Protection du loup : Pourquoi nous ne lâcherons rien face aux dérives de l’État

Protection du loup : Pourquoi nous ne lâcherons rien face aux dérives de l’État

Le statut du loup en France traverse une zone de fortes turbulences. Entre des arrêtés ministériels toujours plus permissifs sur les tirs et une volonté politique de réduire les populations, l’association Animal Cross reste en première ligne.

Si le gouvernement semble avoir choisi de « tirer plutôt que de protéger », nos récents recours devant le Conseil d'État montrent que le droit peut encore freiner ces reculs écologiques.​

Une situation alarmante : Le loup en ligne de mire

Depuis 2025, le gouvernement multiplie les textes réglementaires visant à simplifier l'abattage des loups. En février 2026, de nouveaux arrêtés ont été publiés, fixant le plafond annuel de destructions à 21 % de la population estimée, avec une extension possible jusqu'à 23 %avec des initiatives comme celle du député Xavier Roseren (ICI) pour relever le plafond sur des bases très discutables.

Cette gestion est d'autant plus problématique que, selon les données scientifiques de l'OFB et du CNRS, une telle pression de tir donne à la population de loups 66 % de chances de diminuer, ce qui contrevient à nos obligations européennes de maintien de l'espèce dans un état de conservation favorable. Nous dénonçons un véritable « passage en force » qui fait fi de la science et de l'absence de progression de la population lupine depuis 2023.

Nos recours : Entre ténacité et lueurs d'espoir

Face à cette offensive, Animal Cross, aux côtés d'autres associations, a déposé plusieurs recours devant le Conseil d'État pour contester la légalité de ces mesures.
  1. L'arrêté du 7 février 2025 (Recours rejeté) : Ce texte visait notamment à faciliter les tirs pour protéger les troupeaux de bovins et d'équins. Le Conseil d'État a malheureusement rejeté notre demande d'annulation le 28 avril 2026, estimant que ces tirs restaient subordonnés à un risque de dommages « suffisamment avéré ».
  2. L'arrêté du 21 juin 2025 (Victoire partielle et « onde de positivité ») : C'est ici que notre combat porte ses fruits. Le Conseil d'État a prononcé l'annulation partielle de cet arrêté. Les juges ont censuré la disposition qui considérait le simple « renforcement du rythme d'inspection des animaux » (une visite quotidienne) comme une mesure de protection suffisante pour autoriser des tirs de défense. Et même si cet arrêté a été remplacé par celui du 23 février 2026, le texte (article 5.III) y est inchangé ce qui rend notre victoire utile pour l'arrêté ministériel actuel.
Pourquoi est-ce positif ?
Parce que le juge a reconnu que cette simple visite est inefficace pour réduire la vulnérabilité des troupeaux. En conséquence, l'État ne peut plus autoriser des tirs de destruction en se basant sur une mesure aussi dérisoire. Cela réaffirme une règle d'or que nous défendons : le tir ne doit être que l'ultime recours, après l'échec de véritables solutions alternatives.

Ce qui est problématique dans les nouveaux arrêtés

Le cadre réglementaire actuel opère un changement de paradigme dangereux. Voici le point majeur que nous controns :
  • L'absence d'obligation de protection réelle : Pour de nombreux troupeaux, le déclenchement des tirs peut désormais se faire sur simple déclaration, sans que l'éleveur n'ait l'obligation de mettre en place des mesures de protection efficaces.
15 mai : Journée mondiale du blaireau – Protégeons l’architecte de nos forêts

15 mai : Journée mondiale du blaireau – Protégeons l’architecte de nos forêts

Le 15 mai marque la Journée mondiale du blaireau, une occasion de mettre en lumière ce mustélidé méconnu, mais aussi de dénoncer les persécutions dont il est victime en France.

Un rôle écologique fondamental

Surnommé « l'architecte du milieu naturel », le blaireau joue un rôle crucial pour la biodiversité. Ses terriers complexes, qu'il entretient avec soin, servent de refuges à de nombreuses autres espèces, dont certaines sont protégées comme le chat forestier, la loutre d'Europe, diverses chauves-souris (petit rhinolophe) ou encore la salamandre tachetée. En se nourrissant d'insectes et de petits rongeurs, il agit également comme un auxiliaire précieux pour l'agriculture.

