Chasse aux oiseaux en déclin : le gouvernement enterre les protections sous la pression des chasseurs

Chasse aux oiseaux en déclin : le gouvernement enterre les protections sous la pression des chasseurs

Alors que les populations de nombreux oiseaux migrateurs sont en chute libre, le gouvernement français vient de valider un arrêté ministériel qui tourne le dos aux recommandations scientifiques et européennes. Cédant à la pression du lobby cynégétique, les autorités renoncent à des mesures de protection indispensables pour sept espèces gravement menacées. Une décision politique, qui privilégie les intérêts électoraux à la survie des oiseaux.

Sept espèces en danger, toujours chassées

Les chiffres sont accablants. Sept espèces classées en mauvais état de conservation à l’échelle de l’Union européenne continuent d’être chassées en France, malgré une baisse vertigineuse de leurs effectifs :

  • Fuligule milouin : -30 % en 16 ans
  • Canard siffleur : -50 % en 12 ans
  • Caille des blés : -25 % en 10 ans
  • Grive mauvis : -19 % en 10 ans
  • Canard pilet : -34 % en 17 ans
  • Canard souchet : -19 % en 14 ans
  • Sarcelle d’hiver : -21 % en 13 ans

Ces données ont conduit les experts européens à recommander dès 2024 la mise en place de moratoires temporaires pour les espèces les plus en danger, et une réduction de moitié des prélèvements pour les autres.

Une version édulcorée du texte initial

Le 19 juin, un premier projet d’arrêté, proposé par le ministère de la Transition écologique, reprenait en partie ces recommandations :

  • Un moratoire de 3 ans pour le Fuligule milouin
  • Une réduction des périodes de chasse pour d’autres espèces

Un compromis jugé encourageant par les associations de protection de la nature, qui voyaient là un signal d’alignement avec les exigences européennes. Mais face à la fronde des chasseurs et de nombreux responsables politiques, le gouvernement a reculé.

Aucun moratoire, des quotas très élevés

Le 16 juillet, le CNCFS – dominé par les représentants des chasseurs – a donné un avis favorable à un texte très affaibli :

  • Aucun moratoire n’est finalement prévu
  • Plafonds journaliers très élevés, sans base scientifique :
    • 15 cailles des blés par chasseur et par jour
    • 15 canards par jour et jusqu’à 25 par hutte et par nuit

Ces chiffres sont dénoncés par la LPO et France Nature Environnement comme "totalement déconnectés de la réalité écologique".

Une gestion adaptative verrouillée par les chasseurs

Le cas du Fuligule milouin est emblématique : sa chasse dépendra d’un avis d’un comité d’experts, dont la composition est contestée par les associations. Le CNCFS, largement dominé par les chasseurs, conservera l’arbitrage final.

Une application pour… mieux tuer ?

Le gouvernement justifie sa décision par la mise en place d’une application mobile permettant aux chasseurs de déclarer leurs prélèvements. Un faux progrès selon les ONG :

"Quand les populations déclinent, la priorité n’est pas de compter les morts, mais de réduire les tirs", alerte la LPO.

Une victoire pour la FNC, un désastre pour la nature

La Fédération nationale des chasseurs salue ce texte comme un retour au "bon sens". À l’inverse, les associations écologistes dénoncent une nouvelle atteinte à la science, au droit et à la biodiversité.

Animal Cross appelle à la mobilisation

Animal Cross condamne avec force cette décision politique qui sacrifie la biodiversité sous la pression du lobby cynégétique. Nous soutenons pleinement la LPO, France Nature Environnement et toutes les associations qui entameront des actions juridiques pour faire respecter le droit européen.

📣 Mobilisez-vous !
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👉 Donnez votre avis dans la consultation publique sur la barge à queue noire et le courlis cendré ouverte jusqu’au 25 juillet

Sources :

  • LPO. Chasse : le gouvernement cède aux pressions en bafouant la science et le droit (juillet 2025)
  • Vert. Comment le monde de la chasse a fait pression sur le gouvernement pour continuer à tuer des oiseaux en déclin (juillet 2025)
  • Le Monde. Sous pression, le gouvernement renonce à réduire la période de chasse d’oiseaux migrateurs en déclin, comme la caille des blés ou le canard siffleur (17/07/2025)
Consultation publique : donnez votre avis sur la chasse dans les Pyrénées-Atlantiques pour 2025-2026

