Victoire d’étape dans l’Aude : la mobilisation porte ses fruits pour la faune rescapée du mégafeu

Victoire d’étape dans l’Aude : la mobilisation porte ses fruits pour la faune rescapée du mégafeu

Souvenez-vous, en août 2025, un incendie géant ravageait près de 17 000 hectares dans les Corbières. Face à cette catastrophe écologique, Animal Cross s'est immédiatement mobilisée pour demander un répit écologique indispensable à la survie des animaux rescapés.

Ce que nous avons demandé : un moratoire pour la vie

Dès la fin de l’incendie, nous avons lancé une pétition citoyenne sur Change.org pour interpeller les autorités. Notre objectif était clair : obtenir un arrêté préfectoral suspendant toute action de chasse (y compris la régulation des ESOD) dans les zones incendiées et un périmètre tampon pour la saison 2025-2026.
 
Nos arguments étaient fondés sur la nécessité de protéger les "zones refuges" où les animaux se regroupent après un sinistre, les rendant extrêmement vulnérables aux prélèvements humains.
 
Nous rappelions également que la dégradation de ces habitats, dont certains sont classés Natura 2000, impose juridiquement à l'État d'éviter toute perturbation supplémentaire des espèces.

Faits récents : une mobilisation qui fait bouger les lignes


Grâce à notre action collective
et à celle d'autres organisations comme l'ASPAS, le dossier a progressé. L'ASPAS a notamment été reçue en préfecture en octobre 2025 pour réitérer l'urgence d'une interdiction de la chasse afin de permettre aux populations de se reconstituer
.
 
Bien que la chasse ait initialement repris sans contraintes majeures, un nouvel arrêté préfectoral a été adopté le 6 janvier 2026. Ce texte apporte des changements significatifs :
 
  • Interdiction d'accès aux zones boisées : Pour des raisons de sécurité, l'accès aux parties boisées des communes sinistrées est désormais interdit à toute personne, ce qui inclut les chasseurs.
  • Zones refuges préservées : Si la régulation des sangliers et des chevreuils reste autorisée à l'intérieur du périmètre général, elle est strictement interdite dans les espaces boisés.

Un premier succès pour la biodiversité


Cette décision constitue une
très bonne nouvelle pour les animaux qui peuvent enfin trouver un véritable refuge dans ces bois sans être dérangés. C'est la preuve concrète que la mobilisation citoyenne, par le biais de nos pétitions et lettres ouvertes, joue un rôle déterminant face aux pressions des lobbies.
 
Nous restons vigilants. Si cet arrêté est une avancée, nous devons continuer de demander un suivi de l'évolution des populations animales sur cette zone.
Accidents de chasse : Quand nos loisirs deviennent des zones de guerre

Accidents de chasse : Quand nos loisirs deviennent des zones de guerre

Le partage de la nature est aujourd'hui un mythe qui cache une réalité brutale : la mise en danger permanente des citoyens. Qu'il s'agisse d'une simple course à pied ou d'une promenade en famille, la présence de chasseurs transforme nos espaces de liberté en zones de risques majeurs.

Le drame de Lent : Une joggeuse pour cible

Le samedi 17 janvier 2026, à Lent dans le Jura, une jeune femme de 25 ans a vu sa vie basculer alors qu'elle pratiquait simplement son jogging. En pleine matinée, elle a été atteinte au pied par le tir d'un chasseur.

Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer les circonstances de cet incident, qui aurait pu s’avérer bien plus grave. La brigade de Champagnole, ainsi que l’Office français de la biodiversité (OFB) ont été saisis.

Cet accident n'est pas une simple fatalité, mais le résultat de manquements graves aux règles de sécurité élémentaires :

  • Distance non respectée : Le chasseur a tiré à environ 200 mètres, soit le double de la distance maximale préconisée.
  • Direction dangereuse : Le tir a été effectué en direction d'une route ouverte à la circulation.
  • Mauvais positionnement : Le tireur ne se trouvait pas au poste qui lui avait été assigné lors de la battue.

Bien que ses jours ne soient pas en danger, la victime a dû subir une intervention chirurgicale lourde (1, 2, 3).

Des blessures de guerre" à deux pas de chez nous

La chasse n'est pas un sport anodin ; elle utilise des armes de gros calibre dont les effets sur le corps humain sont dévastateurs. Sur ces 20 dernières années, on dénombre 2634 accidents de chasse, soit en moyenne 132 accidents par an avec une réaugmentation ces 2 dernières années, et 11 % d'entre eux sont mortels (4).

Les traumatismes infligés sont comparables à des blessures de guerre en raison de la nature des munitions utilisées :

  • Fragmentation interne : Les balles de grand gibier se fragmentent à l'intérieur du corps, provoquant un "polycriblage" qui détruit les organes vitaux, les muscles et les vaisseaux (5).
  • Séquelles physiques lourdes : Les victimes font face à des risques d'infections majeures, de nécroses tissulaires et de lésions nerveuses souvent irréversibles.
  • Traumatismes psychiques : Au-delà de la chair, l'accident laisse des traces mentales profondes comme le syndrome de stress post-traumatique (ESPT), caractérisé par des flashbacks, des cauchemars et un état d'hypervigilance constant (symptômes les plus fréquents cités par le DSM, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders).

Un climat d'insécurité et de stress permanent

Il n’est pas nécessaire d’être touché par une balle pour subir les conséquences de la chasse. La simple présence de panneaux « chasse en cours » ou d’hommes armés sur des sentiers de loisirs suffit à créer un sentiment d’insécurité croissant.
C’est notamment le cas dans le Val d’Azun (Hautes-Pyrénées), où nous avons constaté la présence de chasseurs au col de Couraduque. Ce site, très fréquenté en hiver, attire de nombreux sportifs venus profiter d’une épaisse couche de neige pour pratiquer le ski de fond, la raquette ou encore le ski de piste.
Pourtant, ces usagers peuvent avoir la mauvaise surprise de se retrouver nez à nez avec des chasseurs sur les pistes. C’est ce qui est arrivé à des promeneurs en raquettes sur la piste « La Mystérieuse », le jeudi 29 janvier. L’incident nous a été rapporté par un loueur de matériel exerçant au col de Couraduque.
Ancien chasseur lui-même, et se disant « sans opposition à la chasse », il estimait toutefois que, par souci de sécurité, les chasseurs devraient s’éloigner des pistes fréquentées par le public.
De notre côté, nous avons également constaté à plusieurs reprises une présence importante de chasseurs dans ce secteur. La forte épaisseur du manteau neigeux facilite la chasse et réduit considérablement les possibilités de fuite des animaux.
À plus de 1 300 mètres d’altitude, il est permis de douter que les vacanciers venus chercher le calme et la beauté du site apprécient les détonations répétées des tirs de chasse.

crédit photo : photo prise le 11 janvier 2026, col de Couraduque

Les impacts collatéraux de la chasse

La Fédération de chasse elle-même reconnaît que "l'erreur humaine est manifeste" dans de nombreux cas. Pour notre association, il est temps que la sécurité de la majorité des citoyens prime sur le loisir d'une minorité armée.

