation :

– L’avis de l’Autorité Environnementale sur le projet de charte déplore cette absence de positionnement

– Le CNPN estime que les actions du parc concernant la présence et la gestion des grands prédateurs doivent être révisées et réécrites pour se conformer au cadre législatif en vigueur

– L’Autorité Environnementale et la Fédération des PNR soulignent la nécessité d’une médiation indépendante pour restaurer le dialogue entre les parties prenantes et trouver des solutions partagées

 

2-Nécessité d’un volet Ours dans la nouvelle charte 2025-2040

La politique de l’autruche pour ne pas gérer la présence de l’ours n’a jamais abouti à de bons résultats !

 

Il est évident que le syndicat mixte en charge du PNR doit urgemment revoir  sa position.

La charte du PNR ariégeois doit afficher son engagement et définir des actions par rapport à la préservation de la  population d’ours dans les Pyrénées,  au risque de ne pas jouer son rôle local pour l’application du « PNA Ours 2018-2028 ».

Les arguments sont nombreux pour valoriser cette présence unique en France :

L’ours comme atout et ressource du territoire :

  • Le PNR des Pyrénées ariégeoises partage avec la Catalogne et la Haute Garonne l’effectif plus important de la population d’ours des Pyrénées, et donc de France. Cet atout unique pourrait être valorisé et transformé en une opportunité pour le territoire.
  • Des initiatives novatrices pourraient mettre en valeur la cohabitation avec l’ours, en renforçant l’identité d’un territoire unique en France et en en faisant un symbole d’harmonie entre nature et culture.
  • La charte du PNR met l’accent sur la recherche d’un équilibre entre les activités humaines et les différentes « ressources » du territoire. L’ours, en tant qu’espèce emblématique et « ressource rare », doit donc être intégré dans cette réflexion.

Nécessité d’une gestion cohérente et concertée :

  • L’absence de positionnement clair sur la gestion de l’ours crée un vide et une incohérence au sein de la charte.
  • Une médiation indépendante est nécessaire pour restaurer le dialogue entre les différentes parties prenantes (État, Département, collectivités, acteurs économiques et société civile) et définir une stratégie commune pour l’avenir de l’ours sur le territoire du PNR : c’est le rôle d’un PNR que d’effectuer cette médiation avec son ingénierie humaine et technique.
  • La charte du PNR doit être compatible avec les politiques nationales relatives aux grands prédateurs, y compris le plan national d’action pour l’ours brun.
  • Proposer des actions concrètes pour concilier la présence de l’ours avec les activités humaines, comme le soutien aux pratiques pastorales adaptées ou la mise en place de mesures de prévention des conflits.
  • Sensibiliser le public à la cohabitation avec l’ours.

L’ours, un symbole du patrimoine naturel à préserver :

  • La charte du PNR met en avant la préservation des patrimoines comme un enjeu majeur. L’ours brun, espèce emblématique des Pyrénées, fait partie intégrante de ce patrimoine naturel qu’il est important de protéger.
  • La présence de l’ours est un indicateur de la bonne santé des écosystèmes pyrénéens. Sa protection contribue à la préservation de la biodiversité et des espaces naturels du PNR.

3-Notre demande : Créer un pôle de coordination et de médiation au sein du PNR Ariégeois

Le rôle de médiateur du Syndicat mixte dans la gestion d’un PNR

La  présence de l’ours brun pouvant être un sujet suscitant des tensions vis-à-vis de certaines catégories socio-professionnelles des Pyrénées Ariégeoises, ce rôle est particulièrement important pour la gestion de sujets sensibles et conflictuels.

Définition du rôle de médiateur

  • Faciliter le dialogue et la concertation : Le Syndicat mixte doit favoriser la communication et les échanges entre les différents acteurs du territoire, incluant les collectivités territoriales, l’État, les habitants, les associations et les acteurs économiques. Il doit organiser des instances de concertation, des réunions, des enquêtes et des consultations citoyennes pour permettre à chacun de s’exprimer et de participer à la prise de décision.
  • Rechercher des consensus et des compromis : Face à des sujets conflictuels, le Syndicat mixte doit s’efforcer de trouver des solutions qui concilient les différents intérêts en jeu. Il doit faire preuve de neutralité et d’impartialité, en tenant compte des arguments de toutes les parties prenantes.
  • Accompagner la mise en œuvre des solutions : Le Syndicat mixte doit s’assurer que les décisions prises sont comprises et acceptées par tous. Il doit apporter un appui technique et financier aux projets qui concourent à la réalisation des objectifs de la Charte.

La gestion de l’ours brun dans les Pyrénées Ariégeoises illustre la complexité du rôle de médiateur du Syndicat mixte. Le CNPN recommande que le Syndicat mixte assume un rôle de médiateur sur ce sujet, mais reconnaît que le contexte local actuel peut rendre cette mission difficile.

Le Syndicat mixte a tenté d’organiser une médiation en 2021, mais sans succès. L’absence de consensus entre les parties prenantes et les tensions locales persistantes ont rendu la mise en place d’une médiation efficace difficile. Pour autant, l’auto-censure et l’inaction assumée n’ont jamais rien résolu.

En conclusion, la réintégration de l’ours dans les actions, au même titre que les autres espèces sensibles, est incontournable, et le rôle de médiateur du Syndicat mixte dans la gestion d’un PNR est essentiel pour garantir la réussite de la Charte. Ce rôle implique de faciliter le dialogue, de rechercher des consensus et d’accompagner la mise en œuvre des solutions. La gestion de sujets sensibles comme la présence de l’ours brun doit être prise en compte par le PNR.

Recevez chaque semaine notre lettre d'infos.

Vous êtes désormais inscrit à la lettre d'infos d'Animal Cross.