Réapparu en France en 1992, le loup gris est une espèce protégée. Mal connu et mal aimé du grand public, c’est un animal pourtant craintif et pacifique.
              Une population en phase de colonisation
Après avoir été totalement éradiqué du territoire français il y a 60 ans, le loup est de retour en France depuis 1992. Le premier a avoir été observé est un loup italien dans le parc du Mercantour. Il est présent aujourd’hui dans les Alpes, dans les Pyrénées occidentales et en Lozère.
              Le loup gris, une espèce protégée
En France, le loup est une espèce « strictement protégée » depuis 1994. Au niveau international, il est protégé par la convention de Berne, au sens de la directive « Habitats, faune, flore » où il est classé « prioritaire d’intérêt communautaire » en annexe II et IV. Il est par ailleurs classé « vulnérable » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
       Des « prélèvements » autorisés dans certaines conditions et sous le contrôle de l’ONCFS
Par dérogation à un principe général d’interdiction, des prélèvements de loups sont toutefois possibles sous le contrôle de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) sous réserve du respect de conditions strictes : - bon état de conservation de la population des loups, - motif valable telle la prévention de dommages importants aux troupeaux, - absence d’autres solutions alternatives. Depuis janvier 2007, le « Guide interprétatif sur la protection stricte des espèces animales d’intérêt communautaire par la Directive Habitat 92/43/CEE » valide la possibilité de mettre en œuvre ces mesures dérogatoires à titre préventif sans attendre que des dommages aient lieu dans les cas où il est vraisemblable qu’ils se produisent.
Depuis 2005, le quota national d’animaux qu’il est possible de prélever est passé à 6 individus sur toute le territoire de la France métropolitaine, avec un loup prélevé en 2005 et deux en 2006. Les prélèvements autorisés pour la période 2007 – 2008 ont été précisés dans l’arrêté du 13 avril 2007 complété par l’arrêté du 16 avril 2007 (source: Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’aménagement du territoire). Suite à une autorisation de tir, le tir est effectué par des agents de l'ONCFS (appelé lieutenant de louveterie) et non par des chasseurs.
              Des tirs de défense encadrés
Les éleveurs titulaires d’un permis de chasser valide sont autorisés individuellement à pratiquer le tir de défense en cas d’attaques répétées malgré la mise en œuvre de mesures de protection de leur troupeau et le recours à l’effarouchement. Mais ces tirs de défense n’ont pas pour objectif de réguler la population de loups. L’effarouchement par source lumineuse ou bruyante est désormais autorisé (source: Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’aménagement du territoire).
              Le braconnage : une pratique courante
Les actes de braconnage sur les loups apparaissent rarement au grand jour. Le 12 février 2009 par exemple au Petit-Bornand un chasseur a abattu un loup (avec un 22 long rifle non déclaré). Pas de chance ; prévenus par les voisins les forces de l’ordre l’ont interpelé. Pendant sa garde à vue, il a reconnu les faits. On a retrouvé dans le frigo de son domicile un héron cendré et de la viande d’épervier (Le Messager, 19/02/09)
Selon l’association Ferus, même en restant conservateur, une centaine de loup aurait été braconnés depuis l’année 2000, soit en en moyenne plus de 10 par an. Avec un taux de croissance de 20 à 30 % par an, l’effectif de la population actuelle devrait être compris entre 250 et 500 individus alors que l’effectif estimé est de l’ordre de 150 individus.
              Le loup, un animal régulateur
Véritable régulateur des espèces, il s’attaque de préférence aux bêtes malades et fragiles et favorise ainsi un équilibre écologique.Le printemps 2009 a vu une montée en puissance de l’indignation des éleveurs contre le loup, appuyés par les chasseurs. Le tout est relayé par des medias partiaux et mal documentés, par exemple mentionnant la réintroduction du loup alors que personne ne l’a réintroduit. Il est urgent de réagir ! Des pertes minimes dans les troupeaux Les pertes dues aux loups sont estimées entre 0,05 et 1,35 % du cheptel présent en zone à loups. La mortalité due à la prédation est plus importante dans les nouvelles zones de colonisation ainsi que dans les Alpes Maritimes, où une dizaine de troupeaux concentrent plus de 30% du nombre d’attaques (CSI 2006, d'après le Ministère de l'environnement et du développement durable).
Des attaques ciblées sur les animaux malades et fragiles Le loup est un animal pacifique, craintif et méfiant. Il ne s’attaque pas à l’homme, et ne s’approche pas des habitations. Il est très rare de pouvoir en rencontrer. Le loup peut s’attaquer au bétail si le troupeau n’est pas gardé par un éleveur ou un chien. Mais il préfère les petits rongeurs, les oiseaux, les cerfs, différents ongulés, les renards, les sangliers, ou les lapins. Il s’attaque de préférence aux bêtes malades et fragiles et favorise ainsi un équilibre écologique en assainissant les populations d‘animaux.
Une autorégulation de la meute Le loup s’adapte à son milieu et la meute s’autorégule en adéquation avec la capacité d’accueil de la nature et de la nourriture. Seul le couple dominant se reproduit une fois par an et moins de la moitié des jeunes parvient à l’âge adulte. Le loup est capable de pratiquer l’auto-régulation de ses effectifs et d’ajuster sa reproduction aux proies disponibles (sources: Loup.org et ASPAS Nature). Avec un taux de croissance de la meute voisinant les 30% par an en phase de colonisation de l’espace, le taux de croissance retombe de 5% à 10% quand tous les espaces sont occupés et selon les ressources alimentaires (Faune sauvage de France, Editions du Gerfaut p.136).
