Participez aux consultations publiques : défendons les oiseaux menacés avant le 22 août

Participez aux consultations publiques : défendons les oiseaux menacés avant le 22 août

Deux consultations publiques sont actuellement ouvertes jusqu’au 22 août 2025. Elles concernent la tourterelle des bois et l’alouette des champs, deux espèces fragilisées que le gouvernement envisage pourtant de livrer de nouveau aux chasseurs. Animal Cross vous invite à vous mobiliser en déposant un avis défavorable.

Projet d’arrêté ré-ouvrant la chasse de la tourterelle des bois

👉 Participer à la consultation publique

Titre du commentaire : Défavorable au projet d’arrêté encadrant la chasse de la tourterelle des bois

Pourquoi s’y opposer ?

  • Depuis 2021, la chasse à la tourterelle des bois était suspendue chaque année par arrêté ministériel, suite à des décisions du Conseil d’État du 30 décembre 2021 qui ont annulé les arrêtés autorisant sa chasse, sous la menace d’une condamnation du pays par la Cour de Justice de l’Union Européenne. Cette suspension de quelques années a entraîné une amélioration de ses populations.
  • Le projet de réouverture de la chasse est prématuré car l’espèce est encore loin d’avoir retrouvé un état de conservation satisfaisant.
  • Un pays comme le Portugal a quant à lui jugé que c’était trop tôt. Mais pas la France qui se sert de l’avis du CEGA (Comité d’experts sur la gestion adaptative), qu’elle ignore pour les autres recommandations de moratoires et réductions de pressions sur une dizaine d’autres espèces. Il est bien trop tôt pour rouvrir la chasse de la tourterelle des bois. En France, on note une légère augmentation de l’indice annuel du STOC (protocole standard de suivi des populations) en 2024, mais la tendance demeure toujours négative. Dans les pays du nord-ouest de l’Europe (UK, BE, NL, DE), la tendance est stable avec des tailles de population qui demeurent très faibles.Pour ces raisons, je demande à ce que le moratoire sur la chasse de cette espèce en France soit reconduit.

Projet d’arrêté autorisant la chasse traditionnelle de l’alouette aux pantes

👉 Participer à la consultation publique

Titre du commentaire : Défavorable aux projets d’arrêtés relatifs à la capture et au
nombre maximum d’alouette des champs capturées au moyen de pantes

Alouette des champs

Nous vous avions informé en octobre 2024 (ICI) des autorisations expérimentales de capture d’alouettes dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques visant à montrer que les pantes et matoles sont des moyens sélectifs de chasser l’alouette, et ainsi contourner l’opposition de non-sélectivité de ces chasses traditionnelles.

C’est en s’appuyant sur les résultats de ces pseudo-études que le gouvernement a fait les projets d’arrêtés auxquels vous êtes invités à vous opposer.

Pourquoi s’y opposer ?

  • C’est parce qu’un certain nombre de jugements au fond n’ont pas été rendus, que le Ministère de la transition écologique (MTE) s’engouffre une nouvelle fois dans la possibilité d’autoriser les chasses aux pantes et matoles dans le Sud-Ouest alors que les autres chasses illégales (gluaux, tenderies) sont terminées.
  • Le Conseil d’État a pourtant annulé tous les arrêtés autorisant les chasses traditionnelles d’oiseaux sauvages (glu, tenderie, pantes, matoles), mais le Ministère de la transition Ecologique tente de contourner la non-sélectivité de ces modes de chasse en s’appuyant sur une pseudo-expérimentation conduite par les chasseurs depuis fin 2024, qui conclut sans contre-expertise scientifique que ces modes de piégeage respectent le caractère de sélectivité imposé par la directive européenne « Oiseaux »Je suis ainsi opposé à ces nouveaux projets :
  • le texte autorise la capture de près de 100 000 alouettes, un chiffre bien trop élevé en regard de l’état des populations
    les effectifs de l’alouette des champs ont connu, en France, une perte de 20 % en moins de quinze ans, faisant passer son statut en 2016 de « préoccupation mineure » à “quasi menacée»: cette espèce ne devrait plus être chassée et bénéficier du statut d’espèce protégée
  • En 2016, l’espèce est passée du statut de « préoccupation mineure » à quasi menacée. Elle ne devrait plus être chassée, mais protégée.

