Son habitat anthropophile fait de la fouine le mustélidé le plus piégé de France. 14 938 individus l’ont été en 2007-2008. Aucune donnée ne permet actuellement de mesurer l’effectif des fouines, ni l’impact de ces prélèvements sur les populations de fouines. Il est cependant probable que ses effectifs baissent.

Il est dit par les chasseurs que la fouine cause des dommages aux habitations puisqu’elle recherche les environnements la mettant à l’abri des variations thermiques tels que les combles des maisons et des édifices, les tas de pailles, les ruines ou les terriers abandonnés. Elle peut ainsi occasionner des dégâts dans les habitations (aux matériaux d’isolation, parfois aux véhicules) et est également accusée de nuisance sonore et mauvaises odeurs notamment à la période du rut et de l’élevage des jeunes.

Des dommages aux élevages avicoles sont également imputés à la fouine. Par manque d’outil simple permettant de quantifier les pertes et sans reconnaissance fiable des prédateurs, on évalue mal ces dommages. Et l’on confond souvent, plus ou moins volontairement, putois, vison, martre et fouine.

Des arguments parfaitement choisis pour que la fouine soit classée au rang des espèces considérées comme nuisibles.

Quel dommage puisqu’au contraire la fouine présente des intérêts non négligeables pour les activités agricoles, les écosystèmes et la santé publique.

 

La fouine, intéressante pour les agriculteurs, les écosystèmes et la santé publique

Une partenaire idéale pour les agriculteurs

La fouine réalise d’importants prélèvements dans les populations de petits rongeurs responsables de nombreux dégâts agricoles.

Les espèces les plus souvent capturées sont les campagnols, les mulots, les musaraignes et le surmulot qu’elle est l’un des rares carnivores proches de l’homme à attaquer avec succès.

 

Un rôle de dératisation

La fouine assure également une hygiène sanitaire autour des habitations du fait de ses préférences alimentaires pour les rongeurs, et de sa prédation exercée sur le “rat d’égout”. A l’époque romaine, elle était d’ailleurs adoptée pour capturer les souris et dératiser les habitations.

 

Une police sanitaire des écosystèmes

Le régime alimentaire extrêmement varié, quasi omnivore de ce petit mustélidé lui confère un rôle de police sanitaire au sein des écosystèmes. La fouine consomme des insectes, des vers de terre et toutes sortes de déchets divers abandonnés par les hommes. Elle réalise également un rôle de nettoyeuse des fèces présents dans la nature ne laissant que la partie humus, ce qui permet ainsi d’éviter la contamination du sol en pathogènes.

 

Sortons la fouine de la catégorie « nuisibles ». Inscrivons la fouine sur la liste des animaux protégés dans tous les départements !

Le 29/10/2018

 

Bibliographie de la fouine

Lang (2009) – Rapport de l’étude sur la notion d’espèce nuisible

http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/carnivores/petits/FS295_albaret_petit_carnivore_2008.pdf

LIBOIS R. (1991) – La fouine. Encyclopédie des carnivores de France. S.F.E.P.M., 53 p.

http://www.naturemp.org/Fouine.html

Nicole Lâchât Feller (1993) – (Thèse) Eco-éthologie de la fouine (Martes foina Erxleben, 1777) dans le Jura suisse

http://www.humanite-biodiversite.fr/document/la-fouine-un-petit-predateur

Waechter A (1975) – Ecologie de la fouine en Alsace.

Delibes M (1978). Interspecific competition and the habitats of the stone marten in Europe.

Poitevin (1981) – La fouine dans le parc regional du Haut-Languedoc: évaluation des densités et impact alimentaire.

Amores (1980). Feeding habits of the stone martens (M foina E) in south western Spain.

Clement et Saint Girons (1982). Le régime de la fouine Martes foine dans l’agglomération nantaise et en milieu rural.

 

 

 

 

 

 

 

 

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