Une pratique barbare : la vénerie sous terre

Malgré son utilité, le blaireau est la cible d'une chasse particulièrement cruelle appelée vénerie sous terre ou déterrage. Chaque année en France, environ 12 000 individus périssent par ce mode de chasse.

Le processus est d'une grande violence : des chiens sont introduits dans les galeries pour acculer l'animal pendant des heures, lui provoquant un stress extrême. Les chasseurs creusent ensuite à la pelle et à la pioche pour atteindre l'animal et l'extirper brutalement de son foyer à l'aide de grosses pinces métalliques avant de le mettre à mort.

Pourquoi se mobiliser contre le déterrage ?

Il est urgent d'abolir cette pratique pour plusieurs raisons majeures :
  • Protection des petits : Le 15 mai correspond souvent à l'ouverture de périodes de chasse « complémentaires ». À cette date, les blaireautins sont encore dépendants de leur mère, rendant leur destruction illégale au regard du Code de l'environnement.
  • Inutilité sanitaire : Contrairement aux arguments avancés, le déterrage n'aide pas à lutter contre la tuberculose bovine. Au contraire, il peut favoriser la dispersion de la maladie en déstructurant les groupes sociaux.
  • Absence de données scientifiques : La France autorise ces abattages sans connaître précisément l'état des populations, ce qui viole la Convention de Berne.
  • Rejet massif : Aujourd'hui, 83 % des Français sont favorables à l'interdiction de cette pratique, déjà bannie chez presque tous nos voisins européens.

Agissez maintenant : participez aux consultations publiques en cours

Plusieurs préfectures envisagent d’autoriser ou d’avancer la période de vénerie sous terre (déterrage des blaireaux), parfois en dehors des périodes habituelles. Ces projets sont soumis à consultation publique : chacun peut donner son avis avant leur adoption.

Vos avis comptent et peuvent mener à la suspension de ces arrêtés devant les tribunaux.

Nous vous avons proposé une réponse aux consultations mais ATTENTION POUR QUE VOTRE AVIS SOIT PRIS EN COMPTE, NE REPRENEZ PAS LE TEXTE TEL QUEL MODIFIER LE POUR QU'IL SOIT DIFFÉRENT.

 

Proposition de texte de réponse
Objet : Avis défavorable au projet d'arrêté – Chasse au blaireau par déterrage
Monsieur le Préfet,
Je souhaite exprimer mon opposition ferme au projet d’arrêté autorisant la vénerie sous terre du blaireau dans notre département pour les raisons suivantes :
  • Cruauté et souffrance animale : Cette pratique est d'une violence extrême. L'animal subit un stress intense pendant des heures, acculé par des chiens au fond de son terrier, avant d'être extirpé brutalement avec des pinces métalliques.
  • Inutilité sanitaire : La vénerie sous terre n'est pas un outil de lutte contre la tuberculose bovine. Au contraire, elle favorise la dispersion de la maladie en déstructurant les groupes sociaux, ce qui augmente le risque de transmission.
  • Impact sur la biodiversité : Le déterrage détruit des habitats essentiels qui servent de gîtes à de nombreuses espèces protégées (chat forestier, loutre, chauves-souris, salamandres).
  • Méconnaissance des populations : La France autorise ces abattages sans données scientifiques fiables sur l'état des populations locales, ce qui contrevient aux principes de la Convention de Berne.
  • Rejet sociétal : Cette pratique est interdite dans presque tous les pays voisins et est rejetée par 83 % des Français (source sondage IPSOS 2018).

Cordialement,

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

ESOD : La science confirme de nouveau l’absurdité d’un massacre inutile et coûteux

Chez Animal Cross, cela fait des années que nous dénonçons le classement injustifié des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Nous avons crié haut et fort que ce terme n’est qu’un habillage « politiquement correct » pour l'ancien mot « nuisible ». Derrière ce sigle se cache une réalité que nous jugeons inconcevable : le piégeage et le tir systématiques de millions d'animaux, autorisés quasiment sans limite et en toute saison.

Aujourd'hui, une étude inédite du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), publiée le 9 mars 2026 dans la revue Biological Conservation, vient enfin nous donner raison en démontrant scientifiquement l'inefficacité totale et l'aberration économique de cette politique de destruction, mais qu'elle aussi éthiquement injustifiable.