Des races créées, des chiens dénaturés pour chasser

Des races créées, des chiens dénaturés pour chasser

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Les chiens de chasse? “Ils sont nés pour ça!” “La chasse ne fait qu’utiliser leur instinct naturel.” Est-ce vraiment le cas? D’où viennent ces races de chiens, utilisées pour repérer, courser, marquer l’arrêt, rapporter, voire tuer les animaux sauvages? Issus de l’évolution naturelle ou artefacts créés par les hommes pour servir leurs viles passions?

D'où viennent les chiens de rue ?

En regardant les chiens cherchant leur nourriture dans les décharges de Mexico, de Casablanca, ou de Bombay, beaucoup d’entre nous penseraient : “ce sont des chiens de rue, des bâtards, des croisés”. L’idée sous-jacente est que les chiens de race sont les ancêtres des chiens de village. De nombreuses personnes ont tendance à penser que si un chien ne ressemble pas à un chien de race d’une société canine, alors c’est un hybride ou un bâtard. En réalité, les races de chiens sont issues d’une sélection génétique artificielle pratiquée par l’homme.

Avant 1861, l'absence d'uniformité

En 1755, Buffon, célèbre scientifique naturaliste, écrivait que “dans un même pays, un chien diffère beaucoup d’un autre, et entre les climats, les espèces semblent changées. De ce fait, le nombre et le mélange des races sont si grands qu’il est presque impossible de les reconnaître ou de les énumérer (1)”. “Les variétés de chiens sont extrêmement nombreuses et, comme elles sont apparemment produites par les croisements, il y a à peine de limite au nombre qui peut être décrit (2)”, note un des auteurs les plus connus en Angleterre en 1859. Les termes utilisés sont “variété de chiens”, “sorte”, “type”, “tribu”, “race”. “À l’intérieur de ces groupes, la variation de forme était normale et attendue, avec des étendues de taille, couleur et autres caractéristiques. La fonction du type de chien était liée à la forme, avec des capacités, un caractère et un tempérament caractéristiques (…). Il n’y avait pas d’attente d’uniformité dans les variétés (3).”

les races de chien, une création récente pour fixer artificiellement des caractéristiques qu'on fait passer pour "naturelles"

La fixation des caractères est intrinsèquement liée au concept de standard qui a émergé au XVIe siècle. Le développement des standards a connu une expansion significative au XIXe siècle, en Angleterre, notamment à travers les premières expositions canines dédiées à deux races de chiens de chasse : les Pointers et les Setters. En 1863, le Great International Dog Show a marqué un évènement majeur en réunissant 1 678 chiens. Cet engouement pour la cynophilie s’est propagé, conduisant à la création en 1881 de la Société Centrale Canine en France et en 1911 de la Fédération Cynologique Internationale (4).

Le développement d’une classe moyenne citadine au XIXe siècle a conduit à l’adoption généralisée du chien en tant qu’animal de compagnie. Cette évolution a entraîné une transition vers la recherche de critères esthétiques pour les races canines, contrairement aux pratiques antérieures où la sélection se basait davantage sur l’utilité des animaux, telle que la conduite des troupeaux, la garde ou la chasse.

Les variations à l’intérieur d’une race ont ensuite diminué, avec de plus en plus de chiens qui se rapprochaient du standard de la race, créant une uniformité. Le standard lui-même demeurait en évolution selon les types de chien, mais le principe de l’uniformité par rapport au standard se maintenait (5).

Dominer et maîtriser la nature

Au XIXe siècle, l’idée de progrès comme domination et maîtrise de la nature était importante, et développer des races de chien était en accord avec la pensée ambiante. Des chiens relativement proches étaient croisés ensemble pour sélectionner des génotypes et phénotypes spécifiques. Il ne faut en effet pas plus de 5 à 8 générations de chien, soit quelques dizaines d’années seulement, pour parvenir à des races ayant les caractéristiques recherchées, exprimant certains gènes au détriment des autres.

On cherchait à “améliorer les races (6)″, comme l’écrit encore aujourd’hui la Société Centrale canine (7). En termes plus basiques, on peut dire qu’on cherchait à maîtriser la génétique des animaux pour livrer des caractéristiques correspondant à ce qui était recherché : le flair, l’endurance, la taille des animaux, l’aboiement, etc., pour les chiens de chasse par exemple. Ainsi, dire que les Setters marquent naturellement l’arrêt revient à constater que les sélections génétiques pour fixer cette caractéristique chez cette race de chien ont bien fonctionné.

Les races de chiens de chasse ont permis et permettent toujours d’asservir les animaux en remplaçant les caractéristiques et l’instinct naturel par les caractéristiques et l’instinct de la race.

C’est comme si on avait croisé ensemble dans un groupe d’athlètes les marathoniens avec les marathoniens, les sauteurs en hauteur avec les sauteurs en hauteur et les lanceurs de marteau avec les lanceurs de marteau. Au bout de plusieurs générations, le résultat correspond à des types d’hommes et de femmes spécialement adaptés à courir le marathon, sauter en hauteur, lancer le marteau.

Il n’est pas surprenant dans ces conditions que des chercheurs américains, spécialistes des études génétiques, aient récemment pu identifier chez les chiens de chasse des gènes très spécifiques expliquant leurs performances sportives, y compris la fonction cardiaque, l’appareil musculaire, les fonctions neurologiques (8).

“La différence entre avant et après les races peut être comparée à la manière dont les couleurs apparaissent dans un arc-en-ciel et dans une sélection de couleurs pantone. L’arc-en-ciel a différentes couleurs, mais elles se mélangent entre elles. La sélection de couleurs Pantone est un jeu de couleurs distinct, séparé et uniforme. Le faible nombre de races au début du XIXe siècle est comme les 7 couleurs de l’arc-en-ciel alors que les 204 races maintenant reconnues par le Kennel club anglais (équivalent de la société canine française) sont comme autant de couleurs Pantone (9).

Parmi les races de chiens de chasse, certaines sont plus anciennes et ont été améliorées au XIXe siècle, d’autres ont été créées après. Ainsi parmi les chiens anglais, qui sont dominants à la chasse, les Pointers, Setters et Spaniels sont des types de chiens déjà présents au début du XIXe siècle.

Au sein d’un type de chien, une grande variété existait. Par exemple, un auteur de l’époque écrivait à propos des Cockers (Spaniels) qu’il y a tellement de variétés “qu’il est impossible d’en donner une description spécifique (10)″.
Comparé à son ancêtre espagnol, le Pointer anglais avait déjà été “amélioré”. La variété anglaise avait une forme, des jambes et des pieds très différents. Le chien choisi pour être le prototype du Pointer, un chien nommé Major, était exceptionnellement grand pour un Pointer, dans le but d’être plus efficace à la chasse (11).

Apparition des races hypertypes

De nombreuses tares génétiques apparaissent, car la sélection dans les élevages se fait surtout sur des critères de races hypertypées avec une forte consanguinité.

On favorise à la fois des caractères recherchés, mais on sélectionne aussi des allèles récessifs désavantageux pour l’espèce. Les maladies génétiques sont normalement rares, mais si elles apparaissent, elles sont la plupart du temps dues à des allèles récessifs. Et si l’allèle dominant, dit “normal” est présent, la maladie ne s’exprime pas. Mais si seuls les allèles déficients récessifs sont présents, l’anomalie génétique s’exprime et l’individu ne pourra transmettre à sa descendance que cet allèle déficient.

