25 Fév 2016
Un immense bravo à L214 qui révèle de nouvelles maltraitances dans un abattoir du Gard. Quatre mois après le scandale de l’abattoir d’Alès, l’association rend publiques de nouvelles vidéos filmées dans un abattoir certifié bio, situé dans le même département. Moutons violemment projetés contre des barrières, employé s’amusant à leur infliger des décharges électriques, animaux mal étourdis et conscients sur la chaîne d’abattage, matériel défaillant, vétérinaires absents (?) : des scènes intolérables violant la réglementation et causant d’importantes souffrances aux animaux.
Deux rapports d’experts qui ont consulté les images confirment totalement les constations de l’association L214.
L214 porte plainte auprès du parquet d’Alès contre l’abattoir intercommunal du Vigan et lance une pétition demandant la création d’une commission d’enquête sur les abattoirs.
Nous sommes tous responsables de ces actes, lorsque nous savons et que nous ne disons rien. Alors réfléchissons à la quantitié de viande que nous mangeons et signons nombreux cette pétition !
20 Fév 2016
Aux Etats-Unis, au Brésil,… la production commerciale et la consommation de clones animaux sont autorisées. Qu’en est-il en Europe ? Mange-t-on de la viande clonée sans le savoir ? A voir absolument : https://youtu.be/4P3Z5Ni8MvQ
La Commission européenne a en effet fait en février 2014 l’unanimité contre elle au Parlement européen pour son refus d’imposer dans l’immédiat la traçabilité des produits issus d’animaux clonés servis dans les assiettes européennes. […]Rouvrant un dossier gelé depuis 2011, la Commission a proposé en décembre 2013 d’interdire le clonage animal à but alimentaire dans l’UE. Mais elle n’a pas prévu de bannir la vente de viande ou de lait des descendants des animaux clonés, ni d’assurer la traçabilité de ces produits, jugeant cette option irréaliste dans l’immédiat. […]
L’élu conservateur allemand Peter Liese a rejeté l’argument comme «inacceptable», accusant la Commission de vouloir «faire plaisir aux Américains» dans la perspective des négociations en cours pour un vaste accord de libre-échange UE-USA.
Au sein de l’Union européenne, le clonage animal à but alimentaire ne se pratique qu’au Danemark, tandis que la viande de clones n’est pas destinée à la consommation au vu de son prix très élevé. Mais les embryons et semences de ces spécimens sont commercialisés et exportés, et l’UE importe chaque année entre 300 000 et 500 000 tonnes de viande bovine issue du clonage des États-Unis et d’Argentine.
Vouloir imposer à ces partenaires une traçabilité de ces produits risquerait selon la Commission de mener à une guerre commerciale similaire à celle provoquée jadis par l’interdiction du boeuf aux hormones américain.
(Source : La Presse – Titre original Après les OGM, la Commission européenne bousculée sur le clonage)
10 Jan 2016
Parmi les mutilations animales, si la coupe des queues des porcelets et l’épointage des becs de volaille sont les plus connues et les plus discutées en termes de bien-être animal, les souffrances causées aux bovins par l’écornage sont sous-estimées. La vue de vaches mutilées est devenue la norme pour les vaches à lait et une habitude largement répandues chez les vaches « à viande », à tel point qu’on ne se pose plus la question du bien-fondé de cette pratique.
De fausses raisons d’écorner les vaches
L’écornage des bêtes à cornes consiste à faire l’ablation des cornes ou à en empêcher la croissance.
Pourtant cette manière de faire est récente. L’élevage a existé pendant des millénaires sans couper les cornes des vaches. On se demande vraiment comment, au long des siècles passés nos ancêtres ont pu survivre aux coups de cornes de leurs vaches ? Avaient-ils la peau plus dure que nous ou savaient-ils mieux s’y prendre pour mener leurs bêtes sans problèmes ?
L’élevage moderne (depuis les années 50) qui consiste à adapter l’animal à l’outil de production pour produire toujours plus – alors qu’il faudrait faire le contraire – est passé par là.