✍️ Comment agir ?

  1. Cliquez sur chacun des liens ci-dessus pour accéder aux consultations publiques.

  2. Copiez-collez nos argumentaires (ou rédigez vos propres mots).

  3. Publiez votre commentaire avant le 22 août 2025.

Chaque avis compte pour défendre la biodiversité et empêcher le retour de pratiques de chasse destructrices. Merci pour votre mobilisation !

NON au projet de Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (SDGC) 2025-2031 de la Haute-Savoie

NON au projet de Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (SDGC) 2025-2031 de la Haute-Savoie

La consultation publique sur le projet de SDGC 2025-2031 de la Haute-Savoie est ouverte jusqu’au 29 juillet 2025. Ce document, qui encadre la chasse pour les six prochaines années dans le département, soulève de très sérieuses inquiétudes.

Nous appelons à rejeter ce projet de SDGC

Ce projet ne garantit ni la sécurité, ni la conservation des espèces, ni le respect de l’équilibre écologique. Il s’inscrit dans une vision dépassée de la chasse, au mépris des enjeux climatiques et de biodiversité.

🗓️ La consultation est ouverte jusqu’au 29 juillet 2025.
Exprimez votre opposition dès maintenant !

🔗 Participer à la consultation publique ici

Une validation biaisée

Le document affirme que la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) a donné un avis favorable. Ce qu’il omet de préciser, c’est que cette commission est majoritairement composée de représentants du monde cynégétique, tandis que les associations de protection de l’environnement comme FNE et LPO y sont très minoritaires. Cet avis favorable ne reflète donc pas un consensus écologique, mais un déséquilibre institutionnel.

Voici mes remarques au sujet des différents documents soumis à consultation.

En premier lieu, vous écrivez que la CDCFS a rendu un avis favorable à ce projet ; il faut alors en préciser les modalités, à savoir que les associations de protection de l’environnement, ici la LPO et FNE, sont en très large minorité, et que c’est donc le mode de scrutin qui a pour conséquence la validation du projet.
Sur le plan de la sécurité, l’objectif 10 est beaucoup trop vague ; il faudrait mettre en place de véritables tests de tir, contrôlés par une autorité indépendante de la FDC, et pouvant invalider le permis de chasser. Il conviendrait également d’imposer un certificat médical annuel, comme c’est le cas pour le tir sportif.

Petit gibier de montagne :
Même si la FDC capte des crédits publics pour le suivi du tétras-lyre, de la perdrix bartavelle, du lagopède alpin, de la gélinotte des bois, du lièvre variable et de la marmotte, elle n’est pas crédible dans ces études, qui devraient être confiées à une entité indépendante de la FDC/FNC.
La mesure réglementaire 44 (« …plan de chasse tétras-lyre est obligatoire »), complétée de l’annexe 8 fixant les attributions maximales, décrédibilise totalement ce SDGC au vu du mauvais état de conservation de cette espèce dans les Alpes.
Il en est de même, respectivement, pour le lagopède alpin, le lièvre variable, la perdrix bartavelle et la gélinotte des bois.
Poursuivre la chasse archaïque de la marmotte est également un non-sens. Cette espèce est en déclin et a fait l’objet, fin 2024, d’un projet de loi d’abolition de cette chasse, déposé par 81 parlementaires.
L’agrainage, même réglementé par l’annexe 3, devrait être interdit, car il est finalement utilisé pour maintenir les sangliers sur un territoire et développer les populations de sangliers, alors que chasseurs et agriculteurs se plaignent de leur surpopulation.

Lâchers de gibier d’élevage
Le SDGC doit prendre des mesures pour l’interdiction de lâchers du lièvre d’Europe sur les communes où le lièvre variable est présent. Ce lagomorphe ne reste pas où il est lâché.
Avec le réchauffement climatique, il monte en altitude et entre en compétition avec ce dernier. On constate que la compétition entre les deux espèces s’intensifie et qu’elle est en défaveur du lièvre variable.
De plus, le SDGC ne se positionne pas sur les lâchers de gibier issus d’élevage (faisans, perdrix, lièvres...) qui sont introduits dans la nature dans le seul but d’une chasse à court terme, sans objectifs réels de gestion des populations ou des habitats.
Le département est donc ouvert à toutes les opérations dans ce domaine, encourageant les excès liés à cette activité : conditions d’élevage souvent effroyables, mortalité accrue car les individus sont inaptes à la vie sauvage, risques sanitaires, etc.

