Lancement des Trophées des Bêtes Noires de la Pub

Lancement des Trophées des Bêtes Noires de la Pub

Marre de voir des pubs aussi trompeuses concernant les animaux que manipulatrices pour les consommateurs ?
Rendons leur dignité aux animaux !

Animal Cross, accompagné d’un collectif d’associations comme L214, l’OABA, One Voice, Animalter, Combactive ou Sentience, lance les Trophées des Bêtes Noires de la Pub.

Les trophées des bêtes noires de la pub dénoncent l’écart existant entre les contenus de certaines publicités et la réalité vécue par les animaux.

Leur but est de mettre au jour les pratiques des entreprises qui :

– suggèrent à travers leur publicité des idées fausses ou une réalité détournée concernant les animaux
– ou omettent d’évoquer dans ces publicités des points fondamentaux vécus par les animaux en question.

L’objectif est d’informer le grand public des conditions de vie, de soins, d’élevage, d’abattage des animaux afin qu’il se rende compte de la manipulation publicitaire possible et modifie ses habitudes de consommation.

6 Trophées seront remis au pires publicités sur les animaux (1 par catégorie)

Proposez les publicités qui vous choquent jusqu’au 30 avril

Puis du 1er mai au 1er juin, votez pour les trophées !

Rendez-vous vite sur le site Les Bêtes Noires de la Pub

Suivez les Trophées sur Facebook ou sur Twitter

Dès maintenant, envoyez la ou les publicités qui vous choquent pour qu’elles fassent partie des pubs en compétition !

 

De la viande clônée dans nos assiettes ?

De la viande clônée dans nos assiettes ?

Aux Etats-Unis, au Brésil,… la production commerciale et la consommation de clones animaux sont autorisées. Qu’en est-il en Europe ? Mange-t-on de la viande clonée sans le savoir ? A voir absolument : https://youtu.be/4P3Z5Ni8MvQ

La Commission européenne a en effet fait en février 2014 l’unanimité contre elle au Parlement européen pour son refus d’imposer dans l’immédiat la traçabilité des produits issus d’animaux clonés servis dans les assiettes européennes. […]Rouvrant un dossier gelé depuis 2011, la Commission a proposé en décembre 2013 d’interdire le clonage animal à but alimentaire dans l’UE. Mais elle n’a pas prévu de bannir la vente de viande ou de lait des descendants des animaux clonés, ni d’assurer la traçabilité de ces produits, jugeant cette option irréaliste dans l’immédiat. […]

L’élu conservateur allemand Peter Liese a rejeté l’argument comme «inacceptable», accusant la Commission de vouloir «faire plaisir aux Américains» dans la perspective des négociations en cours pour un vaste accord de libre-échange UE-USA.

Au sein de l’Union européenne, le clonage animal à but alimentaire ne se pratique qu’au Danemark, tandis que la viande de clones n’est pas destinée à la consommation au vu de son prix très élevé. Mais les embryons et semences de ces spécimens sont commercialisés et exportés, et l’UE importe chaque année entre 300 000 et 500 000 tonnes de viande bovine issue du clonage des États-Unis et d’Argentine.

Vouloir imposer à ces partenaires une traçabilité de ces produits risquerait selon la Commission de mener à une guerre commerciale similaire à celle provoquée jadis par l’interdiction du boeuf aux hormones américain.

(Source : La Presse – Titre original Après les OGM, la Commission européenne bousculée sur le clonage)

 

 

 

 

La charcuterie est cancérogène, la viande rouge « probablement » aussi

La charcuterie est cancérogène, la viande rouge « probablement » aussi

Rédaction du Monde

Les soupçons se confirment. Dans un document mis en ligne lundi 26 octobre et publié parallèlement dans la revue médicale The Lancet Oncology, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a annoncé le classement de la consommation de viande rouge comme « probablement cancérogène pour l’homme » (Groupe 2A). Celle des produits carnés transformés a été classée comme « cancérogène pour l’homme » (Groupe 1). Ces conclusions rejoignent celles avancées par l’Institut national du cancer (INCa) dans un état des lieux des connaissances publié en juin, qui considérait comme un facteur de risque « les viandes rouges et charcuteries pour le cancer du côlon-rectum ». Le Dr Christopher Wild, le directeur du CIRC, explique :

« Ces résultats confirment les recommandations de santé publique actuelles appelant à limiter la consommation de viande. Dans le même temps, la viande rouge a une valeur nutritive. Par conséquent, ces résultats sont importants pour permettre aux gouvernements comme aux organismes de réglementation internationaux de mener des évaluations du risque, et de trouver un équilibre entre les risques et les avantages de la consommation de viande rouge et de viande transformée, ainsi que de formuler les meilleures recommandations alimentaires possibles. »

  • Le terme de viande rouge comprend « tous les types de viande issus des tissus musculaires de mammifères comme le bœuf, le veau, le porc, l’agneau, le mouton, le cheval et la chèvre ».
  • Les produits carnés transformés (encore appelés viande transformée) font, eux, référence à « la viande qui a été transformée par salaison, maturation, fermentation, fumaison ou d’autres processus mis en œuvre pour rehausser sa saveur ou améliorer sa conservation ».

« La plupart des viandes transformées contiennent du porc ou du bœuf, mais elles peuvent également contenir d’autres viandes rouges, de la volaille, des abats ou des sous-produits carnés comme le sang », précise le CIRC. C’est le cas du jambon, des saucisses, du corned-beef, de même que des viandes en conserve, des préparations et des sauces à base de viande.