En résumé, si les caractères recherchés deviennent fréquents, il en est de même pour les maladies génétiques dont l’origine est la présence unique d’allèles déficients (on dit que l’individu est homozygote pour un gène).

Parmi les problèmes génétiques les plus souvent rencontrés chez les chiens de chasse, celui des chiens courants est récurrent. Le Retriever est apparu au XIXe siècle, en même temps que la chasse à la battue. Sa principale caractéristique devait être de ne pas abîmer le “gibier” (12).

Le chien courant suisse (exemple le Lucernois) est apparu dans les années 1930. Alors que le Braque allemand serait issu de croisements au Moyen Age, ses caractéristiques ont été fixées plus récemment, en 1897. Il aurait ensuite été croisé dans les années 1920 à 1930 avec le Doberman et le Pointer pour donner sa forme actuelle.

Multiplication des problèmes de santé

“Avant le XIXe siècle, les chiens n’avaient pas de standard, mais ils avaient une santé”, disait Robert Triquet (13), ancien président de la FCI (Fédération cynophile internationale).

Les chiens trapus et longs, essentiellement les chiens courants, en offrent un bon exemple (14). Les races de chiens officiellement reconnues sont classées en 10 groupes distincts, eux-mêmes divisés en sections, créés en fonction des origines, des comportements et spécificités de chaque race. Les chiens trapus et longs, comme les chiens courants pour la chasse, sont sélectionnés pour leurs aptitudes morphologiques, olfactives, psychiques et de train (endurants et rapides). Sur les dix groupes, ils constituent le 6e groupe, avec 74 races de chiens courants et de recherche au sang dans le monde. Les plus recherchés sont le Basset hound et le Beagle.

Les chiens courants ont une homogénéité de type morphologique. Ils souffrent de pathologies du squelette (retrognathisme, dépassement de la mandibule) et d’affections de l’œil et de l’oreille. Le bassetisme, raccourcissement du corps par rapport au modèle original, est dû à des mutations génétiques qui modifient le développement des os pendant la vie intra-utérine : cette pathologie s’appelle l’achondroplasie. La sélection a fixé ce caractère pathologique chez les Bassets.

Le Basset hound, en raison de sa morphologie particulière, de ses courtes pattes et de son corps long est prédisposé à la dysplasie du coude (15) et de la hanche. Ses longues oreilles et ses yeux tombants conduisent également à des problèmes oculaires similaires à celui du Saint-Hubert, tels que l’entropion et l’ectropion (16), entraînant des conjonctivites, des glaucomes (17) et des cataractes. De plus, le Basset hound et le Saint Hubert sont sujets aux otites résultant d’un manque d’aération des oreilles, ainsi qu’à la dermatite des plis de peau. Par ailleurs, le Basset hound partage avec le Teckel la propension aux chondrodysplasies, aux hernies discales intervertébrales (25 % des Teckels) (18) et aux hernies inguinales.

Le Beagle souffre lui aussi des complications liées aux déformations du squelette de ces races achondroplasiques. Il est fréquemment confronté à des crises d’épilepsie, à des hernies ombilicales, à la sténose pulmonaire et à l’hypothyroïdie (19).

Sources

(1) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 2
(2) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 52
(3) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 26
(4) Thèse de Morgane Caradec, “ Relecture de 84 standards de la Fédération Cynologique Internationale afin de mettre en évidence les risques d’apparition d’hypertypes “, 2022, 180 pages, page 25-28
(5) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross — p. 87
(6) La race est une “population animale prise au sein d’une espèce, caractérisée par un génotype moyen particulier conduisant à la manifestation d’un phénotype intéressant la morphologie (conformation), la robe et une certaine tendance d’aptitude (physiologie et psychologie) pouvant varier en fonction des conditions de milieu dans lequel sont exploités les animaux” (Théret, 1981).
(7) La Société Centrale Canine a pour objectif “d’assurer l’amélioration et la reconstitution des races de chiens d’utilité, de sport et d’agrément en France”. https://www.centrale-canine.fr/articles/nous-connaitre
(8) Jaemin Kim, Falina J. Williams, Dayna L; Dreger, Jocelyn Plassais, Brian W. Davis, Heidi G. Parker and Elaine A. Ostrander, “ Genetic selection of athletic success in sport-hunting dogs “, July 2018. https://www.pnas.org/content/115/30/E7212
(9) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 2
(10) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 44
(11) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 83
(12) The invention of the modern dog. Michael Worboys, Julie-Marie Strange, Neil Pemberton. John Hopkins University Press. 2018. Traduction Animal Cross - p. 45
(13) Guintard C. et Leroy G., “Standard, Santé et Génétique chez le Chien”, Société Centrale Canine en collaboration avec la Fédération cynophile Internationale et le Kennel Club suédois à Paris en 2017
(14) Document de présentation de l’Avis de l’Académie Vétérinaire de France sur la nécessité de renforcer la prévention et la lutte contre les “Hypertypes” canins, Académie Vétérinaire de France, adopté en séance académique le 21 juin 2018
(15) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/basset-hound-elbow-dysplasia
(16) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/bloodhound-ectropion
(17) Oliver, J.A.C., Ekiri, A. & Mellersh, C.S. Prevalence of pectinate ligament dysplasia and associations with age, sex and intraocular pressure in the Basset hound, Flatcoated retriever and Dandie Dinmont terrier. Canine Genet Epidemiol 3, 1 (2016). https://doi. org/10.1186/s40575-016-0033-1
(18) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/dachshund-intervertebral-disc-disease
(19) Site scientifique anglais https://www.ufaw.org.uk/dogs/beagle-hypothyroidism

Argent de la chasse : richesse cachée, business entre amis, argent du contribuable

Argent de la chasse : richesse cachée, business entre amis, argent du contribuable

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Si la chasse est si ardemment défendue, c’est entre autres parce que les enjeux économiques sont importants. Que ce soit par les fédérations de chasse, qui ont retrouvé des trésoreries en or massif, ou encore par la communauté cynégétique au sens large, les chasseurs défendent avant tout une activité au service de laquelle nos institutions se sont mises au garde-à-vous.

Dans le passé, le monde de la chasse a eu les moyens de soutenir un parti politique (Chasse Pêche Nature et Traditions), c’est aujourd’hui la liste “Alliance rurale” de W. Schraen qui en est la vitrine, à l’occasion des élections européennes. Ce monde peut aujourd’hui s’offrir des services de lobbying de classe premium, et parvient à financer des campagnes de marketing se chiffrant en centaines de milliers d’euros, pour tenter d’enrayer son déclin.

La réforme de 2019 dont nous actualisons ici les effets financiers a été voulue par le président E. Macron (1) afin de “maîtriser les populations de grand gibier génératrices de dégâts, lutter contre l’érosion de la biodiversité et la dégradation des habitats... et améliorer la prise en compte du bien-être des animaux (SIC)”.

C’est dire à quel point ce sujet est empreint de cynisme.

