Foie gras, dinde : ce que nos fêtes cachent encore

Foie gras, dinde : ce que nos fêtes cachent encore

Ils veulent vivre. Pensons aussi à eux à Noël

Noël évoque la chaleur, le partage, la bienveillance. Pourtant, chaque année, derrière les tables dressées et les traditions répétées, des millions d’animaux vivent cette période comme une épreuve de souffrance et de mort.

Derrière une tranche de foie gras, il n’y a pas un simple produit festif. Il y a un canard ou une oie, un être sensible, capable de ressentir la peur, la douleur, le stress. Un animal dont le corps a été contraint, forcé, rendu malade volontairement par le gavage, afin de produire un foie anormalement hypertrophié. Tout cela pour quelques instants de plaisir gustatif.

À la même période, la dinde devient l’emblème du repas de Noël. Pourtant, on oublie trop souvent qu’elle n’est pas un symbole, mais un individu. Élevées massivement, sélectionnées génétiquement, confinées, puis abattues dans l’indifférence générale, des millions de dindes paient de leur vie une tradition que l’on ne questionne presque plus.

Une cruauté devenue normale

Si ces pratiques perdurent, c’est aussi parce qu’elles sont devenues invisibles. Le foie gras est présenté comme un produit d’exception, la dinde comme un incontournable des fêtes. La souffrance, elle, est soigneusement tenue à distance.

Et pourtant, le système qui les produit est loin d’être stable ou vertueux.

En effet, de 2019 à 2023 la somme astronomique de 1,5 milliard a été dépensée pour lutter contre les crises de grippe aviaire qui ont impacté périodiquement les élevages de canards, poules et oies.

Un récent rapport de l’Observatoire des Subventions et Aides Agricoles (ObSAF) met en lumière une réalité troublante : la filière foie gras est maintenue artificiellement à flot par des aides publiques massives. Entre 2022 et 2025, près de 14 millions d’euros d’argent public ont été mobilisés en Nouvelle-Aquitaine pour soutenir cette production, dont une grande partie pour compenser des crises sanitaires à répétition, notamment liées à l’influenza aviaire.

Malgré ces financements, le modèle reste fragile. Les élevages sont de moins en moins nombreux, mais de plus en plus grands et intensifs. Cette concentration accroît les risques sanitaires, rend les animaux plus vulnérables et enferme les éleveurs dans un système dont ils dépendent économiquement.

Pire encore, ces subventions ne servent pas à transformer le modèle, mais à le prolonger : biosécurité renforcée, communication, promotion d’un produit reposant sur une pratique contestée… tout est mis en œuvre pour que rien ne change en profondeur.

 

Noël, reflet de nos valeurs

Noël est censé incarner l’amour, la compassion, le respect. Peut-on vraiment célébrer ces valeurs tout en fermant les yeux sur la souffrance qu’implique ce que nous mettons dans nos assiettes ?

La bonne nouvelle, c’est que nous avons le choix.

Aujourd’hui, il existe des alternatives végétales festives, créatives et savoureuses, qui permettent de se rassembler autour d’un repas sans exploiter ni tuer qui que ce soit. Des plats généreux, gourmands, porteurs de sens, qui prouvent qu’il est possible de se faire plaisir sans faire souffrir.

Choisir un Noël sans foie gras ni dinde, ce n’est pas renoncer à la fête.
C’est au contraire lui redonner toute sa cohérence.

Et si cette année, nous faisions autrement ?

En changeant nos habitudes, nous envoyons un message clair :

  • que l’argent public doit servir la transition, pas l’acharnement sur des modèles dépassés
  • que les traditions ne justifient pas la souffrance
  • et que les animaux ne sont pas des marchandises.