Lire aussi : Le CIRC, une agence de l’OMS ciblée par les industriels

L’industrie de la viande dénonce un « défi au sens commun »

L’industrie de la viande n’a pas attendu la publication de la synthèse du CIRC pour riposter. Réagissant aux échos parus dans la presse britannique ces derniers jours, l’Institut nord-américain de la viande considérait que, dans le cas d’une classification comme cancérogène probable ou avéré des produits carnés, « l’agence défierait à la fois le sens commun et des dizaines d’études ne montrant pas de corrélations entre viande et cancer, et d’autres montrant les nombreux bénéfices sanitaires d’un régime incluant de la viande ».

Selon l’organisme de recherche indépendant Global Burden of Diseases Project, 34 000 décès par cancer seraient imputables dans le monde, chaque année, à une alimentation riche en viandes transformées, tandis que les régimes riches en viande rouge pourraient être responsables de 50 000 décès par cancer annuellement. Par comparaison, la consommation de tabac provoque un million de décès par cancer par an environ dans le monde, la consommation d’alcool 600 000 décès et la pollution atmosphérique plus de 200 000 morts.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/10/26/la-viande-rouge-est-probablement-cancerogene_4797058_3244.html#vTRLz0lzTMzFsLQL.99

Le scandale alimentaire qui s’annonce

Le scandale alimentaire qui s’annonce

LE MONDE | | Par Fabrice Nicolino, enquêteur, chroniqueur et reporter

 

Que se passe-t-il vraiment dans l’univers de la viande industrielle ? Et que nous fait-on manger, de gré ou de force ? Avant d’essayer de répondre, il est bon d’avoir en tête deux études récentes.

La première, publiée en 2011, montre la présence dans le lait – de vache, de chèvre ou d’humain – d’anti-inflammatoires, de bêtabloquants, d’hormones et bien sûr d’antibiotiques. Le lait de vache contient le plus grand nombre de molécules.

La seconde, qui date de 2012, est encore plus saisissante. Une équipe de chercheurs a mis au point une technique de détection des résidus dans l’alimentation, en s’appuyant sur la chromatographie et la spectrométrie de masse.

Analysant des petits pots pour bébés contenant de la viande, ils y ont découvert des antibiotiques destinés aux animaux, comme la tilmicosine ou la spiramycine, mais aussi des antiparasitaires, comme le levamisole, ou encore des fongicides.

Certes à des doses très faibles – en général –, mais, comme on le verra, la question se pose aujourd’hui dans des termes neufs.

On remarquera que, dans le scandale en cours, un mot a presque disparu : phénylbutazone. Cet anti-inflammatoire, on le sait, a été retrouvé dans des carcasses de chevaux exportés vers la France.

UNE FRAUDE ISOLÉE ?

Or la phénylbutazone est un produit dangereux, interdit dans toute viande destinée à la consommation humaine. S’agit-il d’une fraude isolée ? Ou bien, comme certains éléments permettent de l’envisager, d’une pratique tolérée par les autorités de contrôle ?

Nul besoin d’une vaste enquête pour avoir une idée de l’incroyable pharmacopée destinée aux animaux d’élevage. La liste des produits autorisés contient de nombreux douvicides (contre des vers parasites), anticoccidiens (parasites de l’intestin), anthelminthiques (vermifuges), hormones, vaccins, neuroleptiques et antibiotiques.

Sait-on comment l’oxytétracycline se mélange avec la gonadolibérine chez un poulet ? Comment le flubendazole se marie avec l’azapérone et les prostaglandines PGF2 dans la chair d’un porc ? Le thiabendazole avec le diazinon ou le décoquinate dans le sang d’une bonne vache charolaise ?

Aucune étude sur les effets de synergie de ces produits n’est menée. Il n’est pas dit qu’elles seraient possibles.

Lorsque c’est le cas, on découvre en tout cas un nouveau monde. Le 3 août 2012, la revue PloS One publiait un travail sur les effets combinés de trois fongicides très employés dans l’agriculture. Leur association provoque des effets inattendus sur les cellules de notre système nerveux central.

Commentaire de l’un des auteurs, Claude Reiss : « Des substances réputées sans effet pour la reproduction humaine, non neurotoxiques et non cancérigènes ont, en combinaison, des effets insoupçonnés. »

Effets insoupçonnés, éventuellement cancérigènes, ouvrant la voie –peut-être – à des maladies neurodégénératives comme Parkinson, la sclérose en plaques ou Alzheimer.

Cette découverte est cohérente avec les grands changements en cours dans la toxicologie, qui étudie les substances toxiques.

« LA DOSE FAIT LE POISON »

Aujourd’hui encore, le principe de base de cette discipline est le Noael (No observed adverse effect level), ou dose sans effet toxique observable. Longtemps avant Noael, son précurseur Paracelse – un magnifique alchimiste du XVIe siècle – résumait à sa façon le paradigme actuel de la toxicologie : « Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison ; seule la dose fait qu’une chose n’est pas un poison. »

Phrase-clé que des générations de toxicologues ont résumée dans cette formule : « La dose fait le poison. »

Mais la connaissance bouscule les idées en apparence les plus solides. Le lourd dossier des perturbateurs endocriniens vient rebattre les cartes de manière spectaculaire.

En deux mots, ces substances chimiques imitent les hormones naturelles et désorientent des fonctions essentielles du corps humain, comme la reproduction ou la différenciation sexuelle.

Or les perturbateurs agissent à des doses si faibles que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a pu conclure, dans un rapport de 2011, que les effets de l’un d’eux, le bisphénol A, étaient avérés à « des doses notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins réglementaires ».

Il est certain que ce seul propos marque un tournant. Car du même coup, la dose journalière admissible (DJA) du bisphénol A – sa limite légale – pourrait être divisée par… 2 millions, selon le toxicologue André Cicolella.

Le bisphénol A pourrait même « avoir des effets plus importants à très faible niveau d’exposition qu’à haut niveau », ce qui mettrait à bas tout l’édifice.