Consultation publique : donnez votre avis sur la chasse dans les Pyrénées-Atlantiques pour 2025-2026

La préfecture des Pyrénées-Atlantiques organise une consultation du public concernant 13 projets d’arrêtés préfectoraux relatifs à la réglementation de la chasse pour la campagne 2025-2026. Cette consultation est ouverte du 9 au 29 avril 2025 inclus.

https://www.pyrenees-atlantiques.gouv.fr/Publications/Consultation-du-public/Arretes-prefectoraux-reglementant-la-campagne-cynegetique-2025-2026 

Ces arrêtés fixent, en application des articles R424-6 et suivants du Code de l’environnement :

  • La période d’ouverture générale de la chasse,

  • Les dates et conditions spécifiques de chasse selon les espèces,

  • Les dispositifs de gestion de la faune : plans de chasse, plan de gestion cynégétique, prélèvements maximaux autorisés.

Ils s’inscrivent dans le cadre des règles définies par le Code de l’environnement et du schéma départemental de gestion cynégétique 2020-2026.

Une note de présentation détaillant ces projets est mise à disposition du public et peut être consultée ou téléchargée au format PDF.

Pourquoi est-il important de participer ?

Cette consultation est l’occasion, pour chaque citoyen ou association, de faire entendre son point de vue sur une pratique qui influence directement la biodiversité, le bien-être animal et l’équilibre des écosystèmes dans notre département.

Donner son avis, c’est contribuer à une gestion plus responsable de la faune sauvage.

Un exemple de réponse pour vous guider

Pour vous accompagner dans cette démarche, nous avons préparé un exemple de réponse que vous pouvez adapter librement. Cet exemple est disponible juste en dessous de cet article.

Vous avez jusqu’au 29 avril 2025 pour participer. N’hésitez pas à prendre quelques minutes pour faire entendre votre voix.

Exemple de réponse :

Ecrire à dd******@***********************uv.fr avant le 29 avril 2025.

Objet : Avis défavorable aux projets d’arrêtés préfectoraux pour la saison de chasse 2025-2026

 

AP_OG plaine 2025 2026 (AP relatif à l’ouverture générale et à la clôture de la chasse en plaine)
  • Blaireau

Je suis opposé à l’extension de la période de déterrage du blaireau pour les raisons suivantes :

  • Aucun recensement des blaireautières n’est fourni, à supposer qu’un recensement ait été effectué par les chasseurs ; il serait à mettre en regard de la liste des dégâts produits par la FDC64 en Annexe 8. En effet, il est courant que les dégâts dûs aux sangliers soient confondus avec ceux du blaireau.
  • Aucune donnée sur la population de blaireaux dans le département ne permet de donner quelque crédit que ce soit à la liste des dégâts supposés. Aucun exemple vérifiable ni aucun chiffrage de dégât. Aucune information dans votre note de présentation ne permet de vérifier la véracité de vos affirmations, la fréquence et la criticité de ces supposés dégâts.
  • La période de chasse intervient pendant celle où les blaireautins sont totalement dépendants de leur mère, même si au sens strict ils sont en général sevrés

AP OG massif montagnard 2025-2026 (AP relatif à l’OG et à la clôture de la chasse dans le massif montagnard)

  • Lagopède

Je salue le plan de chasse à zéro lagopède alpin pour la prochaine saison de chasse.

En effet, le « Bilan démographique Pyrénées – 2024 » de l’Observatoire des galliformes de montagne établit un constat alarmant sur la situation du lagopède alpin dans les Pyrénées françaises. L’indice de reproduction pour l’ensemble de la chaîne est estimé à seulement 0,2 jeune par adulte, un chiffre très inférieur au seuil de 0,4 généralement considéré comme critique pour le maintien des populations. Dans certaines zones, cet indice tombe même à zéro, ce qui témoigne d’une absence totale de renouvellement de la population. Cette faible fécondité n’est pas un phénomène isolé ou ponctuel, mais une tendance durable observée depuis plus de vingt ans dans la région.

  • Perdrix grise

Cette sous-espèce des Pyrénées est classée « NT – quasi-menacé » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et l’UICN ne connait pas son évolution démographique.

