Le Préfet de Haute-Savoie a autorisé le tir de prélèvement d’un loup

Le Préfet de Haute-Savoie a autorisé le tir de prélèvement d’un loup

Communiqué de presse

A peine nommé en Haute-Savoie, le Préfet Georges-François Leclerc a décidé l’abattage d’un loup, cédant en cela aux demandes pressantes des organisations syndicales agricoles et de la Fédération des Chasseurs de Haute-Savoie.

 

acfrapnaferuslpo

L’opération se déroulera sur les communes d’Entremont, Le Grand- Bornand, Le Reposoir, Les Clefs, Montmin, Serraval, Talloires et Thônes du 7 septembre au 6 octobre 2012.
La préfecture invoque la « persistance de dommages importants ». Animal Cross, FERUS, la FRAPNA et la LPO Haute-Savoie s’insurgent une nouvelle fois contre cette décision totalement irrationnelle. Notre réseau d’observateurs constate, et pourra le cas échéant démontrer, que de nombreux troupeaux sont peu ou pas protégés sur les massifs des Bornes, Aravis, Tournette, et que les chiffres de prédation reflètent directement la mauvaise qualité des mesures de protection prises par certains éleveurs.
Nous rappelons que ces sacrifices ne servent à rien sinon a acheter pour un temps la paix sociale ! Rappelons une fois encore que la maladie, les dérochements et les chiens divagants tuent infiniment plus que le loup, et enfin que les habitudes de pastoralisme sans contrainte doivent évoluer.
Bien qu’ayant oeuvré au Ministère de l’Ecologie, le Préfet a immédiatement entériné la solution de court terme la plus expéditive : il faut en finir avec les loups. Il est clair que les loups reviendront, et seule l’adaptation des pratiques de pastoralisme, avec l’aide des pouvoirs publics, permettra de protéger efficacement les troupeaux.
En outre, la France ne doit pas se considérer au-dessus des lois : le loup est une espèce strictement protégée en Europe par la Directive Habitat et la Convention de Berne. Nous demandons l’arrêt immédiat de ces tirs, au profit de solutions de cohabitation réellement appliquées et dûment contrôlées.

Lire le communiqué en pdf

CONTACTS PRESSE

• Jean-Pierre Crouzat

LPO Haute-Savoie

« Ligue pour la Protection des

Oiseaux »

06 11 24 04 21

jpcrouzat@aol.com

• Fabien Perriollat

FRAPNA Haute-Savoie

« Fédération Rhône-Alpes de

Protection de la Nature »

06 87 96 92 38

fabien.perriollat@orange.fr

• Pierre Peyret

FERUS

Association pour la conservation

du loup, de l’ours et du lynx en

France

06 08 00 76 30

ferus1@wanadoo.fr

• Animal Cross

Association de protection des

animaux sauvages et domestiques

+41 793307911

pascaletsabine@animalcross.

org

http://r-animalcross2026-pf21.wpserveur.site

 

Le ministère de l’écologie veut former des chasseurs et des éleveurs à la destruction du loup

Le ministère de l’écologie veut former des chasseurs et des éleveurs à la destruction du loup

Communiqué de presse

 

Dans un courrier adressé le 10/02/2012 à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) par la Direction de l’Environnement et de la Biodiversité (DEB, rattachée au Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement), concernant « la mise en place d’un réseau technique relatif aux opérations d’intervention sur les loups », la DEB demande à l’ONCFS : « d’identifier l’ensemble des acteurs susceptibles d’être impliqués dans ces opérations », et « d’assurer la formation de ces acteurs ». Ces acteurs sont à identifier selon la DEB parmi « lieutenants de louveterie, chasseurs, éleveurs, bergers…».

Pour rappel, les « opérations d’interventions sur les loups » comprennent les « tirs de défense » et les « tirs de prélèvement », opérations qui consistent à tuer des loups.

Il apparaît donc que l’Etat français décide d’organiser la mise en place d’un réseau de personnes spécialisées dans la destruction de loups, personnes issues notamment du monde agricole et du monde de la chasse. Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO et la SFEPM s’élèvent contre cette décision qu’ils considèrent comme étant irresponsable.

Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO et la SFEPM estiment que la mise en place d’un tel réseau de personnes spécialisées dans la destruction du loup, et constitué notamment de chasseurs, d’éleveurs et de bergers, aurait un effet néfaste sur la conservation de cette espèce, et que cette décision entre en contradiction avec les missions de « sauvegarde de la biodiversité » qui sont celles de l’ONCFS.

De plus cette décision, révélée par la mise à notre connaissance d’un courrier interne entre services de l’Etat, intervient sans aucune transparence, sans information publique ni concertation préalable du Groupe National Loup (qui regroupe pourtant les acteurs concernés dont les services de l’Etat et les associations de protections de la nature). Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO et la SFEPM souhaitent que l’ensemble de nos concitoyens puisse être informés des décisions que prend l’Etat en matière de protection de la biodiversité et de la manière dont ces décisions sont prises.

Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO et la SFEPM dénoncent ce qu’ils considèrent être un coup bas de plus porté à la conservation du loup, conservation pour laquelle la France est pourtant officiellement engagée internationalement par la signature de la Convention de Berne et de la Directive Européenne « Habitats ».

Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO et la SFEPM demandent à la Direction de l’Environnement et de la Biodiversité de mettre fin sans délai à ce projet de réseau de tireurs de loups, et se réservent le droit d’étudier la possibilité de saisir les autorités européennes devant ce qu’ils considèrent être l’accumulation d’atteintes graves portées à la conservation de l’espèce depuis plusieurs années (multiplication des autorisations de tirs, brigades…), en infraction aux lois et directives européennes.

Le ministère de l’écologie veut former des chasseurs et des éleveurs à la destruction du loup

Autorisations de tirs : l’Etat persiste contre la conservation du loup

Communiqué de presse

 

Un arrêté du 16 mars 2012 assouplit encore les conditions de mise en oeuvre des « tirs de défense » (destinés à tuer un loup). Cet arrêté autorise la réalisation de tirs pour des troupeaux situés « à proximité d’un troupeau ayant subi une attaque ». De plus, l’Etat évoque à nouveau dans cet arrêté la notion de « troupeau reconnu comme ne pouvant être protégé », permettant dans certaines zones le tir de loups en cas d’attaque sur des troupeaux laissés sans protection.

Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO PACA et la SFEPM s’insurgent contre le choix de l’Etat d’autoriser des « tirs de défense » pour des troupeaux n’ayant pas subi d’attaque, mais étant seulement voisins d’un troupeau attaqué, même si celui-ci n’est pas protégé. De plus, Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO PACA et la SFEPM demandent à l’Etat de préciser ce qu’il entend par « troupeau reconnu comme ne pouvant être protégé », et considèrent que l’application de cette notion peut constituer une atteinte grave à la conservation du loup en France.

L’arrêté du 16 mars 2012 « relatif à la territorialisation des tirs de défense et modifiant l’arrêté du 9 mai 2011 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus) » prévoit en effet la procédure suivante : dans des zones appelées « unités d’action » et délimitées par le préfet, les « tirs de défense » peuvent intervenir si « des mesures de protection sont mises en place » ou si « le troupeau est reconnu comme ne pouvant être protégé », et enfin si, malgré la mise en place d’effarouchement, « une attaque a été constatée sur ce troupeau, ou sur un troupeau situé à proximité depuis le 1er mai de l’année n – 1 ».

L’Etat français semble donc autoriser la destruction de loups si des attaques sont constatées non seulement sur des troupeaux non parqués, non gardés, sans surveillance ni chiens patous, mais aussi si des attaques sont constatées sur un autre troupeau situé à proximité. Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO PACA et la SFEPM dénoncent l’aberration et la gravité de telles mesures, à la fois inefficaces sur le plan pastoral et dangereuses pour la conservation du loup.

Inefficaces sur le plan pastoral, parce que les troupeaux non protégés continueront à subir des attaques. Dangereuses pour la conservation du loup, parce que ces troupeaux domestiques non protégés, donc potentiellement attractifs pour un prédateur naturel, peuvent constituer de véritables « aspirateurs à loups », les exposant ainsi à la destruction autorisée.