 

Crédit photo foie gras : L214

 

 

 

 

 

 

 

Foie gras pour Noël : l’horreur derrière la magie, au nom de la gastronomie

Foie gras pour Noël : l’horreur derrière la magie, au nom de la gastronomie

Le foie gras est présenté comme un met d’exception. Mais sa fabrication repose sur une pratique barbare que beaucoup ignorent encore : le gavage. Une méthode qui engendre une souffrance animale qui est, d’ailleurs, interdite dans la grande majorité des pays européens.

Ce que dit la réalité

  • 22,8 millions de canards et 78 000 oies ont été gavés en France en 2024 (1).
  • Seuls les mâles sont utilisés : les femelles sont massacrées à la naissance par broyage ou gazage.
  • 60 à 90 % des canards sont élevés en cages de batterie leur blessant les pattes et les rendant incapables de se lever ou d’étendre leurs ailes. Leur univers ? Une cage métallique et l’attente…
  • Puis vient le gavage : pendant 12 jours, un tube métallique de 25 cm leur est enfoncé de force dans l’œsophage 2 à 3 fois par jour pour ingérer une quantité de nourriture équivalente à 6 fois leur ration normale.  Au moment du gavage, une grille aplatit et compresse les animaux au fond de la cage pour entraver leurs mouvements. Imaginez leurs souffrances… Pas d’échappatoire possible.
  • Pour donner une idée : un canard ingère 800 g de maïs par jour, soit l’équivalent de 10 kg d’aliments quotidiens pour un humain de 70 kg. Beaucoup agonise pendant et après le gavage.
  • Leur foie atteint 10 fois sa taille : c’est une maladie, la stéatose hépatique. Et le supplice ne s’arrête pas là : diarrhées, halètements, difficultés à respirer, incapacité à se déplacer normalement…
  • La mortalité en période de gavage est 10 à 20 fois plus élevée qu’en élevage normal (2).

Un abattoir en guise de réveillon

Après une douzaine de jours de gavage, les oiseaux sont envoyés à l’abattoir. Étourdis par électronarcose, ils devraient perdre conscience avant d’être saignés… mais il est fréquent qu’ils se réveillent pendant la procédure. Leur vie s’achève dans le bruit, le métal, la précipitation.

Un laissez-passer français pour torturer, au nom de la gastronomie et de la tradition

La directive européenne de 1998 interdit tout mode d’alimentation causant souffrance ou dommage à l’animal. Le gavage est donc contraire à l’esprit du texte… et c’est pourquoi il est interdit dans la majorité des pays de l’UE. La France fait partie des rares exceptions au nom de la tradition gastronomique.

Le rapport du Comité scientifique de la Commission européenne de la santé et du bien-être des animaux, démontre que la “stéatose hépatique” créée par le gavage est une maladie grave, dont le niveau atteint en fin de gavage serait mortel si la procédure durait ne serait-ce que quelques jours de plus.
Les scientifiques y décrivent un procédé causant souffrance, blessures et défaillance organique, concluant que le gavage, tel qu’il est pratiqué, compromet gravement le bien-être animal (3).

Cette conclusion est confirmée par le rapport du Pr. Broom et du Dr. Irene Rochlitz de l’Université de Cambridge de 2015 intitulé « Le Bien-être des canards pendant la production de foie gras » (4). 

Des risques qui nous concernent aussi

Selon l’ANSES et l’Institut Pasteur, les élevages intensifs de canards sont un facteur majeur de propagation et de mutation de la grippe aviaire.

Plus le virus circule, plus le risque de transmission à l’humain augmente.

Des alternatives existent

Les alternatives végétales au foie gras, “faux gras”, terrines végétales, pâtés gastronomiques, se multiplient. Savoureuses, festives, créatives, elles permettent de conserver le plaisir des fêtes… sans cautionner la souffrance.

Comment éviter le foie gras… sans gâcher la fête !

Si vous aussi, vous refusez de cautionner cette souffrance intolérable, voici quelques répliques pour avoir de la répartie et éviter les débats sans fin avec l’oncle casse-pied.

