Consultation publique concernant la chasse en Dordogne : répondez avant le 6 mai

Consultation publique concernant la chasse en Dordogne : répondez avant le 6 mai

Le préfet de la Dordogne fait paraître des projets d’arrêtés fixant les quotas, modalités et les dates d’ouverture et clôture de la chasse pour la saison 2021-2022 dans le département de la Dordogne. C’st moment de dire que vous n’êtes pas d’accord !

Voici le lien pour avoir accès aux arrêtés

Cliquer sur ce lien et remplissez les cases

 

Argumentaire proposé ci-dessous, en n’oubliant pas de ne pas faire de copier-coller car vos réponses ne seraient pas prises en compte :

Monsieur le Préfet,

Je m’oppose fermement aux projets d’arrêtés fixant les quotas, modalités et les dates d’ouverture et clôture de la chasse pour la saison 2021-2022 dans le département de la Dordogne pour les raisons suivantes :

-Le mouflon d‘Arménie (Ovis gmelinii) est encore soumis à un plan de chasse alors même qu’il est classé comme vulnérable sur la liste rouge nationale de l’UICN. De même, la perdrix rouge et le faisan vénéré qui sont classés respectivement quasi menacée et vulnérable sur la liste rouge mondiale de l’UICN peuvent également être chassés. Quel autre lobby en France peut ainsi se targuer d’avoir un pouvoir si important qu’il peut mettre en péril des espèces sauvages déjà menacées au profit d’une minorité ?

-Les arrêtés précisent que les quotas ont été définis après avis de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) en date du 13 avril 2021. Or, comment imaginer que les quotas aient été pris en s’appuyant sur un avis objectif et argumenté de la Commission quand on sait que les CDCFS sont composées d’une majorité de chasseurs et que les voix des représentants des associations de protection de la nature peinent à se faire entendre ?

-Pour certaines espèces, l’article R424-1 du code de l’environnement qui permet de limiter le nombre de jours de chasse est appliqué. Lorsque seuls certains jours de la semaine sont autorisés pour chasser individuellement ou via des battues, les jours sélectionnés sont les mercredis, samedis, dimanches et jours fériés, à savoir les jours où les promeneurs ou autres usagers de la nature sont les plus nombreux ce qui peut favoriser les accidents. Ces décisions sont pour le moins surprenantes et incohérentes alors que l’on sait combien le président de la FNC est attaché à améliorer la sécurité lors des chasses, comme répété lors de chacun de ses discours.

-L’arrêté relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse autorise des périodes de chasse anticipée pour le chevreuil, le daim et le sanglier qui démarrent le 1er juin.

Tout d’abord, il n’existe pas de liste dans le département des zones de point noirs des dégâts des cervidés. La Dordogne n’a donc pas satisfait à l’article R 426-8 du code de l’environnement qui impose de faire la liste de toutes les zones de dégâts significatifs dus aux grands gibiers. Ou alors faut-il en déduire qu’il n’y a pas d’endroits dans le département où les cervidés causent des dégâts significatifs et dans ce cas les périodes de chasse anticipées ne sont pas justifiées.

D’ailleurs, les dégâts causés par les chevreuils et cervidés sont inférieurs à 20 k€ sur 2019 et 2020, selon les documents envoyés par la DDT du département et la Dordogne fait partie de la liste des départements qui ne comptent que 15% des dégâts indemnisés au niveau national, selon le rapport parlementaire dit rapport Perea. Enfin, le schéma départemental de gestion cynégétique de la Dordogne 2018-2024 fait référence aux dégâts des chevreuils mais ne donne aucune information sur leur niveau. On peut donc se demander sur quels éléments factuels se sont basées les prises de décision conduisant aux périodes complémentaires de chasse de ces espèces.

-Les ouvertures anticipées de la chasse autorisées dans cet arrêté qui permettent de chasser durant toute la période estivale empêchent à la faune sauvage d’avoir une période de repos. De plus, la chasse d’été en pleine périodes de vacances scolaires est en faveur de conflits d’usage et de plus d’accidents alors même que les chasseurs s’octroient déjà la nature durant au minimum 6 mois de l’année.