Le renard
Il est déjà classé ESOD sur l’ensemble du département. L’orientation donnée par l’objectif 26 montre que l’archaïsme prévaut, et que les services écosystémiques rendus par le renard sont niés.

Oiseaux de passage et gibier d’eau
Le renouvellement du SDGC aurait dû être l’occasion de prendre en compte les oiseaux de passage et le gibier d’eau dont l’état de conservation est mauvais et qui sont, à ce jour, chassables dans le département de la Haute-Savoie, tels que le canard milouin, la bécassine des marais, la bécassine sourde, la caille des blés et l’alouette des champs.
Ces espèces ne commettent aucun dégât agricole ou forestier.

Grands prédateurs et dégâts forestiers
Il convient de mentionner le loup et le lynx dans le SDGC en tant qu’espèces faisant partie de la faune locale, et de prendre en considération leur action bénéfique exercée sur la forêt.
Le SDGC doit tenir compte de la présence des grands prédateurs lors du calcul des attributions du plan de chasse des ongulés, et ne pas simplement mentionner les projets de suivi du loup qui, par le passé, malgré des subventions très importantes, n’ont servi qu’à perturber et tenter de déstabiliser le travail de l’OFB dans ce domaine.

Dérangement de la faune sauvage par les activités humaines (objectif 3)
La problématique du dérangement de la faune sauvage dû aux activités de plein air (sportives et touristiques) est évoquée dans le SDGC.
Ne pas mentionner que l’activité cynégétique — en particulier les battues — est un facteur important de dérangement, et ne pas tenter d’en limiter les effets, est tristement ridicule.

Chasse aux oiseaux en déclin : le gouvernement enterre les protections sous la pression des chasseurs

Chasse aux oiseaux en déclin : le gouvernement enterre les protections sous la pression des chasseurs

Alors que les populations de nombreux oiseaux migrateurs sont en chute libre, le gouvernement français vient de valider un arrêté ministériel qui tourne le dos aux recommandations scientifiques et européennes. Cédant à la pression du lobby cynégétique, les autorités renoncent à des mesures de protection indispensables pour sept espèces gravement menacées. Une décision politique, qui privilégie les intérêts électoraux à la survie des oiseaux.

Sept espèces en danger, toujours chassées

Les chiffres sont accablants. Sept espèces classées en mauvais état de conservation à l’échelle de l’Union européenne continuent d’être chassées en France, malgré une baisse vertigineuse de leurs effectifs :

  • Fuligule milouin : -30 % en 16 ans
  • Canard siffleur : -50 % en 12 ans
  • Caille des blés : -25 % en 10 ans
  • Grive mauvis : -19 % en 10 ans
  • Canard pilet : -34 % en 17 ans
  • Canard souchet : -19 % en 14 ans
  • Sarcelle d’hiver : -21 % en 13 ans

Ces données ont conduit les experts européens à recommander dès 2024 la mise en place de moratoires temporaires pour les espèces les plus en danger, et une réduction de moitié des prélèvements pour les autres.

Une version édulcorée du texte initial

Le 19 juin, un premier projet d’arrêté, proposé par le ministère de la Transition écologique, reprenait en partie ces recommandations :

  • Un moratoire de 3 ans pour le Fuligule milouin
  • Une réduction des périodes de chasse pour d’autres espèces

Un compromis jugé encourageant par les associations de protection de la nature, qui voyaient là un signal d’alignement avec les exigences européennes. Mais face à la fronde des chasseurs et de nombreux responsables politiques, le gouvernement a reculé.

Aucun moratoire, des quotas très élevés

Le 16 juillet, le CNCFS – dominé par les représentants des chasseurs – a donné un avis favorable à un texte très affaibli :

  • Aucun moratoire n’est finalement prévu
  • Plafonds journaliers très élevés, sans base scientifique :
    • 15 cailles des blés par chasseur et par jour
    • 15 canards par jour et jusqu’à 25 par hutte et par nuit

Ces chiffres sont dénoncés par la LPO et France Nature Environnement comme "totalement déconnectés de la réalité écologique".