Une pluie torrentielle de subventions cynégétiques

Les subventions aux fédérations de chasse, qui bénéficient ainsi de l’argent du contribuable non-chasseur, ont véritablement explosé depuis 2019. Elles revêtent plusieurs formes.

a/ La baisse du prix du permis national de chasser s’est accompagnée d’une baisse de recettes de l’OFB à hauteur de 21,2 M€ (millions d’euros), du fait de la réduction des redevances mécaniquement versées par les chasseurs à l’ONCFS, puis à l’OFB. Cette perte a été intégralement assumée par l’État, et constitue donc une subvention indirecte.

b/ Le financement de projets théoriquement “en faveur de la biodiversité” portés par les fédérations nationale, régionales et départementales a été assuré à hauteur de 31 M€ au total entre 2019 et 2023 (et se poursuit au même rythme depuis lors), dans le cadre d’un fonds géré par la FNC. 

c/ La gestion par la FNC des ACCA (2) et des plans de chasse individuels (le fait de répartir le plan de chasse départemental, validé en CDCFS (3), entre les sociétés de chasse) s’accompagne d’une subvention annuelle de 9 M€.

d/ Pour différents services, tels que leur participation à la surveillance sanitaire de la faune sauvage, les fédérations de chasse perçoivent environ 600 000 € par an.

e/ Des aides ponctuelles, mais importantes, voient périodiquement le jour, telle celle de 2022 d’un montant de 18,6 M€, pour cause d’augmentation du cours des céréales (en raison principalement de la guerre en Ukraine), et donc ayant impacté à la hausse les remboursements de dégâts aux cultures. Cette aide a été octroyée sans consultation de la CNCFS (4), et ne fut quasiment pas rendue publique.

Comme si cela ne suffisait pas, il s’ajoute à ces aides l’État les subventions versées par les collectivités territoriales (conseils départementaux, conseils régionaux, communautés de communes, etc., essentiellement ceux des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine), qui se portèrent par exemple en 2021 à 6,1 M€.
Ce sont là essentiellement des subventions de fonctionnement (5), et non des moyens affectés à des projets. Parmi celles-ci, la Fédération des chasseurs de Haute-Savoie a bénéficié en 2022 de 270 000 € pour mettre en œuvre une campagne de “ comptage de loups ”, ainsi que 650 000 € pour différents projets (6), et tout cela de la part du conseil départemental.

La somme annuelle de ces subventions est conséquente, et elle contraste avec les faiblesses relevées par la Cour des comptes en 2023 (7), principalement au plan de la transparence : défauts de publication par les fédérations, comme celui des “rémunérations de ses trois plus hauts cadres dirigeants” ou encore celui des comptes annuels de la FNC, et encore non-publication du “rapport du commissaire aux comptes sur le site Internet” du Journal officiel, mais aussi des rapports annuels d’activité des FDC.

La Cour des comptes apporte cette conclusion : “les fédérations ne respectent pas leurs obligations de rendre compte, définies par la loi”.

La richesse cachée des FDC/FNC

 

Recettes et avoirs des Fédérations départementales et nationale des chasseurs.

Alors que les Fédérations départementales des chasseurs (FDC) sont des associations loi 1901, elles ont souvent des bilans à plus de 5, voire 10 millions d’euros (8) et fonctionnent comme des entreprises de taille moyenne, tout en étant exonérées des charges affectées aux entreprises. Nos nemrods (9) ont des réserves et patrimoines dignes de Crésus !

La FNC, quant à elle, affichait fin 2022 un bilan de 38,4 M€, des fonds propres à hauteur de 11,1 M€ et 21,3 M€ de trésorerie (10).

À côté de cela, les Associations de protection de la nature (APN) perçoivent, quant à elles, des adhésions volontaires. Elles ne sont la plupart du temps pas ou peu subventionnées, et n’ont pas le privilège de voir leur nom gravé dans le Code de l’environnement.

Les différentes fédérations de chasse ont accumulé un patrimoine très conséquent, qui se chiffre en centaines de millions d’euros (voir l’étude de 2018 (11)); il est simplement choquant que ce patrimoine et les avantages divers octroyés par l’État aux chasseurs ne profitent qu’à cette minorité, qui ne représente qu’environ 1,7 % des Français de plus de 16 ans (12), âge minimum pour pouvoir chasser. C’est tout un ensemble de privilèges acquis au fil des ans, comme celui de collecter la cotisation imposée à tout chasseur, ou encore celui d’être subventionné sur des fonds publics, qui a avantagé les fédérations de chasse (départementales, régionales, nationale) au plan financier.

Rien que le siège de la Fédération nationale des chasseurs, à Issy-les-Moulineaux, vaut plusieurs millions d’euros (13) ; la presse se fait régulièrement l’écho des réfections princières de Maisons de la Chasse (14), qui sont assez souvent des manoirs.

Elle a aussi relayé en 2023 l’acquisition par la FDC Dordogne de tout un village vacances pour 1,1 M€. D’ailleurs, les anomalies relevées par la Cour des comptes en 2013, telles que les salaires mirobolants des salariés de la FNC (dont environ 200000 €/an pour le directeur), confirment bien cette opulence.

Concernant les recettes autres que les subventions, les redevances cynégétiques sont constituées du droit de timbre, des cotisations à une FDC, et de participations relatives au grand gibier; auxquelles s’ajoutent le montant des validations de permis (départementales ou nationales), les participations territoriales, et encore diverses taxes.

Ce que rapporte le permis de chasser

Avec la réforme de 2019, le prix du permis national est passé de 400 à 200 euros. Cette réduction a reconfiguré les recettes des fédérations de chasse, que l’on peut résumer ainsi (avec le dernier nombre de validations de permis connu, 985 812, celui de la saison 2021-2022) :

  • avec la validation du permis est payé un droit de timbre (une taxe) dont le montant était de 8,75 M€ en 2020-2021; une partie de ce montant va à l’agence de l’eau Adour Garonne, puis à l’OFB (cf. Schéma 1)
  • le timbre grand gibier (contribution aux dégâts occasionnés par les grands ongulés) dont le montant a été estimé à 3,9 M€ en 2020-20217 ,
  • la cotisation aux FDC qui représentait 83,4 M€ en 2020-2021, y compris la part du permis national qui leur revient,
  • la part des redevances cynégétiques incluses dans la validation de permis représentait 43,7 M€ en 2020-2021.

La division par deux du prix du permis national de chasser en 2019 a surtout permis une augmentation de 11,5 M€ des redevances perçues par la Fédération nationale des chasseurs, ainsi que l’abondement par l’État, décrit plus haut.

Certes, les fédérations de chasseurs contribuent à des missions de service public définies aux articles L. 421-5 et R. 421-39 du Code de l’environnement, mais ces services sont principalement dévolus au plaisir de chasser, et très peu à l’intérêt général.

Ainsi, les fédérations de chasse bénéficient d’un régime de faveur. Que ce soit le produit de la vente de bracelets, celui des validations de permis de chasser, ou celui des “timbres fédéraux”, il n’y a aucune raison que ces produits, qui s’ajoutent aux subventions, bénéficient à une association loi de 1901 particulièrement privilégiée : c’est de l’argent public soustrait aux 98 % de contribuables non-chasseurs.

La contribution territoriale

C’est ce que paient obligatoirement les détenteurs de droit de chasse (ACCA, propriétaires, etc.) aux FDC, pour participer au fond de prévention et indemnisation des dégâts. Elle se montait à 15,7 M€ en 2020-2021.

