Un poulet qui paie le prix cher

Où retrouve-t-on le poulet de chair ?

Le poulet de chair est vendu en tant que poulet prêt à être consommé dans sa forme entière mais aussi en découpes (ailes, pattes).

Il se retrouve dans la composition d’autres produits tels que la nourriture de fast-food, les bouillons de poulet, les croquettes pour animaux, etc.

Des poulets sélectionnés pour grandir trop vite

Face à une demande de plus en plus importante des consommateurs de poulets, les scientifiques travaillent pour que les poulets atteignent un poids suffisant pour être rentable le plus rapidement possible. Une sélection génétique et une alimentation enrichie permettent désormais d’obtenir des poulets prêts à être abattus au bout de 41 jours, soit 2 fois plus rapidement qu’il y a 30 ans. Le gain journalier en poids de chaque animal est passé de 26 g à 52 g par jour soit le double !

Les dérives de cette recherche à la productivité conduisent à la création d’animaux génétiquement modifiés avec, par exemple le poulet TNR (Totally Naked Rooster) qui est un mutant sans plumage créé pour faire réaliser des économies de ventilation aux éleveurs intensifs de volailles.

Une utilisation massive d’antibiotiques…non sans conséquence sur les animaux, l’environnement et la santé humaine !

Expliquer que c’est la concentration d’animaux qui rend nécessaire l’utilisation d’antibiotique

Les conditions de vie de ces animaux de ferme sont tellement désastreuses que les éleveurs font ingérer aux poulets des antibiotiques pour stopper les maladies telles que la grippe aviaire ayant des conséquences mortelles pour l’Homme.

L’utilisation excessive des antibiotiques contribue à l’apparition de bactéries qui leur sont résistantes et à l’affaiblissement des défenses immunitaires, C’est vrai chez les poulets mais aussi chez ceux qui les mangent.

Les poulets issus de l’élevage intensif sont aussi une cause possible d’intoxication alimentaire chez l’être humain en raison des bactéries qui se propagent dans les élevages (salmonellose, campylobacter).: si c’est vrai il faut plus d’antibiotiques ?

Des bains de chlore sont couramment utilisés pour nettoyer les carcasses, les désodoriser et tuer les bactéries.

Les germes et antibiotiques sont ainsi rejetés en partie dans la nature et polluent les sols et nappes phréatiques.

La croissance accélérée a des conséquences dramatiques sur la santé des poulets : pattes déformées, problèmes cardiaques…

Des pattes déformées, douloureuses ou paralysées, fléchissent sous le poids surdimensionné du corps. Entre 14 et 30% des poulets ont des problèmes articulaires.

Une insuffisante cardiaque fréquente provoque ascites et mort subite.

Ampoules sur la poitrine, brûlures aux jarrets et ulcères aux pattes causent parfois une infection généralisée.

Un ramassage expéditif et inhumain et un transport interminable jusqu’à l’abattoir

A la fin de leur vie de généralement 6 à 8 semaines, les poulets sont capturés et entassés vivants dans des cageots pour le transport à l’abattoir.

Ils sont privés de nourriture et d’eau plusieurs heures avant d’être ramassés.

Le ramassage, le chargement, le transport et le déchargement provoquent de graves blessures, qui sont parfois mortelles, chez de nombreux poulets.

Le ramassage se fait la plupart du temps manuellement en saisissant plusieurs poulets par les pattes (la loi prévoit un maximum de 3 poulets à la fois mais dans les faits, il est fréquent de ramasser 5 poulets à la fois). Il existe aussi un ramassage mécanique des poulets augmentant la quantité d’animaux ramassés à l’heure (Au rythme de 10 000/heure).

L’abattage consiste à suspendre les oiseaux totalement conscients par les pattes, à les étourdir dans un bac d’eau traversé par un courant électrique, puis à les égorger.

Dans l’Union Européenne, presque 40 millions de poulets sont égorgés sans avoir été convenablement étourdis (Le Bien-Etre des Poulets de Chair, un rapport rédigé en 2003 du CIWF pour la PMAF et GAIA, p.3)

La loi cautionne l’entassement des poulets sur quelques m2…

Jusqu’à 22 poulets par m² (ou 42 kg/m²) selon la nouvelle directive européenne en vigueur depuis le 1er juillet 2010.
Tous les ans, 830 millions de poulets sont élevés en France. 80 % des poulets de chair sont élevés de façon intensive, entassés dans des bâtiments surpeuplés qui peuvent renfermer de 10 000 à 50 000 individus. Lorsque les poulets grandissent, on peut à peine voir le sol, entièrement recouvert de volailles. Ils ne voient jamais la lumière du jour !

Vidéo de L214 2009

 

Vidéo de L214 2010

 

 

Vidéo PMAF 2006

 

mais définit aussi un seuil de mortalité acceptable dans sa Directive Bien Etre du poulet de chair !