Une gestion adaptative verrouillée par les chasseurs

Le cas du Fuligule milouin est emblématique : sa chasse dépendra d’un avis d’un comité d’experts, dont la composition est contestée par les associations. Le CNCFS, largement dominé par les chasseurs, conservera l’arbitrage final.

Une application pour… mieux tuer ?

Le gouvernement justifie sa décision par la mise en place d’une application mobile permettant aux chasseurs de déclarer leurs prélèvements. Un faux progrès selon les ONG :

"Quand les populations déclinent, la priorité n’est pas de compter les morts, mais de réduire les tirs", alerte la LPO.

Une victoire pour la FNC, un désastre pour la nature

La Fédération nationale des chasseurs salue ce texte comme un retour au "bon sens". À l’inverse, les associations écologistes dénoncent une nouvelle atteinte à la science, au droit et à la biodiversité.

Animal Cross appelle à la mobilisation

Animal Cross condamne avec force cette décision politique qui sacrifie la biodiversité sous la pression du lobby cynégétique. Nous soutenons pleinement la LPO, France Nature Environnement et toutes les associations qui entameront des actions juridiques pour faire respecter le droit européen.

📣 Mobilisez-vous !
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👉 Donnez votre avis dans la consultation publique sur la barge à queue noire et le courlis cendré ouverte jusqu’au 25 juillet

Sources :

  • LPO. Chasse : le gouvernement cède aux pressions en bafouant la science et le droit (juillet 2025)
  • Vert. Comment le monde de la chasse a fait pression sur le gouvernement pour continuer à tuer des oiseaux en déclin (juillet 2025)
  • Le Monde. Sous pression, le gouvernement renonce à réduire la période de chasse d’oiseaux migrateurs en déclin, comme la caille des blés ou le canard siffleur (17/07/2025)
Périodes de chasse en France : la réalité derrière les dates officielles

Périodes de chasse en France : la réalité derrière les dates officielles

Lorsqu'on parle de chasse en France, l'idée largement répandue est qu’elle s’étend de septembre à février. En réalité, cette représentation est trompeuse. La France détient, selon Animal Cross, le record européen de la plus longue période de chasse.

Depuis le 28 décembre 2023, la situation a encore empiré : le sanglier est devenu chassable toute l'année, sans aucun répit, par simple décision administrative.
De plus, les animaux classés "susceptibles d'occasionner des dégâts" — comme le renard, la fouine ou encore le ragondin — peuvent eux aussi être détruits pratiquement à toute période de l'année, souvent sans exigence de justification.

Une chasse omniprésente, toute la semaine

La France est aujourd'hui le seul pays d'Europela chasse est autorisée tous les jours de la semaine, du lundi au dimanche inclus.
Cette omniprésence de la chasse est d'autant plus choquante que 78 % des Français (sondage IFOP, 2022) se déclarent favorables à un dimanche sans chasse, afin de sécuriser les promenades en forêt, les activités sportives et familiales. Malgré cette forte demande citoyenne, le gouvernement a refusé d’instaurer un jour sans chasse dans son "Plan chasse" présenté en janvier 2023.

Des autorisations nocturnes inquiétantes

Théoriquement, la chasse est limitée aux heures diurnes, définies comme la période commençant une heure avant le lever du soleil et se terminant une heure après son coucher.
Cependant, de nombreuses exceptions existent :

  • La chasse au gibier d'eau (canards, bécassines) est autorisée deux heures avant le lever et deux heures après le coucher du soleil, voire toute la nuit à partir de certains postes fixes dans plusieurs départements.

  • Les tirs de destruction d'animaux dits "nuisibles" peuvent être autorisés la nuit par les préfets, sans obligation d'une justification solide.

Une extension des périodes sous de multiples formes

Les dérogations permettent d’allonger les périodes de chasse :

  • Géographiquement, comme en Alsace-Moselle, où la chasse commence dès le 23 août.