Les bracelets (dispositifs de marquage des animaux)

Il s’agit du droit que font payer les FDC aux sociétés de chasse, pour que leurs membres puissent disposer de l’animal tué. Ils représentaient 31,7 M€ en 2020- 2021 selon la Cour des comptes (7). C’est d’ailleurs l’ordre de grandeur auquel nous parvenons en nous appuyant sur les publications de l’OFB (15) et sur une estimation moyenne de prix du bracelet basée sur plusieurs rapports de comptes annuels de FDC (16).

Tous les comptes étant faits, le solde annuel pour les fédérations de chasse (départementales, régionales, nationale) est de l’ordre de 180 M€ (17) (cf. Tableau 1 ci- dessous). À côté de cela, les chasseurs estiment, par exemple dans le “Dossier de presse 2023” (18), que le monde de la chasse a dépensé 4,2 milliards d’euros en 2022-2023, en y incluant vraiment beaucoup de choses, y compris leurs véhicules qui ne seraient utilisés que pour le plaisir cynégétique; ce rapport, écrit par les chasseurs, implique que chacun consacre 4 400 €/an à ce loisir, ce qui semble beaucoup.

Le petit business entre amis

La location de huttes, la vente sous le manteau d’oiseaux braconnés, le tourisme de la chasse en France et le commerce de venaison sont autant d’éléments qui participent également à l’économie de la chasse. Ce ne sont pas du tout les éléments mis en avant par les rapports commandés par la FNC, qui louent les vertus économiques de la chasse (18, 19).

Des circuits opaques de vente de gibier mort

Chaque année, ce sont entre 150 000 et 300 000 pinsons des arbres et 30 000 à 50 000 pinsons du Nord qui sont capturés et tués afin d’être apprêtés en brochettes (source LPO). Selon Bird Life International (20), entre 149 000 et 895 000 oiseaux sont tués illégalement chaque année en France, pour être vendus ou consommés par des particuliers.

Le Bruant ortolan, officiellement protégé en France, est vendu sur le marché noir, entre 100 et 150 € pièce à des restaurateurs, qui le mettent au menu pour une fortune. La LPO estime que 30 à 80 000 ortolans seraient ainsi braconnés, de façon organisée, chaque année dans les Landes, soit potentiellement un chiffre d’affaires de 3 à 12 M€. La France a été condamnée pour non-protection de l’ortolan à 142 425 €/jour, jusqu’à ce que ce dernier soit enfin protégé.

Encore une somme payée par les Français en lieu et place des braconniers.

Le marché de la venaison se développe

Même si la distribution et la commercialisation de venaison sont relativement peu développées en France, car principalement autoconsommée par les chasseurs et leurs connaissances, elles sont en développement. Par exemple, la région Auvergne- Rhône-Alpes a investi depuis 2019 environ 200 000 € par an dans cette activité, sous forme d’ateliers de dépeçage.

 La FNC multiplie les projets dans ce sens, souvent en collaboration avec les professionnels de la forêt, l’ONF et même avec les Parcs naturels régionaux de France (!). Et cela en dépit des risques sanitaires (pollution au plomb et au cadmium, zoonoses, problèmes liés à l’éviscération tardive des ongulés sauvages) qui pèsent sur les consommateurs de venaison.

Au vu de l’évolution des plans de chasse depuis 2018, ce marché représenterait environ 370 M€ en 2022, seulement sur la base des cerfs, chevreuils et sangliers (21).

Une manne financière

Les zones humides, autrefois sans valeur, ont bénéficié du développement de la chasse, comme les régions de montagnes ont profité de l’engouement pour le ski : une aubaine. L’or rouge sang versus l’or blanc.

C’est le prix exorbitant des locations de tonnes, huttes et autres gabions qui explique la violence, répétée année après année, avec laquelle l’extension des périodes de chasse est âprement défendue par les chasseurs.

Ces installations sont aujourd’hui considérées comme des “valeurs refuge”.

Dans le tableau 2, quelques exemples de prix de vente et de location de postes d’affût, tirés d’annonces commerciales.

Cela représente des sommes énormes, et des revenus pour l’État très importants. On ne sait pas bien évaluer ce que cela signifie à l’échelle nationale, mais chacun peut projeter, sur la base de ces montants, des ordres de grandeur conséquents.

Le tourisme cynégétique

Même si on considère généralement que le tourisme de la chasse est assez peu développé en France (23), les ACCA (24), l’ONF, les domaines de chasse privés, les sociétés de chasse, les guides de chasse professionnels, les organisateurs de séjours ont développé une vaste offre commerciale destinée à combler les chasseurs.

Les régions montagneuses attirent les chasseurs d’autres régions pour qu’ils y tirent chamois et mouflons, les régions à forte densité en cerfs y attirent les nemrods en quête de trophées. On trouve la promotion de tous ces acteurs sur les réseaux sociaux, dans les journaux spécialisés, et sur des plateformes Internet. Il est très difficile d’avoir une vue d’ensemble des montants que cette activité représente, mais il est possible de se faire une idée avec les exemples suivants :

  • en 2022, les recettes brutes cynégétiques de l’ONF étaient d’environ 40 M€/an, en majorité constituées de prestations de guide et de locations de chasse.
  • l’activité d’hôte de chasse (le pendant des chambres d’hôtes) se développe.
  • une journée de chasse au chevreuil coûte de 120 à 250 €.
  • une journée de chasse au cerf coûte de 500 à 2000 €.

De nombreuses variantes existent : chasse accompagnée ou pas, trophée emporté ou pas, et bien sûr les standings d’hébergement et de restauration vont du plus simple au plus luxueux.

Une estimation “au doigt mouillé” réalisée en 2022 par “L’évaluation française des écosystèmes et services écosystémiques” conduit à un montant annuel de 180 M€ pour cet ensemble d’activités.

Les dégâts aux cultures

La charge financière d’indemnisation des dégâts agricoles est supportée par les fédérations départementales, elle se montait à un total discutable de 77,4 M€ en 2019, puisqu’il intègre 25,4 M€ de frais de fonctionnement et 6 M€ de coûts de prévention (23).

C’est bien normal, c’est la contrepartie au privilège d’être unique usufruitier de l’ensemble de la faune sauvage.
Pourtant, les lamentations et tentatives d’échapper à cette responsabilité ne manquent pas. Ainsi, la FNC a saisi en 2022 le Conseil d’État pour contester le système actuel d’indemnisation des dégâts de grand gibier (sanglier, cerf et chevreuil) versée aux agriculteurs par les FDC.

La demande a été retoquée par le Conseil constitutionnel. C’est la mise en avant par la FNC de cette charge qui a conduit à l’obtention des nombreuses subventions décrites ici. Pour ces dégâts, attribués à 87 % au sanglier (23), l’État s’est engagé à verser à la FNC 60 M€ sur 3 ans, à partir de 2023.

Les affaires collatérales

L’activité d’élevage de gibier, qui tente de compenser la chute des populations de lapins de garenne, de faisans, de cailles et de perdrix, occupe une place économique méconnue et surprenante. Avec la promesse de prises assurées, certains détenteurs de droit de chasse souhaitent continuer à attirer une population de chasseurs dont certains à hauts revenus, qui passent un week-end en Sologne, le suivant en baie de Somme, pour finir le mois en Alsace.

