24 Avr 2025
La préfecture des Pyrénées-Atlantiques organise une consultation du public concernant 13 projets d’arrêtés préfectoraux relatifs à la réglementation de la chasse pour la campagne 2025-2026. Cette consultation est ouverte du 9 au 29 avril 2025 inclus.
https://www.pyrenees-atlantiques.gouv.fr/Publications/Consultation-du-public/Arretes-prefectoraux-reglementant-la-campagne-cynegetique-2025-2026
Ces arrêtés fixent, en application des articles R424-6 et suivants du Code de l’environnement :
-
La période d’ouverture générale de la chasse,
-
Les dates et conditions spécifiques de chasse selon les espèces,
-
Les dispositifs de gestion de la faune : plans de chasse, plan de gestion cynégétique, prélèvements maximaux autorisés.
Ils s’inscrivent dans le cadre des règles définies par le Code de l’environnement et du schéma départemental de gestion cynégétique 2020-2026.
Une note de présentation détaillant ces projets est mise à disposition du public et peut être consultée ou téléchargée au format PDF.
Pourquoi est-il important de participer ?
Cette consultation est l’occasion, pour chaque citoyen ou association, de faire entendre son point de vue sur une pratique qui influence directement la biodiversité, le bien-être animal et l’équilibre des écosystèmes dans notre département.
Donner son avis, c’est contribuer à une gestion plus responsable de la faune sauvage.
Un exemple de réponse pour vous guider
Pour vous accompagner dans cette démarche, nous avons préparé un exemple de réponse que vous pouvez adapter librement. Cet exemple est disponible juste en dessous de cet article.
Vous avez jusqu’au 29 avril 2025 pour participer. N’hésitez pas à prendre quelques minutes pour faire entendre votre voix.
Exemple de réponse :
Ecrire à dd******@***********************uv.fr avant le 29 avril 2025.
Objet : Avis défavorable aux projets d’arrêtés préfectoraux pour la saison de chasse 2025-2026
AP_OG plaine 2025 2026 (AP relatif à l’ouverture générale et à la clôture de la chasse en plaine)
Je suis opposé à l’extension de la période de déterrage du blaireau pour les raisons suivantes :
- Aucun recensement des blaireautières n’est fourni, à supposer qu’un recensement ait été effectué par les chasseurs ; il serait à mettre en regard de la liste des dégâts produits par la FDC64 en Annexe 8. En effet, il est courant que les dégâts dûs aux sangliers soient confondus avec ceux du blaireau.
- Aucune donnée sur la population de blaireaux dans le département ne permet de donner quelque crédit que ce soit à la liste des dégâts supposés. Aucun exemple vérifiable ni aucun chiffrage de dégât. Aucune information dans votre note de présentation ne permet de vérifier la véracité de vos affirmations, la fréquence et la criticité de ces supposés dégâts.
- La période de chasse intervient pendant celle où les blaireautins sont totalement dépendants de leur mère, même si au sens strict ils sont en général sevrés
AP OG massif montagnard 2025-2026 (AP relatif à l’OG et à la clôture de la chasse dans le massif montagnard)
Je salue le plan de chasse à zéro lagopède alpin pour la prochaine saison de chasse.
En effet, le « Bilan démographique Pyrénées – 2024 » de l’Observatoire des galliformes de montagne établit un constat alarmant sur la situation du lagopède alpin dans les Pyrénées françaises. L’indice de reproduction pour l’ensemble de la chaîne est estimé à seulement 0,2 jeune par adulte, un chiffre très inférieur au seuil de 0,4 généralement considéré comme critique pour le maintien des populations. Dans certaines zones, cet indice tombe même à zéro, ce qui témoigne d’une absence totale de renouvellement de la population. Cette faible fécondité n’est pas un phénomène isolé ou ponctuel, mais une tendance durable observée depuis plus de vingt ans dans la région.
Cette sous-espèce des Pyrénées est classée « NT – quasi-menacé » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et l’UICN ne connait pas son évolution démographique.
Elle fait déjà l’objet de nombreuses causes de mortalité naturelle, en particulier au niveau de ses couvées, et de dérangement lors du « comptage « effectué par le monde cynégétique à l’aide de chiens (cf. le SDGC des Pyrénées Atlantiques) ainsi que par les usagers de la montagne,
La non-réalisation des quotas les années précédentes laisse penser que la densité de ces perdrix est plus faible que ce qui ressort des échantillonnages de printemps et d’août 2024
Concernant les tendances de population, l’observatoire des galliformes de montagne concède dans son rapport de septembre 2024 que les sites de référence ne permettent pas de dégager un indicateur de tendance
Les récentes études scientifiques soulignent l’impact négatif du réchauffement climatique sur les populations de marmottes dans les Pyrénées. Le manque d’enneigement hivernal, les canicules et la sécheresse affectent fortement le comportement, le taux de reproduction et la survie des juvéniles. L’été 2022, particulièrement sec, a été qualifié de « catastrophique » pour la marmotte, avec des animaux peu visibles et une raréfaction de l’herbe dans les alpages, compromettant leur alimentation et leur préparation à l’hibernation.