  • Selon les espèces, par exemple le chevreuil qui peut être chassé dès juin, ou encore les tirs estivaux sur les renards.

  • Selon les modes de chasse, comme la chasse en parc clôturé où le gibier d’élevage peut être abattu toute l'année.

À cela s'ajoutent les battues administratives, qui peuvent être décidées hors période légale, au nom de la "régulation", et qui permettent de chasser même sur des terrains où la chasse est interdite d’ordinaire.

Ce que demande Animal Cross

Face à cette dérive, Animal Cross formule des revendications précises :

  • Instaurer deux jours sans chasse par semaine, dont le dimanche, ainsi que les jours fériés et pendant les vacances scolaires.

  • Suspendre toute chasse (y compris la destruction des espèces "susceptibles d'occasionner des dégâts") de début mars à fin août, afin de respecter les périodes de reproduction et d'élevage des jeunes.

  • Mettre fin aux autorisations de chasse nocturne, de nuit comme aux premières heures du jour.

La France ne pourra pas prétendre protéger sa biodiversité tant que la chasse restera pratiquée sans véritable encadrement temporel et sans respect du rythme naturel des espèces sauvages.

La face cachée de la chasse : une propagande bien orchestrée

La face cachée de la chasse : une propagande bien orchestrée

Un lobby au cœur de nos institutions

La chasse n’est pas qu’un loisir ancré dans les traditions rurales françaises. Elle est aussi le terrain d’action d’un véritable lobby aux ramifications politiques et économiques puissantes. Derrière les scènes de battues ou les discours sur la régulation de la faune, se cachent des stratégies de communication redoutables, destinées à protéger des intérêts bien éloignés de la nature.

En France, environ 120 députés et 60 sénateurs sont membres de groupes parlementaires pro-chasse. Tous partis confondus, ces élus défendent régulièrement les intérêts des chasseurs, tombés aujourd'hui sous la barre du million, souvent au mépris des données scientifiques et de l’opinion publique. Ce maillage politique garantit une influence directe sur les lois, les arrêtés ministériels et les grandes orientations environnementales.

Un pacte politique révélateur

En 2018, le président Emmanuel Macron a scellé un pacte inédit avec la Fédération nationale des chasseurs (FNC), en échange de son soutien politique :

  • Baisse du prix du permis de chasse (de 400 à 200 €),

  • Autorisation des silencieux, malgré les risques pour la sécurité des promeneurs,

  • Reconnaissance des chasses traditionnelles (glu, filets…), pourtant condamnées par l’Union européenne,

  • Subventions publiques généreuses attribuées à la FNC.

Ce pacte officialise ce que les associations de protection animale dénoncent depuis longtemps : la chasse est un sujet politique instrumentalisé, non un débat de société ouvert.

Une image travaillée, loin de la réalité

Le discours du chasseur “premier écologiste de France” est savamment entretenu dans les médias. Il s’appuie sur des éléments de langage bien rodés :

  • “La chasse régule les espèces”,

  • “Les chasseurs entretiennent les espaces naturels”,

  • “Ils défendent les traditions rurales”.

Ces affirmations sont pourtant largement contestées :

  • La régulation sert souvent des logiques de surpopulation artificielle (voir les lâchers d’animaux d’élevage),

  • Les dégâts causés à la biodiversité, aux sols et aux espèces sensibles sont largement sous documentés,

  • Les traditions invoquées servent souvent à justifier des pratiques cruelles et obsolètes.

La propagande cynégétique prend également la forme d’événements publics, d’actions pédagogiques dans les écoles, de publicités locales ou encore de partenariats avec certaines chaînes de télévision ou de radio.

UNE NOUVELLE CAMPAGNE DE COMMUNICATION AGRESSIVE EN 2025

En 2025, la Fédération nationale des chasseurs a lancé une nouvelle campagne de communication nationale d'une ampleur inédite. Affichage, spots TV, podcasts, influence sur les réseaux sociaux : tout est mis en œuvre pour redorer le blason d’une activité de plus en plus critiquée. Le message est clair : les chasseurs seraient des “acteurs de terrain indispensables à la biodiversité” et des “alliés du monde rural face à la crise climatique”.