-La vénerie sous terre du blaireau est encore autorisée alors que l’on sait pertinemment qu’il existe de multiples arguments en faveur d’une abolition de cette pratique cruelle d’une autre époque. Entre autres, la vénerie sous terre a un impact sur d’autres espèces puisque la destruction même partielle des terriers au cours de cette pratique peut impacter les autres espèces qui utilisent les terriers des blaireaux, dont certaines sont réglementairement protégées par arrêté ministériel et directive européenne, comme le Chat forestier (Felis silvestris) ou des chiroptères lorsque certaines espèces sont en phase d’hibernation pendant la période de septembre/octobre à fin avril : «Le Petit rhinolophe hiberne dans des gîtes souterrains (mines, caves, sous-sols ou même terriers de Renard ou de Blaireau)» source Atlas des Mammifères de Bretagne éd. 2015. De plus, la vénerie sous terre est autorisé alors même que l’on sait qu’elle peut avoir un effet contre-productif sur la gestion des foyers de tuberculose bovine identifiés en raison du risque de contamination pour les équipages de chiens, pouvant ensuite être un relais de contamination pour l’Homme (Rapport ANSES 2019). En 2020, la Dordogne restait le 2e département le plus touché de France. Le lobby des veneurs est-il si important pour que la vénerie sous terre soit autorisée au sein de ce département en dépit des risques sanitaires encourus ?

-Pour la perdrix, entre le 29 novembre 2021 et le 28 février 2022, seuls les oiseaux lâchés munis d’un signe distinctif conforme à l’arrêté du 8 janvier 2014 pourront être chassés. La distinction entre oiseaux d’élevage ou sauvage est-elle vraiment possible ? De plus, dans un contexte de risque de grippe aviaire élevé, on continue donc à prendre le risque de lâcher des oiseaux d’élevage qui peuvent engendrer des contaminations faune d’élevage=>faune sauvage. Nous pouvons aussi mentionner les problématiques de pollution génétique engendrée par ces lâchers. Les chasseurs n’ont-ils pas assez à faire avec la régulation des sangliers hors de contrôle selon leurs dires pour avoir besoin de réintroduire des oiseaux d’élevage dans la nature afin d’assouvir leur plaisir de tuer ? Les lâchers de « gibier d’eau » mériteraient d’être abolis pour éviter les situations ubuesques rencontrées l’an dernier lorsque des dérogations pour chasser plus longtemps les oiseaux d’élevage ont été délivrées par arrêtés préfectoraux car « les stocks » d’oiseaux d’élevage n’avaient pu être écoulés à cause des limitations liées au contexte de grippe aviaire…N’apprendrons-nous donc jamais de nos erreurs ?

Zoonoses : Et si c’était l’homme qui transmettait ses maladies aux animaux ?

Zoonoses : Et si c’était l’homme qui transmettait ses maladies aux animaux ?

Le terme zoonose désigne toute maladie ou infection qui se transmet naturellement des animaux vertébrés à l’homme et vice-versa. De nombreuses études et articles scientifiques s’intéressent aux maladies animales qui peuvent infecter l’homme. Mais très peu aux maladies humaines qui peuvent infecter l’animal.
La vision humaine anthropocentrée du monde restant prédominante, nous sommes face à un véritable manque de considération pour ce sujet de la part de la société et des médecins en particulier.

De quand datent ces maladies ?

Nous ne pouvons pas affirmer scientifiquement qui est l’hôte d’origine des pathologies entre les animaux et l’homme. Par contre, on connait les causes de l’apparition de ces maladies : la domestication et l’élevage des animaux. Les épidémies sont, quant à elles, dues au manque d’hygiène et de sécurité sanitaire, ce qui est essentiellement de la responsabilité de l’homme.
D’ailleurs, l’ancêtre du Mycobacterium bovis (agent de la tuberculose bovine) a initialement été transmis aux bovidés par l’homme. Témoin de l’ancienneté de cette maladie, un australopithèque, dont le squelette est vieux de plus de deux millions d’années, était déjà atteint d’une déformation vertébrale brucellique.
Ce cas est-il isolé ? Pas vraiment. Intéressons-nous aux modèles possibles de contamination de la faune sauvage.

Les modes de transmission

A priori non pathogènes, en tous cas par des mécanismes connus, « apprivoisés » par une espèce, les bactéries et les virus peuvent se révéler très dangereux pour une autre espèce.
C’est par ce mécanisme que les humains ont ainsi très vraisemblablement été à l’origine de maladies ayant décimé localement des espèces animales, notamment certains groupes de singes.