Elle fait déjà l’objet de nombreuses causes de mortalité naturelle, en particulier au niveau de ses couvées, et de dérangement lors du « comptage « effectué par le monde cynégétique à l’aide de chiens (cf. le SDGC des Pyrénées Atlantiques) ainsi que par les usagers de la montagne,

La non-réalisation des quotas les années précédentes laisse penser que la densité de ces perdrix est plus faible que ce qui ressort des échantillonnages de printemps et d’août 2024

Concernant les tendances de population, l’observatoire des galliformes de montagne concède dans son rapport de septembre 2024 que les sites de référence ne permettent pas de dégager un indicateur de tendance

  • Marmotte

Les récentes études scientifiques soulignent l’impact négatif du réchauffement climatique sur les populations de marmottes dans les Pyrénées. Le manque d’enneigement hivernal, les canicules et la sécheresse affectent fortement le comportement, le taux de reproduction et la survie des juvéniles. L’été 2022, particulièrement sec, a été qualifié de « catastrophique » pour la marmotte, avec des animaux peu visibles et une raréfaction de l’herbe dans les alpages, compromettant leur alimentation et leur préparation à l’hibernation.

La chasse à la marmotte n’est pas de tradition dans les Pyrénées, contrairement aux Alpes. Son maintien sur la liste des espèces chassables ne répond à aucun besoin de régulation écologique ou de gestion des milieux. Au contraire, la marmotte joue un rôle positif dans l’écosystème montagnard, notamment en favorisant la présence de prédateurs emblématiques comme l’aigle royal ou le gypaète barbu.

  • Agrainage

Bien que prévu dans le SDGC64, l’agrainage n’a pas lieu d’être en ce qu’il entretient une confusion entre agrainage dissuasif et hivernal, et est donc en contradiction avec ce qui est considéré comme une surpopulation de sangliers.

 

 

AP_OA plaine 2025-2026 (Ouverture anticipée de la chasse au chevreuil, au cerf et au renard).

 

Maintenir une pression de chasse hors des périodes admises laisse trop peu de répit à la faune et réduit encore ses espaces de quiétude. Les tirs d’été vont inévitablement perturber d’autres espèces dont la chasse n’est pas encore ouverte, ou encore des espèces protégées, et alors que les jeunes ne sont pas encore sevrés.

Seront tuées des biches en fin de gestation, ou encore peu après leur mise bas, ce qui condamne nombre de faons. Il n’y a en outre aucun chiffre estimant dégâts forestiers supposément causés par les cerfs, et encore moins pour les dégâts agricoles. Sans compter que l’ouverture anticipée de la chasse au cerf augmente les risques d’accidents pour les promeneurs, randonneurs et cyclistes, particulièrement nombreux en pleine saison touristique estivale ; et que les alternatives comme la protection des plantations forestières, ou encore l’appui du loup (notre unique spécimen local se voit pourchassé par quasiment toute la profession agricole), sont trop peu mis en avant.

Le renard est déjà classé ESOD dans ce département. L’acharnement sur cette espèce matérialisé par cette extension de période de chasse est un non-sens. Il en est déjà détruit environ 5000 par an dans ce département. Au plan des dégâts occasionnés par le renard, le bilan présenté par les louvetiers et par les piégeurs (environ 12500 par an), est fantaisiste, et sans valeur tant qu’il n’est pas contrôlé par un organisme indépendant de la Fédération de Chasse. On nie également et renonce à son rôle d’allié de l’agriculture qui contribue à réguler les populations de rongeurs.

La seule façon de réduire les prédations sur élevages de volailles, nombreuses dans le département, est de les protéger correctement.

  • Agrainage

Bien que prévu dans le SDGC64, l’agrainage n’a pas lieu d’être en ce qu’il entretient une confusion entre agrainage dissuasif et hivernal, et est donc en contradiction avec ce qui est considéré comme une surpopulation de sangliers.

 

AP_becasse_2025-2026 (arrêté relatif à la chasse de la bécasse des bois)

La bécasse des bois est classée en « déclin modéré récent » en Europe par BirdLife International, et les populations sont soumises à une forte pression de chasse, avec 3 à 4 millions d’individus prélevés chaque année en Europe, dont 1 million en France. Cette exploitation s’ajoute à la dégradation de ses habitats forestiers et prairiaux, principaux facteurs limitants pour l’espèce.

