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Neige, froid, vent, pluie...

Cheval dans la neige (Fotolia)
Comment les animaux résistent-ils aux conditions météorologiques extrêmes ? Comment les aider ?

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Grand Tétras : chronique d’une mort annoncée ?

Quand le dernier grand tétras disparut des Alpes dans les années 2000, nul ne le sut, personne ne s’en offusqua. Ainsi ce plus grand des oiseaux de la forêt française tira sa révérence dans l’indifférence générale laissant à quelques anciens le souvenir d’un animal magnifique et d’un chant incomparable. Animal Cross appelle à la fin du laxisme ambiant et à des mesures strictes et rapides de protection.


Un déclin de 90% des grand tétras en 50 ans

grand tétrasEn 50 ans, le nombre de grand tétras, aussi appelé coq de bruyère (à ne pas confondre avec son cousin, plus petit, le petit tétras ou tétras lyre), a été réduit d’environ 90% en France. Il n’en reste aujourd’hui plus que 4500, essentiellement concentrés dans les Pyrénées (90%), avec quelques centaines d’animaux dans le Jura, et quelques dizaines dans les Vosges et les Cévennes. Cette rareté confère au grand tétras le statut d’espèce menacée (classé Vulnérable sur la liste rouge de l’UICN) et même en danger d’extinction pour une sous-espèce particulière présente dans les Vosges.

Les causes de ce profond déclin sont multiples. « Cette régression marquée des populations de grand tétras est due principalement aux modifications et à la fragmentation de son habitat, aux dérangements causés par les activités humaines, aux pertes d’individus adultes et aux changements climatiques globaux pouvant influencer le succès de sa reproduction » (1), sans oublier la pression de la chasse.

 

Une espèce encore chassable dans les Pyrénées, seul endroit en Europe

En effet, et ce n’est pas le moindre des scandales, le grand tétras reste chassable dans les 6 départements des Pyrénées, la France étant le seul pays en Europe continuant la chasse au grand tétras.

Devant un constat aussi accablant et largement partagé, les protecteurs des animaux étaient en droit d’attendre des mesures fortes du projet de « stratégie nationale en faveur du grand tétras » lancé par le ministère de l’environnement à l’été 2011.

Mais pas de mesures fortes, que des déclarations d’intention et que du vieux beurre. Qu’on en juge !

Depuis 1979, la France a le devoir d’assurer la conservation des habitats de plusieurs espèces d’oiseaux sauvages dont le grand tétras (figurant à l’annexe I de cette Directive) notamment en instituant des Zones de Protection Spéciales (ZPS). Elle doit interdire la destruction directe des oiseaux ou réduire les impacts de cette destruction lorsqu’elle est autorisée, notamment dans le cadre de la chasse. Elle doit veiller à la tranquillité des zones de quiétude (directive 79/409/CEE). Cette directive européenne fut renforcée par la convention de Berne signée quelques mois plus tard selon laquelle il doit être accordé une attention particulière à la protection des zones qui ont une importance pour l’espèce comme les aires d'hivernage, de rassemblement, d'alimentation, de reproduction ou de mue.

 

Les mesures proposées en 2011 ne sont que les vœux pieux de la mise en place des textes de 1979

 « Il est indispensable de définir des zones de quiétude en zones de niveau 1 (présence des tétras lyre) où la pénétration humaine sera maîtrisée grâce à la gestion des accès et des infrastructures (…). En zone de niveau 1, zone de présence actuelle du grand tétras, aucune nouvelle infrastructure touristique ne devrait être autorisée sauf si l’étude d’impact démontre expressément l’absence d’impact négatif vis-à-vis de l’espèce.(…) Examiner, avec les partenaires locaux concernés, les possibilités de fermeture ou de détournement des pistes de ski perturbant les zones d’hivernage ou les places de chant de grand tétras, afin de restaurer la quiétude des animaux durant cette saison critique. (…) Favoriser la canalisation de ces activités grâce à des itinéraires évitant les zones sensibles. Les itinéraires de tourisme estival (VTT, randonnées) doivent être étudiés en collaboration avec les structures gestionnaires de ces sites afin notamment d’examiner les détournements nécessaires des sections passant à proximité des zones sensibles.»

Il est précisé qu’il faut « conserver un habitat de qualité », avec un type de végétation conforme au grand tétras … mais les grands principes de gestion sylvicole sont connus et publiés depuis les année 1990.

Le ponpon est bien sûr le maintien du droit de chasse, la chasse étant doublement préjudiciable aux tétras : par les animaux tués et par la perturbation des lieux de vie.


Quel avenir pour le Grand Tétras ?

La disparition du grand tétras se rapproche petit à petit chez nous, en France. Soit la France continue une politique laxiste du laisser faire et c’est la catastrophe. Ainsi la création d’une piste de ski de fond au plateau de Beille dans les Pyrénées a vu s’effondrer de 130 à 60 l’effectif hivernal en 6 ans. Soit des mesures strictes et cohercitives sont prises et il reste une chance. La restriction draconienne des allées et venue dans la forêt Tanet Gazon du Faing dans les Vosges a permis de multiplier par trois le nombre d’individus en 10 ans.

Au rythme de disparition actuelle, il restera dans 30 ans en France quelques animaux empaillés, quelques photos pieusement conservées et … la possibilité d’aller faire un voyage ornithologique en Russie ou ailleurs pour quelques milliers d’euros !