Une transmission directe de l’homme vers l’animal

Nous avons le cas du chimpanzé. Plusieurs éclosions de maladies respiratoires transmises par l’homme ont été signalées chez des chimpanzés sauvages. Une analyse sérologique a montré que c’est bien l’homme qui en était l’origine. L’hépatite A, qui a pour réservoir l’humain, est transmissible de l’homme au singe. La contamination peut se faire par contact indirect via les aliments, la boisson ou du matériel. Il en est de même des gorilles des montagnes, sévèrement touchés par les virus et maladies apportées par les touristes.
Plus près de chez nous, les virus grippaux Influenza, tels H1N1 apparu en 2009 chez le porc, peuvent faire des allers/retours de contamination entre l’homme et le porc, ce dernier constituant un terrain favorable de réassortiment, c’est-à-dire en final d’hybridation et de création de nouveaux virus.
Chez le porc, en France, des anticorps correspondant à des souches humaines de virus grippal sont souvent mis en évidence. Du fait de la proximité génétique du porc et du sanglier, on ne peut exclure qu’il y ait une possibilité de contamination du sanglier par l’homme, pour les sous-types H1N1, H2N2 et H3N2.
Ainsi, les deux derniers virus pandémiques du 20ème siècle, H2N2 (grippe asiatique) et H3N2 (grippe de Hong-Kong) sont issus chacun d’un réassortiment chez le porc entre le précèdent virus pandémique (virus humain) et un virus aviaire. Là encore, on ne peut exclure que des mécanismes similaires voient le jour chez le sanglier.

D’une façon générale, les espèces qui partagent l’environnement humain jouent un rôle important, car elles sont les premiers maillons d’une chaîne de transmission. La contamination par les salmonelles et d’autres en sont l’illustration (comme le renard).
A l’heure actuelle, les autorités sanitaires redoutent une évolution des virus de souche originelle H1N1, car s’ils mutent vers une forme transmissible d’homme à homme, ce sera la porte ouverte à une nouvelle pandémie meurtrière.

Une transmission indirecte par les animaux domestiques

La leptospirose est considérée comme un problème majeur de sante publique au plan mondial. Les leptospires (bactéries) sont hébergés par des animaux sauvages, surtout des rongeurs. La plupart des mammifères, qu’ils soient sauvages (cervidés, lagomorphes, etc.) ou domestiques (bovins, ovins, caprins, équidés, porcins, carnivores), peuvent être infectés. La contamination se fait essentiellement par l’eau (rivières, lacs, étangs, eaux souillées, boues, maladie vésiculeuse des Suidés, encéphalomyocardite, etc…) et peut directement ou indirectement affecter la faune sauvage.

Des déchets pharmaceutiques humains qui réduisent l’immuno-résistance de la faune sauvage

Non content de transmettre des maladies, l’homme réduit aussi l’immuno-résistance de la faune sauvage en polluant l’environnement d’antibiotiques. On parle même de médicamentation des écosystèmes. En particulier, l’aquaculture, les systèmes d’assainissement et l’épandage de fumier d’animaux d’élevage sont des voies majeures par lesquelles les antibiotiques et les bactéries résistantes peuvent contaminer les milieux aquatiques. Les animaux sauvages, exposés par ingestion d’eau contaminée, deviennent eux-mêmes des réservoirs où s’opère une dynamique incontrôlée de
bactéries, et transmettent de nouvelles maladies au sein et hors de leur espèce.
D’une façon générale, on a pu mettre en évidence que les résidus pharmaceutiques induisent des changements physiologiques et comportementaux. Ils ont également des effets sur la reproduction, et accroissent la mortalité de la faune.

En synthèse, l’homme pollue et contamine la nature

Le simple fait qu’un humain malade crache, urine ou défèque dans la nature peut contaminer la faune sauvage. L’activité agricole n’est pas en reste, puisqu’elle déverse des tonnes de lisier d’animaux qui sont soit malades, soit gavés d’antibiotiques. Ces dernier pouvant directement contaminer les animaux sauvages… Et n’oublions pas l’activité industrielle humaine qui dévaste de façon déraisonnée notre environnement et par conséquent l’habitat des animaux.
L’homme a ainsi créé un système morbide bactériologiquement dangereux.

 

Proposition d’un schéma de santé raisonnable

Comment enrayer les zoonoses ?