La chasse à la marmotte n’est pas de tradition dans les Pyrénées, contrairement aux Alpes. Son maintien sur la liste des espèces chassables ne répond à aucun besoin de régulation écologique ou de gestion des milieux. Au contraire, la marmotte joue un rôle positif dans l’écosystème montagnard, notamment en favorisant la présence de prédateurs emblématiques comme l’aigle royal ou le gypaète barbu.
Bien que prévu dans le SDGC64, l’agrainage n’a pas lieu d’être en ce qu’il entretient une confusion entre agrainage dissuasif et hivernal, et est donc en contradiction avec ce qui est considéré comme une surpopulation de sangliers.
AP_OA plaine 2025-2026 (Ouverture anticipée de la chasse au chevreuil, au cerf et au renard).
Maintenir une pression de chasse hors des périodes admises laisse trop peu de répit à la faune et réduit encore ses espaces de quiétude. Les tirs d’été vont inévitablement perturber d’autres espèces dont la chasse n’est pas encore ouverte, ou encore des espèces protégées, et alors que les jeunes ne sont pas encore sevrés.
Seront tuées des biches en fin de gestation, ou encore peu après leur mise bas, ce qui condamne nombre de faons. Il n’y a en outre aucun chiffre estimant dégâts forestiers supposément causés par les cerfs, et encore moins pour les dégâts agricoles. Sans compter que l’ouverture anticipée de la chasse au cerf augmente les risques d’accidents pour les promeneurs, randonneurs et cyclistes, particulièrement nombreux en pleine saison touristique estivale ; et que les alternatives comme la protection des plantations forestières, ou encore l’appui du loup (notre unique spécimen local se voit pourchassé par quasiment toute la profession agricole), sont trop peu mis en avant.
Le renard est déjà classé ESOD dans ce département. L’acharnement sur cette espèce matérialisé par cette extension de période de chasse est un non-sens. Il en est déjà détruit environ 5000 par an dans ce département. Au plan des dégâts occasionnés par le renard, le bilan présenté par les louvetiers et par les piégeurs (environ 12500 par an), est fantaisiste, et sans valeur tant qu’il n’est pas contrôlé par un organisme indépendant de la Fédération de Chasse. On nie également et renonce à son rôle d’allié de l’agriculture qui contribue à réguler les populations de rongeurs.
La seule façon de réduire les prédations sur élevages de volailles, nombreuses dans le département, est de les protéger correctement.
Bien que prévu dans le SDGC64, l’agrainage n’a pas lieu d’être en ce qu’il entretient une confusion entre agrainage dissuasif et hivernal, et est donc en contradiction avec ce qui est considéré comme une surpopulation de sangliers.
AP_becasse_2025-2026 (arrêté relatif à la chasse de la bécasse des bois)
La bécasse des bois est classée en « déclin modéré récent » en Europe par BirdLife International, et les populations sont soumises à une forte pression de chasse, avec 3 à 4 millions d’individus prélevés chaque année en Europe, dont 1 million en France. Cette exploitation s’ajoute à la dégradation de ses habitats forestiers et prairiaux, principaux facteurs limitants pour l’espèce.
L’absence de suivi précis des effectifs dans notre département et des prélèvements ne permet pas d’assurer sa survie, d’autant que nos connaissances sur la dynamique réelle des populations sont faibles.
Pour toutes ces raisons, mais aussi en l’absence d’évaluation contradictoire et neutre des populations, et des quotas effectivement réalisés lors de la précédente saison de chasse, je suis opposé à l’ensemble de ces projets d’arrêtés.
5 Mar 2025
Les chasseurs ont récemment obtenu l’autorisation de tirer sur les perdrix grises de montagne. Désormais, une nouvelle étape est franchie : le financement de leurs propres études sur ces oiseaux via l’éco-contribution, un fonds issu de l’argent public. Autrement dit, ils mènent l’étude, rédigent le rapport et valident eux-mêmes leurs quotas. Un modèle d’auto-validation parfait, où l’arbitre est aussi le joueur. Pratique, non ?
Un arrêté préfectoral en question
Le 20 février 2025, le préfet des Hautes-Pyrénées a publié un arrêté autorisant la capture de perdrix grises des montagnes dans le cadre d’une étude scientifique visant à mieux comprendre leurs habitats de reproduction. Cependant, cette étude est menée par les chasseurs eux-mêmes, qui sont également responsables de la régulation de cette espèce et de l’attribution des quotas de chasse.
Juge et partie, ils contrôlent ainsi l’ensemble du processus. Qui pourrait croire en l’objectivité d’une telle étude ? Mais après tout, pourquoi s’embêter avec une évaluation indépendante quand on peut s’auto-évaluer en toute tranquillité ?