Selon le Syndicat national des producteurs de gibier de chasse (SNPGC, 2013), ces élevages seraient en France au nombre de 1500 (10000 emplois), ils produiraient environ 20 millions d’animaux par an pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 150 M€ par an (25). Lui aussi bénéficie du soutien de l’État : 9 M€ de subventions en 2021 (26), sous prétexte de crise sanitaire.

Les nombres d’animaux produits présentés sur le schéma 2, ci-dessous, donnent tout autant le tournis, à l’heure où le sanglier, déjà en surnombre, est la justification avancée par le monde de la chasse pour sa nécessaire action de régulation. L’existence même de la Fédération nationale des éleveurs de sangliers montre que ce non-sens ne choque pas l’État. Le Syndicat national des producteurs de gibier de chasse représente 70 % de la production nationale de “gibier”.

À ces chiffres s’ajoutent ceux des animaux importés, en particulier d’Europe de l’Est, ainsi que ceux élevés de manière clandestine.

D’autres aides indirectes

Au plan des aides fiscales, en général généreusement octroyées lors des campagnes électorales, la France n’est pas en reste. Citons pour mémoire que :

  • la loi du 17 mai 2011 instaure une exonération de la taxe sur le foncier non-bâti (TFNB) pour les zones humides sur lesquelles la chasse est pratiquée
    (article 1395 D du CGI). Une aide qualifiée à l’époque de “braconnage électoraliste”,
  • les huttes, tonnes, gabions, bien que valorisés jusqu’à 600 000 €, ne sont soumis à aucune taxe : ni foncière, ni d’habitation! Il ne s’agit plus de niches, mais de huttes fiscales !
  • de plus, ces installations de chasse voient leurs transactions totalement défiscalisées, contrairement aux plus-values réalisées par exemple sur la vente de logements,
  • les recettes de la location de la chasse ne sont pas soumises à la TVA,
  • les revenus provenant de la concession pure et simple d’un droit de chasse, sont exonérés de TVA (article 261 D du CGI),
  • un amendement permet aux entreprises d’intégrer dans leurs frais généraux (déductibles de l’impôt sur les sociétés) les frais engagés pour “les chasses d’affaires (sic)”,
  • la valeur d’un domaine de chasse n’est comptabilisée qu’à hauteur d’un quart dans le total du patrimoine immobilier compris dans l’assiette fiscale.

En revanche, le monde cynégétique n’hésite pas à plaider depuis quelques années pour la suppression des avantages fiscaux aux associations qui dénoncent les méfaits de la chasse. Une pétition allant dans ce sens a même été lancée par la FNC auprès du Sénat.
Ne connaissant aucune limite, ce même monde cynégétique n’hésite pas à demander une aide financière pour renouveler les fusils, qui seraient devenus dépassés à la suite de l’interdiction des cartouches à grenaille de plomb (en zone humide...).

Les fédérations de chasse bénéficient de l’argent du contribuable non-chasseur

En dépit des sondages montrant qu’une majorité de Français (78 %) est favorable au dimanche sans chasse (IFOP (27)), ou encore que 41 % des Français habitant en zone rurale ont déjà vécu une situation d’insécurité liée à la chasse (28), le législateur a encore trouvé un filon ôté aux contribuables et destiné aux chasseurs : l’écocontribution.

Un “fonds biodiversité” a été créé par la loi du 24 juillet 2019, pour supporter les projets portés par les FDC en faveur de la protection et de la reconquête de la biodiversité. Il est géré par la FNC, et est financé à hauteur de 5 M€ par les FDC et de 10 M€ par l’OFB, le tout de façon annuelle. Ce fonds est arrivé à point nommé pour compenser la baisse du nombre de chasseurs.

La Cour des comptes juge en 2023 les contributions non conformes au Code de l’environnement, et surtout le processus de validation de projets par l’OFB totalement opaque et insuffisant. On y trouve même des projets d’étude des grands prédateurs terrestres (29), alors que le monde cynégétique n’a de cesse d’appeler à éliminer les loups de France. La Cour des comptes pointe “le manque d’information dans les dossiers rendant l’évaluation difficile, que ce soit du point de vue de leur pertinence, de leur qualité scientifique et technique, ou de leur faisabilité”.

Les dossiers sont instruits par l’OFB en lots de 30 à 50 projets, et à la va-vite. Comme il n’y a aucune mise en concurrence, comme cela pourrait être le cas avec des APN (Associations de protection de la nature), quasiment tous les projets sont validés. Certains y voient un détournement de fonds en citant des exemples de projets bidons ou aberrants (par exemple l’installation de 20 000 nichoirs en plastique, pour 58 669 euros (30), ou encore ce projet de 191 115 euros en Occitanie, pour “coordonner le réseau de développement du réseau d’espaces protégés”... de territoires qui leur appartiennent (et donc il s’agit d’un détournement de fonds publics, car ces espaces sont privés); mais c’est aussi un outil politique de “verdissement” de la chasse.

En 2021, des associations ont demandé au ministre de la Transition écologique et à celui de l’Education nationale que soit diligentée une enquête parlementaire neutre sur l’utilisation de l’écocontribution, en vain.
Cependant, un avis du Sénat de 2020 (no.144 (31)) souligne dans ce cadre les manques à gagner de l’OFB suite à la réforme de la chasse, compensés par des subventions d’État.

Tous ces moyens seraient acceptables s’ils profitaient au final à la biodiversité, et s’ils ne contribuaient pas à détruire le tissu associatif.

Conclusion

Les chasseurs se sont auto-établis comme les seuls dépositaires et bénéficiaires de la faune sauvage. Ils en ont confisqué les “produits”, sous l’angle économique, à l’ensemble de la population.

Les mécanismes politiques les ont amenés à bénéficier de très nombreux financements, dont la contribution à l’intérêt général est parfaitement contestable (32).

Même si la Cour des comptes, dans sa synthèse de 2024, désavoue les chasseurs (sur un aspect) en jugeant que “L’actuel dispositif de régulation du grand gibier ne permet pas de garantir la préservation et le renouvellement des forêts et ne peut être laissé à la seule appréciation des chasseurs”, ces derniers vont toujours plus loin dans leurs demandes : le président de la FNC a demandé, dans son discours d’ouverture du congrès des chasseurs de mars 2024, à ce que les chasseurs soient rémunérés pour service rendu à la nation...!
Rien que ça. 