Une étude capitale demandée par l’État lui-même

Fait remarquable, cette étude du MNHN a été commandée et financée par le ministère de la Transition écologique. Pour la première fois, des chercheurs ont eu un accès total aux données administratives nationales couvrant sept saisons de chasse (2015-2022).

L’objectif était clair : évaluer enfin l’efficacité réelle de la destruction de 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés abattus chaque année en France.

Un massacre de masse sans aucun résultat

Des millions d'animaux sont abattus pour une promesse de réduction des dégâts agricoles et des risques sanitaires qui n'est jamais tenue.

Les chercheurs ont analysé sept années de données nationales (2015-2022) et leur conclusion est sans appel : il n'existe aucun lien entre l'effort de destruction et l'évolution des dommages déclarés.
Pire, une relation significative a été observée entre l'effort de lutte d'une année et les dégâts déclarés l'année suivante. Plus le nombre d'animaux abattus était élevé, plus les dégâts étaient importants l'année suivante, et cela d'une part pour la pie bavarde, et d'autre part en regroupant toutes les espèces.

En clair, tuer plus d'animaux ne fait pas baisser les factures de dégâts, et, point crucial, réduire ou arrêter ces destructions ne provoque aucune augmentation des dommages. Cette prétendue « régulation » est un mythe : les populations d'oiseaux (corneilles, pies, geais) ne diminuent pas malgré les tirs, car les mécanismes de compensation démographique et la survie des jeunes prennent le relais.

Une aberration économique : on dépense 8 fois plus pour tuer que pour indemniser

L’aspect le plus édifiant de cette étude est sans doute son analyse économique. Pour la première fois, le coût financier des opérations de destruction (temps de travail, matériel, transport) a été calculé. Le résultat est vertigineux : le massacre des ESOD coûte entre 103 et 123 millions d’euros par an à la société. En face, le montant des dégâts officiellement déclarés ne s'élève qu'à 8 à 23 millions d’euros.
Nous dépensons jusqu'à huit fois plus d'argent pour massacrer la faune sauvage que ce qu'elle nous « coûte » en dégâts. Même dans le scénario le plus bas, sans compter le temps de travail bénévole des chasseurs, le coût de la destruction reste supérieur aux dommages.
C'est une faillite rationnelle complète
.

 

Sacrifier nos meilleurs alliés : une perte pour la biodiversité

En nous acharnant sur ces espèces « mal-aimées », nous nous tirons une balle dans le pied. L'étude rappelle que ces animaux rendent des services écosystémiques indispensables que nous perdons en les tuant.
  • Le Renard est un auxiliaire précieux de l'agriculture par sa prédation massive sur les rongeurs.
  • Le Geai des chênes assure la régénération de nos forêts par la dispersion des graines. Le coût de remplacement de ce service par l'humain est estimé à une perte de 100 à 454 millions d'euros pour les seuls geais tués durant la période étudiée.

 

Un consensus scientifique et administratif grandissant

Cette étude du MNHN n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une liste de rapports de plus en plus critiques envers la politique française :
  • L’ANSES (2023) a déjà affirmé que le motif sanitaire (comme la lutte contre l'échinococcose ou la rage) ne justifie pas l'élimination des renards, ces mesures étant inefficaces, voire contre-productives en favorisant la dispersion des maladies.
  • La FRB (Fondation pour la recherche sur la biodiversité) en 2024, a souligné que le classement ESOD manque de fondement scientifique et occulte totalement les bénéfices apportés par ces espèces.
  • L’IGEDD (2025), dans un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement, appelle à un « changement de paradigme » et recommande de ne pas renouveler le décret triennal en 2026 pour passer à une gestion collégiale et préventive.
  • L’étude CARELLI (2025), menée dans le Doubs, a prouvé expérimentalement que le statut ESOD ne réduit ni le nombre de renards ni les dégâts sur les volailles. Elle conclut qu'une meilleure protection des poulaillers est bien plus efficace que n'importe quelle campagne de tir.