L’absence de suivi précis des effectifs dans notre département et des prélèvements ne permet pas d’assurer sa survie, d’autant que nos connaissances sur la dynamique réelle des populations sont faibles.

 

Pour toutes ces raisons, mais aussi en l’absence d’évaluation contradictoire et neutre des populations, et des quotas effectivement réalisés lors de la précédente saison de chasse, je suis opposé à l’ensemble de ces projets d’arrêtés.

Chasseurs sachant chasser avec vos impôts !

Chasseurs sachant chasser avec vos impôts !

Les chasseurs ont récemment obtenu l’autorisation de tirer sur les perdrix grises de montagne. Désormais, une nouvelle étape est franchie : le financement de leurs propres études sur ces oiseaux via l’éco-contribution, un fonds issu de l’argent public. Autrement dit, ils mènent l’étude, rédigent le rapport et valident eux-mêmes leurs quotas. Un modèle d’auto-validation parfait, où l’arbitre est aussi le joueur. Pratique, non ?

Un arrêté préfectoral en question

Le 20 février 2025, le préfet des Hautes-Pyrénées a publié un arrêté autorisant la capture de perdrix grises des montagnes dans le cadre d’une étude scientifique visant à mieux comprendre leurs habitats de reproduction. Cependant, cette étude est menée par les chasseurs eux-mêmes, qui sont également responsables de la régulation de cette espèce et de l’attribution des quotas de chasse.

Juge et partie, ils contrôlent ainsi l’ensemble du processus. Qui pourrait croire en l’objectivité d’une telle étude ? Mais après tout, pourquoi s’embêter avec une évaluation indépendante quand on peut s’auto-évaluer en toute tranquillité ?

Des enjeux importants pour la biodiversité

Une approche scientifique discutable

Si les chasseurs détectent une population suffisante de perdrix, cela pourrait justifier la poursuite de la chasse au nom de la régulation. En revanche, si les effectifs sont jugés insuffisants, la prédation d’autres espèces pourrait être mise en cause, menant à des actions de contrôle sur les prédateurs naturels. Bref, quelle que soit la situation, la conclusion reste la même : il faut chasser. Un raisonnement aussi circulaire que pratique.

L’étude de l’Observatoire des Galliformes de Montagne (OGM) réalisée en 2024 n’a pas permis de déterminer clairement si la population de perdrix était en hausse ou en déclin. Ce manque de données aurait pu compromettre l’attribution des quotas de chasse. Heureusement (ou opportunément), cette nouvelle étude tombe à point nommé pour combler ce vide et permettre d’ajuster les quotas « comme il faut ».

L’utilisation des fonds publics

L’éco-contribution, financée par l’État et l’Office français de la biodiversité à hauteur de 10 € par permis de chasser validé, ainsi que par les fédérations de chasse (5 € par permis, selon l’article 13, 8° de la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019), est censée être dédiée à la protection de la biodiversité. Pourtant, elle finance des études menées par ceux qui bénéficient directement de la chasse. Un bel exemple de « protection » où l’argent censé préserver la faune sert surtout à mieux l’exploiter.

Une espèce déjà fragilisée

La perdrix grise des Pyrénées est déjà impactée par le changement climatique et la dégradation de son habitat. À cela s’ajoute désormais une étude qui pourrait légitimer sa chasse. Par ailleurs, l’arrêté ne fixe aucune limite au nombre de perdrix pouvant être capturées et bien que le « bien-être animal » soit mentionné, aucune garantie n’est apportée quant à l’absence de risque pour les oiseaux capturés. Autant dire que la prudence semble toute relative.

Mais rassurez-vous, tout est sous contrôle… des chasseurs.

Vers une gestion plus transparente

Pour assurer une gestion équilibrée et réellement bénéfique à la biodiversité, nous demandons :

  • Des études menées par des écologues indépendants, garantissant une analyse impartiale des populations de perdrix grises.
  • L’arrêt immédiat de la chasse aux perdrix grises, afin de préserver une espèce déjà vulnérable.
  • Une gestion de la faune sauvage fondée sur des critères scientifiques et non sur des intérêts particuliers.