La nouvelle directive européenne tolère une mortalité atteignant les 3,4 % d’oiseaux, soit plus de 25 millions de poulets par an. Ils sont considérés comme des pertes annuelles d’exploitation, tels des déchets acceptables, au-delà des mesures doivent être prises !

Une production à la hausse des poulets depuis des années

La viande de volailles se consomme partout dans le monde en raison, notamment, de l’absence de tabous culturels ou religieux et du fait de son prix qui en fait la moins onéreuse des viandes.

La production mondiale de volailles s’est donc développée sur les vingt dernières années et devrait malheureusement continuer ainsi. 104 millions de tonnes de viande de volailles ont été produits en 2012 dans le monde! (ITAVI, Economie filière, volaille de chair). Une telle demande entraine une augmentation du nombre d’élevages intensifs pour y répondre et donc des conditions de vie désastreuses des animaux.

Comment contribuer à améliorer le sort des poulets de chair ?

Pour les consommateurs de poulets, il est possible d’agir en achetant des poulets de chair, entiers comme en découpe, élevés en liberté. Il existe plusieurs solutions pour bien choisir :

  • manger moins de poulet : une demande moins importante des consommateurs évite une production trop importante des poulets dans des conditions désastreuses. -acheter des poulets dans une ferme près de votre domicile dans laquelle vous pouvez observer le mode d’élevage des animaux et le respect de leur bien-être
  • lire les étiquettes pour voir si la mention « poulet fermier » ou « élevé en plein air » apparait. Elle indique que le poulet dispose d’une certaine surface d’espace en liberté dans le premier cas et dans le deuxième, il s’agit d’un espace limité en liberté.
  • si les poulets sont achetés en dehors d’une ferme, choisir des poulets label rouge ou bio ou Poulet AOP Volaille de Bresse. En effet, ces poulets labellisés vivent en plein air ou en liberté tout au long de la journée. Leur abattage se fait à 81 jours au lieu de 41 pour l’élevage en batterie. (CIWF : pdf tableau de comparaison des conditions d’élevage des poulets de chair). Le poulet AOP Volaille de Bresse est, lui, abattu au bout de 120 jours (4 mois).
  • faire le test de l’articulation : l’articulation d’un poulet de chair élevé en batterie est beaucoup plus fragile et cassante que l’articulation d’un poulet élevé en plein air. Il est donc possible après l’achat d’un poulet de chair mort de vérifier son origine en cassant une articulation : si elle se brise comme du verre, il s’agit d’un poulet de batterie !

 

Sources :

Itavi : http://www.itavi.asso.fr/economie/eco_filiere/volailles.php?page=prod#prod_mde

CIWF : http://www.ciwf.fr/animaux-de-ferme/poulets-de-chair/elevage-intensif/

Notes : Directive Européenne 2007/43/CE entrée en vigueur le 1er juillet 2010 : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2007:182:0019:0028:FR:PDF

 

 

Fiche pratique Poulets de chair pour le militant

Le poulet de chair souffre des conditions d’élevage :

  • maladies
  • stress
  • manque d’espace

La production intensive n’apporte pas les conditions de bien-être aux animaux car :

  • recherche constante d’une amélioration des performances d’engraissement les plus rapides et moins coûteuses conduisant aux dérives du non-respect du vivant, de maltraitance et de biotechnologies
  • ne résout pas les difficultés de la filière avicultrice française face au marché mondial

La maltraitance et mauvaises conditions d’élevage des poulets a aussi des répercussions sur :

  • l’environnement : pollutions des sols (nappes phréatiques) et de l’air (ammoniaque) tu n’en parles pas plus haut !
  • l’être humain : transmission de maladies par la viande consommée, exposition à la concentration d’ammoniaque pour les éleveurs dans les bâtiments d’élevage (difficulté à respirer, toux, inflammation des bronches)

Les conditions d’élevage ne sont pas les seules causes de maltraitance des poulets :

  • le ramassage est expéditif et traumatisant pour les animaux (prise de 5 animaux à la fois et jetés dans des cages)
  • lors de l’abattage, les animaux sont suspendus conscients par une patte avant d’être obligatoirement étourdis par immersion de la tête dans de l’eau électrifiée (9 animaux sur 1000 ne seraient pas étourdis d’après l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments : EFSA)

La Directive Bien-Etre du poulet de chair ne protège pas les animaux car :

  • prévoit un seuil de tolérance de mortalité en élevage
  • accepte des surfaces par poulet et n’exige pas d’espace libre

Ce que chacun peut faire :

  • manger moins de poulets
  • éviter les poulets élevés de façon industrielle (attention aux emballages verts ou appellation « plein air » qui sont du greenwashing, articulations qui se brisent sous les doigts en cas d’élevage industriel, lire les étiquettes)
  • préférer les poulets élevés dans les fermes proches du domicile dans lesquelles il est possible de vérifier les conditions de vie des animaux
  • à défaut, opter pour les poulets bio ou les poulets labellisés label rouge