La réponse diplomatique

« Oh non merci, je me garde une place pour la suite… et vu ce que Mamie a prévu, je préfère assurer ma survie. »

La réponse informée, mais tranquille

« Je passe mon tour. J’ai appris comment c’était fabriqué et comment les animaux souffrent horriblement, ça m’a coupé l’appétit. »

La réponse pour désamorcer l’ambiance

« On m’a dit que le Père Noël donnait des points bonus à ceux qui choisissent la version vegan et moi je veux plus de cadeaux. »

La réponse complotiste (gentille, évidemment)

« Non merci… On ne me fera pas croire qu’un foie 10 fois trop gros, c’est naturel. On ne me la fait pas, moi ! »

La réponse “experte santé”

« Oh non, j’évite les foies malades… Le mien a déjà assez de boulot avec les repas de famille. »

La réponse “zen”

« Non merci, je suis dans une phase où je ne mange rien qui ait vécu une expérience traumatisante. Donc adieu foie gras, bonjour sérénité. »

La réponse “Star Wars”

« Sans moi ! Je suis passé du côté lumineux de la force : celui des terrines végétales. Il y a moins de souffrance et plus de goût ! »

La réponse cinéma

« J’ai vu trop de documentaires sur le sujet. Franchement, même Tarantino ne tournerait pas un truc aussi violent. » 

 

Sources :

  1. Agreste, 2024. Statistique agricole annuelle (SAA) 2024, données provisoires, 62 p. (p. 24).
  2. Rapport de 1998 du Comité Scientifique vétérinaire mandaté par la commission européenne
  3. Scientific Committee on Animal Health and Animal Welfare, « Welfare Aspects of the Production of Foie Gras in Ducks and Geese », adopté le 16 décembre 1998. Le texte complet de ce rapport était disponible sur le site de l’Union européenne. On peut le consulter sur une archive en ligne (en anglais).
    La LFDA en propose une analyse critique (en français) sur son site.
  4. Broom D. M., Rochlitz I., 2015. « Le Bien-être des canards pendant la production de foie gras ».
    Une version de ce rapport a été publiée en 2017 : « The Welfare of Ducks During Foie Gras Production », Animal Welfare vol. 26 no 2, p. 135-149.

Crédit photo : L214

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Foie gras : un peu, beaucoup, passionnément ou… pas du tout ?

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A l’occasion de la journée internationale pour dire non au foie gras, Animal Cross a conçu une petite vidéo. Foie gras : un peu, beaucoup, passionnément ou… pas du tout ? A partager sans modération dans votre entourage à la veille des fêtes de fin…

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NON à la ferme des 10 000 canards à EXCENEVEX (Haute-Savoie)

Mobilisation samedi 18 février à Ballaison de 14h à 19h (covoiturage depuis Annemasse / Genève) organisée par l’association CHOC (Collectif Halte Ouvrons les Cages) :  https://www.facebook.com/events/1287842014642095/permalink/1289759817783648/ PRESENCE…

Cette année, à Noël, on pense aux animaux : on évite le foie gras…

Cette année, à Noël, on pense aux animaux : on évite le foie gras…

Les fêtes de fin d’année approchent à grands pas. Le jour J, vous êtes invité à un repas et on vous tend un plateau de foie gras. Le hic ? Vous êtes sensibilisé à la cause animale et la souffrance qu’endurent les canards et les oies pour la production de foie gras vous est insupportable.

Une souffrance animale insupportable

Et pour cause, en France, près de 90% des oiseaux gavés sont enfermés dans des cages de batterie où ils ne peuvent ni se lever, ni se retourner, ni même étendre leurs ailes. Deux fois par jour, un tuyau leur est enfoncé dans leur gosier jusqu’à l’estomac, afin de leur administrer d’énormes quantités de nourriture (jusqu’à 1 kg d’aliments!).

Le choc du gavage provoque, chez les animaux, des diarrhées et halètements. Les canards et les oies développent alors une maladie : la stéatose hépatique. Leur foie hypertrophié atteindra quasiment 10 fois le volume normal. Les animaux, à l’agonie, sont alors envoyés à l’abattoir…

Comment éviter le foie gras… sans vous fâcher avec vos proches !