Quel rapport avec cette fraude géante appelée désormais « horsegate » ? C’est on ne peut plus limpide : nul ne sait ce que contient réellement la viande industrielle. Et nul ne veut savoir. Dans la lutte contre l’orgie d’antibiotiques donnés au bétail, le ministère de l’agriculture apparaît comme un Janus biface.

D’un côté, des promesses, et, de l’autre, l’inaction. Il lance fin 2011 un plan de réduction « de 25 % en cinq ans de la consommation des antibiotiques destinés aux animaux », mais que n’a-t-il oeuvré auparavant ? Entre 1999 et 2009, l’exposition du bétail à ces médicaments a augmenté de 12,5 %.

Certes, le volume global a baissé entre ces deux dates, mais les nouveaux produits sont actifs à des doses plus faibles. La situation s’aggrave, alors que l’antibiorésistance a été repérée dès avant la seconde guerre mondiale.

De quoi s’agit-il ? Après un temps court, les bactéries combattues par un antibiotique mutent. Ainsi des sulfamides, introduits en 1936, confrontés dès 1940 à des souches résistantes de bactéries.

LES INFECTIONS NOSOCOMIALES

Ainsi de la molécule de tétracycline, ainsi du tristement célèbre staphylocoque doré, dont plusieurs souches résistantes ont donné diverses lignées SARM (staphylocoque doré résistant à la méticilline).

Le SARM joue un rôle fondamental dans les infections nosocomiales, celles qui surviennent dans les hôpitaux. Bien que des chiffres indiscutables n’existent pas, on pense que les trois quarts des 7 000 à 10 000 décès annuels de ce type en France sont le fait de bactéries résistantes aux antibiotiques, au tout premier rang desquelles le SARM.

Des chiffres officiels américains font état de 19 000 morts dans ce pays en 2005, soit davantage que le sida. L’enjeu de santé publique est donc considérable.

Et il n’est pas exagéré de parler d’une maladie émergente, dont l’évolution demeure imprévisible. Tout récemment, le professeur David Coleman, spécialiste de la question, a identifié une souche si différente des autres qu’elle ne peut être détectée par les tests existants. Bien qu’elle touche les humains, elle se développe tout d’abord chez des animaux d’élevage, surtout les bovins.

Ce n’est guère étonnant, car une autre souche – le CC398 – prolifère depuis des années dans les élevages industriels.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu, en 2010, un avis indiquant que le réservoir du CC398 se trouve chez les bovins, la volaille, mais surtout chez les porcs.

Fait inquiétant, le SARM animal est de plus en plus présent dans les infections humaines, et une étude néerlandaise (Voss et al., 2005) établit que les producteurs de porcs sont 760 fois plus touchés que la population générale.

Un exemple frappe l’imagination : celui d’un vétérinaire (Nienhoff et al., 2009) qui transmet à son propre chien un SARM animal acquis au contact d’un porc.

C’est dans ce contexte de grande inquiétude que l’EFSA lance en 2008 une enquête européenne. Disons franchement qu’elle étonne. Laissons de côté le mystère britannique, qui ne reconnaît aucun cas de SARM animal.

L’Espagne, en revanche, a retrouvé la souche CC398 dans 46 % des élevages porcins, l’Italie dans 14 % d’entre eux, l’Allemagne dans 43,5 % et la Belgique dans 40 %. Autrement exprimé, tous nos voisins sont fortement touchés. Mais pas nous.

Nos services ne rapportent que 1,9 % d’élevages porcins frappés par le SARM animal, dont tout le monde sait qu’il tue en France un nombre inconnu, mais en toute hypothèse élevé, de malades.

Ce pourcentage est peut-être exact, mais il fait penser, mutatis mutandis, à ce nuage de Tchernobyl qui aurait par miracle épargné la France.

Il est peut-être exact, mais l’Europe elle-même, par le biais de l’EFSA, a diplomatiquement fait état de sa grande surprise au vu des résultats. Citation du rapport de 2009 : « L’EFSA recommande en outre que de nouvelles études soient réalisées afin d’identifier les raisons justifiant les différences observées au niveau de la prévalence du SARM dans les différents Etats membres. »

Oui, pourvu que ce pourcentage soit exact, ce qui serait mieux que de jouer avec le feu bactérien. Car laisser flamber le SARM dans les élevages serait autrement plus grave que le tour de passe-passe autour de la viande de cheval.

Aucune équipe gouvernementale, depuis cinquante ans, n’a osé ouvrir le dossier infernal de l’élevage industriel et de la folie des antibiotiques. Le moment est peut-être venu.

Fabrice Nicolino, enquêteur, chroniqueur et reporter

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Viande et santé, sommes-nous menacés ? Le point complet avec un médecin

Viande et santé, sommes-nous menacés ? Le point complet avec un médecin

Par le docteur Laure Souchier, diplômé de la Faculté de Montpellier.

La consommation de viande par habitant en France a été multipliée par trois en un siècle et reste à un niveau extrêmement élevée.

En dépit d’un tassement depuis le début des années 2000, la consommation de viande est environ de 86 kg par personne et par an (0).

Consommation viande en France par habitant et par an

Consommation viande en France par habitant et par an

 

Dans le détail, selon l’ITAVI (Institut Technique de l’Aviculture qui correspond aux élevages d’oiseaux et de volailles) (1) la consommation de volaille augmenté de manière conséquente sur les 20 dernières années et compense en grande partie la baisse des viandes rouges Cette augmentation s’explique essentiellement par le très faible coût de cette viande. L’information consistant à mettre en avant l’aspect bénéfique de la consommation des viandes blanches pauvres en acides gras saturés (mauvaises graisses) en comparaison des viandes rouges est très partiale car cette viande est aussi la plus concernée par les contagions et la présence d’antibiotiques (voir plus loin).