Sources

(1) La réforme de la chasse, https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/18236-1_fiche_reforme-chasse-fusionAFB-ONCFS_web. pdf
(2) Association communale de chasse agréée
(3) Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage
(4) Conseil national de la chasse et de la faune sauvage
(5) 17 M€ de fonctionnement, détaillés par la Cour des comptes entre 2018 et 2021
(6) Article Animal Cross https://www.animal-cross.org/rhone-alpes-largent-public-coule-a-flot-en-faveur-des-opposants-au-loup/
(7) Les soutiens publics aux fédérations de chasseurs, rapport public thématique, juillet 2023
(8) Exemple du bilan 2022 de la FDC de la Somme (8,5 M€), rapport KPMG du 30 juin 2022 https://www.fdc80.com/medias/files/5-
plaquette-fdc80-2021-2022.pdf
(9) Nemrod — Roi assyrien réputé excellent chasseur. Nom parfois donné aux chasseurs par les membres des APN (Associations de protection de la nature)
(10) FEDERATION NATIONALE DES CHASSEURS, Comptes annuels, Bilan au 30/06/2022 https://www.journal-officiel.gouv.fr/te- lechargements/ASSOCIATIONS/DCA/PDF/2022/3006/439220153_30062022.pdf
(11) https://www.animal-cross.org/largent-de-la-chasse/
(12) INSEE 2024 https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381474
(13) L’immeuble appartient (selon le rapport de la Cour des comptes de 2013 page 6) à une SCI détenue à 40 % par la FNC, et à 60 % par l’ex FNC, l’UNFDC. Cette information n’a malheureusement pas été mise à jour dans la version 2023 du rapport.
(14) Exemple de rénovation https://mesinfos.fr/auvergne-rhone-alpes/980-000-euro-pour-amenager-la-maison-de-la-chasse-a-an- drezieux-boutheon-56034.html
(15) OFB, PRÉLÈVEMENTS ONGULÉS SAUVAGES SAISON 2020-2021, https://www.ofb.gouv.fr/sites/default/files/Fichiers/Lettre%20information/PRELEVEMENT_141221a.pdf
(16) Bracelets : chevreuil 20 €, cerf 100 €, daim 40 €, chamois 80 €, mouflon 30 €, isard 80 €, sanglier 20 €
(17) Le solde est calculé en sommant toutes les entrées (subventions, cotisations, permis, etc.) moins l’obligation de remboursement des dégâts aux cultures (et donc sans considérer les charges internes telles que salaires, remboursements de prêts, etc. ..., ni les aides indirectes). C’est bien un solde et non un résultat net annuel.
(18) Dossier de presse 2023, Étude économique, environnementale & sociétale, https://www.chasse44.fr/images/6_actu/FNC/fnc-
dp_ouverture_2023_web.pdf
(19) Rapport BIPE 2015 (Bureau d’informations et de prévisions économiques, qui a depuis lors rejoint le cabinet BDO) commandé
par la FNC
(20) Rapport “The killing”, https://www.birdlife.org/wp-content/uploads/2022/05/The_Killing_01-28_low.pdf
(21) Projection des valeurs de 2018 (“Les ongulés sauvages de France métropolitaine, rapport EFESE”) à l’aide de celles de 2022 (Ongulés Info no.25 - février 2023)
(22) Autres noms régionaux de ces postes d’affût que sont les huttes : gabion, tonne, caisse, rague, guitère, tente, toile, cercueil, cahute, trou, guette, pioutade, bosse, cabane, guignol, cabanon, cache, agachon, loge, caloge, ford, cahutte, pannevert.
(23) “Les ongulés sauvages de France métropolitaine, rapport EFESE”
(24) Les Associations communales de chasse agréées ont l’obligation légale d’accepter 10 % de chasseurs dits “étrangers”,
(25) SNPGC https://web.archive.org/web/20160123012958/http://www.snpgc.fr/communiques_presse.php
(26) Communiqué de presse du 31 mai 2021 du SNPGC, https://www.sudelvet.fr/gibiers.html
(27) Sondage IFOP : https://ged.fne.asso.fr/silverpeas/LinkFile/Key/890854bf-ff55-45ae-9de4-a5058716621c/
(28) Sondage Yougov/Animal Cross : https://www.animal-cross.org/sondage-yougov-animal-cross-41-des-francais-habitant-en-zone-rurale-declarent-avoir-ete-eux-ou-leurs proches-victimes-dune-situation-dinsecurite-liee-a-la-chasse/
(29) Dans l’axe 3 : “Préserver les espèces chassables et protégées”
(30) Revue “Capital” no.387, décembre 2023, page 67
(31) Avis du Sénat https://www.senat.fr/rap/a19-144-2/a19-144-2.html
(32) Plateforme citoyenne https://participationcitoyenne.ccomptes.fr/processes/consultation-cdc/f/5/proposals/216

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Consultation : dans le 65, un projet d’arrêté préfectoral à charge pour le sanglier

Le projet d’arrêté préfectoral soumis pour l’année 2026 pour le département 65 a pour objectif de « fixer le cadre de l’organisation des mesures administratives au sanglier » : c’est-à-dire d’autoriser, sous certaines conditions, des interventions, notamment par tir, pour réguler les populations de sangliers.

L’argument avancé pour justifier cet arrêté repose sur des critères comme l’ampleur des dégâts que les sangliers pourraient causer (sur les cultures, les biens, les biens des particuliers), ou les risques potentiels à la sécurité des personnes et des biens, y compris la sécurité routière.

Mais, en l’état, l’arrêté proposé contient des dispositions, explicites ou implicites, qui méritent d’être questionnées. 

 

indemnisation dégâts gibier
indemnisation dégâts gibier
indemnisation dégâts gibier

Animal Cross se positionne comme étant défavorable au projet d’arrêté préfectoral visant à encadrer les « mesures administratives » sur le sanglier en 2026. Plusieurs points du texte nous semblent problématiques et contraires à une gestion responsable de la faune sauvage.

❌ Risque d’encouragement au braconnage

L’arrêté ne précise pas si les monoculaires à vision thermique peuvent être fixés sur les armes. Si tel est le cas, cela ouvre la voie à des usages illégaux en dehors du cadre prévu. Les AP concernant le loup, par exemple, encadrent clairement l’usage de ces dispositifs : ce projet ne le fait pas.

❌ Atteinte au droit de propriété

Le texte autorise des battues sur des terrains dont les propriétaires ont pourtant déclaré leur opposition à la chasse. Une contradiction avec le principe même du respect du droit de propriété, souvent invoqué par les chasseurs.

❌ Un vocabulaire partial et scientifiquement infondé

Le terme « malfaisant », utilisé pour qualifier le sanglier, est non seulement inapproprié mais occulte ses rôles écologiques essentiels :
– dispersion des graines,
– aération et fertilisation des sols,
– limitation de certaines espèces ravageuses.

❌ Absence de prise en compte des risques sanitaires

La maladie d’Aujeszky, très présente dans les populations de sangliers du département, est mortelle pour les chiens. Le projet d’arrêté ne prévoit aucune mesure claire pour prévenir la contamination lors des battues ou tirs administratifs.

Ce projet d’arrêté manque de clarté, fragilise la protection de la faune, néglige les enjeux sanitaires et porte atteinte à des principes fondamentaux. Nous appelons à une gestion plus rigoureuse, respectueuse des propriétaires et fondée sur des données écologiques plutôt que sur des considérations idéologiques.