La préservation de la biodiversité ne doit pas être subordonnée à des arrangements entre amis. Il est essentiel de s’appuyer sur des recherches indépendantes et des politiques publiques transparentes pour garantir la protection des espèces et de leurs habitats. La nature mérite mieux qu’un bilan de population rédigé entre deux battues.

 

Mobilisation pour protéger le cerf : Dites NON à l’extension de la chasse !

Mobilisation pour protéger le cerf : Dites NON à l’extension de la chasse !

Chères amies et chers amis de la faune sauvage,

Un nouveau projet menace nos cerfs : les chasseurs souhaitent avancer la période de chasse dès début juin, au lieu de septembre, sous prétexte de limiter les dégâts agricoles et forestiers.

Cette ouverture anticipée serait une catastrophe pour la biodiversité, empêchant la faune sauvage de bénéficier d’un répit estival et mettant en danger des espèces protégées comme le grand tétras ou le chat forestier.

Nous devons agir vite ! Exprimez votre opposition avant le 10 mars en répondant à la consultation publique :
Lien vers la consultation

Pourquoi s’opposer à cette mesure ?

Une pression permanente sur la faune sauvage
La chasse estivale empêcherait tout repos biologique pour les animaux, provoquant du stress et des déséquilibres écologiques. De plus, elle risquerait de perturber les biches alors qu’elles allaitent encore leurs faons.

Un risque accru d’accidents
En pleine saison touristique, cette chasse générerait davantage de conflits d’usage entre randonneurs, promeneurs, cyclistes et chasseurs. Rappelons que ces derniers disposent déjà d’un accès exclusif à la nature pendant au moins six mois par an.

Une absence totale d’alternatives non létales
Si des dégâts agricoles ou forestiers existent dans certaines zones, aucune étude sérieuse ne justifie la chasse comme seule solution. Une approche plus globale, prenant en compte l’écosystème forestier et le rôle des prédateurs naturels du cerf, est nécessaire.

Le cerf, un allié de la biodiversité !
Loin d’être uniquement responsable de dégâts, le cerf joue un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes. Il limite la prolifération de certaines plantes dominantes et contribue à la dispersion des graines, favorisant ainsi une flore diversifiée.

 Agissez avant le 10 mars !

Nous comptons sur vous pour faire entendre la voix de la nature. Il suffit de quelques minutes pour répondre à la consultation publique et empêcher cette mesure destructrice.

Partagez cet appel autour de vous ! Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de poids.

Merci pour votre engagement en faveur de la faune sauvage.

Les armes de chasse : à l’origine de nombreux drames familiaux et suicides

Les armes de chasse : à l’origine de nombreux drames familiaux et suicides

Les armes de chasse sont le moyen le plus utilisé pour les règlements de compte familiaux et les suicides. Une solution simple pour sauver chaque année des centaines de vies en France : interdire la détention des armes à feu à domicile, et la remplacer par la détention dans des lieux centralisés et sécurisés (gendarmerie, armureries, ACCA - Associations communales de chasse agréées).

De multiples exemples d’homicides et suicides par armes de chasse

Haute-Savoie : un homme tue sa femme avant de retourner l’arme de chasse contre lui : “Il s’agirait selon les premiers éléments d’un drame familial, l’homme ayant tué son épouse avant de mettre fin à ses jours.” (10/11/2023, Ouest France)

Dordogne : un père tue son fils : “Un homme de 59 ans a été tué d’au moins un coup de fusil de chasse dans sa maison. C’est son père de 86 ans qui était derrière l’arme.” (21/01/2023, France Bleu)

Orne : un homme tue sa femme en utilisant un fusil de chasse : “L’homme, âgé de 54 ans et originaire de l’Eure-et-Loire, expliquait “avoir tiré un coup de fusil à l’encontre de son épouse, puis avoir quitté le domicile conjugal en voiture, à bord de laquelle il aurait tenté de se donner la mort.” (25/01/2024, Ouest-France)

Tarn : une femme retrouvée morte : “Elle a été retrouvée morte dans la nuit de mercredi à jeudi, tuée d’une balle de fusil de chasse.” (12/01/2024, Le Parisien)

Normandie : “Un éboueur venant d’être licencié se suicide avec un fusil de chasse.” (10/06/2020, Le Courrier picard)

On pourrait ainsi faire le tour de France et des journaux…
Quel est le dénominateur commun de tous ces faits divers ? Les armes de chasse à la maison, à portée de main !