L’animal, par nature, sait se soigner et se réguler à l’état sauvage. C’est son asservissement prolongé qui a dégénéré son immunité. Mais si l’homme le respectait de nouveau et lui accordait la dignité à laquelle il a droit et des espaces de vie vierge de toute présence humaine, ainsi l’équilibre homme-animal-environnement pourrait être retrouvé. La preuve en a été faite à Tchernobyl, où cette zone d’exclusion est en train de devenir une véritable réserve naturelle qui abrite une abondante population de mammifères et où la végétation a repris ses droits.
Laissons à la nature et à ses hôtes, les animaux, des espaces de vie sains.
Concernant les animaux de ferme, établissons des chartes d’élevage raisonné, dans lesquels le bien-être et la dignité de l’animal sont respectés ainsi que l’environnement.
L’homme se considère comme tout puissant, mais sans le respect des êtres et de la vie qui l’entourent, il n’est rien. Et les maladies, telles des systèmes biologiques de défense efficace, peuvent l’affaiblir gravement, voire l’éradiquer.

Notre demande :

L’ANSES recommande, lors des interactions entre animaux domestiques et faune sauvage, par exemple à l’occasion de la résurgence de cas de brucellose dans le Bargy, « une ségrégation spatiale des espèces domestiques et sauvages », ce qui tombe sous le sens.
De la même façon, pour protéger notre patrimoine faunique des activités humaines, directes ou indirectes, il est impératif d’instaurer de véritables sanctuaires pour ces animaux, de renforcer la réglementation des parcs nationaux, des réserves nationales de faune, et de la faire respecter.

Sources :
• Haddad N. et al. Les zoonoses infectieuses, Polycopié des Unités de maladies contagieuses
des Ecoles vétérinaires françaises, Merial (Lyon), juin 2018, 211 p.
• Thèse : « Prophylaxie de la brucellose humaine : vers une vaccination ciblée de la faune
sauvage ? Étude du cas des bouquetins du massif du Bargy « , Matthieu Jouan,
UNIVERSITÉ GRENOBLE ALPES, 2016
• « Epidemiological study of zoonoses derived from humans in captive chimpanzees »,
Takanori Kooriyama, Michiko Okamoto, Tomoyuki Yoshida , …, 2012
• « Medicating the environment: assessing risks of pharmaceuticals to wildlife and
ecosystems », Kathryn E. Arnold, A. Ross Brown, Gerald T. Ankley, John P. Sumpter, 2014
• « Microbial pollution in wildlife: Linking agricultural manuringand bacterial antibiotic resistance in
red-billed choughs », Guillermo Blanco, Jesus A. Lemus, Javier Grande, 2009,
• « Mesures de maîtrise de la brucellose chez les bouquetins du Bargy », Avis de l’Anses, 2015
• « Histoire de la tuberculose animale : données écrites et traces archéologiques. Contribution de
la paléopathologie animale à l’histoire de la tuberculose » auteur Yves LIGNEREUX et Joris
PETERS
• http://oatao.univ-toulouse.fr/4577/1/canini_4577.pdf

Les poulets de chair

Les poulets de chair

Un poulet qui paie le prix cher

Où retrouve-t-on le poulet de chair ?

Le poulet de chair est vendu en tant que poulet prêt à être consommé dans sa forme entière mais aussi en découpes (ailes, pattes).

Il se retrouve dans la composition d’autres produits tels que la nourriture de fast-food, les bouillons de poulet, les croquettes pour animaux, etc.

Des poulets sélectionnés pour grandir trop vite

Face à une demande de plus en plus importante des consommateurs de poulets, les scientifiques travaillent pour que les poulets atteignent un poids suffisant pour être rentable le plus rapidement possible. Une sélection génétique et une alimentation enrichie permettent désormais d’obtenir des poulets prêts à être abattus au bout de 41 jours, soit 2 fois plus rapidement qu’il y a 30 ans. Le gain journalier en poids de chaque animal est passé de 26 g à 52 g par jour soit le double !

Les dérives de cette recherche à la productivité conduisent à la création d’animaux génétiquement modifiés avec, par exemple le poulet TNR (Totally Naked Rooster) qui est un mutant sans plumage créé pour faire réaliser des économies de ventilation aux éleveurs intensifs de volailles.

Une utilisation massive d’antibiotiques…non sans conséquence sur les animaux, l’environnement et la santé humaine !

Les conditions de vie de ces animaux de ferme sont tellement désastreuses que les éleveurs font ingérer aux poulets des antibiotiques pour stopper les maladies telles que la grippe aviaire ayant des conséquences mortelles pour l’Homme.