Des enjeux importants pour la biodiversité
Une approche scientifique discutable
Si les chasseurs détectent une population suffisante de perdrix, cela pourrait justifier la poursuite de la chasse au nom de la régulation. En revanche, si les effectifs sont jugés insuffisants, la prédation d’autres espèces pourrait être mise en cause, menant à des actions de contrôle sur les prédateurs naturels. Bref, quelle que soit la situation, la conclusion reste la même : il faut chasser. Un raisonnement aussi circulaire que pratique.
L’étude de l’Observatoire des Galliformes de Montagne (OGM) réalisée en 2024 n’a pas permis de déterminer clairement si la population de perdrix était en hausse ou en déclin. Ce manque de données aurait pu compromettre l’attribution des quotas de chasse. Heureusement (ou opportunément), cette nouvelle étude tombe à point nommé pour combler ce vide et permettre d’ajuster les quotas « comme il faut ».
L’utilisation des fonds publics
L’éco-contribution, financée par l’État et l’Office français de la biodiversité à hauteur de 10 € par permis de chasser validé, ainsi que par les fédérations de chasse (5 € par permis, selon l’article 13, 8° de la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019), est censée être dédiée à la protection de la biodiversité. Pourtant, elle finance des études menées par ceux qui bénéficient directement de la chasse. Un bel exemple de « protection » où l’argent censé préserver la faune sert surtout à mieux l’exploiter.
Une espèce déjà fragilisée
La perdrix grise des Pyrénées est déjà impactée par le changement climatique et la dégradation de son habitat. À cela s’ajoute désormais une étude qui pourrait légitimer sa chasse. Par ailleurs, l’arrêté ne fixe aucune limite au nombre de perdrix pouvant être capturées et bien que le « bien-être animal » soit mentionné, aucune garantie n’est apportée quant à l’absence de risque pour les oiseaux capturés. Autant dire que la prudence semble toute relative.
Mais rassurez-vous, tout est sous contrôle… des chasseurs.
Vers une gestion plus transparente
Pour assurer une gestion équilibrée et réellement bénéfique à la biodiversité, nous demandons :
- Des études menées par des écologues indépendants, garantissant une analyse impartiale des populations de perdrix grises.
- L’arrêt immédiat de la chasse aux perdrix grises, afin de préserver une espèce déjà vulnérable.
- Une gestion de la faune sauvage fondée sur des critères scientifiques et non sur des intérêts particuliers.
La préservation de la biodiversité ne doit pas être subordonnée à des arrangements entre amis. Il est essentiel de s’appuyer sur des recherches indépendantes et des politiques publiques transparentes pour garantir la protection des espèces et de leurs habitats. La nature mérite mieux qu’un bilan de population rédigé entre deux battues.
4 Mar 2025
Chères amies et chers amis de la faune sauvage,
Un nouveau projet menace nos cerfs : les chasseurs souhaitent avancer la période de chasse dès début juin, au lieu de septembre, sous prétexte de limiter les dégâts agricoles et forestiers.
Cette ouverture anticipée serait une catastrophe pour la biodiversité, empêchant la faune sauvage de bénéficier d’un répit estival et mettant en danger des espèces protégées comme le grand tétras ou le chat forestier.
Nous devons agir vite ! Exprimez votre opposition avant le 10 mars en répondant à la consultation publique :
Lien vers la consultation
Pourquoi s’opposer à cette mesure ?
Une pression permanente sur la faune sauvage
La chasse estivale empêcherait tout repos biologique pour les animaux, provoquant du stress et des déséquilibres écologiques. De plus, elle risquerait de perturber les biches alors qu’elles allaitent encore leurs faons.
Un risque accru d’accidents
En pleine saison touristique, cette chasse générerait davantage de conflits d’usage entre randonneurs, promeneurs, cyclistes et chasseurs. Rappelons que ces derniers disposent déjà d’un accès exclusif à la nature pendant au moins six mois par an.
Une absence totale d’alternatives non létales
Si des dégâts agricoles ou forestiers existent dans certaines zones, aucune étude sérieuse ne justifie la chasse comme seule solution. Une approche plus globale, prenant en compte l’écosystème forestier et le rôle des prédateurs naturels du cerf, est nécessaire.
Le cerf, un allié de la biodiversité !
Loin d’être uniquement responsable de dégâts, le cerf joue un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes. Il limite la prolifération de certaines plantes dominantes et contribue à la dispersion des graines, favorisant ainsi une flore diversifiée.
Agissez avant le 10 mars !
Nous comptons sur vous pour faire entendre la voix de la nature. Il suffit de quelques minutes pour répondre à la consultation publique et empêcher cette mesure destructrice.
Partagez cet appel autour de vous ! Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de poids.
Merci pour votre engagement en faveur de la faune sauvage.