Pour un changement radical de paradigme

Cette étude enfonce le clou après les rapports de l'ANSES en 2023, de la FRB en 2024, de l'IGEDD en 2025 et de l'étude CARELI en 2025 : la réglementation actuelle est obsolète, subjective et injuste. Le classement ESOD repose trop souvent sur des déclarations de dégâts invérifiées et des décisions prises sous l'influence de lobbies plutôt que sur des bases scientifiques.
Animal Cross demande, avec force :
  1. L'abandon définitif du classement ESOD pour les espèces de catégorie 2 (renard, fouine, martre, belette, corneille, corbeau, pie, geai et étourneau).
  2. Le passage à une stratégie de prévention non-létale : effaroucheurs, semences répulsives et protection des élevages, qui ont prouvé leur efficacité là où le fusil échoue.
  3. La reconnaissance de la dignité et du rôle écologique de ces espèces qui font partie intégrante de notre patrimoine naturel.
  4. La fin d'une gestion dictée par les lobbies au profit d'une politique basée sur la science et l'éthique


Comme le souligne l'étude du MNHN, l'arrêt du décret triennal en 2026 est l'occasion unique de mettre en place un nouveau système de gestion collégial et sensé
.

Il est temps de passer d'une politique de destruction systématique à une cohabitation apaisée avec la faune sauvage.

Sources

ANSES. 2023. Évaluation des impacts sur la santé publique de la dynamique des populations de renards (Rapport d’expertise collective, Saisine n° 2022-SA-0049). Maisons-Alfort : Anses.

Plancke, M., Zemman, C., & Soubelet, H. (2023). Synthèse de l'avis des experts scientifiques et sociétaux sur le classement des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD). Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Castel, F., & Hérault, M.-L. (2025). Parangonnage sur les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (Esod) (Rapport n° 015518-01). Inspection générale de l'Environnement et du Développement durable.

Pépin, D., Feuvrier, P., Powolny, T., & Giraudoux, P. (2025). Investigating the effects of red fox management on poultry beyond the controversy, Jura Massif, France. Scientific Reports, 15, 26238.

Jiguet, F., Morin, A., Courtines, H., Robert, A., Fontaine, B., Levrel, H., & Princé, K. (2026). Ecological and economic assessments of native vertebrate pest control in France. Biological Conservation.

 

 

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Destruction illégale d’un loup dans le Cantal : nous ne laisserons pas faire !

Le 4 février 2026, la dépouille d’un loup mâle était découverte dans le Cantal. Le même jour, un chasseur se présentait de lui-même, auprès des autorités, en expliquant avoir confondu l’animal avec un renard lors d’une battue le 31 janvier 2026, soit 5 jours plus tôt. Il ressort de l’examen que ce loup est bien mort à la suite d’un tir non autorisé. Il s’agit donc d’un acte de destruction illégale d’une espèce protégée par la loi. Cependant, selon la procureure de la République en charge du dossier, il n’y aurait pas eu d’intentionnalité ici ce qui écarterait la thèse du braconnage. Une enquête est toujours en cours mais le chasseur ne pourrait être finalement sanctionné que d’un rappel à la loi. Nous, Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement, ne pouvons pas fermer les yeux sur cette indulgence judiciaire extrêmement dangereuse pour le loup ! Nous notons la promptitude des auteurs de braconnage à s’abriter derrière la « non-intentionnalité » de leur acte, scandaleusement protégé par la loi d’orientation agricole de mars 2025.

Une plainte commune contre ce chasseur vient d’être portée par certaines associations du collectif Cap Loup : ANIMAL CROSS, l’ASPAS, l’ASPA VOSGES, CARDUELIS, Éducation Éthique Animale, FERUS, Focale pour le Sauvage, la FRANE, le Groupe Mammalogique d’Auvergne (GMA), le Pôle Grands Prédateurs et la SFEPM.

Un loup ne ressemble pas à un renard : une confusion est peu probable. Nos associations s’étonnent d’autant plus d’une telle méprise que la chasse et les formations au permis de chasse insistent sur la sécurité du tir qui implique l’obligation formelle d’identifier sa cible avant de tirer, puis de vérifier son tir, l’objectif étant notamment de ne pas laisser une bête agonisante. Deux impératifs que ce chasseur ne semble pas avoir respectés.