La vie d’un troupeau de vaches a ses codes, c’est une vie de groupe, chacune a un rôle, une position avec une hiérarchie. Les cornes permettent aux animaux de réaliser cette hiérarchie. Une vache sans corne se retrouve démunie de son moyen de défense. Si les bovins ont un espace suffisant, qu’ils vivent au pré une bonne partie de l’année, ils trouveront l’équilibre du troupeau et tout se passera bien ! Les frictions entre les animaux seront faibles, ce qui n’empêche pas d’isoler les animaux qui sont les plus agressifs le cas échéant. L’absence de corne ne va pas supprimer l’agressivité des animaux, bien au contraire. Ainsi témoigne une spécialiste des vaches Alika Lindbergh :« Les vache écornées, loin d’être plus paisibles, donnent souvent des coups de tête, ou bousculent sévèrement les vachers, en vertu d’une évidence qui ne semble pas avoir frappé nos contemporains: plus un animal se sent fort et capable de se défendre, moins il est agressif – plus il est dépouillé de ses défenses, plus il a peur. Et l’on sait depuis toujours que la peur engendre l’agressivité. »
Les conditions d’agressivité des animaux sont le manque d’espace, l’insalubrité, la faim et la soif, voire la conduite inappropriée de l’élevage. Les éleveurs qui se plaignent parlent-ils doucement aux animaux, qui y sont sensibles ? Sait-on s’ils les battent et si le coup de corne éventuel n’est pas un retour à l’expéditeur ? Il s’agit plutôt de traiter les causes éventuelles du problème d’agressivité. Les bovins sont des animaux remarquablement dociles et pacifiques eu égard à la manière dont on les traite.
On objecte aussi que la sécurité de l’éleveur est accrue. Certes, les cornes doivent rendre les éleveurs vigilants mais ils ne coupent pas le pied des vaches dès lors qu’ils se prennent un coup. A ce sujet, l’épointage ou le fait de mettre un bouchon sur l’extrémité des cornes, comme pour les courses landaises, diminuerait la dangerosité supposée des animaux.
Quant au passage au cornadis *, c’est vraiment faire insulte aux vaches de ne pas penser qu’elles peuvent s’adapter à un cornadis avec des cornes. Les vaches avec cornes le font tous les jours.
« Écorner un animal sans anesthésie est une pratique cruelle et contraire à l’éthique » (Ministère de l’agriculture du Canada).
Qui plus est , l’anesthésie est obligatoire au-delà de 4 semaines. Mais en France, elle n’est pas pratiquée
La pratique de l’écornage n’est pas pour les animaux une opération de plaisir, loin s’en faut.
Il est recommandé d’écorner les veaux à moins de 4 semaines car il est supposé que l’opération est moins douloureuse pour les animaux que si l’opération est réalisée plus tard. Les cornes naissantes sont détruites au moyen notamment de la cautérisation par la chaleur avec un fer chaud ou de la cautérisation chimique au moyen d’une pâte caustique. Outre le stress de l’écornage, il est recommandé d’utiliser un sédatif pour calmer l’animal. L’éleveur peut aussi utiliser des anti-inflammatoires à défaut de molécules plus puissantes pour diminuer la douleur de l’animal les jours suivants.
Pour des cornes formées, les méthodes utilisées sont le fil coupant (scie fil), la pince coupante voire la disqueuse, l’écornage hydraulique.
Le cadre réglementaire
Recommandations du Comité de la Convention européenne
du 21 octobre 1988 (article 17)
– L’article 17 précise que l’écornage par d’autres moyens que l’ablation chirurgicale des cornes (section des cornes) doit être interdit. Cependant des exceptions sont faites :
– pour des bovins de moins de 4 semaines de vie : écornage possible par cautérisation chimique ou thermique, sans anesthésie.
– pour des bovins de plus de 4 semaines de vie : écornage, destruction ou ablation à un stade précoce de la partie produisant la corne possible au moyen de méthodes chirurgicales ou de la cautérisation par brûlure, sous anesthésie, par un vétérinaire ou une personne qualifiée.