Si vous aussi, vous refusez de cautionner cette souffrance intolérable, voici quelques réponses-types que vous pourriez rétorquer lors d’un repas pour éviter le foie gras… sans vous fâcher avec vos proches !

  1. La réponse prudente :

« Non merci, je me réserve pour la suite ! » (en espérant que ce ne soit pas de la dinde, sinon bon courage…)

  1. La réponse militante :

« Je préfère dire non. D’une part parce que ces animaux sont en souffrance continue ; d’autre part parce que je considère chaque être vivant comme mon égal. Et je ne vais pas manger mon égal, ce serait glauque, non ?! »

  1. La réponse du top model :

« Non merci, c’est hyper gras, je fais attention à ma ligne ! »

  1. La réponse nerveuse

« Euh, vous voulez me tuer ? Vous savez que ce le foie de ces animaux est malade ?! »

  1. La réponse gourmande

« Personnellement, je préfère le « faux gras », une alternative végétale au foie gras. J’en ai amené si vous souhaitez goûter ! C’est délicieux. »

  1. La réponse hystérique (pas recommandée)

« Vous voulez que je vous gave pour qu’on vous serve votre foie l’an prochain ?! »

En somme, il est facile d’arrêter de consommer du foie gras en privilégiant d’autres mets, tout en sensibilisant ses proches ! Ensemble, épargnons aux animaux cette souffrance intolérable.

Le gavage est cruel. Stoppons la production de foie gras !

Le gavage est cruel. Stoppons la production de foie gras !

Le foie gras est considéré comme un mets raffiné et gourmand que l’on consomme à l’occasion d’événements festifs. Pourtant, la réalité de sa production est bien loin de cette belle image.

Seuls les canards mâles sont gavés, l’utilisation des femelles est interdite. Leur foie est trop nervé. Les oiseaux sont triés par sexe dès l’éclosion. Jugées inutiles, les femelles sont le plus souvent éliminées dès leur naissance, par broyage ou gazage.

Lors de la période de gavage, les canards sont gavés 2 fois par jour, et les oies souvent 3 fois. Le gavage consiste à nourrir de force, à l’aide d’un tuyau enfoncé jusqu’au jabot de l’animal, un pâté constitué principalement de farine de maïs.

Cette opération prend 2 à 3 secondes avec la méthode industrielle de gavage, largement prédominante.

La quantité est énorme et le maïs est un aliment très énergétique. Un canard ingère environ 10 kg de maïs en 12 jours, soit 6 fois la ration normale, et la taille de son foie est multipliée par 10.

Le gavage cause diarrhées et halètements. Les oiseaux développent une maladie du foie appelée stéatose hépatique. Le rapport de 1998 du Comité Scientifique vétérinaire mandaté par la commission européenne mentionne des taux de mortalité de 10 à 20 fois plus élevés en gavage qu’en élevage.

A la souffrance animale s'ajoutent les risques pour la santé humaine. Selon l'’ANSES (L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’Institut Pasteur, on ne peut pas exclure que l’amplification exponentielle de la grippe aviaire dans les élevages intensifs entraine une contamination chez l'homme. La grippe aviaire pourrait muter en un sous-type transmissible à l’homme et surtout entre hommes.

Cette souffrance est inacceptable.

La directive européenne de 1998 concernant la protection des animaux dans les élevages stipule dans son article 14 qu’« aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles ». Le gavage est donc illégal. Il est d'ailleurs interdit dans la majorité des pays de l’Union Européenne

Interdisons à notre tour la production de foie gras en France.