              Loups et éleveurs : des mesures fortes pour compenser les pertes des éleveurs
Des dispostifs de protection des troupeaux financés par l’Etat à 80 % et à 100 % en zone Natura 2000 Un plan national d’action « loup » a été établi en 2004 conjointement par les ministres chargés de l’agriculture et de l’environnement. Dans ce cadre, un arrêté interministériel définit la réglementation organisant la mise en œuvre des dispositifs de protection des troupeaux :
- chiens de protection,
- clôtures et parcs de nuit
- aide au gardiennage
ainsi que les modalités auxquelles sont soumises les opérations d’effarouchement, les tirs de défense et les tirs de prélèvement autorisés pour prévenir les dégâts que la prédation du loup peut faire subir aux élevages. Ces dispositifs sont financés à 80% par le ministère chargé de l’agriculture.
Un système d’indemnisation des dégâts dus aux loups Parallèlement à l’aide apportée aux éleveurs pour protéger leur troupeau, un système d’indemnisation des dégâts dus aux loups a été mis en place dès 1993. Ce dispositif, financé par le ministère chargé de l’environnement, permet d’indemniser l’éleveur :
- des animaux tués ou blessés lors d’une attaque.
- des pertes « indirectes » telles que le stress subi par les animaux, les pertes de production ou les avortements consécutifs aux attaques.
- des animaux disparus.
              Des mesures complémentaires d’accompagnement
En plus des mesures de protection aux troupeaux, le ministère de l’agriculture et de la pêche accorde depuis 2004 des crédits d’urgence qui viennent compléter le dispositif. Ces crédits permettent de répondre dans l’urgence à des situations de prédation dans des secteurs où la présence du loup n’avait pas été constatée et où les mesures de protection sont inexistantes. Ces crédits permettent de financer notamment l’emploi d’aides berger ou des clôtures. Des techniciens de prévention apportent une aide importante à la mise en œuvre des mesures de protection. Les postes de ces agents au nombre de 8 actuellement, sont rattachés aux directions départementales de l’agriculture et de la forêt. Les ministères chargés respectivement de l’agriculture et de l’environnement soutiennent techniquement et financièrement un travail conduit par l’Institut de l’élevage et avec le concours de la Société Centrale Canine sur le recensement des chiens de protection et sur la mise au point de tests d’évaluation des comportements et du caractère du chien en situation de garde et de sa performance face au prédateur (source: Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’aménagement du territoire). L’ensemble des mesures d’accompagnement sont efficaces car elles permettent de diminuer le risque d’attaque de 70% par rapport à un troupeau non protégé dans la majorité des cas (Faune sauvage de France, Editions du Gerfaut p.136).
              Une montée de l'opposition au loup au début 2009
Une indignation très sélective des éleveurs et des chasseurs Le printemps 2009 a vu une montée en puissance de l’indignation des éleveurs, appuyés par les chasseurs : 4500 personnes dans les rue à Thônes le 18 avril, un préfet pris à parti lors de la fête de l’Alpage de Mégève 24 avril. Le tout est relayé par des medias partiaux et mal documentés, par exemple mentionnant la réintroduction du loup alors que personne ne l’a réintroduit. Qu’on le veuille ou non, les animaux tués par le loup sont destinés à l’abattoir. Quand entendra-t-on les éleveurs se plaindre des conditions d’abattage de leurs bêtes ? Pendant la fête de l’Haïd plus de 200 000 moutons en France sont égorgés sans être étourdis, quelques fois hors des abattoirs dans des lieux clandestins. Dans une enquête menée en 2006 et 2007 par l’Oaba dans plus de la moitié des abattoirs audités 43% des veaux y sont abattus rituellement (dont 93% sans étourdissement préalable), 62% des ovins et caprins y sont abattus rituellement (voir notre article sur l’abattage). On parle ainsi de plusieurs centaines de milliers d’animaux saignés sans être étourdis chaque année en France, à comparer aux 3000 victimes du loup !!!
La banalisation du tir du loup Le nouvel arrêté de tir du loup (5 juin 2009) conduit à une banalisation du tir du loup : il est désormais décidé par le préfet et non un arrêté ministériel, ce qui va accroître la pression sur les préfets. Des tirs de loup sont autorisés dans les nouveaux secteurs d’installation de l’espèce comme le Cantal et les Pyrénées orientales ! Le bon sens aurait été au moins d’attendre que la population de loup soit en surpeuplement. Par ailleurs, Par arrêté interministériel du 27 mai 2009, publié au journal officiel du 29 mai, le loup a été retiré de la liste des espèces de vertébrés protégées menacées d’extinction en France. Cette liste comprend des espèces au bord de la disparition comme l’ours, le grand hamster, le vison. Il reste toutefois protégé par différents textes dont la convention de Berne.
              Comment agir pour protéger le loup ?
Il est urgent que l'opinion public, les medias et les élus dans les régions concernées comprennent la nécessité de protéger le loup et acceptent la coexistence entre loup et pastoralisme.
Pour aller plus loin et s’engager aux côté du loup et des éleveurs, vous pouvez si vous le souhaitez participer à des actions d’écovolontariat.
Vous pouvez bien sûr signer la pétition de l'ASPAS et d'Animal Cross, au choix : Pétition : Sauvons les loups ! ou bien directement sur le site de l'ASPAS
       Pour en savoir plus
- Ministère de l’écologie ,du développement durable et de l’aménagement du territoire : - Association ASPAS Nature - Association Ferus
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