Charte des bonnes pratiques
La Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage recommande d’écorner les bovins avant 6 semaines de vie en respectant les méthodes préconisées. En cas d’écornage adulte, elle stipule de poser un garrot, d’utiliser du matériel hydraulique et d’administrer un antalgique à l’animal ou de préférence une anesthésie.
Jean-Marie Nicol, vétérinaire praticien commente la réalité « Dans la pratique, cette réglementation sur l’analgésie [nous rajoutons a fortiori anesthésie] reste en France lettre morte, y compris pour la quasi-totalité des jeunes bovins et des animaux adultes soumis à un écornage, alors que nous disposons des moyens efficaces d’atténuer la douleur. »
L’Inra le rappelle aussi « La pratique de l’écornage sans anesthésie* ni analgésie* est reconnue douloureuse aussi bien chez le veau que chez l’adulte » Douleurs animales. Les identifier, les comprendre, les limiter chez les animaux d’élevage p197
Le minimum serait d’accompagner l’analgésie par une anesthésie locale quand l’animal a plus de 4 semaines mais la loi ne permet pas à l’éleveur de pratiquer un tel geste. Il faudrait le recours d’un vétérinaire.
D’autres pays prennent moins de gant pour décrire les bonnes pratiques en termes d’anesthésie, comme le Canada. Il s’agit d’une citation du ministère de l’agriculture
Lors de l’écornage (à tous les âges de l’animal) « une anesthésie locale préalable élimine la douleur aiguë ressentie pendant les quelques heures qui suivent l’écornage. La meilleure façon de maîtriser la douleur est de combiner l’anesthésique locale avec un sédatif et un analgésique. Écorner un animal sans anesthésie est une pratique cruelle et contraire à l’éthique »
http://www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/dairy/facts/09-004.htm#raisons
Outre la douleur, la cautérisation des cornes formées pose problème. « Au moment de l’écornage chirurgical des veaux plus âgés, il y a ouverture du sinus» (Ministère de l’agriculture, Canada)
Au final on est très loin des recommandations en termes de prise en charge de la douleur
« Une revue assez récente (Stafford & Mellor, 2005) sur le sujet conclue que :
– la cautérisation est la méthode d’écornage la moins douloureuse,
– le protocole analgésique idéal est la combinaison d’une sédation* à l’aide
d’alpha2-agonistes (xylazine), d’une administration préopératoire d’un AINS, et d’une anesthésie locale* du nerf cornual avant l’écornage. » Inra, déjà cité, p 284
Une solution peu utilisée : des vaches naissant sans corne
Une solution qui se développe pour les vaches allaitante est la naissance sans corne. On appelle animaux « acères » les bovins génétiquement dépourvus de cornes (pelled en anglais ou PP). les taureauax acères sont obtenus par croisement génétique. Ensuite le gène acère étant dominant chaque vélage donnera naissance à un veau sans corne. Du point de vue de l’élevage, la principale difficulté de la sélection sans cornes réside dans la faible diversité des origines génétiques.
Si nous préférons les vaches à corne, il est certain que le développementdes vaches acères permet de supprimer la souffrance de l’écornage.
Une vache sans corne n’est pas une vraie vache.
Les conséquences psycho-somatiques sont difficiles à évaluer mais pour autant il ne faut pas les ignorer. L’ablation, l’amputation d’un membre on le sait chez l’être humain cause une blessure psychique très profonde. A tel point même que certains amputés souffrent d’un membre qu’ils n’ont plus. L’organe mutilé continue à exister d’une manière fantomale. Le plupart des lecteurs se moqueront de cette remarque n’y voyant qu’anthropocentrisme. Pouvons-nous toutefois l’ignorer sous prétexte que les « scientifiques » ne sont pas capables aujourd’hui de le prouver ? Plus notre connaissance du monde animal se développe, plus nous découvrons ce que nous ne voulons pas voir, la subtile et profonde sensibilité des animaux.
Le danger de blessure que font courir les cornes pour les animaux et les personnes qui en prennent soin peut en effet être considérablement réduit en prenant des mesures adaptées à la stabulation libre.
Une vache a droit à ses cornes. L’écornage porte atteinte à l’intégrité physique et à la dignité morale des animaux.