Consommation par type de viande en France

Consommation par type de viande en France

La consommation de produits aquatiques continue de croître pour atteindre environ 14 kg par personne et par an.

La consommation de produits aquatiques (poissons, coquillages, crustacés et céphalopodes) a augmenté d’environ 15% sur les 15 dernières années (2).

Conséquences d’une alimentation trop riche en viande : La surconsommation de viande rouge favorise le cancer colorectal, 2ème cancer en France pour la mortalité. 39% des hommes sont concernés

Epidémiologie

Le cancer colorectal est le 3ème cancer en France en termes de fréquence et le 2ème en termes de mortalité (3). En 2012, 42 152 nouveaux cas de cancer colorectal avaient été répertoriés. De même, 17 722 personnes sont décédées d’un cancer colorectal en 2012 (4).

Danger de l’excès de viande dans le cancer colorectal

D’après l’OMS et l’INCA qui s’appuient sur les résultats d’études internationales (5–7), la consommation excessive en viande (et notamment viande rouge qui comprend le bœuf, le porc, le cheval, le mouton) est associée à une augmentation du risque de cancer colorectal. En effet, le risque serait accru de 29% par tranche de 100 g de viande ingérée par jour et 21% par tranche de 50 g de charcuterie par jour. Cette relation est jugée convaincante en termes de niveaux de preuve. Les mécanismes en relation avec cette augmentation de risque sont encore mal connus mais il semblerait que les sels nitrités apportés par certaines charcuteries jouent un rôle  de même que la synthèse de composés N-nitrosés cancérogènes dans l’estomac ou la production de radicaux libres et de cytokines pro-inflammatoires liée à un excès de fer apporté par la viande.

39% des hommes et 13% des femmes consomment plus de 500 g de viande par semaine et sont concernés par cette augmentation du risque de cancer colo-rectal.

Facteurs protecteurs

Il est important de savoir qu’une alimentation riche en fibres et notamment issues des fruits et des céréales diminue le risque de cancer colorectal autant que la consommation de poisson.

La surconsommation de viande rouge favorise les maladies cardiovasculaires. L’augmentation du risque d’infarctus irait jusqu’à plus de 50%.

Une consommation de viande rouge qui sont riches en acides gras saturés et donc en cholestérol contribue à la formation de plaques d’athérome au sein des artères et notamment des artères du cœur (coronaires) et majore donc le risque d’évènement cardiovasculaire (infarctus du myocarde, AVC, artériopathie des membres inférieurs…) (8). En effet, une étude américaine de 2005 portant sur 4300 sujets retrouve un lien entre consommation de viande et HTA, facteur de risque cardiovasculaire qui majore le risque d’évènements type infarctus ou AVC (9). Dans le même sens, une étude grecque en 2000 rapporte une augmentation de 52% du risque d’infarctus chez les consommateurs excessifs de viande rouge et 18% pour ceux de viande blanche (10).

La surconsommation de viande rouge favorise la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge).

Une étude Australienne rapporte que la consommation de viande rouge aurait un impact négatif sur le risque de développement de la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) (11). Cette maladie qui touche la macula, une région de la rétine, entraine une perte progressive de la vision centrale et touche principalement les personnes âgées.

La consommation de viande, en particulier de l’élevage intensif de volailles, contribue à l’antibiorésistance, problème majeur de santé publique.

Selon l’OMS, plus de 50 % des antibiotiques produits sont destinés aux animaux (12).

En 1999, l’union Européenne avait tenté de cadrer l’utilisation des antibiotiques au sein des élevages animaliers. En effet, elle stipulait l’interdiction de l’utilisation de certains antibiotiques comme additif alimentaire chargé d’accélérer la croissance des animaux. Depuis 2006, cette pratique est totalement interdite. Malgré cela, devant l’envolée des élevages intensifs, les antibiotiques à ce jour sont toujours utilisés en masse pour éviter la transmission des infections au sein de ces élevages dont la promiscuité est majeure et le risque de dissémination d’une infection important. Selon le Pr. Patrice Courvalin, directeur de l’unité des agents antibactériens à l’Institut Pasteur, il est impératif de modifier les techniques d’élevage (13). En effet, les animaux traités développent des résistances aux antibiotiques utilisés en masse. Des bactéries se multiplient au sein de ces animaux grâce à la pression de sélection liée à l’antibiorésistance. La viande ingérée ensuite contient toujours ces bactéries qui colonisent le tube digestif de l’homme et qui peuvent entrainer des infections type salmonellose (14).

De plus, ces bactéries sont également résistantes chez l’homme et peuvent aller jusqu’à entrainer le décès en cas d’infection étant donné l’absence de traitement antibiotique efficace. Pour éviter une sur consommation d’antibiotiques au sein des élevages, il est primordial d’améliorer leurs conditions de vie et d’hygiène ainsi que d’éviter d’entasser les animaux. En 2012, la FDA (the Food and Drug Administration aux Etats Unis) a lancé une action afin de limiter l’utilisation des antibiotiques au sein des élevages (11). L’ANSES dans son rapport de 2014 recommande de limiter l’utilisation des antibiotiques uniquement pour des raisons médicales précises cadrées par un vétérinaire et d’éviter leur utilisation en prévention (15). De plus, il met en avant le fait que les conditions d’élevage intensif sont propices à la surconsommation d’antibiotiques par les éleveurs et donc participent à l’émergence de bactéries multi résistantes.

La résistance antibiotique cause aujourd’hui 700.000 décès par an dans le monde dont 50.000 en Europe et aux Etats-Unis. Des experts britanniques mis en place par David Cameron en 2013 évaluent à 10 millions le nombre de morts par an dans le monde en 2050 lié aux résistances aux antibiotiques (16).