L’utilisation excessive des antibiotiques contribue à l’apparition de bactéries qui leur sont résistantes et à l’affaiblissement des défenses immunitaires, C’est vrai chez les poulets mais aussi chez ceux qui les mangent.

Les poulets issus de l’élevage intensif sont aussi une cause possible d’intoxication alimentaire chez l’être humain en raison des bactéries qui se propagent dans les élevages (salmonellose, campylobacter).: si c’est vrai il faut plus d’antibiotiques ?

Des bains de chlore sont couramment utilisés pour nettoyer les carcasses, les désodoriser et tuer les bactéries.

Les germes et antibiotiques sont ainsi rejetés en partie dans la nature et polluent les sols et nappes phréatiques.

La croissance accélérée a des conséquences dramatiques sur la santé des poulets : pattes déformées, problèmes cardiaques…

Des pattes déformées, douloureuses ou paralysées, fléchissent sous le poids surdimensionné du corps. Entre 14 et 30% des poulets ont des problèmes articulaires.

Une insuffisante cardiaque fréquente provoque ascites et mort subite.

Ampoules sur la poitrine, brûlures aux jarrets et ulcères aux pattes causent parfois une infection généralisée.

Un ramassage expéditif et inhumain et un transport interminable jusqu’à l’abattoir

A la fin de leur vie de généralement 6 à 8 semaines, les poulets sont capturés et entassés vivants dans des cageots pour le transport à l’abattoir.

Ils sont privés de nourriture et d’eau plusieurs heures avant d’être ramassés.

Le ramassage, le chargement, le transport et le déchargement provoquent de graves blessures, qui sont parfois mortelles, chez de nombreux poulets.

Le ramassage se fait la plupart du temps manuellement en saisissant plusieurs poulets par les pattes (la loi prévoit un maximum de 3 poulets à la fois mais dans les faits, il est fréquent de ramasser 5 poulets à la fois). Il existe aussi un ramassage mécanique des poulets augmentant la quantité d’animaux ramassés à l’heure (Au rythme de 10 000/heure).

L’abattage consiste à suspendre les oiseaux totalement conscients par les pattes, à les étourdir dans un bac d’eau traversé par un courant électrique, puis à les égorger.

Dans l’Union Européenne, presque 40 millions de poulets sont égorgés sans avoir été convenablement étourdis (Le Bien-Etre des Poulets de Chair, un rapport rédigé en 2003 du CIWF pour la PMAF et GAIA, p.3)

La loi cautionne l’entassement des poulets sur quelques m2…

Jusqu’à 22 poulets par m² (ou 42 kg/m²) selon la nouvelle directive européenne en vigueur depuis le 1er juillet 2010.
Tous les ans, 830 millions de poulets sont élevés en France. 80 % des poulets de chair sont élevés de façon intensive, entassés dans des bâtiments surpeuplés qui peuvent renfermer de 10 000 à 50 000 individus. Lorsque les poulets grandissent, on peut à peine voir le sol, entièrement recouvert de volailles. Ils ne voient jamais la lumière du jour !

Vidéo de L214 2009

 

Vidéo de L214 2010

 

 

Vidéo PMAF 2006

 

mais définit aussi un seuil de mortalité acceptable dans sa Directive Bien Etre du poulet de chair !

La nouvelle directive européenne tolère une mortalité atteignant les 3,4 % d’oiseaux, soit plus de 25 millions de poulets par an. Ils sont considérés comme des pertes annuelles d’exploitation, tels des déchets acceptables, au-delà des mesures doivent être prises !

Une production à la hausse des poulets depuis des années

La viande de volailles se consomme partout dans le monde en raison, notamment, de l’absence de tabous culturels ou religieux et du fait de son prix qui en fait la moins onéreuse des viandes.

La production mondiale de volailles s’est donc développée sur les vingt dernières années et devrait malheureusement continuer ainsi. 104 millions de tonnes de viande de volailles ont été produits en 2012 dans le monde! (ITAVI, Economie filière, volaille de chair). Une telle demande entraine une augmentation du nombre d’élevages intensifs pour y répondre et donc des conditions de vie désastreuses des animaux.

Comment contribuer à améliorer le sort des poulets de chair ?