Nous rappelons que la population de loups sur le territoire français stagne depuis 2022. Surtout, le Conseil européen[1] et l’OFB-CEFE[2] estiment réel le risque de baisse de la population, notamment depuis l’augmentation inacceptable du nombre de destructions de loup autorisées annuellement (contre laquelle nous avons bien l’intention d’agir) — jusqu’à 23% de la population lupine —, ce qui porte à 2/3 le risque de la faire diminuer. Les tirs illégaux augmentent encore cette probabilité, c’est pourquoi il est important de condamner ces infractions pour prévenir ce fort risque de décroissement. Le loup est une espèce clé de voûte qui joue un rôle écologique primordial pour nos paysages et nos cultures. Prédateur naturel, il participe à la régulation des ongulés sauvages.

La présence du loup dans le Cantal est très irrégulière depuis les années 2000 ce qui pourrait potentiellement s’expliquer par des faits de braconnage. La destruction de ce mâle, dans un département qui ne compte qu’un à deux individus, est très préjudiciable à l’espèce et porte donc directement atteinte à son bon état de conservation localement. C’est pourquoi nos associations portent plainte collectivement contre ce chasseur qui a reconnu avoir abattu « par inadvertance » ce loup. Il est hors de question de laisser cette « erreur » se reproduire ou devenir une habitude. L’avenir du loup sur notre territoire en dépend !

 

 

CONTACTS PRESSE

Animal Cross :

Pascal Sourdin, référent loup : 06 38 37 78 33

ASPAS :

Thierry Ruf : 06 10 27 44 23 / thierry.ruf@aspas-nature.org

Carduelis :

Carmen Munoz Pastor et Vincent Primault : carduelis@laposte.net / 05 55 83 17 78 / 06 62 61 05 25

Éducation Éthique Animale :

Marie-Laure Laprade :  06 28 37 48 83 / educ.ethic.animal@gmail.com

FERUS :

Denis Doublet Vice-président et coordinateur loup : coordination.loup@ferus.org / 07 82 75 75 55

Focale pour le Sauvage :

Sandra Bérénice Michel, Co-présidente : 07 85 75 48 63 / sandra.b-michele@live.fr

Pôle Grands Prédateurs :

Mickaël Paul, Co-président : 07 77 23 85 97

 

[1] Évaluation de l’état de conservation du loup (Canis lupus) en Europe, Conseil européen, T-PVS/Inf(2022)45

[2] État de conservation du loup en France, CEFE-OFB, 2025

Loup tué dans le Cantal : Animal Cross dénonce une destruction inacceptable

Loup tué dans le Cantal : Animal Cross dénonce une destruction inacceptable

Animal Cross exprime sa profonde préoccupation suite à la mort d’un loup lors d’une battue le 31 janvier dernier à Laveissenet, dans les Monts du Cantal. Cet événement tragique touche une espèce dont la présence est encore faible dans le Massif central, rendant la perte de cet individu particulièrement préjudiciable pour la conservation locale de l’espèce.

Le communiqué de presse d’une organisation syndicale montre que le chasseur s’abrite derrière la loi d’orientation agricole de mars 2025, qui prévoit que seules les atteintes commises « de manière intentionnelle ou par négligence grave » sont désormais passibles de poursuites pénales. Il va de soi que démontrer le caractère intentionnel des actes de braconnage est très difficile, et que cette loi ouvre la porte à tous les excès. Qu’un chasseur prenne un loup pour un renard conforte l’association dans ses demandes, depuis de nombreuses années, de voir des contrôles d’aptitude associés à la validation périodique du permis de chasser.

 

Un silence de cinq jours qui interpelle

Le déroulement des faits soulève d’importantes questions sur la transparence de cette opération de chasse. Le cadavre de l’animal n’a été découvert que cinq jours après les faits. Ce n’est qu’à la suite de cette découverte fortuite que le chasseur responsable s’est manifesté auprès de la gendarmerie.

Pour Animal Cross, cette chronologie est révélatrice : sans cette découverte due au hasard, l’acte de destruction d'une espèce protégée serait probablement resté ignoré, comme l’est la grande majorité des actes de braconnage de loups, en augmentation, qui seuls peuvent expliquer la stagnation de la population française depuis 2022.