Des statistiques élevées

Les décès par arme de chasse, en dehors des circonstances de chasse, sont soigneusement passés sous silence. Très peu d’observateurs se sont penchés sur la question. L’association Animal Cross a mené l’enquête. Les données de mortalité en France sont recensées par le CépiDc (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès), laboratoire de l’Inserm, LA référence en France pour les causes de décès. Chaque décès en France doit en effet faire l’objet d’un certificat médical renseigné par un médecin, suivant un format conforme à une classification, appelé CIM10. Lors du décès, une cause unique est recherchée, qui sera considérée comme prépondérante, à l’origine du processus morbide ayant conduit au décès.
Les armes de chasse seraient à l’origine de 13 % des homicides et 8 % des suicides. Les victimes sont des non-chasseurs comme des chasseurs, selon notre analyse.
L’analyse de ces statistiques nous conduit à estimer qu’en 2017 (les données détaillées plus récentes ne sont pas accessibles), les armes de chasse seraient à l’origine de 1 100 décès, dont 665 causés par un suicide, 33 par un homicide, 10 par un accident, 393 n’ayant pas de cause déterminée. Le nombre de suicides doit être rapproché du nombre de 1 400 suicides par armes à feu en France donné par le ministre en 2015. De manière très intéressante, la courbe des décès par accident à la chasse qui procède de cette analyse (10 par accident en 2017) est très proche de celle donnée par l’Office français de la biodiversité (13 en 2017). Cela nous conforte dans l’idée que les données du CepiDc sont une source à considérer (ce qui est une évidence pour toutes les personnes travaillant sur les données de santé).

33 homicides par armes de chasse en 2017, dont de nombreux féminicides

Selon les données de l’Inserm, les armes de chasse seraient à l’origine de 33 homicides par an.
Une analyse du journal Reporterre, réalisée sur la base des faits divers recensés dans la presse, estime à 27 les homicides causés par armes de chasse en 2020 et 24 en 2021, ce qui est encore cohérent avec nos estimations (33 décès par homicide en 2017), les journalistes de Reporterre ayant pu passer à côté d’homicides.
Ces homicides concernent souvent des conflits et disputes dans un cadre familial, avec de nombreux féminicides (25 % des cas de féminicides en 2020 et 2021 selon Reporterre). Le tueur se saisit de l’arme qu’il a sous la main pour régler ses comptes.

Un phénomène méconnu : 665 suicides par arme de chasse en 2017 (estimation)

La partie la plus nouvelle de cette analyse est le regard porté sur les suicides. Nous émettons l’hypothèse que les familles, quand elles découvrent un suicide par arme de chasse en leur sein, gardent l’information pour elles et qu’elles ne cherchent pas à le faire savoir. La très grande majorité de ces suicides n’apparaît pas dans les médias et n’est pas révélée au grand public.
Nous avons présenté cette analyse lors de notre audition au Sénat en février 2022. Les sénateurs ont préféré ne pas tenir compte de ces données et ne les citent malheureusement pas dans leur rapport.
Remarquons que lors de la présentation du plan Armes en 2015, le ministre de l’Intérieur cite le chiffre de 1 400 suicides par armes à feu en France, sans distinguer le type d’armes.

Moins d’armes en circulation, moins de morts par arme à feu au Japon qu’aux USA

Il y a un lien direct entre la détention d’armes à feu et le nombre de morts par armes à feu dans un pays. Ainsi, le Japon, où la législation concernant l’achat et la détention d’armes est extrêmement stricte, compte une dizaine de morts par armes à feu par an, alors qu’aux États-Unis, où la détention d’armes est 100 fois supérieure à celle du Japon, on compte plus de 10 000 morts par an.