Pour les consommateurs de poulets, il est possible d’agir en achetant des poulets de chair, entiers comme en découpe, élevés en liberté. Il existe plusieurs solutions pour bien choisir :

  • manger moins de poulet : une demande moins importante des consommateurs évite une production trop importante des poulets dans des conditions désastreuses. -acheter des poulets dans une ferme près de votre domicile dans laquelle vous pouvez observer le mode d’élevage des animaux et le respect de leur bien-être
  • lire les étiquettes pour voir si la mention « poulet fermier » ou « élevé en plein air » apparait. Elle indique que le poulet dispose d’une certaine surface d’espace en liberté dans le premier cas et dans le deuxième, il s’agit d’un espace limité en liberté.
  • si les poulets sont achetés en dehors d’une ferme, choisir des poulets label rouge ou bio ou Poulet AOP Volaille de Bresse. En effet, ces poulets labellisés vivent en plein air ou en liberté tout au long de la journée. Leur abattage se fait à 81 jours au lieu de 41 pour l’élevage en batterie. (CIWF : pdf tableau de comparaison des conditions d’élevage des poulets de chair). Le poulet AOP Volaille de Bresse est, lui, abattu au bout de 120 jours (4 mois).
  • faire le test de l’articulation : l’articulation d’un poulet de chair élevé en batterie est beaucoup plus fragile et cassante que l’articulation d’un poulet élevé en plein air. Il est donc possible après l’achat d’un poulet de chair mort de vérifier son origine en cassant une articulation : si elle se brise comme du verre, il s’agit d’un poulet de batterie !

 

Sources :

Itavi : http://www.itavi.asso.fr/economie/eco_filiere/volailles.php?page=prod#prod_mde

CIWF : http://www.ciwf.fr/animaux-de-ferme/poulets-de-chair/elevage-intensif/

Notes : Directive Européenne 2007/43/CE entrée en vigueur le 1er juillet 2010 : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2007:182:0019:0028:FR:PDF

 

 

Fiche pratique Poulets de chair pour le militant

Le poulet de chair souffre des conditions d’élevage :

  • maladies
  • stress
  • manque d’espace

La production intensive n’apporte pas les conditions de bien-être aux animaux car :

  • recherche constante d’une amélioration des performances d’engraissement les plus rapides et moins coûteuses conduisant aux dérives du non-respect du vivant, de maltraitance et de biotechnologies
  • ne résout pas les difficultés de la filière avicultrice française face au marché mondial

La maltraitance et mauvaises conditions d’élevage des poulets a aussi des répercussions sur :

  • l’environnement : pollutions des sols (nappes phréatiques) et de l’air (ammoniaque) tu n’en parles pas plus haut !
  • l’être humain : transmission de maladies par la viande consommée, exposition à la concentration d’ammoniaque pour les éleveurs dans les bâtiments d’élevage (difficulté à respirer, toux, inflammation des bronches)

Les conditions d’élevage ne sont pas les seules causes de maltraitance des poulets :

  • le ramassage est expéditif et traumatisant pour les animaux (prise de 5 animaux à la fois et jetés dans des cages)
  • lors de l’abattage, les animaux sont suspendus conscients par une patte avant d’être obligatoirement étourdis par immersion de la tête dans de l’eau électrifiée (9 animaux sur 1000 ne seraient pas étourdis d’après l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments : EFSA)

La Directive Bien-Etre du poulet de chair ne protège pas les animaux car :

  • prévoit un seuil de tolérance de mortalité en élevage
  • accepte des surfaces par poulet et n’exige pas d’espace libre

Ce que chacun peut faire :

  • manger moins de poulets
  • éviter les poulets élevés de façon industrielle (attention aux emballages verts ou appellation « plein air » qui sont du greenwashing, articulations qui se brisent sous les doigts en cas d’élevage industriel, lire les étiquettes)
  • préférer les poulets élevés dans les fermes proches du domicile dans lesquelles il est possible de vérifier les conditions de vie des animaux
  • à défaut, opter pour les poulets bio ou les poulets labellisés label rouge

 

Trop de viande nuit à la santé. 1 français sur 4 est concerné.

Le point avec les Dr P. Souchier et J. Bernard Pellet
Il est aujourd’hui admis que la *nutrition est un facteur majeur de santé publique.

Dans ce domaine, une question est particulièrement d’actualité: existe-t-il un rapport avéré entre une consommation excessive de viandes rouges et produits dérivés ( charcuteries) et l’augmentation du risque de certaines maladies, en particulier le cancer colorectal?