Les volailles sont particulièrement concernées.

Selon une enquête d’UFC Que choisir de mars 2014 un quart des échantillons de volaille sont contaminées par les bactéries dont 61% sont antibiorésistantes et 23% d’entre elles peuvent même survivre à des antibiotiques utilisés en médecine humaine en dernier recours pour des maladies graves (16 bis) .

 

PCB et mercure dans le poisson conduisent les autorités sanitaires à limiter la prise de poisson à deux fois par semaine.

Les PCB ou polychlorobiphényles sont des produits industriels fabriqués par l’homme dès 1930. Ils étaient utilisés comme fluides électriques dans le cadre de transformateurs ou condensateurs. Ils servaient également à la formation d’huile de coupe pour le traitement du métal, des soudures, des adhésifs, des peintures etc. Ces produits sont totalement interdits de fabrication depuis 1987 (17). Les PCB sont des éléments peu biodégradables dont la demi-vie moyenne (temps pour éliminer 50 % du produit) est de 7 ans (variable entre 6 mois et 23 ans en fonction des types de PCB) (18). Ils sont également transportables sur des grandes distances. Malheureusement, suite à des contaminations accidentelles répétées, ces produits ont séjournés dans les différents milieux de l’environnement (terre, sol, eau …) et ont contaminé ensuite les plantes, les animaux et enfin les hommes par le biais de la chaine alimentaire. Une exposition aigüe forte peut entrainer une irritation de la peau ; une exposition chronique peut engendrer des atteintes hépatiques, des troubles de la fertilité et de croissance. L’alimentation est donc la principale source (plus de 90%) pour l’homme et ce particulièrement par le biais du poisson pour 50 %, de la viande, des œufs et produits laitiers (18). L’allaitement maternel peut également contenir des PCB. Les PCB sont éliminés ensuite dans les urines et les selles.

Une autre substance toxique pour l’homme et présente à l’état de trace dans le poisson existe : le mercure. Le mercure, métal présent naturellement à l’état de traces dans l’environnement est rejeté par l’écorce terrestre dans l’air puis se disperse ensuite dans les sols, les eaux et les sédiments et la nature par le biais des rejets secondaires aux activités humaines. Le mercure dans son état élémentaire n’est pas toxique mais c’est à la suite de transformations chimiques qu’il le devient sous sa forme méthylée (methylmercure) et est absorbée par l’organisme. Il peut se concentrer très fortement dans les organismes aquatiques, sa teneur tendant à s’élever au fil de la chaîne alimentaire, à chaque fois qu’une espèce en mange une autre (19). La principale source d’exposition alimentaire en methylmerure est le poisson, le niveau de contamination étant variable d’une espèce à une autre. Le methylmercure est toxique pour le système nerveux central de l’homme surtout in utéro (au cours de la grossesse) et dans les premières années de vie.

Depuis 2002, l’Anses a évalué le risque sanitaire lié à la présence du methylmercure dans les poissons consommés. A ce jour, l’Anses estime que la consommation de poissons pour l’ensemble de la population ne présente pas de risque pour la santé au regard du risque lié au méthylmercure. En effet, l’apport de la population en méthylmercure est inférieur à la dose journalière tolérable définie par l’Organisation mondiale de la santé.

Au final » l’Agence limite à deux fois par semaine la prise de poisson. L’agence « recommande, afin de permettre une couverture optimale des besoins en nutriments tout en limitant le risque de surexposition aux contaminants chimiques, la consommation de 2 portions de poissons par semaine, dont une à forte teneur en EPA et DHA (Saumon, Sardine, Maquereau, Hareng, Truite fumée), en variant les espèces de poisson et les lieux d’approvisionnement (sauvage, élevage, lieux de pêche etc…) dans le cadre d’une alimentation diversifiée ». (20).

 

Les légumes, œufs et produits laitiers peuvent fournir une part substantielle, voire exclusive, de protéines.

L’apport protéique nécessaire journalier (0.8 g /kg/jour) ne se résume pas à la consommation de viande ou poisson. Pour pallier les besoins énergétiques de l’homme, l’apport de sources protidiques d’origine végétale est tout à fait validé. Il est nécessaire d’apporter des céréales et des légumineuses de manière régulière. Les légumineuses correspondent aux pois, haricots, pois chiches, lentilles, soja etc. Les tubercules sont également riches en protéines comme les pommes de terre, patate douce, igname, topinambour) (23).

Le PNNS (21), référence nationale en terme de nutrition, conseille de réduire la quantité de protéines animales dans nos assiettes. En effet, la portion d’origine animale doit être toujours inférieure à celle de l’accompagnement (21). Prenons des exemples tels que les plats traditionnels type choucroute, couscous etc. où la viande n’était qu’un accompagnement du plat. Aujourd’hui c’est souvent le contraire que l’on constate et la viande occupe l’essentiel de l’assiette.

L’apport protéique alimentaire est essentiel pour le fonctionnement du corps humain. En effet, les protéines sont constituées d’un ensemble d’acides aminés qui sont ensuite utilisés ensuite par le corps humain pour son bon fonctionnement. Certains ne peuvent être synthétisés par le corps lui-même, appelés acides aminés essentiels et doivent donc être apportés par l’alimentation. Longtemps, il a été rapporté que seule une alimentation riche en viande et poisson permettait d’apporter des acides aimés essentiels. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et ces éléments peuvent se trouver hors de la viande et du poisson.

L’histidine est retrouvée dans les champignons, les légumes secs, mes pommes de terre.

L’isoleucine est présente dans les œufs, le soja, le lait, les graines.

La biotine apparait au sein des céréales complètes.