La filière foie gras doit assumer ses responsabilités dans la grippe aviaire

La filière foie gras doit assumer ses responsabilités dans la grippe aviaire

Ecrit par les associations
Animal Cross, CIWF, One Voice, Paris Animaux Zoopolis, Welfarm

Depuis plusieurs années, la grippe aviaire décime périodiquement les élevages de canards, poules et oies.
Le coût pour lutter contre la grippe aviaire a déjà atteint la somme astronomique de 1,5 milliard pour les 4 dernières années de crise, selon un rapport parlementaire et va largement dépasser ce montant avec l’année 2022-2023 (p 102).
Toutes les productions avicoles pourront toucher des aides publiques, y compris les plus controversées, telles que la filière foie gras dont les pertes économiques ont été estimées par la filière à 308 millions d’euros sur la seule année 2022. (ibid p102). Que ne ferait-on pour venir au secours de la filière de production du foie gras « durement touchée » par la grippe aviaire ? La générosité de l’Etat semble sans limite.
Dans un contexte où l’argent public est rare, on ne peut qu’être surpris des largesses de l’Etat pour financer le gavage des oies et canards, une pratique cruelle qui est pourtant interdite, rappelons-le, dans la majorité des pays de l’Union Européenne.

Car, si certains pensent que la grippe aviaire tombe du ciel sur les élevages, ils se trompent lourdement. Si les oiseaux sauvages, lors de leur migration, semblent généralement à l’origine des premières contaminations, le développement et la propagation du virus à des milliers d’élevages et des millions d’oiseaux sont, eux, liés au mode d’organisation de la filière foie gras, nous démontrent les rapports répétés de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) selon deux rapports, datés de 2017 et 2022. Et ce, en dépit des mesures dites de « biosécurité » pour empêcher la diffusion du virus.

Citons parmi les causes :

  •  la division des tâches entre les accouveurs, qui font naitre les poussins, les engraisseurs, qui les font croître et les gaveurs, qui « finissent le travail », engendrant une noria de transports
  • les allées et venues des éleveurs, travailleurs agricoles, équipes d’attrapage, d’équarrissage et sous-traitants entre tous les élevages
  • la concentration forte des élevages situés au même endroit, et en particulier sur les couloirs de migration des oiseaux sauvages (Vendée, Landes, Pyrénées-Atlantiques)
  • la concentration, dans le même élevage, d’animaux de même génome facilitant la propagation du virus.

Le vaccin, miracle payé par le contribuable

Pour continuer la production de foie gras, la parade a été annoncée. Un vaccin arrivé le 2 octobre même si la vaccination durera plusieurs mois. Une fois de plus, le contribuable devra mettre la main à la poche pour continuer à financer la cruauté animale, sous prétexte qu’il vaut mieux payer pour vacciner les oiseaux que de payer les conséquences de la diffusion du virus. 85% du coût de la campagne de vaccination sera pris en charge par l’Etat pour un coût au minimum 160 millions euros (90 millions pour la vaccination pour une seule année, selon la profession, plus le suivi (scénario 2 p 121) , à répéter sans doute les années suivantes. Le coût de la vaccination se situerait entre 2 € par canard pour les élevages industriels, les plus nombreux, et 7 € pour les petits élevages.

Pas de remise en cause profonde du mode d’organisation des filières

L’Anses, comme le rapport parlementaire, invitent la filière à de profonds changements. L’Agence souligne, par exemple, qu’il « semble toujours nécessaire de réduire drastiquement les densités d’élevages et le nombre de canards par élevage en période à risque, ainsi que les mouvements d’animaux et les distances de transport » 1 ou encore explique qu’« a minima, [il est] nécessaire de séparer les activités entre zones réglementées (=à risque) et zones indemnes » (p. 18 du rapport de 2022). Elle recommande également de réduire les densités d’élevage et le nombre d’oiseaux dans certains élevages avicoles sur le territoire français. Cela étant particulièrement valable pour les
élevages de poulets de chair qui ne cessent de s’industrialiser, portés par l’absence de remise en cause de leur fonctionnement.
Or, les filières avicoles ne sont prêtes à concéder que des changements minimes. Les pouvoirs publics ont payé rubis sur ongle toutes les dépenses liées à la grippe aviaire en obtenant seulement de la filière foie gras quelques mesures de biosécurité supplémentaires. L’accord temporaire a occasionné l’arrêt de la production pendant un mois seulement et dans un nombre restreint d’élevages (y compris de volailles de chair). Ce faible effort n’a pas été consenti gratuitement par les filières : il a tout au contraire vu le jour à l’issue de négociations qui leur ont permis de bénéficier d’un nouveau dédommagement, entièrement pris en charge par le contribuable. Attendue comme une solution miracle par les filières avicoles, la vaccination leur permettrait de continuer à produire et de réaliser des bénéfices grâce à un système qui fait souffrir les animaux et menace par ailleurs la santé humaine.