‘* Cornadis, Définition Larousse « Dispositif installé devant une auge ou un râtelier consistant à limiter les mouvements des animaux quand ils sont en train de manger. »
Jean-Marie Nicol, vétérinaire praticien commente la réalité « Dans la pratique, cette réglementation sur l’analgésie [nous rajoutons a fortiori anesthésie] reste en France lettre morte, y compris pour la quasi-totalité des jeunes bovins et des animaux adultes soumis à un écornage, alors que nous disposons des moyens efficaces d’atténuer la douleur. »
L’Inra le rappelle aussi « La pratique de l’écornage sans anesthésie* ni analgésie* est reconnue douloureuse aussi bien chez le veau que chez l’adulte » Douleurs animales. Les identifier, les comprendre, les limiter chez les animaux d’élevage p197
Le minimum serait d’accompagner l’analgésie par une anesthésie locale quand l’animal a plus de 4 semaines mais la loi ne permet pas à l’éleveur de pratiquer un tel geste. Il faudrait le recours d’un vétérinaire.
D’autres pays prennent moins de gant pour décrire les bonnes pratiques en termes d’anesthésie, comme le Canada. Il s’agit d’une citation du ministère de l’agriculture
Lors de l’écornage (à tous les âges de l’animal) « une anesthésie locale préalable élimine la douleur aiguë ressentie pendant les quelques heures qui suivent l’écornage. La meilleure façon de maîtriser la douleur est de combiner l’anesthésique locale avec un sédatif et un analgésique. Écorner un animal sans anesthésie est une pratique cruelle et contraire à l’éthique » http://www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/dairy/facts/09-004.htm#raisons
Outre la douleur, la cautérisation des cornes formées pose problème. « Au moment de l’écornage chirurgical des veaux plus âgés, il y a ouverture du sinus» (Ministère de l’agriculture, Canada)
Au final on est très loin des recommandations en termes de prise en charge de la douleur
« Une revue assez récente (Stafford & Mellor, 2005) sur le sujet conclue que :
– la cautérisation est la méthode d’écornage la moins douloureuse,
– le protocole analgésique idéal est la combinaison d’une sédation* à l’aide
d’alpha2-agonistes (xylazine), d’une administration préopératoire d’un AINS, et d’une anesthésie locale* du nerf cornual avant l’écornage. » Inra, déjà cité, p 284
Une solution peu utilisée : des vaches naissant sans corne
Une solution qui se développe pour les vaches allaitante est la naissance sans corne. On appelle animaux « acères » les bovins génétiquement dépourvus de cornes (pelled en anglais ou PP). les taureauax acères sont obtenus par croisement génétique. Ensuite le gène acère étant dominant chaque vélage donnera naissance à un veau sans corne. Du point de vue de l’élevage, la principale difficulté de la sélection sans cornes réside dans la faible diversité des origines génétiques.
Si nous préférons les vaches à corne, il est certain que le développementdes vaches acères permet de supprimer la souffrance de l’écornage.
Une vache sans corne n’est pas une vraie vache.
Les conséquences psycho-somatiques sont difficiles à évaluer mais pour autant il ne faut pas les ignorer. L’ablation, l’amputation d’un membre on le sait chez l’être humain cause une blessure psychique très profonde. A tel point même que certains amputés souffrent d’un membre qu’ils n’ont plus. L’organe mutilé continue à exister d’une manière fantomale. Le plupart des lecteurs se moqueront de cette remarque n’y voyant qu’anthropocentrisme. Pouvons-nous toutefois l’ignorer sous prétexte que les « scientifiques » ne sont pas capables aujourd’hui de le prouver ? Plus notre connaissance du monde animal se développe, plus nous découvrons ce que nous ne voulons pas voir, la subtile et profonde sensibilité des animaux.
Le danger de blessure que font courir les cornes pour les animaux et les personnes qui en prennent soin peut en effet être considérablement réduit en prenant des mesures adaptées à la stabulation libre.
Une vache a droit à ses cornes. L’écornage porte atteinte à l’intégrité physique et à la dignité morale des animaux.