Des solutions nutritionnelles sont désormais proposées par les principaux organismes de santé pour adopter, au quotidien, une alimentation source de santé.

Plus de 25% de la population française en danger : et vous ?

La consommation de viandes rouges et charcuteries est en nette augmentation: en France, elle a été multipliée par 2,5 depuis 1925.
estimation de la consommation de viande par habitant en France depuis 1800. Source : Bernard Sauvant, INRA

On peut parler de consommation excessive quand la quantité dépasse les 100 grammes de viande rouge par jour et 50 grammes de charcuterie.( Par viande rouge, on entend ici le boeuf,veau, mouton,porc et chèvre.)

Selon l’Inca (Institut national du cancer), un quart de la population consomme au moins 500 g de viandes rouges par semaine : 39 % des hommes et13 % des femmes. La consommation moyenne de charcuteries est de 270 gr/semaine (38 g par jour), 330 g chez les hommes et 215 g chez les femmes. Plus d’un quart de la population consomme au moins 50 g de charcuteries par jour.

Une tranche de jambon pèse environ 50 g ; un steack haché entre 80 et 120 g.

Rappel : il s’agit ici de la viande rouge cuite. Les quantités correspondent au poids de viande consommée : 500 g de viande cuite correspondent à environ 700-750 g de viande avant cuisson.

 

Une modification du comportement alimentaire

Cette augmentation de viandes et charcuteries est due à l’élévation du niveau de vie, d’autant plus que la surabondance proposée par les circuits de grande distribution a joué en faveur de la surconsommation.

Le facteur culturel est également déterminant car l’éducation à l’alimentation et à la santé varie fortement selon les groupes sociaux et la viande représente encore un produit de prestige, ce qui explique que sa consommation soit plus élevée aujourd’hui dans les catégories sociales les plus modestes.

Les maladies de la surconsommation

Le risque principal – jugé certain aujourd’hui- est l’augmentation du cancer colorectal, 3ème cancer le plus fréquent : 37000 nouveaux cas par an. 2ème cancer en termes de mortalité devant le cancer du poumon.

Le risque est augmenté de 29% par portion supplémentaire de 100 grs de viande rouge par jour et de 21 % par portion de 50 grs de charcuterie par jour (Institut national du cancer).

La forte teneur en graisses saturées des viandes rouges et charcuteries ainsi que leur haute densité énergétique sont des facteurs aggravants des maladies cardio – vasculaires ( athérome et infarctus) , de l’obésité, du surpoids et du diabète de type II.

Etude des Adventices du 7e jour :
34 000 patients suivis pendant 6 ans.

Viande et obésité
Viande et diabète de type II
Viande rouge et cancer du côlon
Viande blanche et cancer du côlon
Viande et hypertension
Source : Fraser, G.E., Associations between diet and cancer, ischemic heart
disease, and all-cause mortality in non-Hispanic white California Seventh-day
Adventists. Am J Clin Nutr, 1999. 70(3 Suppl): p. 532S-538S.

Les charcuteries, par leur forte concentration de nitrates et de graisses saturées, favoriseraient le développement de certains cancers: estomac et pancréas.

 

La solution: « manger autrement »

 

« Manger autrement » , c’est le titre du livre publié en 1985 par le Docteur Jean-Michel LECERF qui pointait déjà les défauts de notre alimentation: trop de graisses et de protéines animales et pas assez de céréales, légumes verts , légumes secs et fruits.

Les recommandations des principaux organismes de santé : PNNS ( programme national nutrition et santé ), INCa ( institut national du cancer), FMRC ( fonds mondial de la recherche contre le cancer) vont dans ce sens car ils s’accordent à dire qu’il convient de limiter la consommation de viandes et produits dérivés et d’augmenter celle de légumes , fruits, céréales complètes et légumes secs.
Des solutions concrètes pour une alimentation-santé

Diversifier les sources de protéines animales / végétales.
Les protéines animales possèdent tous les acides aminés essentiels- c’est-à-dire ceux qui ne peuvent pas être synthétisés par l’organisme humain- contenus dans la protéine idéale de référence officielle.

Mais il faut savoir que les légumineuses (lentilles, pois, pois chiches, haricots secs,soja) possèdent une valeur qualitative comparable en protéines à celles d’origine animale, en particulier le soja. Les autres protéines végétales (légumes à feuilles, fruits oléagineux comme les noix, noisettes et amandes et céréales), bien que ne possédant pas tous les acides aminés essentiels, sont une source de protéines satisfaisante lorsqu’on les associe.