La leucine existe dans le soja, les cacahuètes, les germes de blé, les amandes.

La lysine est présente dans le soja , les lentilles, le parmesan, le lait

La méthionine est retrouvée dans le sésame, les œufs, la phenylalanine dans les céréales, les noits, les fruits et le tryptophane dans le cacao, l’avoine, les œufs, le soja, le parmesan, le sésame.

Quant à la valine, on la retrouve au sein des céréales.

Il ressort de cette liste que parmi l’ensemble de ces aliments, les œufs, les produits laitiers et notamment le parmesan, et les fruits secs sont des éléments indispensables de notre alimentation (24).

De plus, l’œuf longtemps considéré comme une protéine de référence, présente une valeur biologique de 95% (pour information, la viande est à 75%). Cela représente la proportion apportée d’acides aminés essentiels similaire à celle requise par le corps humain pour son bon fonctionnement. Cela appuie notre idée que l’œuf est un élément important dans notre alimentation (25) .

 

Conclusion : Choisir un régime végétarien ou pas n’est pas un débat scientifique

D’un point de vue scientifique, il n’est pas nécessaire de manger des protéines issues de la viande et du poisson pour être en bonne santé. Nous avons même essayé de vous montrer quelques risques liés à la (sur)consommation de viande et poisson.

Donc à chacun de choisir en fonction d’autres raisons, comme sa propre conscience, sans chercher à trouver des alibis dans la science.

 

Bibliographie

  1. Estimation de la consommation de viande par personne et par an par Bernard Sauvant, Inra. Pour 2013, estimation Animal Cross selon données sur le site Itavi environ 82 kg (volailles+porcs+bovins) + 1,5 kg agneau source Credoc, + 2,7 kg lapin http://www.fao.org/docrep/014/t1690f/t1690f01.pdf

1               évolution consommation française viande ITAVI [Internet]. [cité 18 déc 2014]. Disponible sur: http://www.itavi.asso.fr/economie/eco_filiere/volailles.php?page=conso#conso_fr

  1. 35 kg de poids vif selon France Agrimer, soit environ 14kg de poids net
  2. référentiel HAS cancer colorectal 2013 [Internet]. [cité 17 déc 2014]. Disponible sur: http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-08/referentieleps_format2clic_kc_colon-vfinale_2013-08-30_vf_mel_2013-08-30_12-18-6_653.pdf
  3. épidémiologie cancer colorectal en France , données 2012 INSERM [Internet]. [cité 17 déc 2014]. Disponible sur: http://lesdonnees.e-cancer.fr/les-indicateurs/21-epidemiologie/28-donnees-essentielles/41-epidemiologie-cancer-colorectal-france-metropolitaine-donnees-essentielles/98-epidemiologie-cancer-colorectal-donnees-essentielles-france-me.html
  4. Cohorte E3N – Fibres, viande et poisson : le lien avec le cancer colorectal [Internet]. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://www.e3n.fr/index.php/principaux-resultats/cancer-colorectal/112-fibres-viande-et-poisson-le-lien-avec-le-cancer-colorectal
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  6. OMS | Prévention du cancer [Internet]. WHO. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://www.who.int/cancer/prevention/fr/
  7. Koeth RA, Wang Z, Levison BS, Buffa JA, Org E, Sheehy BT, et al. Intestinal microbiota metabolism of l-carnitine, a nutrient in red meat, promotes atherosclerosis. Nat Med. 7 avr 2013;19(5):576‑85.
  8. Steffen LM, Kroenke CH, Yu X, Pereira MA, Slattery ML, Van Horn L, et al. Associations of plant food, dairy product, and meat intakes with 15-y incidence of elevated blood pressure in young black and white adults: the Coronary Artery Risk Development in Young Adults (CARDIA) Study. Am J Clin Nutr. déc 2005;82(6):1169‑77; quiz 1363‑4.
  9. Kontogianni MD, Panagiotakos DB, Pitsavos C, Chrysohoou C, Stefanadis C. Relationship between meat intake and the development of acute coronary syndromes: the CARDIO2000 case-control study. Eur J Clin Nutr. févr 2008;62(2):171‑7.
  10. INCA – La consommation de viande rouge augmente le risque de DMLA : une étude [Internet]. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://www.cnib.ca/fr/recherche/actualites/lien_viande_rouge_dmla/Pages/default.aspx
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  12. Viande : vers une restriction des antibiotiques dans l’élevage aux Etats-Unis : Allodocteurs.fr [Internet]. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-viande-vers-une-restriction-des-antibiotiques-dans-l-elevage-aux-etats-unis-12059.asp?1=1
  13. Antibiorésistance : le passage animal – Homme, mythe ou réalité ? BHE Anse [Internet]. [cité 20 janv 2015]. Disponible sur: https://pro.anses.fr/bulletin-epidemiologique/Documents/BEP-mg-BE53-art16.pdf . Voir aussi les propos du Pr. A. Andremont de l’hôpital Bichat de Paris. Le triomple des bactéries, A. Andremont et M. Tibon-Cornillon, 2006
  14. rapport ANSM 2014 antibiorésistance [Internet]. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/db81fb30057fdad49007a9dd6cc5f578.pdf
  15. Résistances aux antibiotiques : le cri d’alarme des experts de David Cameron [Internet]. Le Généraliste. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2014/12/15/resistances-aux-antibiotiques-le-cri-dalarme-des-experts-de-david-cameron_256986

16 bis. UFC Que choisir http://www.quechoisir.org/alimentation/production-agricole/elevage/communique-antibioresistance-dans-les-volailles-de-quoi-avoir-la-chair-de-poule