Un prix à payer par les filières, pas par le contribuable

L’organisation de la filière foie gras étant à l’origine de l’ampleur de la grippe aviaire, nous demandons que le coût de la grippe aviaire, et en premier lieu la vaccination, soit entièrement pris en charge par celles-ci, étant donné qu’elle doit être tenue pour responsable des dérives de son propre mode de fonctionnement.
Que la cruauté animale soit payée et assurée par celles et ceux à qui elle profite, c’est bien le minimum … avant d’abroger cette pratique cruelle qu’est le gavage. Il est également de la responsabilité de l’Etat d’instaurer une véritable politique de désintensification des élevages de volailles en France.

 

Grippe aviaire : reprise de l’épidémie et multiplication des cas de franchissement de barrières inter-espèces

Grippe aviaire : reprise de l’épidémie et multiplication des cas de franchissement de barrières inter-espèces

https://www.animal-cross.org/grippe-aviaire-sante-humaine/


Dans le précédent article nous dénoncions le risque d'une nouvelle pandémie qui aurait pour origine la grippe aviaire
(1). En effet, "L’ANSES (L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’Institut Pasteur ont mis en évidence que la prochaine épidémie risquait de venir de l’amplification exponentielle de la grippe aviaire dans les élevages intensifs, grippe qui pourrait muter en un sous-type transmissible à l’homme et surtout entre hommes."

Alors que la grippe aviaire semblait avoir disparu des élevages français, à la grande satisfaction des autorités sanitaires, les nouvelles depuis début mai font état d’une résurgence encore localisée mais spectaculaire dans les Pyrénées atlantiques, le Gers, les Landes (5,6).

 

Hausse des processus de contamination, avec multiplication des cas de franchissement de barrières inter-espèces

Les récents évènements ne font que confirmer le risque que nous dénoncons en montrant le franchissement des premières étapes :

  • Pérou : depuis novembre 2022, 63 000 oiseaux marins ont été déclarés morts de la grippe aviaire au Pérou. Et les chercheurs pensent, sans l'avoir démontré pour l'instant, qu'il y a eu une contamination directe entre les oiseaux et les otaries, expliquant les 3500 otaries mortes retrouvées échouées sur la plage dans la réserve naturelle de Paracas, à quelque 270 km au sud de Lima. Ils redoutent aussi une extension de l’épidémie à des espèces menacées, comme le condor des Andes. (2)
  • Chili : février 2023, détection confirmée de la grippe aviaire sur le cadavre d'une otarie. (3)
  • Chili : mars 2023, confirmation d'un cas d'infection humaine par la grippe aviaire, un homme de 53 ans sans comorbidités ou antécédents. 
  • Sénégal : mars 2023, déclaration d'un foyer de grippe aviaire hautement pathogène A(H5N1) chez des oiseaux sauvages : 637 sternes royales, sternes caugek, sternes caspiennes, mouettes à tête grise et cormorans sont morts depuis le 8 mars au Parc national de la Langue de Barbarie à Saint-Louis.
  • Cette liste de contaminations inter-espèces n'est qu'un aperçu. Les H5N1 a fait bien d'autres victimes : furets morts en Belgique,
    chat domestique en France et US, chien au Canada, renards en France, Angleterre, Allemagne et Italie, loutres et phoques en Ecosse et Allemagne, dauphins et marsouin (Russie, Suède), chiens de brousse dans un zoo anglais, moufettes et chats sauvages aux US...(5)
  • France : mai 2023, redémarrage spectaculaire des contaminations avec des dizaines de foyers dans le Sud-Ouest, ayant entrainé l'abattage de milliers de canards. (6,7,8)
  • Au niveau mondial depuis 2003, 873 infections humaines par des virus A(H5N1), dont 458 mortelles (taux de létalité de 52 %), ont été notifiées à l’OMS.(4) 