 

Pour en savoir plus sur la consultation 👇​

Pour participer

Envoyez un email à la DDT des Hautes-Pyrénées : dd*********************@******************uv.fr

Voici une une proposition de texte :

Objet : Défavorable au projet d’arrêté préfectoral « FIXANT LE CADRE DE L’ORGANISATION DES MESURES ADMINISTRATIVES AU SANGLIER POUR L’ANNÉE 2026 «

Je suis opposé à ce projet car :

· l'AP ne précise pas si les monoculaires à vision thermique sont adaptables sur la carabine, et si oui, alors il s'agit pour les chasseurs équipés d’une invitation au braconnage, car ils seront amenés à vouloir utiliser l’objet de leur investissement en dehors de cet acte-là ; dans les AP dérogatoires de tir de loup, on précise bien leur objet : « lunettes de tir à visée thermique « .

· les battues peuvent avoir lieu sur des terrains dont le propriétaire a déclaré une opposition à la chasse ; alors que les chasseurs invoquent souvent le caractère sacré du droit de propriété lorsqu’il s’agit d’y chasser.

· le qualificatif "malfaisant" ( Qui fait ou cherche à faire du mal, à nuire, https://www.cnrtl.fr/definition/malfaisant ) dans les considérants, est déplacé. Rappelons ses actions bénéfiques : dispersion des graines (zoochorie), retournement des horizons superficiels des sols (élimination d’espèces herbacées très recouvrantes et compétitives pour l’installation des jeunes semis d’arbres, aération du sol, minéralisation de la matière organique…), destruction d’animaux ravageurs, etc … .

· Risque de dissémination et de contamination des chiens par la maladie d’Aujeszky (elle leur est fatale), très présente dans les populations de sangliers des Hautes-Pyrénées.

 

 

Nous avons jusqu'au 22 décembre.

Merci pour votre participation.

 

Source photos : © Wikimedia Commons, chassepassion.net

Consultation publique : un nouvel arrêté qui pourrait signer le déclin du loup

Consultation publique : un nouvel arrêté qui pourrait signer le déclin du loup

Nous y sommes, après que la France ait souscrit successivement au déclassement du statut de protection du loup auprès de la convention de Berne puis de la directive européenne « Habitats » (lien), le ministère dit de l’Ecologie a transposé cette régression dans la loi française par le biais d’un arrêté ministériel soumis à consultation publique.

Au vu des conséquences néfastes de cet arrêté pour l’avenir du loup en France, le Conseil National de Protection de la Nature s’est positionné à l’unanimité de ses 21 membres scientifiques, contre cette nouvelle atteinte au grand prédateur (Ici). Il souligne dans ses conclusions sa grande inquiétude quant à la « politique nationale envers cette espèce », ainsi que la volonté de l’Etat de réduire la population de loups sur le territoire français. Et ajoute qu’ainsi notre pays nie les bénéfices écologiques associés à sa présence, ainsi que les vertus des mesures de protection dont l’efficacité est attestée par la stabilisation des attaques sur troupeaux domestiques.

Avec ces nouvelles dispositions, les tirs de loup s’intensifient, et l’Etat risque d’en perdre le contrôle, mettant ainsi en danger l’espèce dans notre pays, puisqu’actuellement sa population est sur un fil instable, et risque de chuter au-delà d’un certain nombre de tirs, légaux et illégaux.

L’arrêté prévoit un système purement déclaratif, sans autorisation préalable par la préfecture, et sans contrôle par l’OFB (Office Français de la biodiversité), même si l’article 3 prévoit encore un quota de loups à exécuter, indexé sur l’estimation de population réalisée par l’OFB. Le CNPN regrette au passage qu’aucun répit ne soit laissé aux loups pendant l’année, pas même en période de reproduction.

Alors que sous le régime actuel, nous constatons sur le terrain que les conditions de protection prévues par les arrêtés dérogatoires sont bien souvent non respectées, nous pouvons craindre le pire si les éleveurs tireurs ne sont soumis à aucune contrainte. Les tirs seront autorisés sans condition préalable de protection des troupeaux (parc électrifié, berger, chiens de protection), ce qui annihile trente ans d’efforts, à la fois des représentants de l’Etat (DDT, OFB, DREAL) mais aussi des éleveurs dont une partie grandissante a finalement accepté la cohabitation avec le loup, et adopté les bonnes pratiques de protection et de conduite.

Comme si cela ne suffisait pas, il n’est plus nécessaire de justifier de l’existence d’attaques sur son troupeau pour mettre en œuvre un tir de loup ; au vu du niveau de fébrilité de nombre d’éleveurs en « zone à loups «, on peut craindre la multiplication des foyers de tir, et une perte totale de contrôle de la situation.

Un certain nombre de nouveautés est parfaitement incompréhensible, comme l’intervention d’agents de l’OFB et de lieutenants de louveterie aux abords de troupeaux protégés, alors que le régime déclaratif et l’absence d’obligation de protéger vont exclure ces cas.

L’effarouchement, qui constituait voici 20 ans un préalable nécessaire, est relégué à l’état d’option possible, tout juste non interdite, tout comme dans l’arrêté ministériel de février 2024. Y consacrer trois articles dans le nouvel arrêté est une plaisanterie, au vu de la libéralisation totale et inconditionnelle des tirs létaux.

Bien entendu, le volet « indemnisation » des dommages demeure inchangé, ce qui signifie qu’il n’y a plus aucune contrainte ni contrepartie au fait de voir les dommages, réels ou pas, indemnisés. En trente ans, les syndicats d’élevage ont obtenu de l’Etat plus qu’ils ne pouvaient rêver à l’époque.

Animal Cross est fermement opposé à cet arrêté et à ces nouvelles dispositions irresponsables, et demande à ce que les citoyens, largement favorables au retour du loup, ainsi que les associations, soient réellement consultés pour donner une chance à une cohabitation du grand prédateur avec les activités humaines. L’association souhaite également que le bon état de conservation du loup, qui demeure sa dernière assurance-vie prévue par la directive européenne « Habitats « , soit garantie non seulement au niveau national, mais aussi local.

Pour participer à la consultation :

Cliquez sur (en bas de la page)

 

 

Nous avons jusqu'au 19 décembre.

Voici un exemple de réponse que vous pouvez utiliser :

« Avis défavorable »

· Je suis opposé à la politique du pays visant à restreindre les populations de loups au seul territoire alpin, comme le relève le CNPN.

· Je regrette que notre pays nie les bénéfices écologiques associés à la présence du loup, et n’ait qu’une gestion basée sur les tirs, dont l’efficacité n’a jamais été démontrée.

· Je considère que cet arrêté met en danger l’espèce dans notre pays, car les tirs de loup vont s’intensifier, et tout indique que l’Etat va en perdre le contrôle.

· Un système basé sur la déclaration des éleveurs, et sans contrainte de protection, est irresponsable.

· Trente ans d’efforts, à la fois des représentants de l’Etat (DDT, OFB, DREAL) mais aussi des éleveurs dont une partie grandissante a finalement accepté la cohabitation avec le loup (et adopté les bonnes pratiques de protection et de conduite), vont être perdus.

· Je suis opposé à l’indemnisation des dommages en l’absence de protection des troupeaux.

· L’annexe VI de la directive habitat faune flore interdit l’usage de "dispositifs de visée pour tir de nuit comprenant un amplificateur d'images ou un convertisseur d'images électroniques".

· Le loup doit au contraire être vu comme une chance pour l’équilibre faune-flore (cf. les sangliers, la régénération forestière, etc …), tout comme l’ensemble de la faune sauvage.

 

Merci pour votre participation.

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