  1. Les Polychlorobiphényles (PCB) et les Polychloroterphényles (PCT) – Ministère du Développement durable [Internet]. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-Polychlorobiphenyles-PCB-et.html
  2. Consensus Scientifique sur les PCB Polychlorobiphényles [Internet]. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://www.greenfacts.org/fr/pcb/
  3. Consommation de poissons et exposition au méthylmercure | ANSES – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail [Internet]. [cité 20 janv 2015]. Disponible sur: https://www.anses.fr/fr/content/consommation-de-poissons-et-exposition-au-m%C3%A9thylmercure
  4. Mercure, PCB, dioxines : l’Anses recommande deux portions de poisson par semaine, pas plus [Internet]. Avis de l’Anses Saisine n° 2012-SA-0202 disponible sur internet. France info. [cité 20 janv 2015]. Disponible sur: http://www.franceinfo.fr/vie-quotidienne/sciences/article/mercure-pcb-dioxines-l-anses-recommande-deux-portions-de-poisson-par-semaine-pas-plus-266629
  5. PNNS : conseils de consommation viande, poisson et oeufs [Internet]. [cité 22 janv 2015]. Disponible sur: http://www.mangerbouger.fr/bien-manger/que-veut-dire-bien-manger-127/les-9-reperes/viande-poisson-ou-oeufs-1-a-2-fois-par-jour.html
  6. La viande biologique de poulet et de porc contient 33% moins de bactéries résistantes aux antibiotiques | Mon Epicer Bio [Internet]. [cité 17 déc 2014]. Disponible sur: https://www.monepicierbio.ca/blogue/viande-biologique-poulet-porc-contient-33-moins-bacteries-resistantes-aux-antibiotiques/
  7. Besoins nutritionnels – référentiel national de nutrition [Internet]. [cité 16 déc 2014]. Disponible sur: http://www.fascicules.fr/data/consulter/nutrition-polycopie-besoins-nutritionnels-adultes-evaluation-etat-nutritionnel.pdf
  8. Quels aliments pour les acides aminés essentiels? [Internet]. [cité 22 janv 2015]. Disponible sur: http://www.bluejean.fr/nutrition/acides-amines-essentiels.php
  9. les proteines alimentaire, cours faculté médecine Dijon [Internet]. [cité 22 janv 2015]. Disponible sur: http://medecine.u-bourgogne.fr/Telecharger-document/709-Les-Proteines-alimentaires-Cours-du-1er-octobre-2012.html

 

Trop de viande nuit à la santé. 1 français sur 4 est concerné.

Le point avec les Dr P. Souchier et J. Bernard Pellet
Il est aujourd’hui admis que la *nutrition est un facteur majeur de santé publique.

Dans ce domaine, une question est particulièrement d’actualité: existe-t-il un rapport avéré entre une consommation excessive de viandes rouges et produits dérivés ( charcuteries) et l’augmentation du risque de certaines maladies, en particulier le cancer colorectal?

Des solutions nutritionnelles sont désormais proposées par les principaux organismes de santé pour adopter, au quotidien, une alimentation source de santé.

Plus de 25% de la population française en danger : et vous ?

La consommation de viandes rouges et charcuteries est en nette augmentation: en France, elle a été multipliée par 2,5 depuis 1925.
estimation de la consommation de viande par habitant en France depuis 1800. Source : Bernard Sauvant, INRA

On peut parler de consommation excessive quand la quantité dépasse les 100 grammes de viande rouge par jour et 50 grammes de charcuterie.( Par viande rouge, on entend ici le boeuf,veau, mouton,porc et chèvre.)

Selon l’Inca (Institut national du cancer), un quart de la population consomme au moins 500 g de viandes rouges par semaine : 39 % des hommes et13 % des femmes. La consommation moyenne de charcuteries est de 270 gr/semaine (38 g par jour), 330 g chez les hommes et 215 g chez les femmes. Plus d’un quart de la population consomme au moins 50 g de charcuteries par jour.

Une tranche de jambon pèse environ 50 g ; un steack haché entre 80 et 120 g.

Rappel : il s’agit ici de la viande rouge cuite. Les quantités correspondent au poids de viande consommée : 500 g de viande cuite correspondent à environ 700-750 g de viande avant cuisson.

 

Une modification du comportement alimentaire

Cette augmentation de viandes et charcuteries est due à l’élévation du niveau de vie, d’autant plus que la surabondance proposée par les circuits de grande distribution a joué en faveur de la surconsommation.

Le facteur culturel est également déterminant car l’éducation à l’alimentation et à la santé varie fortement selon les groupes sociaux et la viande représente encore un produit de prestige, ce qui explique que sa consommation soit plus élevée aujourd’hui dans les catégories sociales les plus modestes.

Les maladies de la surconsommation

Le risque principal – jugé certain aujourd’hui- est l’augmentation du cancer colorectal, 3ème cancer le plus fréquent : 37000 nouveaux cas par an. 2ème cancer en termes de mortalité devant le cancer du poumon.

Le risque est augmenté de 29% par portion supplémentaire de 100 grs de viande rouge par jour et de 21 % par portion de 50 grs de charcuterie par jour (Institut national du cancer).

La forte teneur en graisses saturées des viandes rouges et charcuteries ainsi que leur haute densité énergétique sont des facteurs aggravants des maladies cardio – vasculaires ( athérome et infarctus) , de l’obésité, du surpoids et du diabète de type II.

Etude des Adventices du 7e jour :
34 000 patients suivis pendant 6 ans.

Viande et obésité
Viande et diabète de type II
Viande rouge et cancer du côlon
Viande blanche et cancer du côlon
Viande et hypertension
Source : Fraser, G.E., Associations between diet and cancer, ischemic heart
disease, and all-cause mortality in non-Hispanic white California Seventh-day
Adventists. Am J Clin Nutr, 1999. 70(3 Suppl): p. 532S-538S.