‘* Cornadis, Définition Larousse « Dispositif installé devant une auge ou un râtelier consistant à limiter les mouvements des animaux quand ils sont en train de manger. »
14 Août 2015
A l’heure où les éleveurs se battent pour négocier des centimes pour le prix de vente au kilo du porc, on peut se poser la question : « dans quelles conditions d’élevages vivent ces animaux ? »
En effet, il est facile d’imaginer qu’à ce niveau prix, aucune amélioration ne sera apportée à leurs conditions de vie :
Promiscuité de la vie en stalle, ne plus sentir l’air extérieur, antibiotiques à outrance et systématiques,
impossibilité de vivre en plein air, ne plus toucher ni gratter la terre, juste être entassés les uns sur les autres sans le moindre espace ni le moindre espoir de vivre une vie en adéquation avec leur espèce, … Tout cela va rester leur misérable quotidien.
N’oublions pas que c’est, à ce jour, 95 % de l’élevage porcin en France. Donc seulement 5% des cochons ont une vie décente à l’extérieur.
Aujourd’hui avec la crise qui secoue le monde de l’élevage, c’est à chacun de prendre ses responsabilités : Éleveurs, acheteurs,consommateurs, ne permettez plus ce prix là.
Il est nécessaire que l’élevage en général change pour que le premier objectif d’un éleveur puisse être la bien-traitance de l’animal, que le prix ne soit plus le premier critère d’achat, et que les consommateurs portent leur choix sur le respect animal. Cela sera le prix du respect de la vie, et de l’arrêt de ces conditions insupportables de vie des porcs d’élevage.
Pour conclure, les estimations donnent que l‘on va tuer en 2015 environ 83 Milliards d’animaux ( 83 000 000 000 ) sur la planète juste pour la nourriture des hommes : alors , génocides ou nécessités humaines…?
15 Mai 2015
Dans le cadre de la semaine du développement durable qui aura lieu pour la 6ème fois à Pau, Animal Cross tiendra un stand le samedi 30 mai au village d’animations place Royale à Pau, de 10h à 18h.
Notre thème : « 100 kg, c’est trop ».
Un temps privilégié pour dire aux palois qu’il est nécessaire pour la planète (et pour les animaux et aussi pour les humains !!!) de manger moins de viande.
Benoit Thomé fera une intervention à 15h sur le thème « Moins de viande, moins de réchauffement ».
Les personnes intéressées pour tenir le stand avec nous peuvent-elles se signaler en répondant à ce mail et en précisant leurs disponibilités ici
Comme le thème n’est pas forcément évident, nous prévoyons pour ceux qui le souhaitent une petite formation aux arguments le vendredi soir.
13 Mar 2015
Hier soir, Animal Cross a distribué cette lettre dans toutes les boites aux lettres d’Arzacq et renouvellera cette distribution samedi, durant le pèle porc (Pelère en Soubestre)
Pèle-porc à Arzacq : le simulacre du retour à la tradition pour cacher l’horreur de la production industrielle
Chers habitants d’Arzacq,
En célébrant la pélère à Arzacq que fêtez-vous ? La revanche de la tradition sur la modernité ou l’hypocrisie de l’élevage industriel masqué sous le couvert de la tradition ?
En effet, l’IGP jambon de Bayonne qui fournit les cochons pour le pèle-porc n’est, ni plus ni moins, qu’un habile camouflage d’un élevage en masse, une production industrielle des porcs sans aucun respect ni de la tradition, ni du bien-être animal.
Le porc tué pour produire le jambon de Bayonne est un porc élevé en bâtiment, qui sauf de très rares exceptions, n’a jamais vu le ciel et ne le verra que le jour où le camion l’amènera à l’abattoir.
L’élevage industriel est un lieu de mal-être terrible pour les porcs :
- Ils sont entassés les uns sur les autres, avec un minimum de place pour bouger.
- Ils ne peuvent pas fouiller le sol car ils sont sur un sol en dur (caillebotis). Fouiller est le comportement naturel des porcs, l’empêcher est cause d’un profond mal-être.