Ces éléments tendent à montrer que le processus de contamination ne fait que s'amplifier à chaque migration, tout en multipliant les cas de franchissement de barrières inter-espèces.

 

La vaccination des palmipèdes, nouvel espoir pour maintenir un système aberrant

Mais pour maintenir le système aberrant des élevages intensifs, plutôt que de se remettre en cause la filière mise tout sur la technologie et la science, avec pour nouvel espoir la vaccination des oies et canards prévue pour l'automne 2023.

Mais quid des effets ? Sur le consommateur, sur la faune, sur les écosystèmes, … ? La vaccination va peut-être sauver les bénéfices financiers de la filière, mais est-ce que le mécanisme de mutation ne va pas continuer entre porteurs "sains" avant de recontaminer la faune, puis l'homme ?

Le virus H5N1 a un taux de létalité estimé autour des 50% parmi les oiseaux, ce qui est énorme. Qu'en sera-t-il s'il passait à l'homme, et entre les hommes ?

Quand nous reconnecterons-nous à la nature, dont nous faisons partie, pour en respecter le fonctionnement ? Faut-il une fois de plus que nous vivions le pire, comme avec le Covid, pour que nous comprenions qu'il faut changer de cap ?

Comme nous l'indiquions dans notre précédent article :

"L’épizootie aviaire est analysée surtout comme un problème pour la filière d’élevage et non comme une menace pour la santé humaine. Il serait temps d’entreprendre une réflexion globale dite One Health, c’est-à-dire tenant compte du lien entre santé humaine et santé animale en relation avec les écosystèmes.

La production de foie gras par le gavage des canards et des oies est déjà à l’origine d'inacceptables souffrances, ce qui est déjà une raison suffisante pour cesser sa consommation.

Et avec le risque lié à la grippe aviaire, il est plus que temps de réfléchir aux conséquences de nos actes.

Alors, arrêtons de manger du foie gras, source de souffrances cruelle infligées aux animaux, avant la prochaine pandémie."

 

 

Sources :

(1) : https://www.animal-cross.org/grippe-aviaire-sante-humaine/

(2) : Grippe aviaire : Des milliers d'otaries décimées au Pérou (20minutes.fr)

La grippe aviaire touche le Pérou et cause une hécatombe chez les otaries et les oiseaux (rfi.fr)

(3) : https://www.mesvaccins.net/web/news/20517-grippe-aviaire-hautement-pathogene-chez-une-otarie-au-chili

(4) : https://www.who.int/fr/emergencies/disease-outbreak-

 

(5) : https://www.animal-cross.org/wp-content/uploads/2023/05/2023-05-16-BHVSI-SA.pdfnews/item/2023-DON461 

(6) : https://www.larepubliquedespyrenees.fr/economie/agriculture/grippe-aviaire/grippe-aviaire-les-elevages-de-sauvagnon-et-maucor-ont-ete-abattus-15151336.php

Influenza aviaire : la situation en France | Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

(7) : https://www.ladepeche.fr/2023/05/18/grippe-aviaire-vers-une-situation-devenue-incontrolable-dans-le-departement-du-gers-11202770.php

 

(8) : https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/05/21/la-grippe-aviaire-flambe-a-nouveau-dans-le-sud-ouest_6174242_3234.html?random=24295070&random=1659708983

 

 

 

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