Cette campagne cherche à inverser la tendance de l’opinion publique, sans jamais évoquer les réalités dérangeantes de la chasse : souffrance animale, accidents, atteintes à la biodiversité, destructions illégales d'espèces protégées. Elle omet aussi de dire que les “opérations de régulation” mettent souvent en péril l'équilibre écologique, qu’elles ciblent parfois des espèces non-problématiques, et qu'elles servent fréquemment des intérêts cynégétiques privés.

Animal Cross dénonce cette offensive médiatique orchestrée avec des moyens considérables — financés en partie par des fonds publics — pour masquer une activité incompatible avec les enjeux éthiques et environnementaux actuels. Il est essentiel de rappeler que la chasse, loin d’être une solution, est bien souvent une partie du problème.

Une opinion publique ignorée

La dissonance entre cette communication et les attentes de la population est flagrante :

  • En 2023, 53 % des Français se disent opposés à la chasse,

  • 76 % évitent de se promener en forêt de peur d’un accident (IPSOS),

  • 78 % souhaitent l’interdiction de la chasse le dimanche (IFOP).

Malgré cela, le gouvernement reste sourd. Pourquoi ? Parce que la FNC est mieux organisée, mieux financée et mieux écoutée que les défenseurs de la cause animale

Notre demande 

 Exiger des responsables des fédérations de chasse de rendre publics leurs liens d’intérêt avec les élus, les scientifiques, les industriels, à l’image du “Sunshine act” mis en place pour l’industrie pharmaceutique.

  • Interdire les interventions des fédérations de chasse dans le cadre scolaire.

  • Intégrer dans les films de promotion de la chasse un bandeau (sur le modèle de ceux alertant de la violence de films) indiquant que “la chasse est une activité violente qui génère de la souffrance animale”.

  • Interdire l’utilisation des fonds publics à des fins de promotion cynégétique, et intensifier leur contrôle.

Stop aux collisions routières avec la faune sauvage : un plan national s’impose !

Stop aux collisions routières avec la faune sauvage : un plan national s’impose !

Chaque jour en France, des milliers d’animaux sauvages périssent sous les roues des véhicules. On estime à plus d’un million le nombre d’animaux tués chaque année sur les routes françaises, un chiffre largement sous-estimé tant le recensement est lacunaire. Derrière ces collisions se cache une réalité peu visible : une pression permanente sur la biodiversité, avec un impact grave sur les populations déjà fragiles.

🚗 Des collisions nombreuses mais mal documentées

​Contrairement à ce que l’on pourrait croire, très peu de collisions avec la faune sauvage entraînent des accidents corporels. En 2022, seules 120 collisions sur plus de 55 000 accidents corporels recensés en France impliquaient un animal sauvage (soit 0,2 %). Pourtant, cela ne reflète qu’une infime partie de la réalité : la majorité des collisions n’endommagent pas les véhicules et ne sont donc ni déclarées, ni comptabilisées.

🐾 Petits animaux, grandes victimes

Les espèces les plus touchées sont les plus discrètes : oiseaux, hérissons, renards, amphibiens, etc. Sur certaines routes de l’ouest de la France, on recense plus de 3 animaux tués par kilomètre et par an. Et ce chiffre grimpe encore lorsque les données des associations sont prises en compte. Ces espèces ne font pas les gros titres, mais leur disparition progressive affaiblit les écosystèmes.

💸 Un coût économique sous-estimé

Outre l’impact sur la biodiversité, les collisions avec la faune ont aussi un coût économique important. En 2008, on estimait à plus de 300 millions d’euros par an le coût des accidents impliquant des animaux. C’est peu, comparé aux 58 milliards d’euros du coût global de l’insécurité routière, mais cela souligne que ces événements ne sont pas anodins.

🏛️ Une prise de conscience politique encore largement insuffisante

Si la question des collisions routières avec la faune sauvage a été timidement reconnue lors du Grenelle de l’environnement, les avancées politiques restent très limitées. Le concept de Trame verte et bleue, visant à restaurer la continuité écologique des milieux, a mis en lumière le rôle destructeur des routes dans la fragmentation des habitats. Mais dans les faits, les actions concrètes peinent à suivre.