- L’odeur est pestilentielle. Le porc possède un odorat extrêmement développé (ce qui a conduit la Police nationale à l’utiliser pour rechercher les stupéfiants). En bâtiment, le porc est condamné à sentir les odeurs d’ammoniaque toute sa vie. *
- Les femelles ne peuvent pas faire leur nid au moment de la mise bas, ce qui provoque un très gros stress chez elles. En plein air, elles peuvent parcourir plusieurs kilomètres pour faire leur nid.
- Les femelles sont condamnées à être des reproductrices en chaine. Elles sont inséminées très peu de jours après la mise-bas, sans pouvoir reprendre des forces, et envoyées à l’abattoir dès qu’elles sont moins productives. La gratitude envers la fonction reproductrice de la truie n’est pas le propre de l’éleveur IGP Jambon de Bayonne.
- Les porcelets sont castrés à vif, ce qui est une source d’une grande douleur.
- Depuis peu de temps, et sous la pression des mouvements de protection animale, les truies gestantes ne devraient plus vivre en prison, seules entre des grilles, appelées pudiquement des « stalles ». Encore faudrait-il que ces mesures soient appliquées : il faut savoir qu’il n’existe quasiment pas en France de contrôle des normes de bien-être animal.
En effet, rien dans le cahier des charges de l’IGP Jambon de Bayonne ne fait référence au bien-être animal (**). Ce cahier des charges fait référence avec érudition au passé charcutier du bassin des pays de l’Adour « l’héritage d’un savoir-faire qui s’est transmis depuis toujours de génération en génération dans les familles paysannes et rurales » (p. 33 du cahier des charges IGP Jambon de Bayonne).
Mais ce cahier des charges ne retient rien de l’élevage traditionnel à la ferme, élevage de quelques porcs élevés en plein air, développant une relation familière avec le fermier et sa famille (***), loin de la concentration des porcs en élevage industriel.
Donc, à Arzacq, lors du pèle-porc, non seulement vous allez vous moquer du cri du cochon avec un concours de cris hystériques, non seulement vous allez éduquer votre jeunesse avec la culture du sang, non seulement vous allez faire une macabre procession autour d’un animal mort, mais vous allez vous prosterner devant un élevage intensif abominable. La tradition va faire la louange de l’élevage moderne industriel.
Encore un mot : ne vous offusquez par de ce que les chinois font travailler des mineurs, sans repos, sans protection sociale, avec un salaire ridicule, forme d’esclavage moderne, pour produire les textiles que vous leurs achetez. Les éleveurs de l’IGP jambon de Bayonne (et si l’IGP est accepté au pays de l’empire du milieu), font bien pire avec les animaux. Les chinois exportent de la misère humaine, l’IGP Jambon de Bayonne va leur exporter de la misère animale.
Chers habitants d’Arzacq, réveillez-vous !
Sincères salutations,
Signé : L’association Animal Cross
r-animalcross2026-pf21.wpserveur.site
* nous conseillons à tous ceux que cette remarque ferait sourire de rester quelques heures dans une porcherie. Nous faisons le pari que plusieurs jours après leurs vêtements pueront encore l’ammoniaque.
** cahier des charges IGP Jambon de Bayonne version du 15/11/95
*** Pourtant ce cahier des charges fait référence à ce passé :
« Le porc fait partie de la tradition historique des fermes agricoles du grand Sud-Ouest. On retrouve sa présence avant le moyen-âge en Guyenne et Gascogne.
Les fermes du Sud-Ouest portent encore aujourd’hui la trace de cette tradition d’élevage domestique. Il s’agit d’un bâtiment d’élevage de porcs (4 ou 5 loges, petites, basses, sombres, avec fréquemment une auge encastrée dans le mur et une seule ouverture en haut de la porte) au-dessus duquel se trouvait bien souvent une volière. P. 27
Le pèle-porc a eu lieu le samedi. Animal Cross a une nouvelle fois fait entendre son message

Film tourné par Animal Cross lors du pèle porc d’Arzacq il y a 2 ans :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=rKIC7vKfz8I