Les charcuteries, par leur forte concentration de nitrates et de graisses saturées, favoriseraient le développement de certains cancers: estomac et pancréas.

 

La solution: « manger autrement »

 

« Manger autrement » , c’est le titre du livre publié en 1985 par le Docteur Jean-Michel LECERF qui pointait déjà les défauts de notre alimentation: trop de graisses et de protéines animales et pas assez de céréales, légumes verts , légumes secs et fruits.

Les recommandations des principaux organismes de santé : PNNS ( programme national nutrition et santé ), INCa ( institut national du cancer), FMRC ( fonds mondial de la recherche contre le cancer) vont dans ce sens car ils s’accordent à dire qu’il convient de limiter la consommation de viandes et produits dérivés et d’augmenter celle de légumes , fruits, céréales complètes et légumes secs.
Des solutions concrètes pour une alimentation-santé

Diversifier les sources de protéines animales / végétales.
Les protéines animales possèdent tous les acides aminés essentiels- c’est-à-dire ceux qui ne peuvent pas être synthétisés par l’organisme humain- contenus dans la protéine idéale de référence officielle.

Mais il faut savoir que les légumineuses (lentilles, pois, pois chiches, haricots secs,soja) possèdent une valeur qualitative comparable en protéines à celles d’origine animale, en particulier le soja. Les autres protéines végétales (légumes à feuilles, fruits oléagineux comme les noix, noisettes et amandes et céréales), bien que ne possédant pas tous les acides aminés essentiels, sont une source de protéines satisfaisante lorsqu’on les associe.

Adopter le plus possible un mode alimentaire qui a fait ses preuves: le « régime méditerranéen » dont l’observation induit une mortalité réduite de 17 % (voir en annexe: Aprifel juin -juillet 2001).
Pour corroborer le bien-fondé de ce type d’alimentation : une confirmation éclatante apportée par les centenaires d’OKINAWA ( île du Japon) : menu de la journée: 7 portions de légumes et de fruits, autant de céréales et 2 plats à base de soja. Poisson trois fois par semaine et boissons alcoolisées modérées.

 

Quelques idées reçues …

 

La viande rouge est indispensable pour être en bonne santé
Certes elle apporte de protéines d’excellente qualité mais elle n’est pas la seule source de protéines; les œufs, les légumes à feuilles, les légumineuses (entre- autres le soja) apportent autant de protéines que la viande.

La viande permet de conserver sa masse musculaire
Une consommation excessive en viandes provoque une acidose qui associe une hyper calciurie (perte de calcium urinaire) à une fonte musculaire. Les fruits et légumes, parce qu’ils sont riches en sels organiques de potassium, sont favorables à la préservation de la masse musculaire (Actualités scientifiques; Aprifel juin 2008).
L’élevage intensif, un réel danger sanitaire ?

Dans ce type d’élevage , la promiscuité ne peut qu’accroître le risque de contamination entre les animaux. Souvent cette situation provoque une augmentation de la consommation d’antibiotiques et de désinfectants pour pallier une hygiène déficiente et un environnement non-respectueux du bien-être de l’animal (voir ci-dessous Loi du 10/07/76). Ces antibiotiques ont même été administrés parfois comme facteur de croissance afin d’obtenir une meilleure productivité. Au conseil de L’Europe ( le 1/12/99), la commission de l’agriculture et du développement rural a rédigé certaines recommandations visant à :

– interdire l’utilisation d’antibiotiques comme promoteurs de croissance.

– limiter au maximum l’utilisation de certains antibiotiques.

– améliorer les contrôles sanitaires dans les élevages.

Mais il est certain qu’il reste obligatoirement , même après abattage, des traces d’antibiotiques et d’ autres produits . Tous ont vraisemblablement une action de sensibilisation chez l’homme qui, par des contacts répétés à des doses si infimes soient-elles, peut développer soit des résistances , soit des allergies aux produits utilisés chez l’animal.

L’élevage intensif provoque également la prolifération des mouches capables de se reproduire très rapidement. Or toutes ces mouches sont le vecteur de nombreuses bactéries et maladies ( salmonelles ; variole ; mastite ; colibacillose ; coryza…) qui se transmettent rapidement aux animaux d’élevage dont le système immunitaire est amoindri par un environnement défavorable. Il est avéré que de nombreuses maladies sont transmises de l’animal à l’homme ( brucellose ; tuberculose ; leptospirose ; toxoplasmose et , plus récemment, la maladie de Creutzfeldt- Jacob, la grippe aviaire….) Un cas particulier très révélateur : dans les élevages porcins intensifs, les risques encourus par la dissémination de micro-organismes responsables de maladies sont fortement accrus lors des déplacements d’animaux. Ce risque est encore augmenté lorsque les approvisionnements sont multiples ( animaux provenant de plusieurs élevages).

N’oublions pas que les premiers exposés à ces infections sont les éleveurs qui , inhalant les émanations gazeuses et aéroportées dues aux déjections et aux lisiers , développent des problèmes respiratoires préoccupants ( bronchites chroniques par exemple).

SOURCES : Novartis ( programme anti-mouches) Conseil de l’Europe ; commission de l’agriculture et du développement rural ( web.archive.org) Réglementation française- loi du 10 juillet 1976, article 9- : « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de l’ espèce » Etude INRA sur le bien-être animal.
Pour en savoir plus…
Mangerbouger.fr/ PNNS / manger mieux c’est possible.

www.e-cancer.fr/ nutrition et cancers

www.FMRC.fr / rapport du centre international de recherche sur le cancer « causes du cancer en France »

www.aprifel.com/ équation nutrition

Manger autrement Dr Jean-Michel LECERF éditions institut Pasteur de Lille