Adopter le plus possible un mode alimentaire qui a fait ses preuves: le « régime méditerranéen » dont l’observation induit une mortalité réduite de 17 % (voir en annexe: Aprifel juin -juillet 2001).
Pour corroborer le bien-fondé de ce type d’alimentation : une confirmation éclatante apportée par les centenaires d’OKINAWA ( île du Japon) : menu de la journée: 7 portions de légumes et de fruits, autant de céréales et 2 plats à base de soja. Poisson trois fois par semaine et boissons alcoolisées modérées.

 

Quelques idées reçues …

 

La viande rouge est indispensable pour être en bonne santé
Certes elle apporte de protéines d’excellente qualité mais elle n’est pas la seule source de protéines; les œufs, les légumes à feuilles, les légumineuses (entre- autres le soja) apportent autant de protéines que la viande.

La viande permet de conserver sa masse musculaire
Une consommation excessive en viandes provoque une acidose qui associe une hyper calciurie (perte de calcium urinaire) à une fonte musculaire. Les fruits et légumes, parce qu’ils sont riches en sels organiques de potassium, sont favorables à la préservation de la masse musculaire (Actualités scientifiques; Aprifel juin 2008).
L’élevage intensif, un réel danger sanitaire ?

Dans ce type d’élevage , la promiscuité ne peut qu’accroître le risque de contamination entre les animaux. Souvent cette situation provoque une augmentation de la consommation d’antibiotiques et de désinfectants pour pallier une hygiène déficiente et un environnement non-respectueux du bien-être de l’animal (voir ci-dessous Loi du 10/07/76). Ces antibiotiques ont même été administrés parfois comme facteur de croissance afin d’obtenir une meilleure productivité. Au conseil de L’Europe ( le 1/12/99), la commission de l’agriculture et du développement rural a rédigé certaines recommandations visant à :

– interdire l’utilisation d’antibiotiques comme promoteurs de croissance.

– limiter au maximum l’utilisation de certains antibiotiques.

– améliorer les contrôles sanitaires dans les élevages.

Mais il est certain qu’il reste obligatoirement , même après abattage, des traces d’antibiotiques et d’ autres produits . Tous ont vraisemblablement une action de sensibilisation chez l’homme qui, par des contacts répétés à des doses si infimes soient-elles, peut développer soit des résistances , soit des allergies aux produits utilisés chez l’animal.

L’élevage intensif provoque également la prolifération des mouches capables de se reproduire très rapidement. Or toutes ces mouches sont le vecteur de nombreuses bactéries et maladies ( salmonelles ; variole ; mastite ; colibacillose ; coryza…) qui se transmettent rapidement aux animaux d’élevage dont le système immunitaire est amoindri par un environnement défavorable. Il est avéré que de nombreuses maladies sont transmises de l’animal à l’homme ( brucellose ; tuberculose ; leptospirose ; toxoplasmose et , plus récemment, la maladie de Creutzfeldt- Jacob, la grippe aviaire….) Un cas particulier très révélateur : dans les élevages porcins intensifs, les risques encourus par la dissémination de micro-organismes responsables de maladies sont fortement accrus lors des déplacements d’animaux. Ce risque est encore augmenté lorsque les approvisionnements sont multiples ( animaux provenant de plusieurs élevages).

N’oublions pas que les premiers exposés à ces infections sont les éleveurs qui , inhalant les émanations gazeuses et aéroportées dues aux déjections et aux lisiers , développent des problèmes respiratoires préoccupants ( bronchites chroniques par exemple).

SOURCES : Novartis ( programme anti-mouches) Conseil de l’Europe ; commission de l’agriculture et du développement rural ( web.archive.org) Réglementation française- loi du 10 juillet 1976, article 9- : « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de l’ espèce » Etude INRA sur le bien-être animal.
Pour en savoir plus…
Mangerbouger.fr/ PNNS / manger mieux c’est possible.

www.e-cancer.fr/ nutrition et cancers

www.FMRC.fr / rapport du centre international de recherche sur le cancer « causes du cancer en France »

www.aprifel.com/ équation nutrition

Manger autrement Dr Jean-Michel LECERF éditions institut Pasteur de Lille