Le loup gris (Canis lupus) est un prédateur naturel qui se nourrit très majoritairement en France d’ongulés sauvages (chevreuils, chamois, cerfs). La conservation du loup, comme celle de n’importe quelle espèce vulnérable dont les effectifs restent très faibles, ne peut être remise en cause au motif du refus obstiné de modifier certaines pratiques de gestion pastorale inadaptées.

Le loup reste officiellement inscrit sur la liste des espèces protégées en France. Mais force est de constater qu’année après année, il devient de plus en plus facile d’avoir le droit de tuer un loup. Animal Cross, l’ASPAS, FERUS, la LPO PACA et la SFEPM déplorent que l’Etat français défasse peu à peu et de façon inquiétante le statut de protection du loup, sans cohérence aucune avec les enjeux écologiques et pastoraux.

Loup : Philippe Poutou et le NPA répondent à notre lettre ouverte

Loup : Philippe Poutou et le NPA répondent à notre lettre ouverte

Début mars, les associations FERUS, ASPAS et Animal Cross adressaient aux candidats à l’élection présidentielle une lettre ouverte « Le loup, bouc émissaire de la filière ovine : ça suffit ! ». Philippe Poutou et le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) sont les premiers à nous répondre.

Extrait : « Le Loup n’est effectivement que pour bien peu dans les difficultés globales des éleveurs et leur ennemi principal, c’est bien le capitalisme et sa course aux profits. »

Bonjour !

Nous avons bien pris connaissance de la lettre ouverte que vous adressez à l’ensemble des

candidats à l’élection présidentielle au sujet de la protection des loups. Le Loup n’est

effectivement que pour bien peu dans les difficultés globales des éleveurs et leur ennemi

principal, c’est bien le capitalisme et sa course aux profits. C’est vrai que pour certains petits

éleveurs, la présence du Loup peut représenter un surcroît de travail. Il faut renforcer et

faciliter pour eux les mesures d’indemnisation. Les autres (les gros) font le calcul suivant : se

faire payer le maximum de bêtes perdues, alors qu’ils en perdent déjà beaucoup parce qu’ils

font l’économie de l’embauche d’un ou plusieurs bergers salariés.

Plus fondamentalement nous partageons l’esprit de cette lettre car nous sommes

convaincus qu’il y a aujourd’hui de très nombreuses menaces sur la biodiversité qui

concernent de très nombreuses espèces sauvages vivant dans des biotopes, des milieux

« naturels ». La principale cause de « disparition » (en fait, d’extermination) des espèces,

dont nous inter-dépendons est la destruction de ces milieux, par l’agriculture productiviste

mais aussi par l’urbanisation.

Moineaux et hirondelles ne sont que des exemples d’un phénomène bien plus général (et

donc plus grave et lui irréversible), proche de nous et passant inaperçu. Partout les

associations se battent pour préserver des espèces dont les noms sont moins connus

(Grand Tétras, Petit Tétras, Lagopède alpin, Outarde canepetière, Gypaète barbu) ou

beaucoup plus comme le Loup, l’Ours et le Lynx ou même le Blaireau.

Nous nous prononçons donc pour :

1. Faire respecter la législation protectrice en vigueur (dont le plan National Loup) et ce non

seulement pour les espèces « phares » connues du grand public, mais les autres aussi

(tétraonidés, ortolan, etc, pour les oiseaux, mais bien d’autres espèces aussi qui n’ont pas la

visibilité des mammifères et des oiseaux).

2. S’attacher à la protection (et reconstitution) des milieux. L’un des problèmes de la

législation actuelle est qu’elle ne part souvent que des espèces individuelles dites

menacées, ce qui produit une législation incomplète et morcelée et qui peut conduire à une

impasse si l’espèce « cible » des mesures de protection risque quand même de disparaître

(voir la question de l’érismature à tête blanche en Espagne). Il y a tout un débat sur cette

question, en particulier à l’heure où bien des espèces communes sont elles aussi en plein

déclin.

3. En finir une bonne fois pour toute avec la notion de « nuisible » qui permet toutes les

dérives législatives, toutes les démagogies et qui n’a aucun sens du point de vue d’une

Montreuil, le 18 mars 2012

écologie scientifique, d’une écologie politique et d’un écosocialisme. Que ce soit pour le

blaireau, la corneille, les petits mustélidés ou tout autres…

Cordialement

L’équipe de campagne de Philippe POUTOU