Sources : 

(1) Voir les hypothèses de notre analyse dans https://www.animal-cross.org/les-armes-de-chasse-tuent-environ-1100-personnes-par-an/
(2)https://mobile.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-ministres-de-l-Interieur/Archives-Bernard-Cazeneuve-
avril-2014-decembre-2016/Interventions-du-ministre/13.11.2015-Presentation-du-Plan-Armes
(3) Féminicides, suicides… les ravages des fusils de chasse. Reporterre. 9/12/2021. https://reporterre.net/Feminicides-suicides-les-ravages-des-fusils-de-chasse
(4) https://www.animal-cross.org/animal-cross-auditionnee-au-senat-sur-la-securisation-de-la-chasse/
(5) https://mobile.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-ministres-de-l-Interieur/Archives-Bernard-Cazeneuve-avril-2014-de cembre
-2016/Interventions-du-ministre/13.11.2015-Presentation-du-Plan-Armes
(6) https://www.liberation.fr/planete/2018/04/12/obtenir-une-arme-au-japon-un-parcours-du-combattant_1642454/?redirected=1
Obtenir une confirmation de notre analyse des données de mortalité par armes de chasse par le CepiDc (Inserm).
Interdire la détention des armes de chasse à domicile toute l'année, période de chasse comprise. Conserver les armes dans un lieu centralisé (ex. ACCA, gendarmerie, mairie, armureries). Afin d’éviter de constituer de gigantesques stocks d’armes qui attireraient des cambrioleurs, une idée serait de ne confier dans ce lieu centralisé qu’une partie de l’arme (l’autre partie étant gardée à domicile), la rendant ainsi inactive, comme la longuesse pour un fusil ou la culasse pour une carabine. La conservation dans un lieu central préserverait des centaines de vies, humaines et animales, chaque année en France.

Cerf traqué et tué dans « l’Etang des bois » (45) : Animal Cross dénonce un acte cruel et illicite !

Cerf traqué et tué dans « l’Etang des bois » (45) : Animal Cross dénonce un acte cruel et illicite !

Un cerf a été traqué par deux équipages de chasse à courre jusqu'à une base de loisirs nautiques et un camping, dans le Loiret, fin octobre.

Un risque pour la sécurité des personnes

Les veneurs et leurs meutes ont poursuivi le pauvre animal apeuré au milieu des promeneurs et des habitants dont beaucoup d'enfants... ! « Des habitants sont sortis de chez eux, intrigués par le bruit, témoigne une riveraine au journal La République du Centre. On est descendu sur la plage, entre bungalows et pédalos. C'était une scène lunaire. On s'est même fait charger par un cheval et menacer ».

Cet acte est d'ailleurs contraire à la réglementation en vigueur puisque depuis un arrêté du 25 février 2019, en grande vénerie, l'animal aux abois ou au ferme doit en principe être gracié lorsqu'il se trouve « à proximité d'habitations, de jardins privés y attenant, de zones commerciales ou artisanales et de bureaux et d'établissements accueillant du public ».

Un acte cruel pour le cerf

Au-delà du risque qu'il a fait peser pour la sécurité des personnes, cet acte de vénerie fut cruel pour l'animal traqué. Epuisé et stressé, le cerf n'en sortira pas vivant. « Le cerf nageait pour sa vie avec une soixantaine de chiens derrière lui dans l'étang de plaisance, déplore AVA France. Il a été tué un peu plus loin et dépecé sur place pour la cérémonie macabre de la curée » [où les chasseurs festoient autour du cadavre...].

L'association Animal Cross dénonce régulièrement la chasse à courre, une pratique cruelle et obsolète. Son livre « Article 0 » rappelle notamment que cette chasse assume ne pas être un outil de régulation des espèces et pose un problème éthique certain. Source de douleurs extrêmes pour l'animal poursuivi, la grande vénerie génère un stress physiologique et psychologique très important au courant de la traque. Et parmi les rares cerfs qui parviennent à échapper à la meute, beaucoup gardent des séquelles souvent fatales....

Des incidents réguliers

Au cas d'animaux poursuivis jusque dans les zones habitées, s'ajoutent les nombreux accidents de la route causés par des animaux sauvages traqués ou des chiens de chasse perdus. Sans oublier les incivilités envers les promeneurs, ou encore, les animaux domestiques tués par des meutes. Au total, AVA France a recensé, entre 2018 et 2023, pas moins de 163 incidents... à tel point que ces dégâts semblent faire partie intégrante de la chasse à courre !

Notre demande

Pour l'ensemble de ces raisons, l'association Animal Cross soutient la demande d'AVA France visant à modifier l'article L. 424-4 du code de l'environnement pour interdire la chasse à courre, mais aussi toute activité connexe pouvant impliquer la capture accidentelle d'un animal, notamment en limitant le nombre de chiens courants en action de chasse.

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