En 2018, la Stratégie nationale pour la biodiversité proposait de traiter une vingtaine de « points noirs » – ces zones où les collisions sont fréquentes – dans chaque région. Pourtant, le chiffre avancé par l’État (environ 10 par région) semble très en deçà de la réalité. À titre d’exemple, la région Auvergne-Rhône-Alpes a identifié 179 tronçons problématiques, dont 44 particulièrement accidentogènes.

Par ailleurs, aucune base de données nationale complète sur les collisions n’existe à ce jour. Les données sont morcelées, disparates, souvent locales, et la plupart des acteurs – assurances, forces de l’ordre, gestionnaires de routes départementales – ne sont pas contraints de transmettre les informations. Une véritable stratégie cohérente et ambitieuse fait cruellement défaut.

🔬 Les scientifiques, en première ligne face à l’urgence

Face à l’inaction politique, les chercheurs sonnent l’alarme. De nombreuses études, menées notamment par l’UMS Patrinat (unité OFB/Muséum national d’Histoire naturelle), ont documenté l’ampleur du phénomène. Selon ces travaux, les infrastructures de transport seraient devenues la première cause humaine de mortalité pour la faune sauvage en Europe.

Des espèces entières sont menacées :

  • Le lynx boréal, espèce protégée, dont la première cause de mortalité en France est la route (150 cas de collisions recensés entre 1982 et 2018) ;

  • La chouette effraie, avec environ 37 000 individus tués chaque année ;

  • La loutre d’Europe, le vison d’Europe, le hérisson, ou encore de nombreux amphibiens font également partie des espèces particulièrement vulnérables.

Le réseau européen IENE (Infrastructure and Ecology Network Europe) alerte depuis plusieurs années sur l’impact massif des routes, lignes électriques, voies ferrées ou encore éoliennes sur les espèces animales. Les scientifiques disposent aujourd’hui de méthodes fiables de suivi, mais leur travail doit être soutenu par des moyens politiques et financiers à la hauteur de l’enjeu.

🌉 Réduire les collisions : des solutions existent

Il existe pourtant des solutions éprouvées pour réduire ces collisions :

  • Les passages à faune (viaducs, tunnels, “crapauducs”) qui permettent aux animaux de traverser en toute sécurité ;

  • Les détecteurs d’animaux, qui préviennent les conducteurs lorsqu’un animal est détecté à proximité de la chaussée ;

  • Les avertisseurs à ultrasons, fixés sur les véhicules, bien que leur efficacité soit encore discutée ;

  • La réduction de la vitesse sur les tronçons accidentogènes.

Dans certaines zones comme en Haute-Savoie ou dans les Pyrénées-Atlantiques, ces dispositifs ont permis de réduire jusqu’à 80 % des collisions. Pourtant, leur mise en place reste marginale.

🔫 La chasse, facteur aggravant

Les données montrent que les collisions avec les sangliers explosent pendant la période de chasse. Effrayés, les animaux fuient et traversent les routes dans la panique. Dans ce contexte, les chasseurs apparaissent faussement comme des “sauveurs” : ils bénéficient d’une forme de légitimité publique en prétendant réguler la faune, alors que leur activité aggrave directement le problème.

 

🧭 Ce que propose Animal Cross

Pour enrayer ce fléau, Animal Cross appelle à des mesures concrètes et urgentes :

  • La création d’une base de données nationale des collisions incluant tous les réseaux routiers ;

  • L’obligation pour les gestionnaires d’infrastructures, assureurs et forces de l’ordre de transmettre les données de collision ;

  • L’affectation d’au moins 1 % du budget routier à la mise en place de dispositifs de protection ;

  • L’interdiction de la chasse à proximité des zones accidentogènes (dans un rayon de 300 m) ;

  • Le soutien aux associations qui réalisent un travail de terrain essentiel.


📣 Ensemble, changeons la donne

Nos routes ne doivent plus être des cimetières à ciel ouvert. Il est temps d’agir pour que la faune sauvage puisse circuler librement et en sécurité, et que nos déplacements ne soient plus synonymes de mort pour des millions d’animaux.

Animal Cross continuera à se mobiliser pour faire de la cohabitation entre humains et animaux une réalité sur l’ensemble du territoire.

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