 

source graphique : OFB https://www.loupfrance.fr/suivi-du-loup/situation-du-loup-en-france/

 

 

Une menace pour l'équilibre de nos écosystèmes

Le loup n'est pas seulement un symbole de vie sauvage ; il est une espèce clé de voûte (encore) protégée par les lois européennes et françaises. Son rôle écologique est primordial pour la santé de nos paysages :

  • Régulateur naturel : Il limite la surabondance des ongulés sauvages (cerfs, chevreuils, sangliers).
  • Allié des forêts : En régulant ces populations, il réduit l’abroutissement des jeunes pousses, favorisant ainsi la régénération naturelle des forêts, essentielle face aux enjeux climatiques actuels.

Animal Cross demande

  1. Une enquête rigoureuse de L'Office Français de la Biodiversité (OFB) pour déterminer s'il s'agit d'un acte de braconnage caractérisé.
  2. Que la justice tire toutes les conséquences de cette « destruction non autorisée d'espèce protégée ».

Nous rappelons que la responsabilité est aussi institutionnelle. En laissant une trop grande liberté dans la « gestion » de la faune sauvage sans contrôles suffisants, et en augmentant année après année les possibilités légales de tuer des loups, l'État porte une part de responsabilité dans ces soi-disant accidents, en installant des conditions favorables à l’impunité.

Animal Cross se joindra aux actions judiciaires en cours et déposera plainte pour destruction non autorisée d’espèce protégée. Il est impératif que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce tir et que les responsabilités soient clairement établies pour que la loi protégeant notre biodiversité ne soit pas une lettre morte.

Contact Presse :  contact@animal-cross.org

Victoire d’étape dans l’Aude : la mobilisation porte ses fruits pour la faune rescapée du mégafeu

Victoire d’étape dans l’Aude : la mobilisation porte ses fruits pour la faune rescapée du mégafeu

Souvenez-vous, en août 2025, un incendie géant ravageait près de 17 000 hectares dans les Corbières. Face à cette catastrophe écologique, Animal Cross s'est immédiatement mobilisée pour demander un répit écologique indispensable à la survie des animaux rescapés.

Ce que nous avons demandé : un moratoire pour la vie

Dès la fin de l’incendie, nous avons lancé une pétition citoyenne sur Change.org pour interpeller les autorités. Notre objectif était clair : obtenir un arrêté préfectoral suspendant toute action de chasse (y compris la régulation des ESOD) dans les zones incendiées et un périmètre tampon pour la saison 2025-2026.
 
Nos arguments étaient fondés sur la nécessité de protéger les "zones refuges" où les animaux se regroupent après un sinistre, les rendant extrêmement vulnérables aux prélèvements humains.
 
Nous rappelions également que la dégradation de ces habitats, dont certains sont classés Natura 2000, impose juridiquement à l'État d'éviter toute perturbation supplémentaire des espèces.

Faits récents : une mobilisation qui fait bouger les lignes


Grâce à notre action collective
et à celle d'autres organisations comme l'ASPAS, le dossier a progressé. L'ASPAS a notamment été reçue en préfecture en octobre 2025 pour réitérer l'urgence d'une interdiction de la chasse afin de permettre aux populations de se reconstituer
.
 
Bien que la chasse ait initialement repris sans contraintes majeures, un nouvel arrêté préfectoral a été adopté le 6 janvier 2026. Ce texte apporte des changements significatifs :
 
  • Interdiction d'accès aux zones boisées : Pour des raisons de sécurité, l'accès aux parties boisées des communes sinistrées est désormais interdit à toute personne, ce qui inclut les chasseurs.
  • Zones refuges préservées : Si la régulation des sangliers et des chevreuils reste autorisée à l'intérieur du périmètre général, elle est strictement interdite dans les espaces boisés.

Un premier succès pour la biodiversité


Cette décision constitue une
très bonne nouvelle pour les animaux qui peuvent enfin trouver un véritable refuge dans ces bois sans être dérangés. C'est la preuve concrète que la mobilisation citoyenne, par le biais de nos pétitions et lettres ouvertes, joue un rôle déterminant face aux pressions des lobbies.
 
Nous restons vigilants. Si cet arrêté est une avancée, nous devons continuer de demander un suivi de l'évolution des populations animales sur cette zone.